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onjour!
ce mois-ci nous avons choisi de prendre la direction de l'Est de la France pour nous
rendre en Lorraine à 280 kilomètres de Paris et visiter une ville au
passé aussi chaotique que prestigieux. "Qui s'y frotte s'y pique !" : la devise
de la cité atteste bien les difficiles combats que les habitants eurent à
mener et des victoires que leur bravoure leur permit de remporter, tandis que la magnifique
Place Stanislas témoigne d'un passé plus que prestigieux. Nul doute que Nancy,
ville de contraste, a de nombreux atouts pour surprendre et charmer ses visiteurs.
Avant de continuer votre lecture, nous vous rappelons que vous pouvez lire les lettres d'information
déjà publiées à http://www.francemonthly.com/. Un lien vers la version française existe
en bas de chaque document que vous pourrez consulter en anglais.
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Le Castel de Nancy
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Comparée aux autres grandes villes de la région dont l'origine remonte souvent
à l'époque romaine, Nancy est une ville presque récente. En effet, son
nom apparaît pour la première fois dans un document écrit il y a à
peine mille ans de cela. Ceci s'explique par le fait que le site où se trouve la
cité aujourd'hui était très marécageux mais aussi inintéressant
d'un point de vue stratégique :
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La Porte de la Crafte
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pas de fleuve suffisamment important pour donner aux hommes l'envie de venir y chercher
refuge, pas de promontoire au sommet duquel édifier une forteresse de défense.
Au milieu de l'an mil, ces terres appartiennent au duc de Lorraine Gérard 1er. Ce
seigneur n'a qu'une idée en tête : contrecarrer la toute puissance des
évêchés auxquels appartiennent les terres qui entourent les siennes.
Au-delà des raisons politiques, s'ajoute un objectif d'ordre économique : ses
terres se trouvent sur un chemin très fréquenté par les pèlerins
venus solliciter une protection divine auprès des miraculeuses reliques que renferment
certaines abbayes dont celle toute proche de Saint-Nicolas du Port. Ces nombreux pèlerinages
contribuent à l'enrichissement de ses tout-puissants voisins. Nul doute qu'ils pourraient
aussi faire sa richesse ! Ainsi décide-t-il en 1061 de bâtir un espace
fortifié, le Castel de Nancy autour duquel un bourg verra le jour quelques années
plus tard.
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Une bataille décisive
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Au matin de ce 5 janvier 1477 qui va marquer un premier tournant décisif dans
l'histoire de Nancy, la Lorraine est un petit duché quasi insignifiant. Pourtant,
il intéresse son très puissant voisin Charles le Téméraire,
duc de Bourgogne. Il faut dire qu'en ce milieu du XVème siècle la Bourgogne
est un immense territoire qui s'étend de ce qui est aujourd'hui la Suisse à
l'est et remonte au nord jusqu'aux Flandres (la Belgique et les Pays-Bas). Charles le
Téméraire est donc à la tête d'un duché immense, et ce
petit duché de Lorraine l'empêche de former cet état d'un seul tenant
dont il rêve et dont il deviendrait bien évidemment le roi. Ne parvenant pas
à ses fins après plusieurs mois de guerre, Charles décide d'assiéger
la ville de Nancy pour la troisième fois consécutive. On est au début de
l'automne. Tandis que René II, duc de Lorraine, part chercher des renforts auprès
de ses voisins alsaciens et suisses, le siège se met en place. Lorsqu'il revient
avec ses alliés trois mois se sont écoulés. Si les nancéiens
assiégés sont à bout de force, s'ils ont terriblement souffert du froid
et de la faim, ils ont tenu bon et ont face à eux des assiégeants également
très affaiblis. Fort de ses troupes alliées, René II attaque avec la
farouche volonté de sauver son petit duché. Les bourguignons ne tardent pas
abandonner le combat, c'est la débâcle pour eux, et une victoire décisive
pour les Lorrains.
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Recette oct 2009
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Petite Pizza à la Française
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Cooking SOS!
