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onjour!
Bonjour, ce mois-ci nous avons décidé de dédier notre lettre à un port mythique
de la Côte d’azur, situé au sud-est de la France, au bord de la Méditerranée :
Saint-Tropez. Mais nous avons opté pour une visite quelque peu atypique, en vous faisant découvrir
le village authentique, celui d’avant la célébrité : un petit port de pêche
séduisant et inattendu, particulièrement attaché à ses traditions.
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Un village atypique
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Saint-Tropez se situe aux portes du Massif des Maures, l'une des régions les plus boisées
de France (après les Landes). En provençal, « maures » signifie « bois sombre ». En effet,
d’immenses forêts de pins, de chênes et de châtaigniers recouvrent cette magnifique
région qu’il faut absolument découvrir (à éviter toutefois en juillet et
en août), avant de franchir les portes de ce village.
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Le clocher de Saint-Tropez
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Cinq millions de visiteurs par an, cinquante mille habitants en été et cinq mille
âmes en hiver jouissent d’une qualité de vie exceptionnelle dans ce petit village.
Passage obligé des célébrités et des plus grandes fortunes de ce monde,
derrière les strass et les paillettes, Saint-Tropez n’en demeure pas moins un lieu authentique,
un petit port de pêche dans lequel il fait bon s’attarder pour y découvrir, au détour
des charmantes ruelles ou du haut de la citadelle du XVIème siècle, toute la richesse de
son patrimoine, de son histoire et de ses traditions, auxquelles les habitants restent extrêmement
attachés. En un mot, pour y découvrir son charme infini.
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Caillus Silvius Torpetius
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Caillus Silvius Torpetius, né en Toscane, devient officier de l’empereur Néron au
premier siècle après Jésus Christ. En sa qualité d’Intendant de la
maison impériale, il organise et assiste aux festivités. Mais il exècre ces
festins et soirées galantes, apanage d’une aristocratie romaine en pleine décadence,
et ne reste pas insensible au message des deux apôtres Paul et Pierre, qui annoncent la fin
prochaine du monde païen. Le jour de l’inauguration du Temple de Diane, une cérémonie
en grande pompe est organisée. C’est alors que Torpès s’avance vers Néron et
déclame sa nouvelle foi chrétienne et son mépris pour les Dieux païens. Fou de rage,
l’empereur ordonne que le mécréant soit arrêté sur le champ. Emprisonné,
torturé, ce dernier refuse pourtant d’abjurer sa foi. Il est alors jeté dans l’arène
et livré aux lions. Mais, contre toute attente, les fauves se désintéressent totalement
de leur proie. L’empereur condamne alors le prisonnier à être décapité. L’ordre
est exécuté et le corps sans tête déposé sur une vieille barque toute
rouillée et délabrée. Un coq et un chien, symbôles de l’outrage fait à
l’empereur, accompagnent le martyre. Pourtant la vieille embarcation ne coule pas, mais dérive
lentement vers l’ouest et finit par s’échouer sur une plage déserte. Les premiers
chrétiens recueillent le corps et en font leur Saint Patron. Caillus Silvius Torpetius est mort,
mais Saint Torpès (futur St Tropez) est né et donnera son nom au village au Vème
siècle. Le chien disparut en mer, mais la légende raconte que le coq s’envola sur une rive
à quelques kilomètres de là, et donna son nom au petit village de « Cogolin ».
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Recette juin 2007
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Gâteau aux pêches
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Cooking SOS!
Si vous avez des problèmes pour préparer cette recette, envoyez un email à
Chef@FranceMonthly.com
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Les Invasions Sarrasines
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La région ne sera pas épargnée par les invasions barbares qui ravagèrent
la Gaule pendant des siècles. De mémoire de Tropéziens, les envahisseurs les
plus féroces furent les Sarrasins. Venus d’Afrique du Nord à partir de l’an 732,
ils ravagèrent tout le littoral depuis Antibes, situé à l’extrême sud-est,
jusqu’à Arles en remontant vers le nord, faisant preuve d’une cruauté rarement égalée.
