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Dans ce numéro : |
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L'Opéra Garnier, la cathédrale mondaine |

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Charles Garnier |
A l’origine et bien avant le concours, c’est Charles Rohault de Fleury, architecte officiel de l’Académie Royale
de Musique, qui avait reçu la charge de construire ce nouvel Opéra. A la demande du Baron Haussmann, il étudia le projet, détermina
l’emplacement et prépara même un avant-projet pour les abords et la façade
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Une construction difficile |
La première pierre fut posée le 21 juillet 1862 par le Comte Walewski, fils de Napoléon 1er et
de la comtesse polonaise Walewski. Treize années furent nécessaires
au lieu de sept comme prévu, pour achever les travaux
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Un monument gigantesque |
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La superficie totale de l’édifice s’élève à onze mille mètres
carré. Sous la scène, cinq niveaux d’une hauteur totale de quinze mètres,
(ajouter à cela cinq mètres de fondations, donnent accès
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Un architecte de génie et un novateur |
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Charles Garnier fit appel à toutes les techniques modernes. Il n’aimait pas le fer,
matériau qu’il jugeait trop froid, mais il comprit qu’avec son usage beaucoup de choses
devenaient possible
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Le théâtre de la vie |
Le génie de Charles Garnier tient dans sa volonté de faire de tout le palais un immense
théâtre où chacun devient acteur. A l’entrée d’immenses miroirs
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onjour!
Bonjour, ce mois-ci nous avons choisi de dédier notre lettre à un prestigieux
monument parisien, raffiné et élégant. L’architecte a tout prévu,
tout calculé, tout pensé, tout choisi et presque tout dessiné : "Il
n’y aura pas dans l’édifice une surface grande comme la main pour laquelle je ne puisse
revendiquer un brevet !" écrivait-il dans ses notes. Situé en plein coeur de Paris,
il est un des très rares édifices, avec la Tour Eiffel, à porter le nom de
son créateur : Charles Garnier... vous l’aurez deviné, nous voulons parler de
l’Opéra Garnier. Décrié, dédaigné, au fil du temps, il manqua
d’être relégué dans l’oubli : on voulait un autre édifice, plus moderne,
plus "révolutionnaire" pourrait-on dire, l’Opéra Bastille. Heureusement, il n’en
fut rien, après quelques années de précieuses et minutieuses rénovations,
au début du XXIème siècle, le Palais Garnier renaît encore plus beau et
devient l’un des monuments les plus visités de la capitale...
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La France de la Renaissance
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L’art italien fit son apparition en France au XVIème siècle et fut d’emblée
admiré et imité. François 1er joua un rôle essentiel dans sa diffusion
en France. Admirateur de l’Italie, il fut un des premiers monarques à faire venir des
artistes, comme Léonard de Vinci qu’il invita à venir vivre au château de
Clos Lucé à Amboise. Au fil des siècles, l’influence de l’architecture,
la peinture et la musique italiennes ne cessa de grandir à la Cour de France.
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L'Opéra Garnier
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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C’est dans cet environnement qu’un art singulier, venu de l’autre côté des Alpes,
consistant à non pas jouer mais à chanter des pièces dramatiques dans un
style déclamatoire, charma les rois, les princes et les princesses de France. Lorsque
Orféo, premier opéra composé par Claudio Monteverdi en 1607, fut
représenté quarante ans plus tard au Palais-Royal en présence de Louis XIV,
le roi n’avait que neuf ans. Les machineries, les décors, les costumes et l’oeuvre
enchantèrent le jeune monarque. Passionné de musique et soucieux de donner
un cadre officiel à cet art qu’il affectionnait, Louis XIV décida de créer
en 1669 l’Académie Royale de Musique et offrit à Lully, musicien de renommée
internationale, la charge d’administrer cette toute nouvelle institution. Le succès fut
immédiat car le musicien sut parfaitement modeler son style mélodique sur les
déclamations de grands tragédiens français de l’époque comme Corneille
et Racine. Le monarque et l’artiste partageant une même passion pour la danse, celle-ci
trouva rapidement une place de choix dans l’opéra français.
