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onjour ! En Val de Loire, il existe un petit château aussi charmant et romantique que son nom est étrange :
Azay-le-Rideau. Située à vingt-sept kilomètres au sud-ouest de Tours (et environ 250 kilomètres au sud-ouest
de Paris), le château d’Azay-le-Rideau représente une des plus belles réussites architecturales d’influence
italienne dans cette région. Son élégance, qui n’a pas d’équivalent en Touraine et la richesse de son mobilier
rendent sa visite incontournable.
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Presqu’une vraie forteresse
Comment ne pas être sidéré lorsqu’on suit le cours de la Loire ou l’un de ses affluents ?
On s’émerveille devant de nombreux châteaux fort charmants sinon majestueux dont la vue
nous procure un sentiment de vraie sérénité, en illustrant une certaine douceur de vivre
ou un havre de paix. Le Château d’Azay le Rideau est de ceux-là. À le découvrir délicatement
niché dans un écrin de verdure sur la berge de l’Indre, comment imaginer qu’il fut en
des temps reculés une forteresse guerrière et qu’au XVème siècle, alors que Plantagenêts et
Capétiens se livrent une guerre sans merci pour la couronne de France, il fut même incendié ?
En effet, en 1418, alors que Paris est sous domination anglo-bourguignonne, le futur Charles
VII, alors Dauphin de France, s’enfuit sur la Loire en transportant son fragile pouvoir de
château en château. Mais Azay le Rideau est rallié aux bourguigons et bien gardé. Lorsque
le Dauphin arrivera sur les lieux, il sera insulté par les trois cents cinquante soldats qui gardent la
forteresse. Furieux, il assiègera le château puis fera pendre toute la garnison puis brûler
le village et le château.
Une réussite personnelle
Lorsque Martin Berthelot - Maître de la Chambre des Deniers des rois Louis XI et
Charles VIII - fait l’acquisition de la vieille forteresse en ruine, cent ans plus
tard, on parle encore d’"Azay le Brûlé" (le nom d’origine de ce lieu était "Azay
le Ridel"). La terrible guerre de Cent Ans est enfin terminée mais les malheurs n’ont
pas fini d’accabler le pays : épidémies et guerres d’Italie se succèdent. Toutefois,
rois et seigneurs reviennent de leurs campagnes guerrières les yeux et les coffres
remplis des produits et des fruits nés de cet art italien nouveau. En même temps,
la société française est en pleine mutation : l’individualisme et la réussite
personnelle prennent une place plus importante. Ces deux facteurs vont transformer
le paysage architectural de la France. Le fils de Martin Berthelot, Gilles, sera un
des acteurs de cette métamorphose. En 1515, alors maire de Tours, il devient le Seigneur
d’Azay à la mort de son père et hérite de sa charge de Maitre des Comptes. Il entreprend
d’importants travaux en 1518, en faisant naître deux grands corps de logis et acquiert
les terres des alentours... Bientôt Trésorier de France, il est un homme très riche. Mais
pour asseoir sa position sociale il se doit de posséder une véritable seigneurie au
charme incomparable.
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Recette pour novembre 2004 |
Pommes au four
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SOS en cuisine !
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La Renaissance
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Le projet de Gilles Berthelot et de son épouse est très ambitieux : bâtir un château
moderne à l’image de leur réussite sociale. Comme il est toutefois important d’attester
de l’ancienneté des lieux, les fondations et l’ancien donjon sont conservés. Le château
doit également maintenir son appareil défensif : des canonnières en sous sol pour l’artillerie
lourde et mâchicoulis sous la toiture pour les armes légères sont donc prévues... mais les
logis doivent être dignes d’accueillir le roi ou un prince en visite. Il faut donc bâtir,
entre autres, une grande salle de réception pour les banquets, un logement d’apparat pour
les visiteurs de marque, une chapelle pour les obligations religieuses, une grande cuisine
avec des dépendances, une chambre seigneuriale pour les propriétaires des lieux. Enfin un
escalier qui, à l’époque, bien au delà de sa fonction utilitaire, devient un véritable lieu
de représentation, symbole de prestige et de la puissance du maître des lieux. Il doit être
grandiose et les Berthelot pensent qu’un escalier à vis manque totalement d’audace. Ils
bouleversent les plans de construction du château pour construire un des premiers escaliers
droit à rampe en France, sur une idée venue d’Italie...
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L’inexorable chute
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Les fonctions de Gilles Berthelot, riche financier sous le règne de Louis XII, puis de
Francois 1er, l’amènent à voyager beaucoup. Il règle les dépenses mais c’est sous le regard
vigilant et avisé de son épouse que pendant une dizaine d’années les travaux avancent et
le château s’élève, plus gracieux et plus élégant. Malheureusement pour l’homme d’affaires,
Francois 1er n’apprécie guère cette bourgeoisie trop riche et trop puissante. De plus, il
a besoin d’argent pour renflouer les caisses du royaume et satisfaire sa politique ambitieuse.