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Le petit port de Saint-Tropez
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Après avoir tout détruit sur leur passage, assassiné ou enlevé les
habitants pour en faire des esclaves, ils transformèrent le petit port de pêche en
un port fortifié, capable dorénavant d’accueillir une flotte toute entière,
leur objectif étant de poursuivre leurs méfaits jusqu’en Italie. Leur tâche
est malheureusement facilitée par la passivité des comtes de Provence, plus enclins
à se déchirer entre eux qu’à protéger leur région en s’unissant
pour lutter contre l’ennemi. C’est ainsi que la domination des Sarrasins va durer plusieurs
siècles. Il faudra attendre que les seigneurs sentent leur propre pouvoir menacé
pour qu’ils se décident enfin à confier la défense du Golfe et du littoral
aux Templiers, avec l’accord du Saint-Siège et de l’empereur.
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Les Templiers
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L’ordre du Temple fut fondé en 1119 pour assurer la défense des seigneurs en route vers
la Terre Sainte. Ces moines-soldats s’enrichirent très vite grâce aux dons généreux
de leurs protégés, tant en monnaie sonnante et trébuchante qu'en domaines et châteaux.
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Les fortifications de Saint-Tropez
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Ainsi, lorsque la Palestine fut reconquise par les musulmans, les Templiers se replièrent
sur leurs possessions européennes et, devenus experts en matière de protection, ils
furent sollicités pour défendre le golfe. Ils édifièrent le long du
littoral de nombreuses forteresses dotées de tours, permettant ainsi de protéger
l’accès au village et de signaler toute approche de l’ennemi. Peu à peu, le village
de Saint-Tropez retrouva une forme de paix,les habitants réinvestissant progressivement les
lieux et redonnant vie au petit port. Malheureusement, l’ordre des Templiers, trop riche et trop
puissant aux yeux du roi Philippe le Bel, fut dissout en 1309, et ses membres condamnés au
bûcher. Avec la disparition de ses protecteurs, le littoral redevint la proie des barbares.
Les raids des Sarrasins reprirent de plus belle et se multiplièrent, mettant la région
à feu et à sang pendant encore de nombreuses années, provoquant la fuite d’une
population impuissante et une nouvelle fois abandonnée.
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L’Acte d’Habitation
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Vers 1400, Saint-Tropez est officiellement déclarée inhabitée. Les massacres et
la peste ont fait des ravages, les survivants ont fui ; le littoral semble maudit à tout jamais.
Jean de Cossa, Baron de Grimaud et grand sénéchal de Provence, a bien compris que
l’unique moyen de faire fuir les pirates était de restaurer les lieux avec l’aide de la population.
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Petite rue typique de St Tropez
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Il trouve en Raphaël de Garesio, gentilhomme génois, l'administrateur et le chef militaire
qu'il faut pour redonner vie au village. Le 14 février 1470, Raphaël de Garesio débarque
avec vingt-deux hommes. Simples paysans ou marins, ils ont quitté la Riviera de Gênes
surpeuplée, prêts à se lancer dans cette nouvelle aventure avec leur seigneur, en
qui ils ont une confiance totale. Bien que la plupart ne sachent ni lire ni écrire, ils signent une
charte dans laquelle ils s’engagent, pour les dix ans à venir, à reconstruire le village.
En échange, un certain nombre de privilèges leur sont accordés, dont l’exemption de taxes
et l’autorisation de porter des armes, privilège qui était jusqu’alors uniquement accordé
aux seigneurs. Leur devise est « AD USQUE FIDELIS » : « fidèles jusqu’au bout ». Une décennie
plus tard, la promesse a été tenue. Une muraille dotée de tours, surveillant tant la mer
que l’intérieur des terres, protège les nouvelles maisons. Une soixantaine de familles constitue
la nouvelle communauté lorsque, le 19 juillet 1479, le nouvel acte d’habitation est signé :
« la Charte de Renaissance de Saint-Tropez ».
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La Citadelle |
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Le véritable essor de Saint-Tropez remonte au milieu du XVIème siècle.
La population s’accroît alors considérablement, et le village s’étend bien
au-delà de ses murailles protectrices. Dès 1589, le Gouverneur de Provence
décide la construction d’une citadelle sur la colline des Moulins. Les premières
murailles sont perçues par les Tropéziens comme un obstacle à leur indépendance
si chèrement acquise. En effet, leur courage passé ne leur a-t-il pas permis d’obtenir,
depuis 1564, la permission officielle du roi de France d’élire un Capitaine de ville? Et sous
son commandement, la milice n’a-t-elle pas assuré la défense de la ville avec succès ?
