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onjour ! ce mois-ci nous avons choisi de dédier notre lettre d'information à une ville cosmopolite où la mer et le soleil
nous invitent au farniente et où pétanque et pastis sont indissociables du paysage environnant : Marseille.
Marseille : La cité phocéenne
En l’an 599 avant JC, les Phocéens, voulant établir un comptoir en Gaulle, lancèrent une
expédition
maritime avec à leur tête un chef appelé Protis. Arrivé dans la baie de Marseille,
Protis revêtit ses plus beaux habits et se présenta avec de somptueux cadeaux
devant le Roi afin de lui demander l’autorisation de fonder une ville. Or, ce même jour, le vieux Roi
organisait une grande fête en l’honneur de sa fille unique, Gyptis,
à qui il voulait trouver un époux. La coutume voulait qu’après un repas solennel, auquel
même les étrangers pouvaient prendre part, la jeune fille apparaisse parée
de ses plus beaux atours et offre une coupe à l’élu de son cœur. La belle Provençale fut
immédiatement séduite par la beauté de Protis et la lui présenta. Quoique
surpris, le vieux Roi consentit au mariage et donna en dot à sa fille le pays désiré par
les nouveaux arrivants. C’est ainsi que la ville de Massalia, la cité phocéenne,
future Marseille, fut fondée.
Un chant révolutionnaire : La Marseillaise
Suite à la déclaration de guerre à l’Autriche, le maire de Strasbourg demande à
Claude Joseph Rouget
de Lisle, capitaine du génie et musicien amateur, de composer un chant de guerre. Dans la nuit du 24
au 25 avril 1792, il écrit le "Chant de Guerre de l’Armée du
Rhin". L’air devient populaire dans tout le pays et est joué lors d’un banquet patriotique à
Marseille. Les forces révolutionnaires marseillaises l’entonnent fièrement
lorsqu’ils marchent sur Paris et envahissent les Tuileries, le 30 juillet 1792. Les Parisiens le baptisent
spontanément "la Marseillaise". Signe de reconnaissance des
républicains, il est interdit sous Napoléon, Louis XVIII et Napoléon III. Remis à
l’honneur après la révolution de 1830, il devient l’hymne national sous la IIIème
république. L’ironie du sort veut que Rouget de Lisle fût en fait un royaliste. Il fut
emprisonné et échappa de justesse à la guillotine pour avoir refusé de prêter
serment d’allégeance à la nouvelle constitution.
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| Recette de Octobre 2002 |
La Lotte à la marseillaise |
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SOS en cuisine ! Si vous
avez des problèmes pour préparer cette
recette, adressez un SOS par e-mail à 911@FranceMonthly.com
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Notre Dame de la Garde : emblème de toute une ville
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Culminant à 154 m, Notre Dame de la Garde domine gracieusement la ville et le port. En 1214,
une première chapelle dédiée à la Vierge fut édifiée au sommet de la
colline et fit rapidement l’objet d’une ferveur croissante. Trois siècles plus tard,
en 1525, François 1er, trouvant l’endroit idéal pour protéger la ville, y fit édifier
un fort. A la vocation religieuse de l’endroit se substitua une vocation
militaire. En 1864, l’architecte en charge de la construction de la basilique provoqua le mécontentement
de nombreux Marseillais catholiques. En effet,
bien qu’il portât un nom prédestiné, Espérandieu, il était protestant.
Emblème de tous les Marseillais aujourd’hui, le choix architectural romano byzantin
de l’édifice suscite toujours de nombreuses controverses. Témoin de la riche diversité
de Marseille, et étape incontournable, le monument ne peut en aucun
cas laisser indifférent. Surmontée d’une statue de la "Bonne Mère", haute de 11,20 m et
entièrement recouverte de feuilles d’or, la basilique domine
aujourd’hui les fortifications et accueille le marin ou le pèlerin avec bienveillance. Depuis son
esplanade on découvre une des plus belles vues de Marseille.
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La Sardine qui boucha l'entrée du port
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"On" dit, en France (comprenez ailleurs qu’à Marseille), que les Marseillais auraient tendance à
exagérer leurs
récits. C’est ainsi qu’ils affirmeraient qu’un jour une sardine boucha l’entrée du port de Marseille.
Or ceci n’est pas une boutade, une déformation tout au plus !
En 1778, le Vicomte de Barras, officier du régiment d’infanterie de Marine de Pondichéry aux Indes fut
capturé par les anglais. Bénéficiant d’accords spéciaux
d’échange de prisonniers, il embarqua l’année suivante pour la France sur une frégate "la Sartine"
non armée. Pour prévenir toute attaque, le capitaine devait
hisser un pavillon particulier dit d’entente qui permettrait à l’ennemi de le reconnaître. Or apparemment,
la règle ne fut pas respectée et le 1er mai, après 10 mois
de mer sans encombre, une frégate anglaise asséna à la Sartine deux salves de canon fatales. Le
navire vint finir sa course et s’échouer dans l’entrée du Vieux
Port. Ce n’est donc pas une "sardine" qui boucha le port de Marseille mais un navire "La Sartine" un beau jour de
printemps 1780 !
