|
|
onjour !
Nous avons choisi de consacrer notre lettre d'information
à une région sur laquelle une tribu scandinave s’installa au Vème siècle.
La Bourgogne ! L’origine de sa renommée vient d’une source aux pouvoirs guérisseurs
auprès de laquelle, il y a très longtemps, les chevaliers celtiques de l’Est de l'Europe
venaient vénérer leur Dieu Soleil, Bellenus. Etrangement, cette région est
aujourd’hui célèbre grâce à ses nombreux vignobles, certains étant
répertoriés parmi les meilleurs au monde: la Bourgogne !
 |
 |
La Bourgogne : plus qu’une province, presque un état...
Il est impossible d’aborder la
Bourgogne sans évoquer son histoire. Cette région a représenté, en effet, pendant plusieurs siècles,
une grande puissance et un véritable cauchemar pour les rois de France. A partir de son annexion par
les Francs au VIème siècle, et ceci pendant près de mille ans, la Bourgogne a revendiqué une
certaine forme d’indépendance, bien que très liée à la Couronne de France. La Bourgogne a souvent été offerte
en apanage à un fils cadet du roi et elle a toujours joui d’un statut particulier. Dans le domaine fiscal,
par exemple, le duché était préservé des impôts indirects à l’exception de la gabelle - impôt
sur le sel très impopulaire - qui était imposé à tout le Royaume de France. Au XVème siècle, le duc
Philippe le Bon, considéré comme le bâtisseur d’un nouvel état, devient l’un des plus puissants
princes d’Europe. Mécène, il a une cour brillante et fonde l’Ordre de la Toison d’Or,
un ordre de chevalerie créé pour unifier, autour de lui, la noblesse et les divers territoires
bourguignons qui comprennent alors la Belgique et la Hollande. Mais ce n’est qu’en 1477,
lorsque son fils meurt sans laisser d’héritier mâle, que Louis XI parvient à s’emparer de la
Bourgogne ducale et à la rattacher définitivement au Royaume de France.
L’Hôtel-dieu
La terrible guerre de 100 ans
enfin terminée, la paix tant attendue n’amène pas, en Bourgogne, la fin des souffrances de la population.
En effet, des brigands sans vergogne sévissent dans les campagnes, apportant misère
et famine. Désespérés, les paysans supplient leurs seigneurs de leur apporter protection. Nicolas
Rolin, chancelier de Philippe le Bon, et son épouse Guigone de Salin entendent cet appel et décident,
en 1443, la construction d’un hôpital où seront soignés les plus démunis. Huit années seront nécessaires
pour achever ce magnifique édifice, véritable protection contre les bandes armées, adossée aux remparts de la ville.
Rien ne devant être négligé, il est fait appel aux plus grands maîtres-artisans pour la construction et aux plus
grands artistes pour la décoration de ce qui devra être le « Palais des Pauvres ». Le 1er janvier 1452, « l’
Hôtel-dieu » accueille enfin son premier malade et remplira sa mission jusqu’en 1971. Les locaux ont depuis
lors été modernisés et abritent aujourd’hui une maison de retraite où il doit être bon de vieillir en paix.
|
|
| Recette de Juin 2002 |
Iles Flottantes |
|
|
|
SOS en cuisine ! Si vous
avez des problèmes pour préparer cette
recette, adressez un SOS par e-mail à 911@francemonthly.com
|
|
|
|
|
|
Les Hospices de Beaune |
A partir du 29 janvier 1454, le duc de
Bourgogne, Philippe le Bon, autorise les malades à donner, par testament ou de leur vivant, tout ou
partie de leurs biens à l’Hôtel-dieu afin d’en soutenir l’œuvre charitable. C’est ainsi que cet établissement
public de santé se dotera au fil des décennies d’un patrimoine considérable. Grâce aux nombreuses donations,
le domaine des Hospices est aujourd’hui riche de plus de 60 hectares répartis sur trente-neuf grands crus,
presque tous classés parmi les meilleurs. Depuis 1859, une vente aux enchères annuelle se déroule à la bougie,
le troisième dimanche de novembre (à l’exception des années de mauvaises récoltes). L’extinction de la
mèche marque la fin de chaque enchère. Le niveau atteint par les ventes (toujours précédées d’une dégustation)
donne une indication précieuse sur la valeur des millésimes et le produit de la vente est directement affecté à la
modernisation de l’hôpital. C’est la plus grande vente de charité du monde.
|
 |
|
|
Inscrivez-vous à cette lettre d'information
Inscrivez-vous à cette lettre d'information mensuelle.
Chaque mois, vous recevrez gratuitement une nouvelle lettre sur une région de France
et vous re-découvrirez son histoire ainsi que les meilleurs endroits à visiter.
Nous nous engageons à ne jamais vendre votre adresse email.
Cliquez sur l'image ci-dessous pour vous inscrire.
|
|
|
|
Mais où donc se trouve Alésia en France ?
|
|
César,
Vercingétorix et Alésia : trois noms indissociables, une défaite cuisante, en Bourgogne, bien
connue des petits écoliers français. En août 52 avant J.C., le chef
gaulois Vercingétorix est mis en déroute près de Dijon par les légions romaines de César. Il décide de se replier et de
s’enfermer dans une enceinte fortifiée située sur le Mont Auxois à Alésia avec ses 80 000 fantassins et assez
de nourriture pour tenir un siège de trente jours. Il réussit également à faire fuir sa cavalerie afin d’aller chercher
des renforts. L’armée gauloise revient avec pas moins de 240 000 fantassins et 8 000 cavaliers. Malheureusement,
elle arrivera trop tard après 60 jours de siège. A l’intérieur du fort, les hommes sont affamés, près à recourir au
cannibalisme pour survivre. Mal armés et indisciplinés, ils tenteront quelques assauts, en vain, la victoire de
César est presque facile. Vercingétorix ne pourra qu’assister impuissant à la défaite de son armée.
