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onjour!
nous avons choisi de dédier notre newsletter au joyau de l'architecture parisienne : la
cathédrale Notre-Dame. Sa construction a débuté sous le règne d'un roi très pieux, Louis VII,
à une époque où le royaume de France se limitait à un modeste triangle allant
de Paris à Orléans et Bourges. La cathédrale est alors le symbole d'un idéalisme nouveau,
le témoin d'un élan d'espoir jusqu'alors inconnu. Elle sera achevée cent soixante
dix ans plus tard. Sublime, elle est le monument le plus visité de Paris, devançant
même la Tour Eiffel, avec douze millions de visiteurs chaque année. Intemporelle, elle
se dresse derrière son parvis depuis plus de huit cent ans. Merveille de l'architecture
gothique, elle a été et demeure le témoin des événements les plus importants de
l’histoire de France...
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La situation au Moyen Âge
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Entre les années 1050 et 1350, quatre-vingt cathédrales, cinq cent
grandes églises et des dizaines de milliers d’églises plus petites
voient le jour. Ce grand enthousiasme à construire des monuments religieux
est suscité par divers phénomènes :
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Notre Dame de Paris
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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la France change, l'agriculture se modernise; les récoltes, plus abondantes, permettent
d'enrayer les famines et les invasions barbares ont disparu. Une certaine confiance en
l'avenir s'installe et la population de chaque cité croît tout en repoussant les limites
de la ville au-delà de ses remparts. A cela, il faut ajouter une nouvelle ferveur : la
religion n'est plus synonyme de punition mais d'espoir. Les croyants prêtent à Dieu, dans
son infinie bonté, la volonté de pardonner et d’offrir l'accès au Paradis à celui qui sait
racheter ses péchés. Pour la première fois dans l'histoire de la religion, le Paradis
devient accessible à tous. Les dons affluent afin de participer à la construction de ces
édifices qui se doivent d’être beaux pour plaire à Dieu et grands pour protéger la
population de ses démons. Ce qui est vrai dans tout le royaume est vrai à Paris d'autant
plus que le roi a installé sa résidence en île de France. Paris n'est pas encore la
capitale de ce royaume mais elle rayonne déjà dans le monde entier. Le tout nouvel évêque
de Paris, Maurice de Sully, est un homme ambitieux... et songe qu’une somptueuse cathédrale
dédiée à la Vierge Marie remplacerait parfaitement la très vieille cathédrale dédiée à
Saint Etienne.
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Maurice de Sully
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Maurice est né en 1120 dans un village proche du château de Sully-sur-Loire.
Au Moyen-âge, un enfant issu d’une famille modeste peut réussir socialement
grâce à son intelligence et à son ambition s’il suit une éducation religieuse.
Maurice possède ces qualités... il étudie donc le latin et l'architecture et décide
de parfaire son éducation à Paris. Prenant son bâton de pèlerin à l’âge de
dix-sept ans, il longe alors la Loire jusqu'à Orléans puis, remontant vers le
nord, s'engage dans la forêt infestée de loups, d'ours et de brigands amis sans
connaître la peur. En revanche, son émotion est grande lorsqu'à la lisière du
bois, il découvre le monde étranger et nouveau de la grande ville. Il est si
pauvre qu’il doit mendier son pain pour survivre, il sert de valet à d'autres
étudiants, plus fortunés, pour gagner sa vie. Mais son ambition est telle que
rien ne l'arrête. Son intelligence si grande qu'il se fait remarquer, devient
clerc puis fait partie du chapitre de la Cathédrale à l'âge de vingt-deux ans.
Il est nommé sous-diacre à vingt-sept ans. En 1150, il a trente ans, ses talents
d'orateur sont reconnus et ses sermons sont célèbres. Dix ans plus tard, en 1160,
il est nommé évêque de Paris... parcours extraordinaire pour un homme aux origines
si modestes. Mais Maurice de Sully rêve aussi de gloire et dès son intronisation,
il décide de faire raser la vieille cathédrale dédiée à Saint Etienne, délabrée
et tombée en désuétude pour faire construire, à sa place, une cathédrale, plus
grande, plus belle, dédiée à la Vierge Marie. La première pierre sera posée en 1163.
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Recette décembre 2005
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Tuiles aux amandes
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Cooking SOS!
