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onjour!
Paris, ville lumière brillant de mille feux en cette période de fête,
ville romantique qui accueille les amoureux de tout âge, ville magique qui ne cesse
de séduire les visiteurs venus du monde entier. Quel bonheur que de visiter ces
monuments témoins d'un passé si riche, de se promener sur ces longues et belles
avenues, de flâner le long des quais de Seine et de partir à la découverte
de ces quartiers atypiques et charmants. Ce mois-ci nous avons décidé de consacrer
notre lettre d'information à un de ces quartiers parisiens au charme fou, avec ses
hôtels particuliers et ses jardins fleuris, ses ruelles au nom évocateur qui nous
transportent en ces temps lointains où le "village" était encore situé en
dehors des remparts de la grande ville : le Marais.
Avant de continuer votre lecture, nous vous rappelons que vous pouvez lire les lettres d'information
déjà publiées à http://www.francemonthly.com/. Un lien vers la version française existe
en bas de chaque document que vous pourrez consulter en anglais.
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Un immense marécage
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Plusieurs millénaires avant que la tribu celte des "Parisii" ne s'installe sur ce petit
ilot devenu depuis l'Ile de la Cité, le lit de la Seine se rétrécit
divisant le fleuve en deux bras. Sur la partie méridionale se trouvait la Seine
telle que nous la connaissons de nos jours tandis qu'un second bras
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Rue Saint Antoine, Paris
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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"la vieille Seine" s'étirait en formant un immense arc de cercle partant de
l'orée du bois de Vincennes (à l'Est de Paris) jusqu'au pied des collines de
Chaillot et Passy (à l'Ouest de Paris), en ayant traversé les quartiers que nous
connaissons aujourd'hui sous les noms de Ménilmontant, Belleville et Montmartre sur la
partie nord de la ville. Entre les deux bras ne subsistait qu'un vaste marais que les crues
répétées du fleuve finirent par recouvrir pour laisser place à une
ceinture marécageuse, et qui, jusqu'à l'arrivée des Romains n'intéressait
que les sangliers. Les Romains furent en effet les premiers à construire une chaussée
solide surélevée au-dessus des marécages et entièrement dallée
pour relier Lutèce à Melun. L'actuelle rue Saint-Antoine est située sur cette
ancienne voie romaine.
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Des maisons sur pilotis
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Jusque vers l'an 1000, entre épidémies et invasions barbares,les habitants
de Lutèce vont régulièrement chercher refuge derrière les
palissades de bois qui protègent bien modestement l'Ile de la Cité. Puis
une paix relative s'installe ; le Xème siècle voit le commerce se
développer,la population s'accroitre et peu à peu quitter la cité
devenue trop étroite, franchir la Seine et s'installer sur la rive droite. Les
premières maisons apparaissent sur ce qui s'appelle à l'époque
l'île Saint Martin. Leurs fondations doivent encore prendre appui sur des pilotis
tant le sol est meuble. De multiples congrégations religieuses se partagent ce bout
de terre marécageux mais très fertile. Peu à peu les moines
assèchent les marais et développent les cultures maraîchères. Au
Moyen-âge, on vient sur l'île pour acheter ses légumes. Mais les religieux
sont tout puissants sur les deux rives du fleuve et cela agace terriblement le roi Philippe
Auguste. Alors, lorsqu'en 1190 il décide de construire un immense rempart, de pierre
cette fois-ci, le tracé de la muraille traverse délibérément les
fiefs ruraux des deux rives dans le but d'affaiblir le pouvoir de l'évêque et
des monastères. Le futur quartier du Marais prend vie au XIIème siècle.
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Recette Décembre 2008
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Le véritable pain perdu
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Cooking SOS!
Si vous avez des problèmes pour préparer cette recette, envoyez un email à
Chef@FranceMonthly.com
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La révolte des bourgeois parisiens
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Issu de la haute bourgeoisie parisienne, Etienne Marcel est un homme très riche,
très charismatique et par conséquent très influent. Il fait partie
de cette toute puissante juridiction en charge de l'administration de la ville de Paris,
les prévôts des marchands. En 1357, le jeune prince Charles V doit faire
face à une situation critique. La France vient de subir une terrible défaite
face aux anglais à Poitiers, son père le roi Jean le Bon est emprisonné
à Londres et les caisses du trésor sont vides.