Une commission est mise en place afin de vérifier les comptes de ces gêneurs et il est ainsi
très aisé de découvrir des malversations. Gilles Berthelot est compromis dans un scandale
financier et comprend le danger. Azay le Rideau n’est pas le plus imposant des châteaux
mais il est déjà trop fastueux. Prudent, il stoppe donc les travaux mais sans pour autant
réussir à détourner les soupçons de sa personne. Alors que de nombreux compères sont arrêtés
et exécutés, son tour arrive inévitablement. Démis de ses fonctions puis condamné, il parvient
à s’enfuir en Lorraine en 1528 et il mourra à Cambrai deux ans plus tard, sans jamais avoir
vu l’achèvement des travaux. Son épouse ne parviendra pas à éviter la mise sous séquestre
de ses biens et du château par ordre du roi en 1535, qui seront confisqués tout simplement.
Finalement le roi offrira au capitaine de ses archers, le château d’Azay-le-Rideau en remerciant
de sa fidélité et de ses services.
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La construction d’un château : ingéniosité et modernité
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Au Moyen-âge, tous les ouvriers qui travaillaient pour construire ces fastueux châteaux que
nous visitons aujourd’hui, ne savaient pas tous lire. Il fallut donc inventer un stratagème
pour leur permettre de construire des édifices solides et équilibrés sans la lecture
complexe d’un plan. Pour assurer à son oeuvre la symétrie, le maître d’oeuvre calculait
toutes les parties de la construction par rapport à un module géométrique de base. Un
module correspondait à un grand carré de 32 pieds de côté (soit 10,40 m) qui était ensuite
divisé en sous-multiples : demi, tiers, quart et autres sub-divisions pour calculer les
longueurs, largeurs et hauteurs. Les matériaux de base, comme la brique puis la pierre
étaient choisis en fonction de la proximité du lieu de construction. Toutes les parties
ornementales étaient sous-traitées. C’est ainsi que fenêtres, encadrements,
marches d’escaliers ou manteaux de cheminées étaient réalisés par des entrepreneurs
spécialisés dans la préfabrication et livrés prêts à poser comme ils le seraient de nos jours !
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Un mobilier rustique
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Azay le Rideau, comme la plupart des domaines du Val de Loire, n’était habité que l’été.
Trop inconfortable et difficile à chauffer l’hiver, les Berthelot ne s’y rendaient que
rarement en hiver pour inspecter les progrès des travaux. Il en était de même pour les
rois et seigneurs qui voyaient en leurs châteaux un moyen d’échapper à la chaleur étouffante
de la capitale en été. Ils étaient par conséquent très peu meublés. A une époque où il
fallait quelquefois fuir dans l’urgence et où l’on transportait tout lors des nombreux
déplacements, le coffre (l’ancêtre de l’armoire) devint très vite le meuble le plus
important. Dans les cuisines, on entassait les ustensiles nécessaires à la préparation
des repas dans les coffres, dans la salle les servantes pouvaient y ranger vaisselle et
argenterie et dans les chambres on y amoncelait vêtements, couvertures ou livres. Le
coffre pouvait également servir de siège voire de table. En effet, les tables n’existaient
pas à cette époque et lorsque les propriétaires recevaient des convives, ils avaient pour
habitude de "dresser la table", ce qui consistait à poser une planche sur des tréteaux.
Les serviteurs recouvraient celle-ci d’une nappe de lin qui outre son aspect décoratif
permettait de s’essuyer les mains !
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La vie de château
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De grandes pièces peu meublées, mal chauffées et difficiles à entretenir. Telles étaient les
demeures des seigneurs du Moyen-Àge. On trouvait tout de même un peu de confort dans la seule
pièce à vivre : la chambre à coucher. On y recevait ses visiteurs, on y travaillait, on y prenait
son bain, on y préparait même quelquefois les repas grâce à une marmite pendue à la cheminée.
Un lit immense trônait au centre de la pièce et c’était faire grand honneur aux visiteurs que
de les inviter à dormir avec soi ! De nombreux coussins recouvraient le matelas car ils
permettaient de dormir assis, position considérée comme beaucoup plus confortable. En réalité,
dormir allongé eut été imprudent : cette position étant celle du défunt, on craignait que la
mort ne surprenne le dormeur dans son sommeil. Pour le bain, les serviteurs remplissaient un
grand baquet d’eau chaude dans lequel le baigneur entrait, dénudé, en présence de convives
ou non. Toutefois, il faut bien dire que l’on ne se lavait pas trop souvent car l’eau
considérée alors comme à l’origine des terribles épidémies qui décimaient la population,
était perçue comme dangereuse. En revanche, les notables se parfumaient beaucoup et
changeaient souvent de vêtements. Par pure coquetterie probablement !
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Invitation au voyage
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Comme Chenonceau et Cheverny, Azay le Rideau est l’oeuvre d’une femme : Madame Berthelot. Néanmoins,
lorsque cette famille dût fuir et abandonner son bien, elle quitta ce qui ressemblait encore un peu
à une forteresse. C’est au siècle de Louix XIV que le château d’Azay-le-Rideau gagna toute son élégance
actuelle et connu sa période la plus fastueuse. Au lendemain de la Révolution, alors qu’il fut sauvé
de la ruine, il perdit son aspect de château médiéval notamment avec la démolition de son donjon.
Aujourd’hui, vous pouvez admirer ce charmant domaine romantique de la Renaissance, considéré par
beaucoup comme le plus beau château du Val de Loire à taille humaine. Surtout, ne manquez pas les visites
nocturnes des jardins en été. Les photos de cette lettre d’information vous en donnent un
avant goût...
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