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onjour!
ce mois-ci nous avons choisi de vous emmener au cœur de la Provence et de vous faire visiter
une ville charmante située à 35 kilomètres au Nord de Marseille : Aix
en Provence. Réputée pour ses eaux thermales, Aix est aussi une ville d'ambiance
aux couleurs chaudes où il fait de toute évidence bon vivre. Lorsque l'on est
simplement de passage, il fait bon y flâner et partir à la découverte de
la multitude de trésors architecturaux qu'elle recèle.
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Des eaux bienfaisantes
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Depuis les temps les plus reculés, comme de nombreuses villes de Provence, Aix
a été frappée par les aléas de l'histoire : invasions barbares,
guerres impitoyables, épidémies dévastatrices. Mais dès
l'Antiquité la ville d'origine, située alors un peu plus au nord du site
actuel, c'est à dire à quelques lieues de la Montagne Sainte Victoire, a
su tirer profit des sources d'eaux chaudes et froides auprès desquelles les
premiers habitants s'étaient installés.
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La Fontaine de la Rotonde
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Les premiers peuples gaulois, les Salyens, avaient la certitude que ses eaux permettaient
aux femmes de donner naissance aux enfants les plus beaux et les plus forts de la terre.
Lorsqu'en l'an 123 avant J.C., Sextius Calvinus, consul romain venu prêter main forte
aux Marseillais avec lesquels les Salyens étaient en conflit permanent, vint à
bout de ces impénitents gaulois, c'est sur ces lieux mêmes qu'il fit établir
une garnison romaine et fonda la ville d'Aix. Pendant toute l'époque gallo-romaine la
cité jouit d'une excellente réputation de station thermale et connut un essor
considérable. Les invasions barbares vinrent à plusieurs reprises au fil des
siècles perturber un destin pourtant prometteur. En 960, les Sarrasins envahirent une
nouvelle fois la Provence mais ce fut aussi la dernière car les Comtes de Provence,
conscients de la menace qui pesait sur leurs biens, s'organisèrent enfin pour lutter
avec efficacité contre ces barbares et les repoussèrent à tout jamais
avec succès. A l'aube du Moyen Age, Aix renaissait de ses cendres et une nouvelle
cité se développait autour de sa cathédrale.
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Le "bon roi René"
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Lorsque le roi René s'installa dans son palais comtal à Aix, il avait de
grands projets d'urbanisme pour cette ville qu'il affectionnait particulièrement.
Aix était déjà une ville universitaire importante peuplée
d'érudits et de lettrés. On y étudiait le droit, la théologie
et la médecine. Il y ajouta une touche de poésie, faisant venir des artistes,
des écrivains, et aussi des peintres et des sculpteurs flamands et italiens qui
contribuèrent notamment à l'embellissement du Palais Comtal et achevèrent
la construction de la cathédrale. Le roi René était aimé des
Aixois car sous son règne, la prospérité de la ville ne cessa de croitre.
Néanmoins, lorsqu'il mourut le 10 juillet 1480, les habitants furent consternés
d'apprendre que leur roi avait légué la Provence à son neveu Charles III
dont le propre héritier n'était autre que Louis XI, roi de France. Ainsi lorsque
Charles perdit lui aussi la vie deux ans plus tard, la Provence fut de fait, au grand
désespoir des habitants, rattachée au royaume de France. Néanmoins, les
Aixois conservèrent un certain nombre de leurs franchises. Mais, lorsque vingt ans plus
tard, la ville se dota d'un Parlement, la blessure n'était pas encore tout-à-fait
refermée, et à compter de ce jour les magistrats de cette prestigieuse cours de
justice n'eurent de cesse de défendre les privilèges provençaux face à
la politique centralisatrice des rois de France.
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Recette juin 2008
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Tarte à la tomate
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Cooking SOS!
Si vous avez des problèmes pour préparer cette recette, envoyez un email à
Chef@FranceMonthly.com
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Un cours à carrosses
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On est au milieu du XVIIème lorsque les notables de la ville, membres du prestigieux parlement,
décidèrent le percement d'une avenue qui relierait le quartier Mazarin au sud de la ville
à la ville comtale située plus au nord. Ils voulaient une voie nouvelle digne de la
capitale de la Provence qu'était Aix à l'époque. Pour cela, ils définirent
des règles d'urbanisme strictes n'autorisant notamment que la construction d'hôtels
particuliers. Cette jolie avenue bordée d'ormes serait réservée aux nobles exclusivement.
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Le Cours Mirabeau
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Parés de leurs plus beaux atours, ils pourraient ainsi venir s'y promener pour ne pas dire
parader à une époque où l'on cultivait l'art de paraître. C'est ainsi
qu'en 1730, un pauvre marchand empruntant le cours avec son âne écopa d'une amende
de douze livres pour son insolent méfait. Aucun commerce n’y était autorisé.
