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onjour!
ce mois-ci nous avons choisi de vous faire visiter une ville du sud de la France que les
voyageurs en chemin pour une destination ensoleillée ignorent trop souvent tant
ils sont pressés d'arriver au terme de leur voyage. Nous vous proposons pourtant
de faire une halte dans cette ville chaleureuse, à l'architecture aussi intéressante
qu'insolite, située en Roussillon au pied des Pyrénées. Quittons ensemble
l'autoroute A9 et bienvenue à Perpignan !
Avant de continuer votre lecture, nous vous rappelons que vous pouvez lire les lettres d'information
déjà publiées à http://www.francemonthly.com/. Un lien vers la version française existe
en bas de chaque document que vous pourrez consulter en anglais.
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Nos ancêtres les Ibères
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Si les écoliers français ont coutume d'apprendre que leurs ancêtres
étaient les gaulois, il pourrait en être autrement pour les petits Perpignanais.
En effet, les Sordes, descendants des peuples de cette jolie plaine du Roussillon n'étaient
pas des Celtes mais des Ibères et bien avant l'an mil, le cœur du comté du
Roussillon battait déjà pour la Catalogne et sa capitale, Barcelone.
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L'église Saint Jacques
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Ce sentiment d'appartenance à la culture "espagnole" fut renforcé après
l'attaque de la ville par le Calife arabe Al Mansour en 985. Le comte de Barcelone appela
Hugues Capet à son secours, mais en échange de son intervention le roi de France
exigea une soumission totale de son vassal que ce dernier jugea inacceptable. A compter
de ce jour, les relations entre Catalogne et royaume franc furent rompues et restèrent
tendues pendant de nombreux siècles, ponctuées de guerres bien réelles.
Il fallut attendre 1659 et la signature du traité des Pyrénées pour
retrouver la paix entre les deux pays et ramener le Roussillon dans le giron du royaume de France.
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La "Trêve de Dieu"
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En s'affranchissant du joug du royaume franc, les comtes catalans avides de pouvoir
n'eurent alors de cesse de s'affronter au détriment de la gestion de leur propre
territoire. La fin du Xème et le début du XIème siècle furent
marqués par une succession de crimes odieux subis par une population terrorisée.
Le clergé, lui aussi, pillé et lésé dans ces batailles incessantes
et apparaissant comme le seul véritable protecteur d'un peuple opprimé
réagit. Au cours du synode réunit dans l'urgence le 16 mai 1027, il fut
établi qu'il était désormais interdit de commettre des exactions dans
les maisons construites dans les trente pas qui entouraient les églises et dans les
cimetières devenus lieu d'asile des vivants et des récoltes. Il fut également
décrété que désormais, il serait défendu d'attaquer qui
que ce soit "depuis la neuvième heure du samedi jusqu'à la première heure
du lundi...". Difficile de dire si les habitants purent enfin passer des fins de semaines
paisibles mais il n'en demeure pas moins que dans les siècles qui suivirent,
l'église devint de fait le lieu de concentration de la vie communautaire des villages
et cette trêve dite de Dieu s'étendit dans tout l'Occident Chrétien.
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Recette été 2009
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Moules marinières
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Cooking SOS!
Si vous avez des problèmes pour préparer cette recette, envoyez un email à
Chef@FranceMonthly.com
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Les trois mains
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Tout n'étant pas absolument négatif malgré ce climat d'extrême
violence, c'est autour de l'an mil que les comtes de Roussillon choisirent de faire de
Perpignan leur lieu de résidence et accordèrent à la ville de nombreux
privilèges en reconnaissance de l'hommage que les Perpignanais leur rendirent.
Le 23 février 1197 Pierre 1er, Comte de Barcelone et roi d'Aragon, octroya une
charte de libertés communales à la ville.
Perpignan était désormais administrée par cinq consuls
rééligibles chaque année par des électeurs divisés
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Main majeure sur le mur de l'Hôtel de Ville
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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en trois mains : deux consuls étaient issus de la main majeure constituée
des bourgeois et des négociants, deux autres élus par la main moyenne dont
faisaient partie les commerçants et les professions libérales et enfin le
dernier illustré par la petite main était mandaté par les artisans.
Ces trois mains que l'on retrouve aujourd'hui comme jaillissant du mur de l'Hôtel
de ville située sur la Place des Loges matérialisaient le droit de vote des
Perpignanais. Place qui par ailleurs s'appelait au moyen-âge la Place des Hommes Riches,
en d'autres termes la place de ceux qui possédaient alors le pouvoir. En revanche,
pour préserver l'indépendance de l'administration municipale vis-à-vis
des pouvoirs politiques et religieux, les nobles et les membres du clergé
étaient exclus de ces élections.
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Les frères ennemis
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Jacques le Conquérant fut un grand roi : il reprit aux Arables les Baléares
et le royaume de Valence. Il confirma les libertés de la ville et fit du catalan
la langue officielle de son royaume.
