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onjour!
nous avons choisi de consacrer cette lettre à une étape de l'histoire de France longtemps
oubliée : l'épopée Cathare. Tragédie du XIIème siècle,
elle a, non seulement marqué une époque mais également transformé le
Languedoc Roussillon, une région jusqu'alors plus sous influence espagnole que française.
Aujourd'hui encore se dressent fièrement, au sommet des montagnes, les superbes vestiges
d'une centaine de châteaux fantômes dans lesquels des hommes et des femmes à la foi
profonde vivaient paisiblement, dans le recueillement. Mais avant de visiter ces châteaux
pleins de mystères, il est important de comprendre leur histoire et le contexte dans lequel
ils ont été édifiés, il y a près de huit cents ans...
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Le catharisme : religion ou hérésie ?
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Les cathares se revendiquent comme d'authentiques chrétiens. Porteurs du message de l'Évangile,
ils prêchent la parole d'un Christ qui aurait été envoyé par Dieu pour
transmettre un message de vérité et non pour racheter par sa mort les péchés
des hommes. Ils proclament deux créations...
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Les Parfaits
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l’âme, création spirituelle, intemporelle, bonne puisque créée par
Dieu et le Corps, création matérielle, mauvaise puisque soumise à la tentation,
à la souffrance, à la maladie. « Dieu est Amour et dans son infinie bonté ne
peut permettre le mal ». Par conséquent, l'enveloppe charnelle dans laquelle l'âme est
emprisonnée, ne peut être que la création d'un être malfaisant : le Diable.
Les "Parfaits" et "Parfaites" ou "Bons Amis" tels qu'ils se nommaient entre eux, prêchaient
aux fidèles la bonne parole. Astreints à des règles de vie très strictes,
ils avaient fait voeu de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. Ils s'interdisaient
toute nourriture d'origine animale, à l'exception du poisson, que le Christ lui-même avait
multiplié et offert au peuple. Contrairement à l'église romane, les Parfaits ne
s'enfermaient pas dans des monastères mais partageaient le travail avec leurs fidèles,
prêchaient l'Évangile en s'intégrant à la vie sociale. Il s'agissait là d'une
divergence de fonctionnement supplémentaire qui faisait naître une plus forte adhésion
des fidèles, donnant à ces chrétiens d'une autre sorte une force que l'Eglise
Romane redoutait terriblement.
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Les comtes de Toulouse
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Originaire d'Europe Centrale, la religion cathare a rencontré de nombreux adeptes dans toute la
France du XIIème siècle. Peu enclins à voir le pouvoir du royaume affaibli par cette
communauté, rebelle à l'ordre religieux établi, les rois de France successifs
organisent, dans le Nord, la Champagne et la Bourgogne une telle répression que l'hérésie
cathare ne parvient pas à s'organiser. Mais il n'en est pas de même en Languedoc, région prospère et
très influente. Elle n’est pas rattachée au Royaume de France, au grand dam de Sa Majesté
car elle est gouvernée par les comtes de Toulouse. Ces très puissants seigneurs fédèrent
une région qui s'étend d'ouest en est, de l'Aquitaine jusqu'au Rhône, et qui se prolonge même
jusqu’en Provence. Ils n'aiment ni le roi de France qui menace leur liberté chérie, ni le clergé
dont ils réprouvent les moeurs dissolues. C'est ainsi que, adeptes de la tolérance et fervents
défenseurs des libertés religieuses, ils accueillent avec bienveillance ces hommes et ces femmes
en quête d'une nouvelle identité spirituelle. Ils leur offrent donc une protection et marquent
ainsi leur volonté déclarée de résister au Roi de France.
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Recette septembre 2005
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Nougatine
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Cooking SOS!
