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onjour!
Bonjour, ce mois-ci nous avons choisi de dédier notre lettre d'information à une insolite
et riche région de France que nous avons déjà évoquée, mais où il
nous semblait essentiel de revenir tant elle est vaut le détour : le Beaujolais. Nous vous
proposons une nouvelle fois de quitter l'autoroute du soleil, de prendre plein ouest à
hauteur de Villefranche-sur-Saône, ville plus connue pour son péage autoroutier que
pour ses richesses architecturales, et de partir à la découverte de la partie sud de
la région, dont on dit que c'est la plus jolie du Beaujolais, celle des Pierres Dorées.
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Clochemerle-en-Beaujolais
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Toutefois, avant d'arriver au pays des pierres dorées, une autre petite visite s'impose :
Vaux en Beaujolais. A priori, ce village accroché à la colline n'a rien d'extraordinaire;
pourtant un roman, "Clochemerle", l'a rendu très célèbre.
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Le charmant village de Charnay
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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L'auteur, Gabriel Chevalier, y met en scène des personnages archétypaux de la France
rurale d'autrefois : le maire, l'instituteur, le curé, la baronne, le vigneron et la
pulpeuse aubergiste. La truculente histoire débute alors que le maire, imposant et
ambitieux, révèle à l'instituteur, chétif et complexé,
son désir d'installer sur la place du village un édifice digne de la république
française... un urinoir ! S'ensuit une querelle burlesque entre les différents
protagonistes. A la lecture du roman, les habitants de Vaux-en-Beaujolais, ne manquant pas d'humour,
assurèrent reconnaître leur village. Ce roman plein de tendresse entraîne le
lecteur dans la compréhension d'une certaine culture à la française (pas toujours
flatteuse, il faut bien l'avouer!); mais surtout, il lui fait découvrir le Beaujolais sur le
papier avant qu'il ne vienne in situ visiter l'un des "monuments" les plus photographiés de
France : La pissotière de Clochemerle, alias Vaux-en-Beaujolais. Ajoutons à cela que
le succès du roman fut tel que le mot "clochemerle" est depuis entré dans le langage
courant français pour évoquer une querelle de clocher.
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La région des pierres dorées
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Difficile d'imaginer qu'il y a cent quatre vingt quinze millions d'années, toute la
région était recouverte d'eau et jouissait d'un climat tropical assez similaire
à celui des Bahamas. Puis les Alpes firent leur apparition, le climat se rafraichit
et l'océan se retira, laissant place à un magnifique paysage de collines ondulées.
Résumé quelque peu rapide de tout un processus qui dura plusieurs millions d’années,
je vous l’accorde. Néanmoins, ces monts qui se dessinèrent avec le temps avaient la
particularité d’être constitués d’une roche calcaire contenant du fer qui, en
s'oxydant, lui donnait cette jolie couleur chaude de pain d’épices. C’est ainsi que celui qui
s’engouffre sur les petites routes départementales part à la découverte des plus
beaux paysages du Beaujolais et de ces villages bordés de demeures et d’églises qui passent
du roux, lorsque les nuages assombrissent le ciel, au doré, lorsque le soleil les en a enfin
chassés : Pommiers le village fleuri, Morancé et son église au clocher carré,
Bagnols dont la marquise de Sévigné garda le meilleur souvenir, Theizé et son somptueux
château de Rochebonne, Jarnioux et sa forteresse aux six tours, pour n’en citer que quelques uns.
Citons également un intrus, un petit village nommé Lucenay construit, comme les autres villages
à partir de sa propre carrière, mais dont la pierre avait la particularité de ne contenir
aucune substance métallique. En revanche, sa qualité était si belle que ses pierres
étaient très recherchées : elles furent notamment utilisées pour construire la
cathédrale Saint Jean de Lyon. C’est le seul village aux pierres blanches au pays des pierres dorées !
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Recette juillet 2007
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Courgettes farcies
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Cooking SOS!
Si vous avez des problèmes pour préparer cette recette, envoyez un email à
Chef@FranceMonthly.com
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La Tour du Babouin
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Chazay sur Azergue est un de ces petits villages charmants de la région des pierres dorées
au passé mouvementé. Trois murailles de protection ne suffirent pas toujours à
protéger la ville des pillards et des invasions anglaises et bourguignonnes.
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La Tour du Baboin à Chazay
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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De ces forteresses d'autrefois il reste une porte devenue célèbre, la porte du Babouin.
