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onjour!
ce mois-ci, nous avons choisi de consacrer notre newsletter à la cathédrale la plus
mythique de France, celle du sacre de ses rois : la cathédrale
de Reims. Elle est si élégante et si légère que son architecture est
souvent décrite comme faite d'une dentelle de pierre. Son histoire est réellement
magique et presque tous les rois de France l’ont
choisi pour se faire couronner.
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Saint Niçaise, évêque martyre
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Vers l’an 400, l’évêque Saint Niçaise choisit d’édifier sa première
cathédrale dédiée à la Vierge sur les vestiges même de thermes gallo-romains,
situés à l’intérieur de la cité rémoise
pour se protéger des menaces d’invasions. En effet, le
cinquième siècle fut tristement marqué par les invasions barbares.
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La cathédrale de Reims
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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C’est ainsi qu’ils arrivèrent aux portes de Reims en l’An 406 ; le 14 décembre, l’évêque
Saint Niçaise se précipitant sur le seuil de sa cathédrale pour s’opposer à l’envahisseur
et pour protéger les fidèles réfugiés à l’intérieur, fut sauvagement assassiné. La légende raconte
qu’une fois décapité, la tête du martyr acheva le psaume qu’il récitait au moment de sa mort.
Horrifiés et comprenant le sacrilège, les barbares s’enfuirent aussitôt. La dévotion des rémois
envers celui qui avait sauvé leur cité ne se démentit jamais au cours des siècles qui suivirent
et les édifices sacrés suivants furent construits sur les fondements de l’autel que Saint Niçaise avait consacré vers 401.
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Le baptême de Clovis
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La Gaule de la fin du Vème siècle est morcelée en petits royaumes rivaux dessinés par
les barbares germains, envahisseurs depuis le IIIème siècle : Alamans, Burgondes,
Wisigoths et les Francs, au nord. Clovis, roi des Francs a épousé une charmante
jeune fille, Clotilde. Cette dernière n’a qu’un rêve, convertir son époux au
christianisme. Mais renoncer à ses dieux germaniques de la Force et de la Fécondité
serait bafouer la mémoire de ses ancêtres et trahir ses soldats. Aussi Clovis, bien que
tenté par amour pour sa belle, résiste-t-il à la tentation. La légende raconte que le roi, en difficulté
sur le champ de bataille, tentant de repousser les Alamans à Tolbiac
(près de Cologne) en 496, promit qu’en cas de victoire, il se ferait baptiser pour
remercier le « Dieu de Clotilde ». Comme par miracle, les Alamans
auraient battu en retraite et le roi des Francs, victorieux, respecta sa promesse : il
fut baptisé avec ses guerriers par l’évêque Saint Rémi à Reims, devant une foule
immense, donnant ainsi naissance à une nouvelle civilisation fondée sur des bases
chrétiennes, la Francia.
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Recette octobre 2006
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Tarte à la Rhubarbe
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Cooking SOS!
Si vous avez des problèmes pour préparer cette recette, envoyez un email à
Chef@FranceMonthly.com
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Les vicissitudes d’une cathédrale
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Les années passèrent, la cathédrale construite par Saint Nicaise devint vétuste.
Elle fut rénovée, agrandie puis rasée et reconstruite. Le monument n’avait
plus rien à voir avec l’édifice d’origine quand il fut la proie
des flammes le 6 mai 1210, en un terrible incendie qui détruisit une grande partie de la cité.
Mais la dévotion était restée intacte et un an après la tragédie,
jour pour jour, grâce à la générosité des fidèles, l’archevêque
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Vue côté sud
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Abri de Humbert put poser la première pierre de la nouvelle cathédrale que nous
admirons encore aujourd’hui. Les ennuis étaient pourtant loin d’être terminés. En 1241,
le choeur était achevé mais le manque d’argent, les épidémies, la Guerre de Cent
Ans ralentirent sérieusement les travaux, sans toutefois jamais les stopper totalement.
La détermination et la ténacité des fidèles firent qu’enfin en 1481 le vaisseau de pierre était
achevé. Il ne restait plus qu’à doter la cathédrale des sept flèches qui s’élèveraient
jusqu’à cent soixante dix mètres. C’est alors qu’un nouvel incendie vint ravager
combles et clocher. L’ampleur des dégâts fut telle que l’on ne trouva jamais assez
d’argent, après réparation, pour doter la cathédrale de ces flèches gigantesques
qui avaient été rêvées.
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La cathédrale du sacre des rois de France
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En l'An 816, Louis-le-Débonnaire fut le premier roi à vouloir se faire couronner
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Une dentelle de pierre
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sur les lieux du baptême de Clovis. Par la suite, les archevêques de Reims
saisirent cette opportunité pour accroître leur influence et se proclamer
seuls prélats habilités à dispenser l’onction royale.