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Le "centre rayonnant" de la capitale
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Lorsque Napoléon III et le Baron Haussmann entreprirent les grands travaux
d’embellissements de la ville de Paris (voir http://www.francemonthly.com/n/1202/index-f.php),
l’art lyrique était à son apogée. Depuis la fin du règne de
Louis XIV, douze opéras avaient été construits, toujours à la
hâte et à titre provisoire. Onze d’entre eux avaient disparu dans les flammes,
le douzième existait encore et se situait rue Le Pelletier mais il était indigne
de la France du XIXème siècle. L’empereur désirait un nouvel édifice
qui soit la vitrine de la prospérité de l’empire français et de son rayonnement
international. Il était prévu de bâtir le nouveau monument en plein coeur
d’anciens quartiers insalubres et dangereux qui seraient totalement réaménagés
et de percer une avenue pour relier le Louvre et les Tuileries situés sur la rive gauche aux
élégants quartiers commerçants et financiers de la rive droite de l'époque
situés non loin du nouvel édifice. La future "avenue Napoléon" allait devenir
"l’avenue de l’Opéra", la seule avenue du quartier qui ne soit pas bordée d’arbres
car l’architecte refusa fermement l’idée que son monument puisse être dissimilé.
Ce nouveau temple de l’art lyrique allait naître dans un contexte historique bercé par
un vent de renouveau et de modernité. Un concours, ouvert à tous, architectes professionnels
ou non, fut lancé le 31 décembre 1860. Cent soixante et onze candidats y prirent part. Tous
présentèrent des projets originaux et plus ou moins réalistes. Deux postulants
oublièrent même un détail : la scène ! Viollet le Duc y participa
également. L’architecte avait de bonnes raisons de penser qu’il serait le lauréat.
Son expérience, son talent était reconnu de tous et avant tout, il était le
favori de l’Impératrice Eugénie. Toutefois, son projet ne fut pas retenu parmi les
cinq choisis par Napoléon III. La décision impériale d’exclusion fut-elle
liée à la jalousie ou au refus d’être accusé de favoritisme ? L’histoire
ne le dit pas...
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Recette décembre 2007
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Buche chocolat au Grand Marnier
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Cooking SOS!
Si vous avez des problèmes pour préparer cette recette, envoyez un email à
Chef@FranceMonthly.com
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Charles Garnier
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A l’origine et bien avant le concours, c’est Charles Rohault de Fleury, architecte officiel
de l’Académie Royale de Musique, qui avait reçu la charge de construire ce nouvel
Opéra. A la demande du Baron Haussmann, il étudia le projet, détermina
l’emplacement et prépara même un avant-projet pour les abords et la façade.
Les méchantes langues racontent que Viollet-le-Duc aurait suggéré à
l’impératrice l’idée d’un concours dans l’espoir plus ou moins dissimulé
d’évincer son concurrent.
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L'Auditorium rouge et or
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Force est de constater que ni l’un ni l’autre ne passèrent le premier tour. Contre
toute attente, le gagnant fut le plus jeune des candidats, un inconnu issu d’une famille
relativement modeste et de surcroît peu expérimenté, Charles Garnier.
Néanmoins, le lauréat du grand Prix de Rome (récompense honorant le
talent des meilleurs étudiants en Art) de 1848 avait déjà beaucoup
voyagé. Le jeune étudiant avait sillonné les routes européennes
et découvert l’architecture de la Grèce Antique et de la Renaissance italienne.
Ambitieux, curieux, passionné, il avait visité de nombreux théâtres
et opéras, pris de nombreuses notes et retenu le meilleur de ce qui existait. En
réalité, le projet de Charles Garnier fut retenu essentiellement parce qu’il
fut le seul à intégrer le rôle social qu’allait jouer ce nouveau temple
de l’art lyrique situé en plein coeur du nouveau quartier des affaires. Il comprit
dès le départ que l’opéra pouvait et devait devenir le lieu de rendez-vous
de la haute société parisienne, y compris pour y conclure des affaires.
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Une construction difficile
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La première pierre fut posée le 21 juillet 1862 par le Comte Walewski, fils de
Napoléon 1er et de la comtesse polonaise Walewski. Treize années furent nécessaires
au lieu de sept comme prévu, pour achever les travaux. Les premières difficultés
apparurent dès le percement des fondations.