Un jour de septembre 1365, la femme et la fille du Vicomte de Châtillon, parti guerroyer,
sont seules au château lorsque celui-ci est la proie des flammes. Heureusement, c'est la
fête des vendanges et de nombreux saltimbanques animent les rues. Parmi eux, il en est un
que l'on surnomme le babouin car il est agile comme un singe. L'homme se précipite et
sauve femme et enfant. En remerciement, le vicomte en fit son écuyer et une statue de bois
à son effigie fut élevée au-dessus de l'une des portes. Mais les intempéries
et le temps eurent raison de cette statue et, en 1839, il fallut envisager de l’enlever. Des magistrats
de la ville furent chargés de se rendre à Lyon afin de trouver une autre statue qui remplacerait
dignement la première. La légende raconte que le voyage des édiles chargés de cette
mission fut particulièrement arrosé, tant et si bien que faute d'argent ou de clarté d'esprit
(l'histoire manque de précision à ce sujet), ils revinrent effectivement avec une statue, mais celle
d'un centurion romain!
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La Tour Chappe
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Si les Indiens utilisaient la fumée, et les Africains le tam-tam, en France aussi,
un moyen de communication fut élaboré. Au lendemain de la Révolution, le savant
Claude Chappe met au point un système certes rudimentaire, mais redoutablement efficace :
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La Tour Chappe
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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trois branches mobiles, supportées par un mât perché en haut d'une tour et
actionnées au moyen de cordes par un homme se trouvant à l'intérieur de la
tour, permettaient de créer des angles droits, aigus ou obtus. Chaque positionnement
correspondait à un code répertorié sur une liste de mots. Dans une autre tour,
située à six ou huit kilomètres de là, un autre stationnaire guettait
avec des jumelles et reproduisait les mêmes angles, transmettant donc les mêmes signaux.
Ces messages à usage militaire étaient bien entendu secrets. Lorsque le temps était
couvert, il fallait attendre une éclaircie, mais lorsque les conditions étaient optimales,
quarante-cinq minutes suffisaient pour envoyer un message de Marseille à Paris, là où
quatre à huit jours eurent été nécessaires à un cheval de poste ;
et encore eût-il fallu que les conditions météorologiques soient bonnes pour voyager
et que le missionnaire ne rencontrât point de brigands sur la route. En 1899, 535 stations avaient
été créées, couvrant une superficie de cinq mille kilomètres sur la
France entière! Aujourd'hui, l'un des rares specimen de cette tour-télégraphe du
passé encore en état de fonctionnement se trouve à Marcy.
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La légende de la Dame Blanche
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C’est un peu à contre cœur que Melchior de Mornieu consent à l’union de sa filleule
Claire et de son fils Gaspard, aux alentours de 1668. Mais les jeunes gens s’aiment et de cette
idylle un premier enfant illégitime est déjà né, alors il faut
réparer et vite!
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Le Château de Montmelas
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Une fois marié, le couple s’installe au château de Prosny (en contrebas du village d’Oingt),
et la naissance de leur deuxième fils vient consolider leur amour. Mais le bonheur est de courte
durée car Gaspard, appelé au service de Louis XIV, part faire la guerre aux Hollandais. Les
époux se séparent dans la douleur, se promettant patience et amour éternel. Mais la
solitude est pesante pour la jeune femme désespérée. Elle sèche peu à
peu ses larmes et trouve réconfort dans les bras d’un palefrenier. De cette relation nait une petite
fille. L’amant juge plus prudent de disparaître, l’époux malheureux revient et découvre
la trahison de sa bien-aimée. La jeune femme est enfermée dans un couvent pour une durée
de deux ans, période au cours de laquelle le mari peut choisir de reprendre son épouse
infidèle ou la condamner à porter l’habit de religieuse jusqu’à la fin de sa vie. La
jeune femme est si repentante que Gaspard choisit de pardonner et ils reprennent la vie commune avec leurs deux
fils, la petite fille n’ayant pas survécu, au château de la Garde à Saint Vérand. Mais
Claire passe le reste de sa vie dans le remords et la mortification. La légende raconte que vêtu de
son suaire blanc, son fantôme hanta longtemps le château de Courbeville, lieu où elle vit le
jour, poussant des hurlements de douleur près de la chapelle du château de Prosny et éteignant
d’un souffle mystérieux les bougies de ceux qui s’approchaient du château de la Garde.