Il fallut attendre 1748, soit près d'un siècle pour que la première
dérogation soit obtenue. Le sieur Hugues, limonadier de son état, demanda à
ouvrir un café. Après discussion, le Conseil de la Ville accepta cette requête,
ce qui faillit provoquer une véritable émeute dans le quartier. Le cours d'Orbitelle
devint le cours Mirabeau en 1876.
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L'Hôtel d'Espagnet
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Parmi ces magnifiques demeures qui longent le cours Mirabeau, il en est une qui attire
particulièrement le regard. Elle abrite aujourd'hui le Tribunal de Commerce mais
à l'origine l'hôtel d'Espagnet appartenait à un homme qui avait bâti
sa fortune avec le commerce de la laine, Pierre Maurel.
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L'Hôtel d'Espagnet
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Sa fulgurante ascension sociale ne suffisait pas au riche et ambitieux bourgeois car ce qu'il
désirait plus que tout, c'était un titre de noblesse, mais un vrai. Celui qu'il
obtint lorsqu'il fut nommé Auditeur à la Cour des Comptes ne le satisfit pas
tout-à-fait. Par cette fonction, il faisait désormais partie de la "noblesse de robe",
celle accordée par le roi à ceux qui avait les moyens de se l'offrir. Vendre ce titre aux
plus fortunés permettait en effet au monarque de combler leur ego tout en remplissant les
caisses du royaume. Pierre Maurel voulait faire partie de la "vraie noblesse", celle dont l'origine
perdue dans la nuit des temps était militaire, reconnue pour faits d'armes et bravoure : la
"noblesse d'épée". Il l'obtint grâce à sa troisième épouse,
Diane de Pontevès dont il s'appropria le nom. Pierre Maurel de Pontevès n'avait plus
désormais qu'à acquérir une demeure princière digne de son nouveau rang.
C'est ainsi qu'il fit construire ce magnifique hôtel particulier dont il fit orner la
façade de deux superbes atlantes soutenant un balcon. Il exigea que ces atlantes soient
les seules de la ville à apparaître ainsi de face. Comme il était très
riche et très influent, on respecta sa demande. C'est ainsi que si sur certaines façades
de la ville on peut admirer de superbes atlantes, on peut également constater qu'elles se
présentent toutes dans une position différente.
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L'Hôtel d'Albertas
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De nombreux hôtels particuliers méritent que l'on s'attarde, ici un mascaron
particulièrement expressif, là un balcon en fer forgé arborant le blason de
la famille jadis propriétaire, ou encore une porte en noyer magnifiquement sculptée.
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L'Hôtel d'Albertas
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Et si l'on pousse cette porte il est probable que l'on puisse admirer à l'intérieur
des trésors architecturaux et picturaux de toute beauté. Il est une autre demeure
que l'on découvre en flânant dans les rues de la ville et dont l'histoire mérite
d'être contée : l'Hôtel d'Albertas. 1745, on est à une époque qui
met en valeur celui qui possède le plus bel, le plus imposant, le plus riche hôtel
particulier de la ville. Le Marquis Henri-Rainaud d'Albertas fait partie de ces notables
extrêmement influents de la région. Les membres de sa famille sont au Parlement
depuis sept générations. Ce puissant magistrat fait construire un magnifique hôtel
particulier rue Espariat. Il déplore toutefois que les maisons situées de l'autre
côté de la rue obstruent la vue de ses fenêtres. Après vingt années
de tractations il parvient à les racheter et les fait démolir. Sans plus attendre il y
fait construire une place en forme de demi-cercle. C'est désormais face à ses fenêtres
une véritable scène de théâtre de plein air qui s'offre à sa vue et
sur laquelle il fera donner des représentations dont il pourra jouir de son balcon.
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La ville aux cent fontaines |
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Aix est une ville d'eau et les nombreuses fontaines qui trônent sur les petites places
ombragées ou déversent leur eau bienfaisante au détour d'une ruelle
charmante en sont le merveilleux témoin. C'est ainsi que la "Fontaine des Quatre-Dauphins",
comme mise en scène au centre de la petite place sur laquelle elle se dresse, vient rappeler
qu'au milieu du XVIIème siècle les fontaines ne remplissaient plus seulement un rôle
utilitaire en étant discrètement adossées contre un mur. Elles pouvaient
désormais être érigées au centre d'une place et devenir ainsi un
véritable élément du décor urbain. La "Fontaine des Neuf Canons" sur le
Cours Mirabeau, construite en 1691 servait d'abreuvoir pour les troupeaux en transhumance selon une
servitude due à la ville d'Arles. La "Fontaine Moussue" est plus ancienne encore. Lorsqu'elle
fut érigée en 1667, la vasque supérieure était soutenue par quatre angelots.