Si vous avez des problèmes pour préparer cette recette, envoyez un email à
Chef@FranceMonthly.com
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L'île de la Cité, lieu de culte
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L'île de la Cité est un lieu sacré depuis deux mille ans. Les premières tribus choisirent
cet endroit car la Seine y offrait un rempart de protection efficace contre les invasions
barbares. Ils emmenèrent avec eux leurs dieux. Aux autels gaulois succédèrent les temples
romains. Les siècles passent... bientôt la Seine, les remparts ne suffisent plus et les barbares
envahissent, saccagent, brûlent tout sur leur passage. L'église et les croyants
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Île de la Cité - ND on the right
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souffrent, assistent impuissants aux destructions et aux massacres mais
rebâtissent imperturbablement leurs lieux de cultes et vénèrent leurs martyrs.
An 885, nouvelle invasion normande, les parisiens prient Marie de leur venir
en aide, leur voeu est exaucé car la ville est sauvée. Désormais, ils vont,
peu à peu, oublier Saint Etienne, premier martyr de la communauté chrétienne
pour adorer la Vierge Marie. Lorsqu'en 1160 Maurice de Sully est nommé évêque
de Paris, il est a la tête d'un ensemble épiscopal en bien mauvais état. La
basilique de Saint Etienne est vieille de six cent ans, l'église Notre Dame,
l'Hôtel-Dieu et le palais épiscopal n'ont pas changé depuis le dernier siège
normand, trois siècles auparavant. L'ensemble n'est certainement pas à la hauteur
de son pouvoir et de son ambition, il décide donc de raser et de reconstruire.
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Le mouvement gothique
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La cathédrale est le siège de l'évêché. Elle raconte la vie du Christ aux
croyants mais elle est aussi un élément d'apparat pour plaire à Dieu. Au Moyen
Âge, la beauté passe par la légèreté et la luminosité. Solidement ancré sur le
sol grâce à de profondes fondations, l'édifice écrase Satan et s'élève délicatement
vers le ciel. Grâce à l'arc légèrement brisé de la croisée d'ogives, le poids de
la voûte porte désormais sur les piliers.
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Scultures de pierre
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Ainsi libérés, les murs vont pouvoir s'allonger, être percés de vitraux
laissant alors passer la lumière et agrémentés d'immenses rosaces, cercles
de la divinité par excellence, symbole de l'amour infini de Marie pour Jésus,
son fils, sans mettre en péril la solidité de l'édifice. Les pressions latérales
exercées par le poids de la voûte sont compensées par des arcs-boutants renforcés
de contreforts. Le style gothique est né en île de France au XIIème siècle. Mais
ce sont les artistes italiens de la Renaissance qui lui attribuèrent le qualificatif
de « gothique ». Les Goths étant des barbares qui avaient envahi et pillé Rome au
Vème siècle, les italiens vont l’utiliser pour dénigrer ce style trop peu classique
à leurs yeux, qui nous émerveille tant, aujourd'hui...
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La construction de la Cathédrale
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Pendant cent soixante-dix ans, c'est un immense chantier qui s'offre au regard du peuple
parisien. Maurice de Sully fait acheminer les pierres venues de carrières toutes proches
pour qu’elles soient taillées sur place. Sur le parvis, tous les corps de métiers se retrouvent,
des milliers d'artisans contribuent à la réalisation du chef-d’oeuvre monumental :
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Notre Dame de Paris à Noël
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charpentiers, forgerons, verriers, sculpteurs, mais également marchands, porteurs
d'eau, etc. Pour aller de plus en plus haut, on met en place des échafaudages
audacieux et révolutionnaires. Ils ne touchent pas le sol, sont accrochés directement
à la structure de l’édifice et s’élèvent au fur et à mesure de la construction de
celle-ci. Au plafond, des cintres de bois sont fabriqués. Ce sont des plafonds artificiels
sur lesquels sont posées les pierres trapézoïdales… une fois emboîtées les unes par
rapport aux autres on enlève ces charpentes de bois et les pierres s'auto-bloquent, du
fait de leur forme. Cette nouvelle technique a certes montré son efficacité mais aussi
ses limites. On atteint les trente-cinq mètres au-dessus du sol pour Notre Dame de Paris.
Dans cette frénésie d’élévation vers les cieux, la cathédrale de Chartres atteint
trente-sept mètres, puis celle d’Amiens quarante-deux mètres. La cathédrale de Beauvais
doit être la plus grande cathédrale du monde mais en 1284 une partie des voûtes de la
nef haute de soixante-quatre mètres s'effondre et marque, en même temps, la fin de
cette course au gigantisme.