Si vous avez des problèmes pour préparer cette recette, envoyez un email à
Chef@FranceMonthly.com
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La croisade
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Dualisme, refus de reconnaître au Pape romain, son rôle d'intermédiaire entre l'Homme et le Divin ; refus
également de s'acquitter de la dîme - impôt prélevé par le clergé -
sont autant de marques de désobéissance pour le pape Innocent III. Il ne peut laisser une croyance
qu’il juge hérétique s’ériger en une religion, vrai ferment d’opposition au dogme officiel et
future menace pour l'Eglise romaine,
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Château de Quéribus
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jusque dans ses institutions. Il décide donc d'exterminer les hérétiques.
Mais Philippe Auguste, roi de France, refuse d'envoyer son armée ; quand bien même une victoire
lui permettrait de rattacher les comtés d'Occitanie à la Couronne de France, il lui
déplait fortement de voir le pape se mêler des affaires de son royaume. Cette rivalité
offre un sursis aux dissidents mais le répit ne sera que de courte durée. En 1208, un prélat
du pape est assassiné et le comte de Toulouse est soupçonné d'être l'instigateur de ce crime.
L'acte est impardonnable et Philippe Auguste ne peut donc plus reculer. La croisade débute au printemps
de l'année suivante. Le destin du Languedoc est marqué à tout jamais.
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Béziers : ville martyre
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L'armée des croisés arrive aux portes de Béziers en juillet 1209. Les catholiques,
les juifs et les cathares vivent en parfaite harmonie dans cette ville où règne un grand esprit
de tolérance. Ils restent confiants car militairement parlant, leur citadelle est considérée
comme imprenable. Aussi, l'évêque, venu négocier, s’en retournera pour transmettre à
l'armée assiégeante, le refus catégorique des biterrois de livrer les hérétiques
en échange de la paix.
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Château de Peyrepertuse
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Mais, entre-temps, les rangs de cette armée se sont gonflés de plus d'un millier de
bandits de grand chemin, de paysans hostiles, tels des rapaces en attente d'un prochain festin.
Lorsque quelques habitants trop hardis et munis de quelques armes de fortune tentent une sortie pour
effrayer les soldats, ils sont violemment repoussés par les soudards qui, plus prompts que
les croisés, s'engouffrent par la porte laissée entrouverte. Erreur stratégique
fatale, Béziers est perdue. C'est la débandade, un combat inégal et sans merci est
engagé. Il n'est plus question de distinguer les catholiques des hérétiques...
tous les habitants sont massacrés tandis que ribauds et croisés se disputent le butin.
La célèbre citadelle est à feu et à sang !
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Le Languedoc français
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Après Béziers, Carcassonne sera assaillie comme bien d'autres citadelles du Sud puis
détruite par la terrible armée d'un seigneur cruel et redouté. Simon de Montfort
va pourchasser et massacrer les "hérétiques",
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Château de Puivert
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assiégeant et pillant les châteaux qui les abritent sans relâche. Il sera tué en
assiégeant Toulouse en 1218 et son fils lui succèdera. Mais loin de posséder
l'intelligence militaire et la cruauté de son père, il perd très rapidement
toutes les conquêtes paternelles. Cinq années plus tard les Cathares se sont
réorganisés. Court répit car la Croisade reprend en 1226. Elle est cette fois-ci
menée par le roi de France, Louis IX dit Saint Louis. Les campagnes militaires se succèdent,
l'armée avance, saccageant les récoltes sur son passage, affamant ainsi les résistants.
Raymond VII, comte de Toulouse doit capituler. En 1229, il signe le traité de Paris en renonçant à
une grande partie de ses terres qui sont immédiatement annexées au royaume et se voit obligé
de marier sa fille unique, Jeanne, à un frère du roi. En 1271, Jeanne et son époux meurent et
selon le traité signé quarante-deux années auparavant, les terres du Comté
de Toulouse reviennent de droit au Royaume de France. Désormais, le Languedoc appartient à la France.