Elle l'est toujours mais un phénomène de calcification a fait que les angelots ont disparu.
L'hiver on peut voir la vapeur s'échapper car l'eau qui se déverse à la
particularité d'être tiède. La mousse enrobe la fontaine un peu plus chaque année.
Enfin la gigantesque "Fontaine de la Rotonde" érigée en 1860 pour marquer l'entrée principale
de la ville. Douze superbes lions semblent protéger les trois statues qui représentent de
façon allégorique les trois villes principales de Provence : Aix, Marseille et Avignon. Le
centre historique compte vingt sept fontaines, nul doute que chacune a une histoire à raconter.
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L'atelier de Cézanne
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En passant devant le collège Mignet, on apprend que c'est dans la cour de récréation
qu'une profonde amitié est née entre deux très grands artistes, l'écrivain
Emile Zola et le peintre Paul Cézanne.
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La montagne Sainte Victoire
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Emile Zola est fils d'immigré italien. Son allure, son fort accent font du collégien
la tête de turc de ses camarades de classe. Paul Cézanne prend sa défense. Les
années passent, le premier à une revanche à prendre sur la vie, il monte à
Paris et invite son ami à le rejoindre. Paul Cézanne, issu d'une famille bourgeoise
aisée, est un solitaire et la vie parisienne ne lui réussit pas, il revient toujours
dans la bastide familiale, le Jas de Bouffan. En novembre 1901, il fait l'acquisition d'une petite
propriété de campagne (sur les hauteurs de la ville aujourd'hui). La demeure offre
selon lui le plus haut et le plus beau point de vue sur la montagne Sainte Victoire qui le fascine
et dont il peindra quarante quatre huiles. De plus, il a en tête un immense tableau aujourd'hui
célèbre et pour lequel il lui faut beaucoup d'espace, "les baigneuses". Il aménage
l'endroit qu'il veut entièrement dévolu à sa peinture décidant de tout dans
les moindres détails, l'exposition Nord/Sud, la couleur des murs, jusqu'au parquet. Il ne veut
pas de couleurs trop vives pour ne pas interférer avec ses peintures. Il y viendra chaque jour
dès les premières heures du matin jusqu'au soir ceci jusqu'à la fin de sa vie,
quatre ans plus tard. Aujourd'hui grâce à l'initiative de deux jeunes étudiants
américains en histoire de l'art, James Lord et John Rewald qui après avoir racheté
la propriété l'on offerte à la ville, on peut visiter ce lieu mythique. Tout est en
place comme autrefois, il semble que Cézanne peut entrer à tout instant et se mettre au travail.
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Invitation au voyage... |
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Aix est une très jolie ville de Provence. Impossible de définir ce qui fait
vraiment son charme. Le plaisir que l'on ressent en arpentant les rues provient peut-être
du reflet ocre et chaud des demeures construites en pierre de Bibémus, la pierre du pays ?
Peut-être cela provient-il des fontaines que l'on croise sur le chemin et qui fleurent si
bon la Provence ? Au début du XIXème lorsque la Révolution Industrielle
bouleverse le monde, la petite ville d'Aix se plait à croire qu'il s'agit là d'un
simple phénomène de mode et qu'il sera éphémère. La "belle
endormie" ne change rien. Alors, dans l'univers moderne qu'est le nôtre aujourd'hui,
peut-être n'est-on pas insensible à ce charme d'antan ? Chaque quartier, chaque
coin de rue recèle un trésor d'architecture, dévoile une charmante histoire
d'amour ou révèle la vanité d'une riche notable. Et puis il y a tant de choses
à voir encore, la Cathédrale Saint Sauveur mélange de style roman et gothique
car elle n'a jamais été détruite mais agrandie au fil des siècles ;
la Place de l'Hôtel de Ville et sa magnifique Halle aux Grains qui remonte au temps où
le blé était soumis à une taxe. La Tour de l'Horloge, le plus ancien monument
de la ville (1510), une des portes de la ville au Moyen Age avec son horloge astronomique et son
clocher en fer forgé pour que le mistral puisse s'y engouffrer et repartir comme il est venu.
Et puis enfin, la Place Richelm et son marché ; car la Provence c'est aussi cela : le
marché avec ses couleurs chatoyantes et ses odeurs entêtantes. Autrefois les paysans y
étalaient leurs légumes sur des bancs pour les vendre. Un de ces bancs était
appelé le "banc du roi" car la légende raconte que lorsque les rois de Naples
perdirent leur royaume, ils étaient devenus si pauvres qu'ils devaient venir vendre les
légumes en provenance de leur jardin comme de simples maraîchers. Aix c'est tout
cela à la fois : une ville où l'on cultive aujourd'hui l'art de vivre d'autrefois !
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