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onjour ! Nous avons choisi de
poursuivre notre route plus au sud et de faire une halte dans une ville de Provence au charme
incontesté et dont la vie est rythmée par le chant des cigales et l’ardeur du soleil. Une ville où
l'histoire et les arts se côtoient en parfaite harmonie : Avignon !
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Avignon : capitale du monde chrétien
Le rocher d’Avignon semble avoir été habité depuis la nuit des temps. Situé
au confluent du Rhône et de la Durance, la situation exceptionnelle
de la ville en fait un refuge naturel, facile à défendre et idéal pour les échanges
commerciaux. Avignon devient donc très vite une cité prospère jouissant d’une large autonomie.
Au XIVème siècle, elle appartient alors au Comte de Provence, Charles II d’Anjou, roi de Naples et
fidèle vassal de l’Eglise de Rome. Le Comtat Venaissin tout proche est, depuis le XIIIème
siècle, propriété pontificale. De plus la ville jouit d’une stabilité et d’une paix
profonde. Alors qu’à Rome, les factions rivales se déchirent et empêchent les papes de gouverner ;
qu’en Italie, les villes et les petits états féodaux sont en conflits perpétuels, Avignon
apparaît comme la ville rêvée pour accueillir les futurs papes. Sept papes vont ainsi se succéder
et faire d’Avignon la capitale du monde chrétien pendant un siècle.
Deux papes en exil
Clément V fut le premier pape, choisi pour ses qualités de diplomate, à s'installer
à Avignon. On espérait que, grâce à ses talents de médiateur,
il parviendrait à améliorer les relations entre Philipe le Bel, roi de France et le roi d’Angleterre.
L'Eglise espérait avant tout les unir pour entreprendre une nouvelle croisade en Orient, grand rêve
caressé par la papauté du XIVème. Si la situation difficile en Italie amène le pape
à s’installer à Avignon, il ne se considère pas
moins en exil et n’aspire qu’à retourner à Rome. C’est pour cette raison qu’il n’entreprendra
pas de grands travaux et ne transformera pas vraiment la ville. Jean XXII lui succèdera après
environ deux ans de pourparlers tant les désaccords étaient nombreux entre les cardinaux. Il est
choisi pour son grand âge : on pensait bien que son pontificat ne
durerait pas. En fait, contre toute attente, il régna pendant dix huit ans. Bien qu’aspirant, lui aussi,
à un retour prochain à Rome, il choisit la ville d’Avignon sans difficulté, y ayant
été évêque quelques années auparavant. Son règne fut important pour l'Eglise,
notamment grâce à sa reforme de la "fiscalité pontificale" car il accumula un trésor
considérable qui allait permettre à son successeur de bâtir la première partie du
palais pontifical que nous connaissons aujourd’hui : "le Vieux Palais".
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Salade Fraîche |
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Deux papes diamétralement opposés
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Dès son couronnement, bien que
favorable à un retour à Rome, mais conscient des difficultés, Benoît XII décide
d'installer durablement son pontificat à Avignon. Fidèle cistercien (voir
la newsletter sur la Bourgogne), il veut lutter contre les excès de l’église et ramener les ordres
religieux à leurs objectifs d’origine revendiquant les voeux de pauvreté et de sobriété. Par conséquent,
il fait bâtir un immense édifice, plus proche d’un couvent forteresse que d’un palais. Il faut effectivement
se protéger car si la situation géographique d’Avignon a favorisé son essor, toutes les
richesses accumulées en font une cité très convoitée et régulièrement en
proie aux pillages. Ce monument très sobre, de style roman, à l’image même de son bâtisseur
répond parfaitement à cet objectif puisqu’il est littéralement inviolable.
Si ces trois premiers papes sont issus de famille modeste, il n’en est pas de même pour le suivant. En effet, Clément
VI est issu d’une famille noble et il veut que cela se sache et que cela se voit. Il fit construire la deuxième partie
du Palais, de style gothique, beaucoup plus raffiné, dit le " Palais Neuf " et y organisa de grandes
réceptions où les plus grands de ce monde furent conviés, où artistes, hommes de lettres et
savants se côtoyèrent. Malgré son goût du luxe et les dépenses liées à
la guerre d’Italie qui ruinèrent le trésor pontifical, Clément VI fut très admiré
de ses contemporains et son époque aura probablement marqué l’apogée de la papauté avignonnaise.
Malheureusement, son pontificat fut également tristement endeuillé pas la terrible peste noire de 1348 qui
décima près des deux tiers de la population d‘Avignon et des environs.
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Un couronnement luxueux |
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A Avignon s'opposaient
deux mondes... un monde de misère, d'épidémies
fréquentes dont celle de peste noire venue de Chine et terriblement tragique. Elle fut probablement
propagée par le manque d’hygiène car les rues non pavées était souillées
par les eaux sales et les immondices... et un monde de luxe dans lequel vivaient
ce pape et sa cour. Ainsi les réceptions les plus somptueuses se succédaient, des banquets
pantagruéliques entrecoupés de spectacles, tournois et danses s’y déroulaient.
Par exemple, si l'on n’a pas retrouvé de document décrivant le menu prévu pour le
couronnement de Clément VI, on connaît la liste des denrées achetées
pour l’événement : 118 boeufs, 1 023 moutons, 101 veaux,
914 chevreaux, 60 porcs, 69 quintaux de lard, 1 500 chapons, 3 043 poules, 7 428 poulets, 1 195 oies,
50 000 tartes, 6 quintaux d’amandes , 2 quintaux de sucre ; 39 980 œufs, 95 000 pains de 9 onces, etc.
