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onjour!
ce mois-ci nous avons choisi de dédier notre lettre d'information à un
monument mythique de la ville de Paris dont la silhouette caractéristique ne
peut qu'attirer le regard du promeneur et susciter sa curiosité. En effet,
quels secrets les rois qui habitèrent cette forteresse pourraient-ils bien
nous révéler aujourd'hui ? Quelles souffrances les fantômes des
prisonniers qui connurent le malheur d'y séjourner pourraient-ils bien nous
faire partager ? Enfin, quelle Histoire avec un grand "H" se cache derrière
l'imposante façade de l'actuel Palais de Justice qui longe le quai de l'Horloge
dans le 1er arrondissement, probablement plus connu sous le nom de "Conciergerie".
Avant de continuer votre lecture, nous vous rappelons que vous pouvez lire les lettres d'information
déjà publiées à http://www.francemonthly.com/. Un lien vers la version française existe
en bas de chaque document que vous pourrez consulter en anglais.
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La résidence du premier roi des Francs
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En 496, après sa victoire sur les Alamans puis les Wisigoths, Clovis devient
le premier roi des Francs et l'unique souverain chrétien de l'occident. Il lui
faut désormais une capitale digne de son nouveau et immense royaume.
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La Conciergerie de nuit
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Il choisit Paris parce que la ville est située au centre de gravité
de son immense territoire et la Seine constitue un rempart naturel idéal
contre les attaques ennemies. C'est avec enthousiasme que la ville accueille le
souverain dans l'ancien palais de l'Empereur romain Julien situé sur l'Ile
de la Cité. L'Ile de la Cité est alors divisée en deux centres :
un centre spirituel à l'est avec son temple à l'endroit même
où la cathédrale Notre Dame sera bâtie au XIème siècle ;
un centre résidentiel à l'ouest avec une forteresse entourée de
remparts, ancien palais de l'Empereur romain dont Clovis fait sa demeure royale et
à l'emplacement de laquelle le Palais de la Cité sera édifié
quelques siècles plus tard. Après des années de conflits et de
malheurs, une longue période de paix s'installe et la ville peut à nouveau
s'épanouir sur les deux rives de la Seine. Cette ère de prospérité
s'arrêtera brutalement avec l'invasion des Vikings quatre cents ans plus tard.
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Le plus beau palais d'Europe
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Après les invasions, la cité repliée sur son île reprend
vie une nouvelle fois. En 987, Hugues Capet devient roi d'un territoire dont les
frontières ne dépassent pas l'Ile de France. Il n'en demeure pas moins
que Paris a retrouvé son rôle de capitale. Le premier roi capétien
établit son conseil et son administration dans la vieille forteresse qui devient
le Palais de la Cité en même temps que le siège du pouvoir royal.
Les rois se succèdent et n'ont de cesse de transformer le palais pour l'agrandir
et le rendre plus confortable. En 1285, alors que le roi Philippe IV le Bel offre à
la France une nouvelle période de prospérité, il décide de
faire du Palais un prestigieux symbôle de la monarchie. Désormais, le Palais
de la Cité sera son lieu de résidence et le siège du Parlement de
Paris qui n'est autre qu'une cour de justice suprême. Ces nouveaux tribunaux devront
pouvoir exercer leur mission "avec dignité et magnificence", tel est le désir
du souverain. Le roi n'hésita pas à faire démolir de nombreuses
maisons aux alentours pour faire agrandir ce palais. Les transformations entreprises
furent gigantesques à tel point qu'à la fin du XIVème siècle,
lorsque l'on évoquait le Palais de la Cité on parlait du plus beau palais d'Europe...
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Recette décembre 2009
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Moelleux au chocolat
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Cooking SOS!
Si vous avez des problèmes pour préparer cette recette, envoyez un email à
Chef@FranceMonthly.com
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Un patchwork architectural
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Philippe le Bel fit construire les deux tours jumelles si caractéristiques de la
façade du monument : la Tour de César, nommée ainsi en l'honneur de
l'Empereur romain et la Tour d'Argent où le trésor royal était
conservé. Il fit également aménager une galerie pour relier la Tour
Bon-Bec dont le nom évoque les souffrances des prisonniers qui "ouvraient le bec"
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Le Pont au Change et la Conciergerie
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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pour avouer leurs crimes -réellement commis ou pas- après avoir été
torturés dans ce lieu maudit. Philippe le Bel fit également construire l'immense
Salle des Gens d'armes, exemple unique en Europe d'architecture civile gothique ainsi que la
salle des Gardes. Ces salles étaient réservées à la garde royale
et aux nombreux personnels au service du souverain et de sa famille, soit environ deux mille
personnes. C'est à Jean II le Bon que l'on doit attribuer quelques années plus
tard la construction de la tour carrée située à l'angle nord-est du
monument. Cette tour de guet prit le nom de Tour de l'Horloge car la première horloge
publique de France y fut installée vers 1371.
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Le Concierge
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Si au siècle dernier, le " concierge " était un employé dont la
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La Tour César et la Tour d'Argent
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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responsabilité se limitait à la garde et à l'entretien d'un immeuble,
voire à la distribution du courrier des propriétaires et locataires
d'appartements, son rôle était tout autre au Moyen-âge et bien plus
prestigieux.
Les premiers concierges apparaissent dans les documents écrits dès le
XIIème siècle. Ils étaient alors des gardiens de palais ou de
châteaux. Sous Philippe le Bel, le Concierge devint un haut personnage du royaume.