Si les détails de la bataille font l’unanimité auprès des historiens, il n’en est pas de même pour la
situation géographique d’Alésia. Trente sites en France revendiquent le lieu de la bataille. Le lieu
officiellement reconnu est Alise Sainte Reine (en Côtes d’Or), le « concurrent » le plus sérieux
semble être Chaux de Crotenay à quelques kilomètres au sud de Champagnole dans le Jura
(montagne au Nord Est de la France). Ne faut-il pas être français pour revendiquer le lieu d’une défaite ?
|
|
|
Envoyez cet article à vos amis
Partagez la lecture de ce site Internet avec vos amis
en cliquant sur l'image ci-dessous. Vos correspondants recevront le lien vers
cette page Web.
|
|
|
|
|
Des moines puissants malgré eux : les cisterciens |
 |
Au milieu du XIème siècle, alors que le pouvoir de
l’Eglise est considérable, l’abbaye bénédictine de Cluny est la plus riche de France, en particulier grâce
aux redevances, aux droits féodaux et aux donations dont elle bénéficie. Elle est si prospère que les moines
oublient que selon les règles de Saint Benoît, ils ont fait voeu de pauvreté et ont renoncé aux plaisirs de la
vie terrestre. Au contraire, ils vivent dans la débauche... Certains moines, offusqués par tant d’opulence,
quittent l’abbaye à la recherche de la solitude, de la pauvreté et de la communion parfaite avec Dieu. Ils
s’installent au sud de Dijon dans une région marécageuse où la végétation se limite à des roseaux appelés
« citeaux », mot qui signifie en vieux français, " là où personne n’habite, sauf les bêtes sauvages ".
L'origine de leur nom, " les Cisterciens " vient de là. Ils choisissent notamment en signe de rupture de porter
des vêtements blancs, couleur de la laine qu’il n’est pas nécessaire de teindre, et ceci par opposition aux
Clunisiens qui eux sont vêtus de noirs. Ils refusent toute forme de rente et souhaitent organiser leur vie
monastique dans le travail.
|
|
|
La naissance d’un des vignobles les plus célèbres de France |
|
Les cisterciens s’installent donc dans cette
région boisée et marécageuse afin de vivre
en parfaite harmonie avec la Règle de Saint Benoît. Mais les seigneurs de la région, soucieux
probablement de racheter leurs péchés sur terre, prennent les moines sous leur protection. Les
donations abondent notamment sous forme de terrains en friche que les moines
très perfectionnistes transforment en riches vignobles. La règle bénédictine, si stricte soit-elle, prescrit
aux moines la consommation de vin (avec modération bien entendu). Ils cultivent donc la vigne
pour leur propre consommation et revendent le surplus. Entourant d’un muret de pierre les meilleures
parcelles, les cisterciens lèguent ainsi au paysage bourguignon les fameux « Clos ». Parmi eux, le Clos de
Vougeot qui remonterait à 1330. Il est aujourd’hui l’un des vignobles les plus célèbres de France.
|
|
| Des hommes célèbres aiment le vin de Bourgogne |
 |
Les Romains ont apporté la vigne en Bourgogne mais c'est au climat
semi continental de la région et à l’ensoleillement qu'elle doit de voir son développement favorisé.
Nulle autre région du monde située à une
latitude aussi élevée ne peut se prévaloir de produire des vins rouges à un tel niveau d’excellence.
Ne disait-on pas que les ducs de Bourgogne étaient les " seigneurs des meilleurs vins de la
chrétienté ". L’Empereur Charlemagne, lui-même, fut propriétaire d’un vignoble produisant le
Corton, vin qu’il appréciait tout particulièrement. Ce grand cru entièrement planté en pinot noir
ne produisait alors que des vins rouges. La légende raconte qu’à la fin de sa vie, ses gestes
devenant maladroits, il en renversait fréquemment sur sa célèbre barbe fleurie. Excédée, sa
femme exigea que l’on plantât du cépage blanc sur une partie du coteau... afin que ce
vin ne laisse aucune trace sur la barbe du vieil homme. On dit qu’à table Voltaire présentait
à ses invités du Beaujolais ou du Languedoc quand il se réservait le Corton qu’il affectionnait tant,
le considérant comme son élixir de vie. " J’en bois un demi setier par jour (soit plus de 3 litres). C’est
une affaire de santé et non de luxe " affirmait-il. John Fitzgerald Kennedy fut également grand amateur de Corton !
|
|
|
Invitation au voyage
|
|
Si la Bourgogne n’est plus la province rebelle du Moyen Age
qui désespéra les rois de France, elle n’en reste pas moins une région au charme tout
particulier. Nous vous recommandons vivement de vous y arrêter si, par exemple, vous avez la
chance de voyager entre Paris et le Sud de la France. Pourquoi ne pas faire la " Route des Vins "
proposée par notre partenaire: Les Hospices de Beaune, le Clos de Vougeot et tant d’autres
vignobles ? Et tant de châteaux à parcourir et vins à déguster (avec modération bien entendu). Une seule
lettre d'information est bien évidemment trop courte pour évoquer la Bourgogne dans son entier, aussi nous ne manquerons
pas d’y revenir. |
|
| |
 |
|
|