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Le magnifique escalier de marbre
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Le terrain, situé sur une nappe phréatique, était gorgé d’eau. Les
machines à vapeur installées pour pomper n’y changèrent rien. Au bout de
huit mois d’effort, force fut de constater que l’eau remontait sans cesse. L’architecte comprit
que la seule façon de résoudre le problème serait non pas d’assécher
mais d’empêcher l’eau de s’infiltrer sous les fondations et par conséquent de
fabriquer un réservoir pour la contenir. Tout au long des travaux, l’argent manqua et
l’architecte dut constamment rechercher des solutions pour faire des économies. 1870,
la guerre contre la Prusse marque l’arrêt immédiat et brutal des travaux.
L’Opéra oublié pour un temps fut converti en magasin de vivres et poste
d’intendance. Au lendemain de la défaite, Napoléon III fut condamné
à l’exil. Des voix s’élevèrent alors dans le public et à la
Chambre pour exiger l’arrêt définitif d’une construction jugée trop
coûteuse pour un pays totalement ruiné. Certains allèrent même jusqu’à
réclamer la destruction d’un édifice désormais symbole d’un empire
déchu. C’est alors que dans la nuit du 28 au 29 octobre 1873, un terrible incendie vint
à point nommé ravager l’Opéra provisoire de la rue Le Peletier. Charles
Garnier fut alors mis en demeure d’achever le nouvel opéra le plus rapidement possible.
Le monument fut inauguré le 5 janvier 1875.
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Un monument gigantesque
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La superficie totale de l’édifice s’élève à onze mille mètres
carré. Sous la scène, cinq niveaux d’une hauteur totale de quinze mètres,
(ajouter à cela cinq mètres de fondations, donnent accès aux machineries.
Dans les tringles, une cinquantaine de décors apparaissent au gré des spectacles,
ils remontent et glissent hors de la vue des spectateurs sur une hauteur de quarante cinq
mètres, soit environ une quinzaine d’étages.
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Peinture allégorique
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Le plus impressionnant est probablement la scène la plus pentue du monde pour
assurer une meilleure vue en perspective. Vingt sept mètres de profondeur et
quarante huit mètres de large lui permettent d’accueillir jusqu’à deux
cent danseurs, mimes, acteurs et même des animaux. En fait, la scène est
si grande que l’Arc de Triomphe tout entier y trouverait sa place ! Il faut dire que
l’époque était aux mises en scène spectaculaires, aux décors
riches et aux effets spéciaux les plus extravagants. C’est ainsi qu’un carrosse
attelé de plusieurs chevaux pour lesquels des écuries avaient été
prévues en sous-sol, pouvait entrer en scène. Lors d’une représentation
d’Aïda de Verdi, on fit même venir un éléphant du Jardin des Plantes.
Lorsque "Les Indes Galantes" de Rameau furent jouées, des parfums différents
furent dispersés à chaque tableau. Un jour, on fit même venir des
autruches pour faire plus exotique mais on y renonça toutefois très vite
car elles mordaient les figurants ! De véritables super productions étaient
offertes à des spectateurs abasourdis et émerveillés. Le jour de
l’inauguration, l’Opéra disposait d’un peu plus de deux milles places. Elle était
alors la plus grande salle d’Opéra du monde.
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Un architecte de génie et un novateur |
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Charles Garnier fit appel à toutes les techniques modernes. Il n’aimait pas le fer,
matériau qu’il jugeait trop froid, mais il comprit qu’avec son usage beaucoup de choses
devenaient possible. Alors il choisit une structure entièrement métallique pour
le nouvel édifice qu’il veilla simplement à cacher. Ce fut à l’époque
une véritable révolution dans le monde de l’architecture. Il croyait également
en l’avenir de l’électricité. Néanmoins, celle-ci n’était pas encore
tout à fait au point. Alors il utilisa ce concept moderne pour les sonneries qui appelaient
le retour des spectateurs après l’entracte et certains dispositifs permettant les
effets scéniques. Jusqu’à présent les salles de spectacles n’étaient
pas chauffées, il étudia la mise en place d’un système de chauffage et de
ventilation au gaz aussi efficace que possible pour offrir un meilleur confort aux spectateurs.