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Un étrange visiteur sur l'ile d'If |
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Située au milieu de
la baie de Marseille, l’île d’If a été
pendant des siècles un repère idéal
pour les pirates, les contrebandiers et un véritable
paradis pour les pêcheurs et les chasseurs. En
1516, un visiteur inattendu, en route pour Rome,
y fit une escale : un rhinocéros d’Inde offert
par le roi du Portugal au Pape Léon X. Alors
totalement inconnu en Europe, l’animal suscita la
plus grande curiosité. François 1er,
Roi de France fit le déplacement en personne
pour le voir. Visiblement la pauvre bête ne
supporta pas le climat : c’est empaillé
qu’elle reprit la mer et arriva chez le Pape !
Quelques années plus tard, François
1er ordonna la construction d’une forteresse sur
l’île, pour protéger l’accès
du port. Les Marseillais, attachés à
leur indépendance, virent d’un très
mauvais oeil cette présence du pouvoir central
sur leur territoire mais en comprirent très
vite l’intérêt : la ville devenait
virtuellement imprenable par la mer. Comprenant
qu’il serait également impossible de s’en
échapper, le château fut dès
1580 converti en prison d’Etat. |
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Alcatraz en Méditerranée : une prison particuliere
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A moins d’être enfermés au cachot, les "locataires" du château d’If pouvaient communiquer
librement et se promener
sur la terrasse du donjon. Si le Chevalier Anselme, accusé de complot contre la monarchie, fut
retrouvé mort étranglé dans sa cellule en
1580, d’autres, au contraire y connurent presque le bonheur : le Comte de Mirabeau, célèbre
activiste de la Révolution Française,
enfermé en 1774 à la demande de son père, réussit à amadouer le commandant
major et séduire la cantinière. Comment, toutefois,
ne pas évoquer ces milliers de protestants qui, au XVII et XVIIIème y perdirent la vie dans des
conditions effroyables. Enfin, il faut bien dire que le
Château d’If est devenu célèbre grâce à un personnage de fiction : Edmond
Dantès. Victime d’un complot, il fut arrêté et emprisonné au château
d’If le jour de ses noces. Il réussit à s’échapper après quatorze années de
calvaire, créant ainsi le mythe du seul évadé du château d’If, et n’eut alors de
cesse de se venger. Nous ne souhaitons pas dévoiler la suite car nous vous recommandons vivement la
lecture de cette oeuvre écrite en 1845 par
Alexandre Dumas, traduite dans le monde entier et qui inspira pas moins de 23 films... "Le Comte de Monte Christo".
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| Hollywood, made in Provence |
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Impossible de décrire Marseille sans mentionner l'enfant
du pays : Marcel Pagnol. Bien que né à Aubagne en 1895, il décrit sa Provence et le
tempérament fougueux des Marseillais avec tant d’amour et de poésie (lire la trilogie "Marius",
"César" avec sa fameuse partie de cartes et "Fanny" oeuvre qu'il portera lui-même à l'écran
de façon remarquable) que ces derniers l'adoptent comme un des leurs. Tour à tour dramaturge, romancier,
poète, cinéaste et académicien, il achète en 1942 plusieurs hectares
de garigues près de Marseille car il rêve de créer un véritable Hollywood made in Provence.
Malheureusement, les difficultés de la guerre l'obligent à renoncer
à son projet trop vite. Plusieurs de ces films traversent l'Atlantique et lorsqu'il décrit dans une autre
trilogie célèbre ses souvenirs d'enfance dans "la Gloire de mon Père" et "le Château de ma
Mère", il est souvent comparé à Marc Twain. Marcel Pagnol offre aux lecteurs et
aux cinéphiles une œuvre considérable et chaleureuse traduite dans le monde entier !
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Invitation au voyage
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Soleil, océan, cigales, pastis, pétanque, farniente, les substantifs ne manquent certainement pas
pour décrire une ville et une région particulièrement riche. Après avoir rendu visite
à la "Bonne Mère", nous vous recommandons de sortir de la ville pour jouir du spectacle magnifique
des calanques. En les longeant par la route vers l'Est, elle vous mèneront à un joli petit port de
plaisance : Cassis. Vous pourrez y déguster une délicieuse bouillabaisse, spécialité
de la région. En vous y aventurant à pied, elles mèneront vos pas jusqu'à des criques
sauvages où la nature reprend tous ses droits. Un tout petit conseil toutefois : éviter les mois de
juillet et août. |
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