En effet, n’étaient-il pas les détenteurs de la « Sainte Ampoule », fiole de chrême
qui d’après la légende rémoise avait été apportée par une colombe – symbole du
Saint-Esprit- lors du baptême de Clovis ? Ainsi, à partir du sacre de Henri 1er en 1027 jusqu’à celui de Charles X
en 1825, tous les rois, à l’exception d’Henri IV, de Napoléon 1er et Louis XVIII furent
sacrés à Reims. Toutefois, pour beaucoup de rois, la pompeuse cérémonie eut lieu dans
une cathédrale en travaux. En 1328, Il fallut même dégager les pierres qui encombraient la cour du
palais pour le sacre de Philippe VI. Un siècle plus tard, devant une cathédrale
sans tour, Jeanne d’Arc accompagna solennellement Charles VII... nous étions en juillet 1429.
Mais la cathédrale de Reims, même inachevée était sans conteste la cathédrale du
sacre des Rois.
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La merveille des merveilles
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En 1211, la construction de la cathédrale de Reims débuta en pleine apogée
du style gothique. La maîtrise de la technique permit de construire une
cathédrale encore plus haute, plus lumineuse, plus légère et plus belle.
Malgré les deux siècles nécessaires à sa construction, il semble
que les maîtres d’oeuvre
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Vue depuis l'office du tourisme
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successifs se soient donné le mot pour respecter scrupuleusement les consignes du premier
architecte et offrir ainsi un monument parfaitement homogène et harmonieux. Toutes les
lignes semblent aspirées vers les hauteurs. Architecture et sculpture sont intimement
liées offrant aux curieux des façades riches d’enseignements et aux simples passants
un monument splendide qui ne laisse personne indifférent. La cathédrale de Reims peut
définitivement être qualifiée de « Dentelle de pierre », y compris les
façades latérales qui font presque oublier que les arc-boutants et les contreforts
sont là pour assurer l’équilibre de l’édifice et recoivent sur leur
sommet d’immenses statues d’anges aux ailes déployées, semblant veiller
entre le ciel et la terre.
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Véritable havre de paix |
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Une véritable sensation de verticalité et de légèreté frappe le visiteur
dès son entrée dans la cathédrale. Son premier regard se porte instinctivement
vers la voûte, haute de trente huit mètres puis redescend non sans une
certaine fascination vers le choeur. Il parcourt alors cent cinquante mètres jusqu’au
déambulatoire en ressentant la majesté et la paix des lieux
à chacun de ses pas. L’élévation de l’édifice sur trois niveaux et la vue
des piliers massifs alternant avec des colonnettes, si frêles d'apparence, supportant le poids de
la voûte contribue largement au vertige qui l'étreint. Pas une surface n’est laissée
sans ornementation, jusqu’au revers de la façade occidentale qui reçoit sept
rangées de niches superposées abritant pas moins de cinquante deux statues.
Les architectes ont su jouer avec les vides. Seule une maîtrise technique parfaite
pouvait permettre une telle audace au XIIIème siècle...
architecture et sculpture étaient désormais intimement liées dans un réel défi
à l'équilibre.
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Des choeurs clos
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Mais, pour qui pénétrait dans la cathédrale au Moyen Age, l’aspect était tout
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Verticalité et de légèreté
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autre car l’édifice était constitué de deux parties : celle sacrée, constituée du choeur
et du déambulatoire, était enserrée dans des murs et restait inaccessible aux laïcs,
à l’exception de certains personnages issus de la noblesse et de quelques bourgeois très riches.
En effet, jusqu’au milieu du XVIIème siècle, la lecture de la Bible n'était
accessible qu'aux membres du clergé, pour ne pas dire interdite aux autres. Ce n’est qu’à l’intérieur
de ces choeurs clos que les textes sacrés étaient révélés aux initiés. Le peuple
se réunissait donc dans l’autre partie profane, la nef, dans laquelle
se déroulaient, outre les processions, des réunions populaires et même des foires
commerciales. Les deux univers étaient séparés par un mur richement ornementé, appelé
jubé. Il fallut attendre le Concile de Trente, à la veille de la Révolution Française
pour que le service divin devienne visible et donc accessible aux laïcs. C’est alors que les jubés furent démolis.
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Invitation au voyage... |
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Malgré les deux cent quatre-vingt sept obus qui la touchèrent durant les
bombardements de la Première Guerre Mondiale, la cathédrale de Reims, d’une rare
pureté est restée semblable à celle qui fut construite au XIIIe
siècle. Elle fut en effet restaurée grâce à de nombreux dons et l’un
des plus généreux bienfaiteur américain fut John D. Rockefeller Junior. La richesse
historique et ornementale est si grande qu'elle rend indispensable sa visite
guidée afin de déchiffrer le merveilleux « livre de
pierre ». L’Office de Tourisme est situé juste sur le côté gauche de la
cathédrale. Mais n’oubliez surtout pas de revenir admirer la cathédrale
au soleil couchant... vous en tomberez réellement amoureux. Par ailleurs, sachez que Reims
est au coeur de la Champagne viticole et que de nombreuses caves acceptent d'ouvrirent
leurs portes aux visiteurs pour leur expliquer comment leur précieux
breuvage est devenu célèbre dans le monde entier. Vous pouvez relire
notre lettre d’information sur le vin de Champagne en cliquant sur le lien suivant :
http://www.francemonthly.com/n/1103/index.php
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