Il faut savoir que lors de tels banquets, seul le pape disposait de sa vaisselle personnelle et de
couverts d’or aux manches d’ivoire. Les convives, eux, exclusivement masculins, étaient toutefois
bienheureux de partager assiettes et gobelets pour déguster ces savoureux festins mais avec leurs doigts!
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Le grand schisme |
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Innocent VI fit terminer les travaux du
palais pontifical et fit édifier une nouvelle enceinte pour protéger la cité. Lui
succédant, Urbain V tenta en vain de rétablir le pontificat à Rome. C'est Grégoire XI qui
y parvint et qu'y ramena la cour pontificale à Rome en 1367. Mais la fin de son règne fut marquée
par une période de troubles et de tensions importantes au sein de l’Eglise catholique. Deux clans se
distinguèrent soutenant respectivement Rome et Avignon. A la mort de Grégoire, le conclave de 1378
élut un archevêque italien, Urbain VI. Les cardinaux français, fort mécontents,
déclarèrent cette élection nulle et nommèrent un nouveau pontife, Clément VII,
qui fixa de nouveau sa résidence à Avignon. Il fut qualifié d’anti-pape
et le monde chrétien se divisa. S’excommuniant mutuellement, pape et anti-pape mirent tout en oeuvre
pour se détruire. Seuls le Concile de Constance de 1414 et l’élection de Martin V apportèrent
une solution au problème mais Avignon perdit alors son titre de capitale de la chrétienté.
Toutefois, jusqu’à la Révolution, Avignon n’en demeura pas moins propriété de Rome
et fut gouvernée par des légats nommés par le Pape. Enfin, le 25 mai 1791 la ville fut
rattachée à la France. De ces siècles de souveraineté papale, la cité a gardé cet immense et fabuleux
palais construit en moins de vingt ans, d’une superficie totale de 15 000 mètres carrés, ces remparts long de cinq kilomètres qui
entourent et protègent la ville, de nombreuses églises et monuments que l’on peut visiter aujourd’hui
avec un grand bonheur.
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La crise du logement |
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Très vite, lorsqu’ils vinrent s’installer à
Avignon, les papes durent faire face à une grave crise du logement.
En effet, au Moyen-Age, la cour pontificale était
la plus importante du monde et le pape était toujours suivi d’une foule de gens
d’affaires, de trafiquants, de plaideurs, de serviteurs, sans compter les cardinaux, eux-mêmes
accompagnés de leur cour personnelle. Loger tout ce monde ne fut pas chose aisée.
Avignon, déjà considérée comme une ville importante avec ses 5 000 habitants, vit
soudainement sa population décupler. On eut donc recours à de nombreuses
expulsions, moyennant indemnisation ou exemption d’impôts. Certains durent s’installer
dans des cabanes construites à la hâte dans les rues de la ville, sur les lices des remparts
ou même dans les cimetières. Devant la demande, les propriétaires exigèrent des loyers
exorbitants et les papes durent quelquefois menacer d’excommunication certains cardinaux
qui refusaient de s’acquitter de leurs loyers.
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Le pont Saint Bénezet |
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Il est impossible d’évoquer Avignon sans mentionner la
charmante légende liée à ce pont rendu célèbre par une chanson connue probablement
dans le monde entier « Sur le Pont d’Avignon... ». Alors qu’un jeune berger gardait ses moutons, il entendit
une voix qui lui ordonna d’aller à Avignon et d’y construire un pont qui traverserait le
Rhône. En chemin, le jeune pâtre rencontra un ange qui le conduisit chez l’évêque d’Avignon.
Pour convaincre ce dernier, fort sceptique de la nature divine de sa mission, le jeune homme pourtant
chétif parvint miraculeusement à soulever une pierre que seuls trente hommes auraient pu soulever
et la déposa sur la rive du fleuve. La foule rassemblée fut émerveillée par l’exploit
et il fut décidé que le pont serait construit. Plus de 5 000 écus d’or furent réunis
et un pont composé de 22 arches, d'une longueur de 900 mètres fut érigé pour relier,
moyennant péage, Avignon à l’autre rive, située en royaume de
France. Malheureusement le pont fut détruit aux trois-quarts par Louis VII lors du siège d’Avignon.
Reconstruit, il souffrit par la suite des crues violentes du Rhône et l’on renonça à son
entretien bien trop coûteux. Selon la tradition locale, il y aurait eu, sur une arche du
pont en ruine, une guinguette dont le bal très fréquenté serait à l’origine de la
célèbre chanson.
Mais contrairement aux paroles, si l’on a bel et bien dansé, c’est SOUS le pont et non SUR le pont :
"Sur le pont d’Avignon, on y danse, on y danse ; sur le pont d’Avignon, on y danse tous en rond..."
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Invitation au voyage
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« La plus belle et la plus forte maison du monde »,
telle est la façon dont Froissard (poète du XIVème) décrivait le Palais des
Pape. Il est certain que ce magnifique ensemble architectural adossé au rocher
des Doms et classé patrimoine de l’humanité par l’UNESCO, offre au visiteur un
spectacle grandiose et sans commune mesure. Nous vous conseillons une visite guidée du Palais des Papes dont vous
trouverez facilement les horaires, sur place. Centre culturel et artistique
important, Avignon offre un large choix de musées et de spectacles riches et
variés. Si vous avez la chance de vous trouver à Avignon en juillet et
août au moment du festival : saltimbanques, artistes de rues, musiciens se
côtoient en parfaite harmonie ; représentations magiques et intemporelles sont
données, notamment dans la cour du Palais de Pape. Une telle ambiance est à ne manquer
à aucun prix ! Lors de votre passage dans la région, n'oubliez pas également de visiter deux autres
merveilles : le pont du Gard (28 kilomètres au sud-est d'Avignon) et la ville de
Vaison la Romaine (50 kilomètres au nord-est d'Avignon) ! |
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