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Le château de Montmelas |
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Chaque détour de ces petites routes du Beaujolais révèle un ravissant petit village
avec son église, son moulin, son lavoir d’antan... Puis soudain, à la frontière de
cette région des pierres dorées, apparaît au sommet d’un rocher un édifice
semblant sortir tout droit d’un conte de fée : le château de Montmelas. La forteresse se
révèle massive et élégante à la fois, avec son donjon, ses tours, ses
poivrières et ses mâchicoulis. Place forte des seigneurs de Beaujeu depuis le Xème
siècle, elle devint ensuite propriété des Bourbons lorsqu’en 1409, Edouard II leur
cèda le Beaujolais (voir la précédente lettre). Puis le château passa de mains
en mains au fil des décennies, jusqu’au jour où, vendu aux enchères par le Duc de Nevers
et la Princesse de Clèves, criblés de dettes, Jehan Arod en fit l’acquisition, en 1566. C’est
ainsi que depuis près de cinq siècles, ce château, transmis traditionnellement de
mère en fille, appartient toujours à la mâme famille. La position stratégique
de la citadelle fait que les seuls ennemis véritablement dangereux au fil de l’histoire mouvementée
de notre beau pays furent les révolutionnaires de 1789. Seul le donjon –reconstruit au XIXème-
ne résista pas à leur attaque car, tandis qu’un groupe de villageois partit à Lyon pour
libérer leur seigneur emprisonné, les autres défendirent avec force le château
qu’ils considéraient comme le leur, tant le seigneur Gaspard Arod de Montmelas était proche et
apprécié des habitants du village. Aujourd’hui encore, la famille qui habite le château est,
à juste titre, très fière de cet héritage et vous propose une visite passionnante
des lieux ainsi qu’une dégustation fort appréciable des vins qu’elle produit. A ne surtout pas
manquer lors de votre passage !
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Villefranche-sur-Saône
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Voilà, votre petit détour est terminé, vous allez poursuivre votre chemin et
peut-être reprendre l'autoroute à Villefranche vers Lyon ou la Provence. Mais il faut
savoir que la ville doit son nom à un certain nombre de privilèges, accordés en
1140 à une population qui ne tenait pas vraiment à s'y installer.
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Chanes, paysage typique du Beaujolais
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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En effet, pour lutter contre ses ennemis héréditaires, les puissants archevêques
de Lyon, qui ne cessent d'étendre leur territoire et donc leur pouvoir, Humbert III de Beaujeu
décide de fonder une cité en val de Saône. Mais le lieu choisi est marécageux
et insalubre : les candidats à l'installation ne se bousculent donc pas. Pour encourager les
récalcitrants, une première charte est signée, leur accordant des privilèges,
comme les exonérations d'impôt, et promettant même la liberté aux serfs en fuite
qui viendraient s'y installer. De toutes ces généreuses "franchises" naît le nom de
"Ville Franche". Quatre siècles plus tard, Anne de Beaujeu voulant donner une dimension politique
à cette capitale économique, y fit transférer les rouages du pouvoir administratif.
Villefranche supplanta définitivement Beaujeu et devint la capitale de la région en 1532.
S'il vous reste un peu de temps, n'hésitez pas, arrêtez-vous à Villefranche.
Derrière les façades de ce qui semble être une longue rue commerciale banale se cachent de
véritables trésors architecturaux, témoins d'un riche passé : il suffit de
pousser quelques portes!
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Invitation au voyage... |
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Grâce à ces lettres, nous espérons être parvenus à susciter en vous
l’envie de parcourir les monts du Beaujolais, car la région vaut vraiment la peine d'aller
à sa rencontre. Si Beaujeu peut être le point de départ de la découverte
du Beaujolais rouge, celui de la vigne, le charmant petit village d'Anse constitue sans nul doute le
point d’orgue de cette merveilleuse région des pierres dorées. Au-delà des
paysages verdoyants et des panoramas époustouflants, une trentaine de villages vous attendent
pour vous raconter leur histoire. Certains reflètent l’image d’endroits paisibles où la
vie s’écoule comme un long fleuve tranquille, tandis que les vestiges des autres vous apporteront
le témoignage d’un passé tumultueux, comportant son lot de destructions et de souffrances.
De toute évidence, vous apprécierez le calme et l’authenticité de cette région
où le tourisme est encore très peu développé. Pour vous aider dans cette
découverte, nous vous recommandons de contacter l’office de tourisme de Beaujeu pour la partie Nord
du Beaujolais et ses vignobles (ot – at -beaujeu.com), celui d’Anse pour la région des Pierres
Dorées (contact – at - tourismepierresdorees.com), ainsi que l’Association « Destination Beaujolais »
(cgrison – at -beaujolais.com), trois organismes extrêmement dynamiques. Amoureux de leur région,
les membres ne manqueront pas de vous faire partager leur enthousiasme et se feront un plaisir de vous aider
à organiser votre visite.
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