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onjour!
Bonjour, Ce mois-ci nous avons choisi de poursuivre notre découverte du vignoble bordelais et notre promenade
dans cette région mondialement reconnue pour ses vins exceptionnels et l'originalité de ses nombreux
châteaux : le Médoc. Facile à distinguer sur une carte de France, le Médoc est ce petit coin de terre
en forme de triangle équilatéral blotti entre l'océan Atlantique à l'ouest, l'estuaire de la Gironde
à l'est, fermé par un affluent de la Garonne et la ville de Bordeaux au sud. Au nord de cette presqu'île,
le phare de Cordouan, fièrement ancré sur son îlot rocheux, ouvre la porte de l'estuaire aux navires
comme à l'époque où Bordeaux était l’un des premiers ports du monde.
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Un siècle et demi d'excellence, de 1855 à 2005
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En 1855, l'Exposition Universelle se tient à Paris et Napoléon III souhaite présenter à la reine Victoria
et aux visiteurs venus du monde entier les meilleurs produits que la France puisse offrir dont les prestigieux vins de la
Gironde. Le "Syndicat des Courtiers de Commerce" de Bordeaux est chargé d'établir la liste des meilleurs crus
de la région.
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Le château Margaux
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Ces hommes d'expérience distinguent soixante et un châteaux répartis en cinq catégories
classées par ordre d'importance. En fait, ils ne font qu'officialiser une liste fondée sur la reconnaissance
de la qualité exceptionnelle du terroir et de la notoriété de chaque cru. Cette liste avait
été dressée dès 1755 par leurs prédécesseurs et confirmée,
à quelques détails près, par Thomas Jefferson en 1787. En effet, Thomas Jefferson, ambassadeur
des Etats-Unis en France, parcourant le vignoble bordelais en véritable connaisseur des grands vins avait
lui-même suggéré une classification, très proche de celle de 1855. Depuis, une seule
modification fut apportée en 1973 lorsque le Château Mouton-Rothschild passa de Second à Premier Cru et
rejoignit ainsi les prestigieux Château Lafite-Rothschild, Château Latour, Château Margaux,
et Château Haut-Brion. Encore aujourd'hui, cent cinquante ans plus tard, ce classement fait toujours autorité.
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Une exception pour un Premier Cru
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Une famille va être à l’origine du renouveau des grands vins du Médoc : les Pontac.
Jean de Pontac reçoit en dotation une partie du Domaine de Haut-Brion, au sud-ouest de Bordeaux.
En 1550, il fait bâtir son château, sait parfaitement sélectionner les meilleures terres et
décide d'y planter de la vigne. Passionné et avisé, il agrandit le domaine et exporte
ses vins qui sont de plus en plus appréciés, notamment en Angleterre. Un siècle plus tard,
grâce à ses descendants, la renommée du domaine de Haut Brion est au zénith et
Arnaud de Pontac va avoir le génie d’ouvrir la "Taverne Pontac" à Londres. L'endroit devient
très à la mode et le Haut Brion devient le premier vin du Bordelais à être vendu sous son
propre nom à une époque où les vins sont encore vendus anonymement. Au milieu du XVIIIème,
les techniques de travail de la vigne, d'assemblage, de cépages et de conservation du vin ne cessent de
s'améliorer. Une véritable fièvre s'installe et ce succès entraîne l'augmentation
des cours des vins, surtout celui des meilleurs, en provenance du Médoc. La qualité et la
renommée du Haut-Brion, bien qu'il soit situé en terre de Graves, font de ce vin le seul cru de Graves à suivre,
au fil des décennies, le cours du vins du Médoc et donc à se classer dans la même
catégorie. C'est tout naturellement qu'il a rejoint le groupe des Premiers des Grands Crus classés
du Médoc de 1855.
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Recette Novembre 2005
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Sauce au vin
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Cooking SOS!
Si vous avez des problèmes pour préparer cette recette, envoyez un email à
Chef@FranceMonthly.com
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Les châteaux du Médoc
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Vers le milieu du XVIIIème siècle, la vigne devient la culture prédominante du Médoc.
Les notables de Bordeaux choisissent d'investir dans la viticulture et donnent ainsi naissance à de grands
domaines aristocratiques. La notion de "crus" s'ébauche petit à petit, les vins prennent le nom du
propriétaire de la vigne ou du lieu-dit. Un siècle plus tard, le paysage viticole poursuit son
évolution sous l'impulsion de Napoléon III. Les accords commerciaux et l'amélioration
des moyens de communications contribuent au développement du commerce du vin et à
l'enrichissement des heureux propriétaires.