Il utilisa toutes les innovations possibles jusque dans la décoration. Dans le palais
éblouissant et féérique qu’il voulait offrir à Paris l’or devait
ruisseler, mais son budget était limité. Alors il choisit d’utiliser un tout
nouveau procédé, pour remplacer les feuilles d’or au prix exorbitant, la "dorure
à effet". Il s’agissait de simples peintures d’un doré plus lumineux là
où la lumière se reflète et d’un ocre plus léger dans les creux afin de
donner du relief. Les parisiens crièrent au scandale, persuadés que des sommes
folles avaient été dépensées ? Il n’en fut rien, ce n’était
que de la peinture mais l’effet fut fantastique.
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Le théâtre de la vie
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Le génie de Charles Garnier tient dans sa volonté de faire de tout le palais un
immense théâtre où chacun devient acteur. A l’entrée d’immenses miroirs
permettent aux abonnés de réajuster leur tenue avant de pénétrer
dans un univers qu’il a voulu féerique. Oubliées les vicissitudes de la vie
quotidienne, le désordre du monde extérieur, le spectacle peut commencer.
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Vue depuis le Grand Escalier
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Conscient de ce rôle nouveau, chacun prend alors le temps de monter les marches du grand
escalier de marbre une à une afin de s’offrir au regard des autres. Puis, on s’arrête
sur les balcons pour admirer le décor et observer. On pénètre dans la
magnifique salle de spectacle tapissée de rouge et d’or. Traditionnellement rose ou bleue,
l’architecte a voulu cette fois-ci une couleur qui flatte le teint des dames et qui serve
d’écrin à leurs somptueuses toilettes et bijoux étincelants. Jusqu’alors
il eut été inconvenant qu’elles quittent leurs loges pendant les longs entractes
nécessaires aux changements de décors. Désormais, de larges allées
leur permettent de se promener et se montrer tout à loisir. La taille du splendide foyer
est prévue pour que les dames et les messieurs puissent se croiser sans se gêner.
Charles Garnier a estimé que neuf personnes devaient pouvoir marcher de front à
leur aise. Il a calculé que la largeur totale devait donc être de dix mètres
et pour plus de confort encore, il étendit la dimension à treize mètres.
Autre petite révolution qui fâchera quelque peu les musiciens : Charles Garnier
décide de les "dissimuler" dans une fosse un peu plus profonde qu’à l’ordinaire.
En effet, leurs instruments privent les spectateurs assis à l’orchestre d’une partie de
la scène.
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Invitation au voyage... |
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Charles Garnier a eu le génie de réinventer le théâtre à
l’italienne tout en alliant modernité et tradition. Il a osé utiliser les
techniques les plus récentes de l’époque et bousculer les traditions. Il
voulait de la couleur, des rondeurs et du mouvement. La myriade de détails
ornementaux, les sculptures et peintures allégoriques offrent aux visiteurs une
extraordinaire opportunité de quitter le monde du réel et de pénétrer
pour un moment dans un univers féérique. Le monument est presque inclassable, mi
classique, mi baroque. D’ailleurs, alors qu’elle examinait le projet, l’impératrice
ugénie interrogea l’architecte, "Mais de quel style s’agit-il ? Ce n’est ni du grec,
ni du Louis XVI, pas même du Louis XV", Charles Garnier lui répondit alors
"Mais c’est du Napoléon III, votre altesse !". Les circonstances historiques
feront qu’aucun empereur ne pénétrera jamais dans ce temple de l’art lyrique
bien qu’une entrée fut spécialement conçue pour Napoléon III.
Le Palais Garnier est, dans les moindres détails, l’oeuvre exceptionnelle d’un des plus
grands architectes de l’Histoire française. Pourtant, Charles Garnier faillit ne pas
être présent le jour de l’inauguration de l’Opéra. On l’avait purement
et simplement oublié dans la liste des invités. Il est vrai qu’il ne faisait
pas partie de la Haute Société parisienne et qu’un architecte à
l’époque ne jouissait d’aucune considération particulière. Il eut
tout de même la bonne idée d’acheter deux billets pour lui et son épouse,
fort heureusement, car le président Mac Mahon l’attendait tout de même pour lui
remettre la Légion d’Honneur.
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