Si vous avez des problèmes pour préparer cette recette, envoyez un email à
Chef@FranceMonthly.com
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Un duché d'envergure européenne
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De cette victoire sans appel, c'est toute la géopolitique de l'Europe qui allait
être modifiée car il faudrait désormais compter avec la Lorraine. Ce
petit duché jusque là sans grande envergure allait en effet souvent jouer
le rôle de médiateur entre un royaume de France au rayonnement international
de premier ordre et le tout puissant Saint-Empire Germanique.
La ville de Nancy allait peu à peu renaître de ses cendres à l'aube
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Le Palais des Ducs
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de la Renaissance, époque à laquelle les nobles se firent construire de
magnifiques hôtels particuliers. La reconstruction du Palais des Ducs fut
également entreprise : elle devait être à l'image de l'importance de
ses prestigieux "locataires". Au XVIIème siècle, les ducs de Lorraine
étaient devenus des personnages si importants que l'on accordait dans toute l'Europe
le même niveau de prestige à trois événements : Le couronnement
d'un empereur à Francfort, le sacre d'un roi de France à Reims et la pompe
funèbre d'un duc de Lorraine à Nancy. Les têtes couronnées du
monde entier se déplaçaient à Nancy pour assister à cet
événement d'envergure internationale qui pouvait par ailleurs durer plusieurs mois.
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La Ville Neuve versus la Vieille-Ville
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Malgré quelques aménagements, le manque de place fut un véritable
problème à Nancy. Lorsque Charles III, nouveau duc de Lorraine,
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La Cathédrale
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pénétra dans sa ville en septembre 1559, il découvrit une cité
moyenâgeuse, engoncée derrière des remparts vétustes et jonchée
de rues étroites et surpeuplées.
Pour faire de Nancy la capitale moderne dont il rêvait et surtout digne de son
nouveau rang de capitale européenne, Charles III décida de reconstruire.
Mais l'idée de raser ces maisons faites de torchis et de bois et de percer des
rues nouvelles dans ce dédales de ruelles souvent insalubres semblait mission
impossible car bien trop compliquée à réaliser et source de nombreux
drames humains. Le duc se laissa alors séduire par le projet fou que lui
proposèrent ses architectes : celui de construire à côté de
l'ancienne cité une ville nouvelle spacieuse, bien aérée avec des
rues larges et rectilignes percées selon un plan géométrique et
organisée autour de deux axes perpendiculaires. C'est ainsi qu'en ce début
du XVIIème siècle, une ville nouvelle et extrêmement moderne pour
l'époque sortit de terre, contrastant singulièrement avec ce que l'on
appelait désormais la Vieille-Ville.
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Un roi de Pologne devient duc de Lorraine
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Les aléas de l'histoire sont tels qu'en 1738, le traité de Vienne mettait fin à
une guerre commencée cinq ans plus tôt entre la France et l'Autriche à propos de
la succession du roi de Pologne.
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Place Stanislas
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C'était signé, l'Autriche plaçait sur le trône de Pologne le
candidat de son choix tandis que Louis XV renonçait à y voir son "poulain",
l'actuel roi élu Stanislas Leszczynski, et offrait à ce dernier en
compensation le duché de Lorraine. Le roi de France avait deux raisons d'être
satisfait de cet accord : il protégeait un homme pour lequel il avait de la sympathie
(celui-ci n'était autre que son beau-père) et à la mort de ce parent par
alliance, la Lorraine, jusqu'alors terre autrichienne, devenait définitivement
française. Ceci ne devait pas tarder puisque Stanislas avait déjà
59 ans, un vieil homme pour l'époque. Sur ce point le roi se trompait ! Stanislas
Leszczynski n'était finalement pas mécontent non plus. Après des
années d'errance liée à l'instabilité politique de son pays,
cet exil en France lui apportait enfin la sécurité tandis que le roi de France,
son gendre lui octroyait une généreuse compensation financière
à défaut de lui laisser un réel pouvoir. En effet, Louis XV avait
déjà tout prévu en vue de la future annexion du duché de Lorraine
au royaume de France et nommé un intendant en charge de rendre la justice, de faire la
police et de gérer les finances, tandis que lui-même conservait la mainmise sur
les aspects militaires.
