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onjour, nous avons choisi de consacrer cette
lettre d'information à la Ville Lumière :
Paris. Comme il ne peut être question de décrire une telle ville
en quelques pages, plusieurs lettres compléterons notre visite. Avant de nous
promener dans les rues et d'évoquer les monuments, les places
célèbres qui font sa beauté et sa richesse,
il nous a paru intéressant de survoler les siècles
pour comprendre la vie des parisiens et les nombreuses transformations
qui ont permis à Lutèce de devenir la capitale magnifique que nous
connaissons aujourd'hui.
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Lutèce ou Paris ?
C'est une tribu celte du nom de
"Parisii" qui s'installa, quelques trois siècles avant Jésus-Christ,
sur un petit îlot en forme de bateau. Avec la Seine comme rempart
naturel, cet endroit leur apparut comme le refuge parfait pour
se mettre à l'abri d'invasions futures. Cette tribu ignorait que
cette île deviendrait quelques siècles plus tard le coeur de ce
qui est aujourd'hui la capitale française. Mais le Paris d'alors
n'était qu'un petit village primitif où, on l'imagine difficilement,
les vaches paissaient tranquillement. En 53 av. J.C., les Romains
envahirent la ville et la rebaptisèrent du nom de Lutèce. La ville romaine grandit pour
s'étendre, sur la rive gauche, sur les pentes de la Montagne Sainte-Geneviève.
La rive droite était alors bien trop marécageuse et envahie par
les sangliers pour s'y installer. Vers 360 ap. J.C., Julien dit "l'Apostat",
Empereur romain, fut envoyé à Lutèce pour lutter contre une nouvelle
invasion barbare. L'histoire raconte qu'il tomba sous le charme
de la ville et choisit de lui redonner son nom d'origine : Paris.
Paris, Ville Lumière...
Si cette appellation a sa raison d'être
aujourd'hui, ce n'était certainement pas le cas autrefois. Pendant
des siècles, l'absence d'éclairage a été un véritable fléau. Paris
était une ville très dangereuse où il ne faisait pas bon se promener,
en particulier la nuit. Au XIIIème siècle, sous Philippe Le Bel,
Paris ne possédait en tout et pour tout que 3 lumières. Au cours des règnes
respectifs de Louis XII, François 1er et Henri II (XVème et XVIème siècles)
furent signées des ordonnances imposant qu'une chandelle soit placée à une des fenêtres
de chaque maison pour pallier à ce problème. En vain !
Cette loi ne fut jamais respectée... Avec pour conséquence de cette absence
quasi totale d'éclairage, le sentiment d'une immense insécurité.
En 1662, il fut décidé qu'à certains carrefours, des porteurs
mobiles accompagneraient les passants qui le souhaitaient avec
des flambeaux de cire ou des lanternes à huile jusqu'à la porte
de leur appartement, moyennant une rémunération. Quelques années
plus tard, des lanternes furent hissées au milieu des rues mais
ce n'est qu'en 1829 que les rues de Paris furent enfin éclairées,
au gaz, d'une manière plus extensive.
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| Recette de |
Soufflé au Fromage |
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SOS en cuisine ! Si vous
avez des problèmes pour préparer cette
recette, adressez un SOS par e-mail à 911@francemonthly.com
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| L'eau dans Paris |
Pendant très longtemps, les Parisiens ont également
souffert du manque d'eau, malgré la Seine
toute proche. Au cours des siècles, plusieurs aqueducs furent
construits pour amener l'eau des régions environnantes mais le
problème demeurait si crucial que, par exemple, au XIVème siècle
une ordonnance interdit aux parisiens de balayer les rues les
jours de pluie, afin de ne pas souiller davantage l'eau de la
rivière. Au XVIIème siècle, Henry IV fît installer une pompe dite de
la Samaritaine, sur le Pont-Neuf, pour utiliser l'eau de la Seine
d'une manière optimale. Mais à la Révolution, les Parisiens ne
disposaient toujours que d'un litre d'eau par jour et par personne.
Un jour, Bonaparte demanda ce qu'il pourrait faire pour être agréable
aux parisiens. Le préfet lui répondit: "Donnez-leur de l'eau".
Le canal de l'Ourcq fut creusé en 1808 et améliora considérablement
la situation.
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| La circulation dans Paris |
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Un autre problème se présenta très tôt aux
Parisiens - il n'est d'ailleurs probablement pas résolu
aujourd'hui : la circulation routière. Jusqu'à l'avènement de Louis XVI,
le tracé des rues de Paris épousait strictement celui d'anciens
sentiers ou d'anciens chemins, même sinueux. Aussi, Paris
était sillonné de rues très
étroites, sans trottoir avec, de surcroît, une rigole centrale
qui permettait l'écoulement des eaux ménagères.
Le seul moyen d'y circuler était le mulet, le cheval ou
la marche à pied. Il était courant de voir un homme
portant sa femme sur son dos pour traverser les rues de Paris
au Moyen-Age ! Le carrosse fit sont apparition au XVIème
siècle, à la plus grande frayeur des parisiens.
En 1550, on ne pouvait croiser que trois carrosses dans Paris. En
1563, les membres du parlement supplièrent Charles IX de
les interdire et en 1594, seulement huit carrosses étaient
autorisés à circuler dans les rues de la ville.