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La vision de Notre Dame aujourd'hui |
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Comment ne pas être émerveillé lorsque, depuis le parvis, la façade occidentale de
Notre-Dame nous apparaît toute entière, généreuse, sereine et majestueuse. On pourrait
la croire plate, formant un carré parfait, d’une symétrie parfaite. Comment ne pas être
subjugué par la blancheur de sa pierre.
Mais sa vraie beauté est là ! Si la pierre blanche joue avec le soleil, la symétrie
de l’édifice est toute relative. La façade s'offre à notre regard sur plusieurs étages...
ses trois portails nous invitent à pénétrer dans le royaume de Dieu : le portail du
Jugement Dernier, le portail de la Vierge racontant sa mise au tombeau et celui de
Sainte Anne, mère de Marie, racontant l'enfance, le mariage de la Vierge et la
naissance de l'Enfant Jésus. Juste au dessus, les vingt-huit rois de Judas et d'Israël
portant des branchages de l'Arbre de Jesse. Les pauvres statues furent décapitées par
les révolutionnaires en 1792 car ils croyaient qu'il s'agissait de la représentation
des rois de France et seront redessinées par Viollet le Duc, un siècle plus tard. En
levant encore plus haut les yeux, on découvre Marie portant l'Enfant Jésus, auréolée
de cette immense rosace de près de dix mètres de diamètre. Enfin la grande galerie relie
les deux tours qui culminent à soixante neuf mètres de hauteur. L'une est légèrement plus
fine que l'autre, particularité involontaire qui fait partie du charme et de la beauté
de l'ouvrage. Les tours semblent atteindre le ciel... le Paradis !
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La vision de Notre-Dame de Paris, au Moyen Âge
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C'est pourtant une toute autre cathédrale qui s'offre au regard des parisiens et
des pèlerins du Moyen Âge. Pour faciliter l'acheminement des pierres et des matériaux,
Maurice de Sully a fait raser des maisons devant la future cathédrale, mais son
parvis est toujours minuscule si on le compare a celui que nous connaissons aujourd'hui.
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Notre Dame de Paris la nuit
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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De plus, de nombreuses rues et des maisons de diverse hauteur continuent de cacher
la façade. De nulle part, on peut la contempler dans son ensemble… quand bien même
on se place face à elle, le recul nécessaire pour en admirer la perspective fait
cruellement défaut. Autre différence manifeste, les statues sont peintes. Lors de
la construction, les théologiens guident les architectes, ils veulent raconter aux
hommes le mystère de l'Incarnation Divine à une époque où l'imprimerie n'existe pas
et où la population ne sait pas lire. Les portails et les murs, véritables livres de
pierres, sont ornés de statues polychromes, la couleur donnant du relief à l'image et
transmettant le message de Dieu. La couleur disparaîtra au moment du sacre impérial
de Napoléon, en décembre 1804, date à laquelle il est décidé de blanchir la cathédrale
à la chaux, afin de masquer son piteux état lié aux cicatrices faites par le temps et
les hommes.
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Le kilomètre Zéro... |
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Si Notre-Dame de Paris a connu bien des tourments dus à l’épreuve du temps et
aux souffrances infligées par les hommes, elle a su résister à tout, aux pillages,
aux incendies, aux profanations et même à une bombe qui traversa son toit, en 1914.
Plus de huit siècles plus tard, la cathédrale se tient là, immuable, solide,
majestueusement ancrée sur son île et suscite l'admiration de tous. Dès le Moyen
Âge, à une époque où tous les chemins de France et de Navarre menaient à Paris, elle
a été le point de ralliement par excellence. Aujourd'hui encore, toutes les distances
de Paris aux frontières du pays sont mesurées en prenant pour point de départ Notre
Dame. Pour l’anecdote, dans les autres villes et villages de France le calcul se
fait à partir de la Mairie. Avant même son achèvement, Notre-Dame était déjà et
est devenue la cathédrale des grands événements : le sacre de Napoléon Bonaparte
qui devient empereur, la célébration de la Libération de Paris en 1945, les
funérailles de Charles de Gaulle, en 1970. Elle est avant tout le plus beau, le
plus majestueux des monuments de Paris et reste le site le plus visité de France.
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