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La Place Royale |
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Pour remercier Louis XV de sa grande générosité, Stanislas Leszczynski
désire créer à Nancy une place à l'image de la grandeur du roi de
France. Des pavillons s'élèvent peu à peu, tous semblables et bâtis
sur trois niveaux à l'exception de ceux de la façade nord plus bas que leurs
voisins afin de permettre le tir des boulets de canons en cas d'attaque militaire. Tout est fait
pour glorifier le roi comme ce majestueux arc de triomphe, les deux fontaines baroques à
l'effigie de Neptune, dieu de la mer dans la mythologie romaine et de son épouse Amphitrite,
qui dans le même temps apportent fantaisie et mouvement à un ensemble architectural
hors du commun. Les grilles recouvertes de feuilles d'or relient les bâtiments et
confèrent à l'ensemble l'aspect d'un magnifique écrin prêt à
recevoir en 1755, trois ans après la pose de la première pierre, la statue de son
bienfaiteur Louis XV. Quelques années plus tard les Révolutionnaires s'empresseront
de la remplacer par un personnage ailé, synonyme de la liberté du peuple. Finalement
en 1831 les Nancéiens choisiront de restituer son œuvre à Stanislas en érigeant
une nouvelle statue à son effigie et en donnant à ce magnifique endroit le nom
de cet homme qui apporta beaucoup à leur ville durant trente ans. En effet,
contrairement aux espoirs de Louis XV, Stanislas Leszczynski mourut à l'âge
canonique pour l'époque de 89 ans !
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"L'Art dans Tout, l'Art pour Tous !"
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En 1871, la France vaincue capitule et concède à l'ennemi prusse l'Alsace
et une partie de la Lorraine. Un nombre considérable d'Alsaciens refusent
de devenir Allemands et partent s'installer à Nancy restée française.
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La Villa Majorelle, Art Nouveau
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Ces migrants sont issus de tous les milieux sociaux : des employés de maison,
des commerçants, mais aussi des enseignants, des artistes, des chefs d'entreprise
(débarquant avec leur outil de travail et leurs centaines d'ouvriers quelquefois)
et enfin des gens très fortunés aussi. La population de Nancy double rapidement
et la petite ville de province se métamorphose en quelques années en une capitale
industrielle, culturelle et artistique de premier ordre. C'est à cette époque que
s'épanouit à Nancy un mouvement artistique pour le moins original, un art total
qui va de l'architecture au plus petit objet de décoration en passant par le mobilier.
Emile Gallé, le chef de file de cet Art Nouveau veut voir en chaque objet un objet
d'art qui doit être accessible à tous. Au lendemain de cette guerre humiliante,
les artistes veulent rompre avec le passé, faire quelque chose de nouveau,
s'inspirer de la nature et faire chanter les façades des splendides demeures
que les familles les plus aisées de la ville et les plus séduits par le concept
se feront construire.
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Invitation au voyage... |
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Entre 1891 et 1911, 3500 maisons nouvelles furent construites, 250 dans le style Art Nouveau,
il en reste aujourd'hui à peine une cinquantaine. Mais l'originalité de
certaines valent vraiment de faire le détour. La ville de Nancy est intéressante
à visiter parce qu'elle est saisissante de contrastes. Impossible de ne pas être
intrigué et peut-être même choqué quelquefois devant les façades
de ces demeures exubérantes du quartier de Saurupt ; impossible de ne pas être
impressionné par l'imposante porte de la Crafte par laquelle on pénétrait
dans la Vieille-Ville ou dans laquelle on séjournait lorsque l'on était prisonnier ;
impossible de ne pas tomber sous le charme de cette magnifique place Stanislas, classée
au patrimoine de l'humanité par l'UNESCO.
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