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Montségur |
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Paradoxalement, si le traité de Paris signe la fin de vingt années d'une guerre impitoyable,
elle ne marque pas, pour autant, la fin de la bataille. L'Eglise romane met en place une terrible
Inquisition qui durera des décennies jalonnées de poursuites, d'interrogatoires, de tortures et d'exécutions sans merci.
Des centaines de pèlerins et de dirigeants de l'Eglise Cathare trouvent alors refuge au sein d'une forteresse
quasi inaccessible, dressée au sommet d'un piton rocheux à mille deux cent sept mètres d'altitude :
Montségur. Cette forteresse devient le quartier général de la résistance. En mai 1243, les soldats du
roi entament un siège dont ils sont certains de l'issue prochaine : la victoire. Mais c'est oublier la
volonté ni la foi des habitants... ainsi que leur parfaite connaissance du terrain qui leur
permettent de sortir sans inquiétude, de communiquer et surtout de se nourrir. Les mois passent, malgré un hiver rigoureux
les assiégés résistent. Au début de l'année 1244, l’armée des croisés
est fatiguée et fait appel à des mercenaires montagnards pour atteindre le sommet et pour s'emparer de la tour
située à l'extrémité du lieu fortifié. Le rapport de force est inégal...
inexorablement la reddition intervient après dix mois de lutte acharnée. Les parfaits se savent
condamnés au bûcher mais ils s’y sont préparés et s'y jettent sans résistance car la
délivrance suprême les attend. Haut lieu du catharisme, Montségur est probablement le vestige
le plus prestigieux de cette tragique épopée cathare.
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Le trésor des cathares
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Bien au-delà de cette vie terrestre corrompue et maléfique, les parfaits savent que leur royaume
est dans une autre monde. Loin de craindre la mort, ils l'attendent avec sérénité. C'est la
raison pour laquelle ils s'engagent solennellement à ne jamais se soustraire à l'Inquisition ni
abjurer leur foi. Le 16 mars 1244, un bûcher flamboyant se dresse à Montségur. Deux cent vingt-cinq
"Amis de Dieu" s'y jettent sans résistance aucune. Pourtant quatre d'entre eux sont absents.
Ils n'ont pas tenu leur promesse solennelle et ont renoncé à l'honneur de mourir dans
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Château de Montségur
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le brasier. Hommes d'élite, ils ont été choisis pour accomplir une mission justifiant,
semble-t-il, le renoncement à la parole donnée. Dans la nuit du 15 au 16 mars, glissant à
l'aide de cordes le long des falaises abruptes, ils franchissent courageusement la montagne pour aller
récupérer un trésor caché, plusieurs mois auparavant, dans une grotte. Puis leur
trace se perd, ainsi que celle du trésor devenu, depuis lors, une véritable légende
vivante, encore aujourd'hui. Quel était son extraordinaire contenu pour justifier le renoncement
au sacrifice suprême ? De l'or, des
pierres précieuses, des textes sacrés ? Le mystère reste entier et certains pensent
qu'il est toujours caché quelque part dans les replis de la montagne environnante.
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Invitation au voyage... |
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Après vingt années de guerre, il aura fallu cent ans d’Inquisition pour éradiquer
une religion impertinente et mettre au pas un comté insolent et rebelle. On aurait pu oublier
les Cathares, tous exterminés jusqu'au dernier. Fort heureusement, en parcourant les routes
du Languedoc-Roussillon votre regard ne pourra qu’être attiré par ces spectaculaires
vestiges de châteaux médiévaux désespérément accrochés à
la falaise ou se dressant fièrement au sommet d'une montagne... comment alors ne pas être intrigué
par ces monuments du passé chargés d'une histoire à la fois si riche et si douloureuse :
Quéribus, Puivert, Peyrepertuse, Montségur et Minerve. Très prisés des touristes, ils se dressent
par centaines prêts à livrer leurs secrets à ceux qui feront l'effort d'aller jusqu'à
eux. Une histoire tragique et passionnante que nous vous recommandons de découvrir par la visite
de ses plus beaux châteaux !
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