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Le Castillet, la Porte Notre Dame
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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C'était alors la langue la plus couramment parlée dans tout le bassin
méditerranéen jusqu'en Grèce. Il mourut à Valence en 1276
léguant à son fils ainé Pierre, les royaumes d'Aragon et de Valence
ainsi que le comté de Barcelone situés au sud des Pyrénées ;
mais contrairement à l'usage qui voulait que l'ainé hérite du
trône et le cadet entreprenne une carrière militaire, il décida aussi
de léguer à Jacques son deuxième fils les comtés du Roussillon
et de Cerdagne, le Conflent, le Vallespir et la ville de Montpellier localisés au
nord de la chaîne des Pyrénées ainsi que les Baléares. Ce tout
nouveau royaume de Majorque que le roi avait créé pour son fils cadet
n'était autre qu'une mosaïque de petits territoires. Comme on peut l'imaginer, le
grand frère ne l'entendit pas de cette oreille et n'eut de cesse de tenter de
reprendre ce qui lui semblait lui revenir de droit. En voulant faire de ses deux fils
deux rois, Jacques 1er en fit deux ennemis.
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Perpignan, capitale d'un royaume éphémère
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Jacques II aurait pu faire de Montpellier la capitale de son royaume, mais
par amour pour son épouse Esclarmonde de Foix, il choisit Perpignan plus
proche des terres d'origine de sa bien-aimée. Commença alors pour le
Roussillon une période de grande prospérité.
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Le palais des rois de Majorque
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Le commerce des draps fabriqués avec la laine des Pyrénées
était florissant. Livré aux quatre coins de la Méditerranée,
il fit la richesse de la cité. Désormais capitale d'un royaume et ville
prospère, il ne manquait plus à Perpignan qu'un palais digne de sa grandeur.
Jacques II choisit les hauteurs de la ville pour faire construire sa forteresse, car ses
ennemis –dont son frère ainé- étaient nombreux, et s'il voulait une
demeure de prestige, il n'en oubliait pas pour autant la nécessité de se
défendre. Vingt ans suffirent pour mettre à jour cet immense et magnifique
édifice qu'est le palais des rois de Majorque, mélange subtil d'une
architecture médiévale à la fois méridionale, mauresque et
byzantine. Finalement, c'est le fils de Pierre 1er qui parvient à s'emparer du
château le 15 juillet 1344, mettant fin à un royaume qui ne dura que 68 ans.
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Le Castillet |
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C'est par ce "petit château", l'édifice le plus symbolique de la ville,
que l'on pénètre dans le cœur économique et politique du Perpignan
médiéval. Construit en 1368 après le retour de la capitale du
Roussillon à la couronne d'Aragon, la porte faite de brique rouge s'intégrait
alors parfaitement aux remparts. Un siècle plus tard, alors que le roi d'Aragon
avait souscrit une dette auprès de son ennemi le roi de France Louis XI, ce dernier
n'hésita pas à annexer le Roussillon et s'octroya le droit d'occuper la ville
en attendant d'être remboursé. L'occupation quelque peu arbitraire dura vingt
années au cours desquelles le souverain dota le Castillet d'une tourelle, fit accoler
sur son flanc oriental une nouvelle porte fortifiée, la Porte Notre-Dame, et fit
aménager des terrasses pour y installer des canons en direction des indociles
Perpignanais, donnant ainsi à l'édifice une silhouette de citadelle avec ses
créneaux, ses mâchicoulis et ses meurtrières plutôt qu'une allure
de porte d'une ville. Utilisé pour torturer, interner et exécuter les opposants
à l'annexion à la France dans les années 1670, l'impressionnant
édifice et seul vestige des remparts de la ville abrite aujourd'hui un musée
catalan des arts et traditions populaires.
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La légende des Pyrénées
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La guerre avec l'Espagne n'avait que trop duré. Il fallait en finir,
même au prix d'une union avec une femme qu'il n'aimait pas ! C'est la
clause qu'accepta Louis XIV en signant le traité des Pyrénées,
ce 7 novembre 1659. Le Roussillon devenait alors français et une
frontière se dessinait enfin à la ligne de faîte d’une
chaîne de montagne qui devait son nom à une tragique mais
magnifique histoire d'amour.
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Les Pyrénées
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Ainsi la légende raconte que lorsque Pyrène et Hercule se rencontrèrent
ils tombèrent éperdument amoureux l'un de l'autre. Mais un jour Hercule dut
repartir pour poursuivre ses travaux ; il ignorait alors que la jeune fille portait en son
ventre le fruit de leurs amours interdites. Alors que Pyrène s'engouffrait dans la
montagne pour fuir la colère de son père, elle fut mortellement blessée
par un ours. Alerté par ses cris, Hercule se précipita à son secours
mais il était déjà trop tard. Recueillant dans ses bras la jeune femme
agonisante, il lui dit tendrement : "Afin que ton nom, ma chère Pyrène, soit
conservé à jamais par les hommes qui peupleront cette terre, ces montagnes dans
lesquelles tu dors pour l'éternité, s'appelleront dorénavant les
Pyrénées !
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Invitation au voyage... |
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Perpignan est vraiment une ville charmante qui vaut que l'on s'y arrête.
Elle surprend par son architecture, elle enchante par sa vitalité et son
ensoleillement réchauffe les cœurs. C'est une ville du sud ! Et si vous
prenez la peine de partir à la découverte de la ville, ne vous
arrêtez pas en si bon chemin. Merveilleusement située entre mer et
montagne, la région recèle de véritables trésors
qu'ils soient naturels ou architecturaux. Vous trouverez des sites absolument
splendides, des villages pittoresques, des édifices religieux de toute
beauté, des vignes qui font les vins les plus doux. Vous y rencontrerez
probablement des danseurs de Sardane et dégusterez peut-être
une des spécialités de la région : la "Cargolade", ces
délicieux escargots grillés sur le barbecue. Bienvenue en pays catalan !
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