Nommé par le roi, il avait pour mission d'assurer l'ordre et la police. Mais
c'est Charles V qui en 1358, après avoir vécu une succession
d'événements tragiques et désireux de quitter le Palais
de la Cité pour s'installer à l'Hôtel Saint Pol où il se
considérait plus en sécurité (*voir notre lettre sur la Place des
Vosges), chargea un intendant ou "concierge" doté de pouvoir de justice
d'administrer le Palais qu'il était pressé de quitter. Petit à
petit, le Palais de la Cité perdit son aspect de résidence royale pour
se transformer en cour de justice puis en prison sous la responsabilité du Concierge.
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Le Palais de la Cité devient la Conciergerie
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A la fin du XIVème siècle, la prison voisine du Châtelet
étant surpeuplée, il n'était pas rare que des prisonniers
fussent transférés dans les cellules du Palais de la Cité.
Puis ce dernier, devenu palais de justice depuis que les rois avaient déserté
les lieux, se transforma assez rapidement en prison.
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Illuminations de Noël à Paris
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Les juges trouvèrent en effet assez pratique de pouvoir garder les accusés
sur les lieux. Cette proximité leur permettait de les interroger -sous la torture
si nécessaire- et d'obtenir des aveux plus rapidement. Un siècle plus tard,
le Palais de la Cité était la plus grande prison de Paris. Son entrée
se situait dans la cour du palais appelée la " Cour du Mai " simplement parce que
chaque printemps les clercs y plantaient un arbre en remerciement des bienfaits de la
nouvelle saison à venir. Nul doute que les prisonniers étaient totalement
insensibles à ces considérations surréalistes quand on sait ce qui
les attendait la plupart du temps. En effet, les incarcérations étaient
plutôt de courte durée puisque les malheureux n'y restaient que le temps
d'obtenir leurs aveux puis d'être jugés avant d'être emmenés
en charrette jusqu'à la place de Grève (Place de l'Hôtel de Ville)
où ils subissaient leur châtiment ou étaient simplement
exécutés devant une foule en délire.
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La Conciergerie, l'antichambre de la mort |
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La Conciergerie sous la Révolution avait la réputation d'être
la plus dure des prisons de la capitale. Dans les cellules, plusieurs centaines de
prisonniers logés dans de terribles conditions d'insalubrité s'entassaient.
Les " suspects ", ceux que l'on soupçonnait d'être des ennemis de la
Révolution cohabitaient avec les prisonniers de droit commun. Les "pailleux",
si pauvres qu'ils étaient réduits à dormir sur de la paille
partageaient d'une certaine façon le triste sort des "pistoliers", les
prisonniers qui moyennant quelques pistoles remises au concierge ou à leur
geôlier disposaient de lits dans leur cellule. Paradoxalement, comme pour
oublier la tyrannie et conjurer le funeste sort qui les attendait, les aristocrates
continuaient de vivre en respectant les codes de leur classe sociale si précieux
à leurs yeux, si surréalistes en des temps si tragiques. On jouait, on riait,
on se faisait la cour, tout était permis pour oublier. Nul n'aurait par exemple
songé à tenter de s'évader, c'eût été se
déshonorer ! Puis le jour que chacun redoutait arrivait... l'appel, les adieux,
la charrette, l'échafaud.
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"L'Autrichienne à la lanterne !"
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Parmi les milliers de prisonniers qui furent enfermés à la Conciergerie,
Marie-Antoinette fut probablement une des plus célèbres. Pauvre reine qui
paya très cher ses réticences à respecter une étiquette trop
rigide et ses extravagances qui l'amenèrent à dépenser des sommes
exorbitantes alors que le déficit du pays ne cessait de se creuser et la haine du
peuple à son égard croître.
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La Conciergerie depuis la rive droite
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Pauvre reine plus frivole et naïve qu'intrigante et qui ne sut percevoir à
temps les complots machiavéliques de ses ennemis. Pauvre reine qui avait
épousé un roi probablement sincèrement soucieux de faire le
bonheur de son peuple, mais qui n'en demeurait pas moins incapable de prendre des
décisions et de faire preuve de fermeté lorsque cela s'avérait
nécessaire. Lorsque le 3 août 1793, Marie-Antoinette fut
transférée à la prison de la Conciergerie, elle avait
déjà tout perdu. Louis XVI son époux avait été
exécuté le 21 janvier et comble de l'horreur, ses deux enfants qu'elle
adorait lui avaient été enlevés. En attendant son procès
qui s'ouvrit le 15 octobre 1793, Marie-Antoinette passa soixante seize journées
angoissantes et autant d'interminables nuits dans sa cellule. Deux gendarmes assuraient
en permanence sa surveillance, rendant toute intimité impossible. Contre toute
attente, c'est l'épouse du concierge des lieux, la citoyenne Richard qui,
attendrie par la détresse de la prisonnière tentait tant bien que mal
d'apporter à cette dernière un peu de réconfort au quotidien jusqu'au
matin du 16 octobre...
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Invitation au voyage... |
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Il est toujours extrêmement agréable de se promener dans Paris :
flâner le long de la Seine apporte comme une sensation de bien-être
et de bonheur. Les monuments qui bordent le fleuve sont si imposants et majestueux
à la fois...Devant tant de beauté, il est quelquefois difficile de
repenser aux grands événements qui ont marqué l'histoire de
la ville et de la France et il est impossible d'imaginer les drames qui ont pu se
dérouler derrière certaines de ces façades ; et pourtant...
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