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Maisons du XIVe siècle, Paris
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Il convoque les états généraux dont Etienne Marcel est un des
représentants pour lever des impôts exceptionnels. En échange, le
prévôt des marchands exige un rôle politique et administratif accru.
Face au refus du dauphin, il incite les bourgeois parisiens réticents à
l'idée de payer plus de taxes et fatigués de toutes ces guerres très
mauvaises pour les affaires à se révolter. Le 22 février 1358, trois
mille hommes en armes font irruption dans le Palais de la Cité. Pour impressionner
le jeune prince, Etienne Marcel fait exécuter sous ses yeux deux de ses conseillers.
Charles V parvient à s'échapper et part chercher du renfort en Champagne.
Etienne Marcel plus soucieux de satisfaire ses ambitions personnelles que de libérer
Paris du joug royal est accusé de trahison et finalement assassiné cinq mois
plus tard alors qu'il s'apprête à ouvrir la Porte Saint-Antoine aux anglais.
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Le roi s'installe dans le Marais
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Lorsqu'il revient à Paris en août 1358, Charles V est accueilli en libérateur
par des parisiens las de la dictature imposée par Etienne Marcel. Mais le jeune roi n'est
pas prêt d'oublier les événements.
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Hôtel de Sens, Le Marais, Paris
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Il n'est plus question pour lui de rester dans cette souricière que représente
à ses yeux le Palais de la Cité. Il choisit dans un premier temps la forteresse
du Louvre. Puis, alors qu'il dote la ville d'une nouvelle muraille renforcée par une
forteresse : la Bastille, il s'installe à proximité et occupe l'Hôtel
Saint Pol situé dans le quartier du Marais. De là, en cas de danger, il pourra
aisément trouver refuge dans le tout proche donjon de Vincennes ou bien encore
s'enfuir par la Seine pour rejoindre la route de Bourgogne et du Dauphiné, sa
province. Il apprécie beaucoup cette nouvelle demeure où il se sent en
sécurité. Il la fait rénover, agrandir, et entourer de magnifiques
jardins plantés d'arbres fruitiers et de plantes exotiques. Il y ajoute également
une ménagerie remplie d'animaux sauvages, de sangliers, de gazelles et même de lions.
Jardins et zoo deviennent rapidement des lieux de promenade très prisés des parisiens.
De ce domaine immense et magnifique ne subsistent aujourd'hui que le magnifique hôtel
de l'archevêque de Sens et quelques noms de rues comme la rue des Cerisaies, la
rue des Lions. Si Charles V ne fut pas le premier roi à habiter le Marais, son
amour des lettres et des arts fit de lui le premier souverain à donner sa vocation
artistique à ce quartier.
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Un tournoi fatal
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Dans la rue Saint Antoine, il y a un magnifique palais où résident Henri II,
son épouse Catherine de Médicis et sa maîtresse, Diane de Poitiers, de
vingt ans son aînée mais que l'on dit très belle :
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Place des Vosges, Le Marais, Paris
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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l'hôtel des Tournelles. En ce jour du 30 juin 1559, de grandes festivités sont
prévues en l'honneur du double mariage de la fille et de la sœur du monarque, Elisabeth
et Marguerite. Des arcs de triomphe sont dressés, les tribunes richement décorées,
mais le clou de la fête sera le tournoi qui se déroulera juste devant le palais.
Victorieux du duc de Savoie et du lieutenant général du royaume, le roi qui aime les
tournois défie le Comte de Montgomery. Une première joute ébranle les deux
cavaliers mais ne les désarçonne pas. Le jeune capitaine des archers accorderait
volontiers la victoire à son roi mais il doit accepter à contrecœur la revanche que
ce dernier exige. Les cavaliers se font face et s'élancent sous le regard anxieux de
l'assemblée. Puis c'est le drame, l'accident fatal lorsque la lance du jeune comte s'enfonce
sous la visière du roi. Les médecins se précipitent à son chevet mais
demeurent impuissants face à la gravité de la blessure.