En 1614, le nombre de carrosses fut légalement limité
à un par ménage. Plus effrayants encore étaient
les cabriolets qui firent leur apparition sous Louis XV. Il s'agissait
de voitures à cheval très légères
et très rapides qui épouvantèrent les parisiens,
déjà victimes du progrès.
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L'insécurité parisienne |
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Très vite, la vie à Paris devint difficile car si les résidences seigneuriales
ne manquaient pas d'espaces et de jardins, les quartiers populaires
étaient insalubres et surpeuplés. Au XVIIème siècle, la ville comptait
une douzaine de "Cours des Miracles". Ces endroits étaient des quartiers
où s'agglutinaient des milliers de marginaux tous plus dangereux les
uns que les autres : voleurs, assassins, prostituées et faux infirmes obéissaient
à un chef : "le roi des Thunes". Ce chef était élu et faisait respecter
sa loi et bien entendu recevait un pourcentage sur le montant des larcins
effectués dans la journée. La police n'osait pénétrer dans ces endroits
sordides, en particulier la nuit. Pourtant la seule Cours des Miracles
qui résista vraiment au premier lieutenant de police de Paris, Nicolas
de la Reynie, fut celle qui se trouvait à la hauteur du 187, rue de Charenton
dans le XIIème arrondissement. Elle fut pendant des années, le repère des
brigands les plus dangereux de la ville. Lorsque les soldats du guet
tentaient d'y pénétrer, un cri perçant passait de maison en maison pour
prévenir de l'arrivée de ces hôtes indésirables.
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Paris et la Louisiane |
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En 1656, pour tenter d'enrayer ce fléau et offrir un peu de sécurité
aux parisiens, les marginaux furent regroupés dans des hôpitaux. Chaque
hôpital avait sa "spécialité". La Pitié accueillait les filles et les
vieilles femmes, Bicêtre était destiné aux hommes. La Salpetrière recevait
les prostituées. En 1719, Louis XV, désireux de peupler plus rapidement
la Louisiane, "colonie française" d'Amérique, sélectionna plusieurs
centaines de femmes, choisit les prisonniers les plus virils, et les
maria de force. Ces nouveaux couples furent envoyés à La Rochelle
où un galion les attendait pour les exiler à la Nouvelle-Orléans. Ce
fut un succès incontestable puisque de nombreuses familles furent ainsi
fondées Outre-Atlantique.
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Le Baron Haussmann |
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Le XIXème siècle fut un siècle de grand essor économique. Sans cette période
faste et sans l'audace et la ténacité d'un homme aujourd'hui célèbre,
le Paris dans lequel nous nous promenons aujourd'hui aurait certainement
un tout autre aspect. Si vous connaissez Paris, Haussmann évoque certainement
pour vous le boulevard des grands magasins (le Printemps et la Samaritaine
ouvrirent leurs portes respectivement en 1865 et 1869). Mais c'est surtout
à cette époque que Paris fut transformé de fond en comble grâce à son
préfet : le Baron Haussmann. Pendant plus de quinze ans les parisiens vécurent
dans un immense chantier : Des milliers de maisons insalubres furent détruites,
des milliers d'autres reconstruites. Les Champs-Elysées, alors mal éclairés,
mal pavés et mal fréquentés furent aménagés, les douze avenues autour
de l'étoile tracées, la place de la Concorde décorée, l'Opéra et plusieurs
églises - la Trinité, Saint Francois-Xavier, Saint-Augustin,
le Parc Monceau, les Buttes-Chaumont, le Bois de Boulogne et le Bois
de Vincennes aménagés. C'est également à cette époque que l'éclairage
public fut considérablement amélioré avec l'installation de vingt mille becs
de gaz, que le problème de l'approvisionnement en eau fut résolu grâce à mille six cents
kilomètres de canalisations et soixante kilomètres d'égouts. Les grands boulevards comme
ceux de Strasbourg,
Sébastopol, Saint-Michel, Saint Germain et bien d'autres furent percés.
Plus aérés, plus beaux mais surtout plus grands pour rendre les constructions
de barricades moins faciles et de la sorte éviter d'accroître les risques
engendrés par les émeutes. Enumérer toutes les réalisations de l'époque
serait bien trop long. Même si l'action du Baron Haussmann fut très controversée
à son époque, il n'en reste pas moins qu'aujourd'hui les visiteurs et
les parisiens eux-mêmes profitent tous les jours de cette vision architecturale, pour leur plus grande
joie.
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Invitation au voyage
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Paris s'étend aujourd'hui sur cent kilomètres carrés et compte deux millions
trois cent mille habitants intra-muros et neuf millions et demi d'habitants avec la banlieue parisienne.
Même si pour des raisons économiques les parisiens désertent la ville pour la banlieue,
elle reste une des villes les plus peuplées d'Europe Occidentale. Malgré
ses trente cinq kilomètres de boulevard périphérique construits en 1973, la traversée
de la ville reste toujours très difficile et les possibilités de se
garer très coûteuses. Grâce au Train à Grande Vitesse (TGV), certains
français n'hésitent pas à habiter à plus de cent cinquante kilomètres de Paris
et se rendent chaque matin dans la capitale pour y travailler. Il n'en
demeure pas moins que Paris reste une ville magnifique, la ville du
romantisme par excellence où il fait bon se promener et visiter tous
ces trésors d'architecture... Pour vous aidez à préparer votre prochaine visite
dans une des villes les plus visitées au monde, nous vous proposerons divers regards dans
nos prochaines lettres d'information sur Paris. |
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