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Vue arrière du Château Pichon Longueville
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S'ils saisissent cette opportunité pour améliorer la qualité de leur noble production,
ils en profitent également pour se faire construire de magnifiques châteaux, souvent extravagants.
Tous les styles apparaissent selon la sensibilité et la richesse de chacun. Le château devient un
élément d'apparat et d’orgueil pour chaque famille, une confirmation de la réussite du
propriétaire mais également du caractère unique de chaque production. Peu à peu la notion de "cru"
cède la place à l’appellation "château" fièrement arborée sur l'étiquette de
chaque bouteille, encore aujourd’hui.
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Les Montagnols
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Au milieu du XIXème siècle, la Révolution Industrielle est en marche; on s'intéresse enfin
véritablement aux conditions de travail des ouvriers mais aussi à la rentabilité et
cette tendance qui souffle sur l'Europe atteint même l'inaccessible région du Médoc.
Les ouvriers agricoles de la région se trouvent confrontés à l'arrivée d'ouvriers
étrangers venus des Pyrénées Orientales qui acceptent de travailler la vigne pour
des salaires inférieurs.
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Château Pontet Canet
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Mais nul ne peut le nier, les "montagnards" tels qu'ils sont appelés péjorativement, sont des hommes
courageux et efficaces. Lorsqu’en 1860, le phylloxéra fait des ravages dans les vignobles bordelais, ce sont eux
qui s'attèlent à la tâche et luttent sans relâche afin de débarrasser la région
du terrible fléau. Grâce à leur acharnement, le vignoble renaît de ses cendres petit à petit
et justice leur est enfin rendue : les montagnards deviennent alors les "Montagnols", en remerciement de leur vaillant
dévouement. Ils s'installent enfin véritablement, fondent des familles et contribuent largement au
développement du vignoble médocain. La famille Cazes, à la tête du très prestigieux domaine de
Château Lynch-Bages peut aujourd'hui encore s'enorgueillir de cet héritage.
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Le Maharadja de Saint-Estèphe
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Au début du XIXème siècle, Louis-Gaspard d'Estournel hérite de quelques pieds de vigne situés
sur une colline près du village de Cos. Très vite, il comprend qu'il est en possession d'un terroir exceptionnel
et s'endette pour acquérir la totalité de la colline quand il n'hésite pas à "s'emparer"
illégalement de quelques parcelles de terre en empiétant indélicatement sur les terres avoisinantes
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Le Cos d'Estournel
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Mais la qualité extraordinaire de ses vins provoque l'admiration de tous les connaisseurs et le cours des crus
de Cos ne cessent d'augmenter. Louis-Gaspard d'Estournel veut échapper au monopole des négociants bordelais,
incontournables jusqu’alors. Il décide de mettre ses vins en bouteille, au château, et d'aller les vendre
directement en Inde. Le succès est immédiat, les maharadjahs et nababs d'Orient raffolent de ce vin venu de
France. Mais Louis-Gaspard d'Estournel va de surprise en surprise lorsqu'il découvre qu'après la longue
traversée en mer son vin n'a plus tout à fait le même goût qu'au départ du château :
il s'est tout simplement bonifié pendant le transport. Fort de ce succès et de cette expérience
orientale, l'homme désormais surnommé "le Maharadja de Saint-Estèphe" se fait construire vers 1830
un étrange palais aux allures exotiques dans le Médoc. Il y organise des fêtes somptueuses et
offre aux plus grands de ce monde des bouteilles de ce Cos précieux qui ont fait l’aller-retour France-Inde,
par bateau ! Criblé de dettes et ruiné malgré tout, il devra se résoudre, en 1852, à
vendre son domaine à un banquier londonien, Martyns. Il mourra l'année suivante, juste deux ans avant la
consécration suprême qui place le Cos d'Estournel en tête des vins de Saint-Estèphe.