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Un palais abandonné |
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Catherine de Médicis avait pourtant supplié son royal époux de ne pas
participer à ce tournoi. Son astrologue qu'elle consultait régulièrement
lui avait prédit l'accident. C'était écrit, le roi recevrait une blessure
à la tête lors d'un tournoi alors qu'il serait dans sa quarantéunième
année. Mais Henri II n'a que faire de ces sornettes, son esprit batailleur l'emporte sur
les suppliques de sa femme. Mais voilà, la lance a transpercé un œil et il meurt
après dix jours d'atroces souffrances. Catherine de Médicis est si
désespérée qu'elle prend l'hôtel des Tournelles en horreur et part
vivre son chagrin au Louvre. Totalement laissé à l'abandon, le palais
maudit tombe peu à peu en ruine. Le lieu autrefois si grandiose et si beau offre
désormais le triste spectacle d'un immense terrain vague. Utilisé dans un premier
temps pour implanter un marché aux chevaux très important, il attira aussi assez
rapidement tous les brigands de la ville, les pauvres ères sans ressources et sans
avenir, les laisser pour compte, transformant le site en une immense "cour des miracles"
qui donna beaucoup de fil à retordre aux autorités. Il fut également le
lieu d'une succession de duels sanglants et mortels malgré les nombreuses ordonnances royales
interdisant ces combats impitoyables.
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La place royale
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1605, le roi Henri IV estime -à juste titre- qu'il manque à Paris une place royale,
un endroit prestigieux pour organiser de somptueuses festivités, des jeux équestres
(pas des tournois), des parades et qui doit être un lieu de promenade aussi.
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Galerie autour de la place des Vosges
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Pour la première fois dans l'histoire de l'architecture parisienne, l'esthétique
est mise en avant. Le roi désire une place carrée entourée
d'éléments qui doivent former un ensemble. Sur chaque côté
s'élèveront neuf hôtels particuliers à la façade
strictement identique. Bâtis sur trois étages, le rez-de-chaussée sera
composé d'une galerie pour la promenade, le premier sera destiné aux habitations
des familles et les combles abriteront les domestiques. D'inspiration flamande, les murs seront
faits de briques roses et de pierres de calcaire blanches, et les combles très pentus seront
coiffés d'ardoises. Le pavillon du roi fut le premier à être élevé,
il devait servir de modèle. Mais le coût et le manque de main d'œuvre qualifié
fit qu'il fallut se contenter de murs peints en trompe-l'œil. Il n'en demeure pas moins que l'effet fut
parfaitement réussi et c'est une place royale splendide qui fut inaugurée en grande
pompe à l'occasion des fiançailles de Louis XIII et Anne d'Autriche, infante d'Espagne
en 1612. Mort deux ans auparavant Henri IV ne put participer aux festivités organisées
sur une place dont il avait tant rêvé.
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Invitation au voyage... |
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Le jardin et les quatre fontaines furent aménagés et installés le
4 juillet 1793 sur cette place que les Révolutionnaires avaient alors baptisée
"Place de l'Indivisibilité". La statue de Louis XIII en marbre blanc qui trône
sur le terre plein central fut installée en 1818 ; elle remplaçait une autre
statue offerte par Richelieu en 1639 mais qui provoquait plus les moqueries que l'admiration.
En effet, on avait utilisé le moule d'Henri II pour sculpter la statue de Louis XIII.
Beaucoup plus petit que son prédécesseur, le roi chevauchant un coursier puissant
paraissait ridicule. C'est donc cette célèbre Place Royale qui fût baptisé
"Place des Vosges" par Bonaparte en 1800 pour remercier le département français qui
s'était acquitté le premier de ses impôts. Elle allait donner ses lettres de
noblesse au quartier du Marais. Les aristocrates n'eurent de cesse de bâtir de magnifiques
hôtels particuliers dans le Marais dont nous ne manquerons pas de vous conter les histoires
dans notre prochaine newsletter.
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