Les habitants adressent donc une requête à Henri IV, lui rappelant leur fidélité
lors des terribles troubles de la Ligue qui ont violemment opposé Protestants et Catholiques. En
contrepartie de son intervention en leur faveur, ils prennent l’engagement solennel de continuer à
défendre leur village. Reconnaissant de la position prise par les Tropéziens et sensible
à leurs arguments, le roi accède à leur demande et ordonne la destruction pure
et simple de la forteresse. Mais à une époque où finalement la Provence est très
éloignée de la Cour, le Gouverneur de Provence passe outre l’ordre royal et fait signer
devant notaire le contrat de construction du « donjon ». Alarmé, le conseil municipal de Saint-Tropez
tente un dernier recours auprès du roi, mais en vain : celui-ci a d’autres préoccupations
en tête car la guerre avec l’Espagne gronde. Et en 1607, le donjon domine la colline, comme un
affront fait aux tropéziens, qui ont définitivement perdu la bataille.
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Le Bailli de Suffren
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Suffren arrive tout jeune adolescent à Saint-Tropez et c’est de son port qu’&eagrave; l’âge
de quatorze ans, il embarque sur « Le Solide » comme simple garde. A compter de ce jour, il parcourt
toutes les mers du globe, se faisant remarquer par sa bravoure et son intelligence. Les marins
tropéziens qui l’accompagnent apprécient sa loyauté.
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La statue de Suffren sur le port
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Ambitieux, il n’en demeure pas moins humain ; son charisme force l’admiration, son courage le respect.
Il remporte de nombreuses victoires contre les Anglais, puis les Barbaresques. En guise de reconnaissance,
il est nommé Lieutenant du Roy de la ville de Saint-Tropez en 1775. Nomination plus qu’exceptionnelle
puisque la tradition veut qu’elle revienne de droit à un descendant de la personne en titre. Mais en
lui accordant cette grâce, le roi choisit de récompenser le héros victorieux
apprécié par ses pairs et ses hommes. L’année suivante, il fait partie de la
première escadre envoyée par Louis XVI pour l’Amérique, où il se distingue
une nouvelle fois. Lorsque quelques années plus tard il revient des Indes, les français accueillent
un héros national, les tropéziens célèbrent l’enfant du pays. En 1866, près de
quatre-vingts ans après sa disparition, sa statue est érigée en place d’honneur sur le port,
face à la mer. Le bronze dans lequel elle a été modelée, offert par Napoléon III,
provient des canons pris à l’ennemi anglais. Aujourd’hui encore, c’est face à ce monument que les
yachts les plus luxueux viennent s’amarrer, la place la plus chère et la plus enviée du port !
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Invitation au voyage... |
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Quel bonheur de se promener sur le port ou d'arpenter les ruelles de Saint-Tropez pour celui qui
a fait le choix de l’authenticité! L’écrivain Colette fut l'une des premières
à être séduite par le charme des lieux, en 1925. Elle s’y attacha et y entraîna
d’autres artistes ; de nombreux peintres trouvèrent ainsi l’inspiration dans la lumière du
petit port. Puis les terribles années de guerre firent oublier la sérénité,
la luminosité et la joie de vivre. Mais le 14 août 1944, lorsqu'à 20h30, l'on put entendre
sur les ondes radio « Nancy a un torticolis » et « le chasseur meurt de soif et de faim », les chefs
de la Résistance française comprirent que le bonheur et l'insouciance seraient bientôt de retour.
Saint-Tropez fut la première ville de Provence libérée par les Américains.
Deux ans plus tard le port, miné et détruit par les allemands au lendemain du débarquement,
fut reconstruit à l’identique. Depuis ce jour, il ne cesse d’attirer les célébrités
et les fortunes de ce monde, entraînant dans leur sillage bon nombre d’anonymes qui
veulent eux aussi toucher du doigt une part de ce rêve mythique. Comment se lasser de ces yachts plus luxueux
les uns que les autres, de ces vitrines de magasins dignes des grandes capitales de ce monde, ou plus
simplement de la Place des Lices sur laquelle se tient le marché et où se jouent des parties de
pétanques mémorables entre habitants et vedettes du show-biz? On vient à Saint-Tropez aussi bien
pour être vu que pour voir : c’est ce qui fait aussi le charme de ce village !
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