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Château Mouton Rothschild |
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Le Baron Philippe de Rothschild a vingt ans lorsqu'il hérite du domaine de Brane-Mouton acquis, en 1853,
par son ancêtre, le Baron Nathaniel de Rothschild. Parisien dans l'âme, amoureux de mondanités,
de courses automobiles et de voyages, le cadeau pourrait presque être empoisonné. Mais le baron se
prend immédiatement de passion pour son vignoble et pour son nouveau métier. Désormais, il n'a qu'un
seul objectif : que justice soit rendu à ses vins qui ne sont classés, en 1855, que "Second Cru". Son motto,
"Premier ne suis, second ne daigne, Mouton suis". Il va tout d'abord bousculer la tradition : jusqu'alors le vin se vendait
en vrac aux négociants, qui procédaient alors eux-mêmes aux mélanges et à la mise en
bouteille, livrant ainsi un vin non conforme à celui produit au château. En 1924, il va inciter les
«Premiers Crus » à procéder à la mise en bouteille au château même, garantissant
ainsi l'authenticité et la typicité du produit. Pendant près d'un demi-siècle,
il ne va avoir de cesse d'améliorer la qualité de son vin, veillant avec un soin méticuleux sur
ses vignes, agrandissant et modernisant son domaine. Enfin, il a le génie d'intégrer la notion de "marketing"
et à partir de 1945, il fait dessiner ses étiquettes par les plus grands peintres de son temps. En 1973,
son but est atteint : le Mouton Rothschild entre dans le classement des vins extraordinaires : les
"Premiers Crus Grands Crus classés du Médoc". Le baron est heureux, sa ténacité a
porté ses fruits, son motto devient désormais: "Premier je suis, second je fus, Mouton ne change".
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Mettre en valeur un grand vin de Bordeaux rouge
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Déguster une bouteille de Bordeaux est bien plus qu'un plaisir, c'est un vrai bonheur…
à condition toutefois de respecter certaines règles. Que la bouteille de vin vienne du magasin ou
sorte de votre cave à vin - si vous avez la chance d'en posséder une - il est essentiel de la redresser
à la verticale environ une journée avant de l’ouvrir et de la placer dans une pièce
tempérée entre 18° C et 19° C. On parle alors d'un vin "chambré";
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Dégustation de vin
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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"chambrer un vin" voulant dire la déplacer de la cave froide pour l’entreposer dans une pièce fraîche.
Inutile, par ailleurs, de l’ouvrir longtemps avant de la servir, dix minutes suffisent à condition de verser le vin
dans un décanteur ou dans une carafe en verre afin qu'il respire et ensuite de le servir dans des grands verres
afin qu'il puisse exhaler tout son arôme, pour le plus grand plaisir de vos hôtes. Pour que la
dégustation se transforme en véritable événement, l'idéal serait d'offrir un vin de
Bordeaux différent pour chaque mets, voire même de jouer sur la comparaison en n'hésitant pas
à servir simultanément plusieurs vins de Bordeaux, dans des verres séparés. Bien entendu, des
vins aussi délicats, parfumés et riches doivent se boire avec modération; aussi, lorsque vous ne
finissez pas la bouteille, il vous suffira d'en enlever l’air avant de la reboucher et de la replacer en
position verticale dans un endroit frais. Le vin ne perdra rien de son arôme et de son goût pendant
quelques jours. Il existe de nombreux accessoires, destinés à retirer l’oxygène d’une bouteille de vin…
ils pourront constituer d’excellentes idées de cadeau pour les fêtes de fin d’année.
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Invitation à la découverte... |
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Contrairement à ce que l'on pourrait croire aujourd'hui en sillonnant la route des vins du Médoc,
si paisible et verdoyante, le développement du vignoble bordelais ne s'est pas fait d’un coup de baguette
magique, sans peine ni douleurs. Le phylloxéra, craint comme la peste, est apparu en 1869, la forêt
landaise, qui protégeait les vignes, brûla en 1937… juste avant la Deuxième Guerre Mondiale
et enfin le gel de 1956 détruisit de nombreux plants. Autant d'obstacles auraient pu avoir raison du
développement de ce vignoble d'exception. Mais c’était sans compter sur l'acharnement, la passion,
la volonté de toujours mieux faire de ces vigneron-châtelains. L'amour de la vigne a été
et est toujours le plus fort. Aujourd'hui encore, la région du Médoc peut s'enorgueillir de produire
parmi les meilleurs vins du monde et c'est pour faire partager cette passion que les propriétaires ouvrent
sans façon les portes de leurs fabuleux domaines et n'hésitent pas à faire goûter leur nectar
aux amateurs et aux simples curieux. N'hésitez pas à sillonner la route du Médoc, à
visiter les châteaux, à écouter l'histoire de ce prestigieux vignoble et à goûter
leurs précieux vins… Et parce que vous saurez, tête fraîche garder, vous serez séduits
par ce petit coin de la Belle France, qui offrent des moments de partage comme autant de miracles humains !
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