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Dans ce numéro :
La Bourgogne
France Vacation

Les Hospices de Beaune
Le duc de Bourgogne autorise les malades à donner leurs biens à l’hôtel-Dieu...

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Mais où donc se trouve Alésia en France ?
César, Vercingétorix et Alésia : trois noms indissociables...

Des moines puissants malgré eux : les cisterciens
L’abbaye bénédictine de Cluny est la plus riche de France...
La naissance d’un des vignobles les plus célèbres de France
Les seigneurs de la région, soucieux probablement de racheter leurs péchés...
Des hommes célèbres aiment le vin de Bourgogne
Nulle autre région du monde ne peut se prévaloir de produire des vins rouges à un tel niveau d’excellence...
Province rebelle
Nous vous recommandons vivement d’y faire un arrêt...
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onjour ! Nous avons choisi de consacrer notre lettre d'information à une région sur laquelle une tribu scandinave s’installa au Vème siècle. La Bourgogne ! L’origine de sa renommée vient d’une source aux pouvoirs guérisseurs auprès de laquelle, il y a très longtemps, les chevaliers celtiques de l’Est de l'Europe venaient vénérer leur Dieu Soleil, Bellenus. Etrangement, cette région est aujourd’hui célèbre grâce à ses nombreux vignobles, certains étant répertoriés parmi les meilleurs au monde: la Bourgogne !

La Bourgogne : plus qu’une province, presque un état...
Il est impossible d’aborder la Bourgogne sans évoquer son histoire. Cette région a représenté, en effet, pendant plusieurs siècles, une grande puissance et un véritable cauchemar pour les rois de France. A partir de son annexion par les Francs au VIème siècle, et ceci pendant près de mille ans, la Bourgogne a revendiqué une certaine forme d’indépendance, bien que très liée à la Couronne de France. La Bourgogne a souvent été offerte en apanage à un fils cadet du roi et elle a toujours joui d’un statut particulier. Dans le domaine fiscal, par exemple, le duché était préservé des impôts indirects à l’exception de la gabelle - impôt sur le sel très impopulaire - qui était imposé à tout le Royaume de France. Au XVème siècle, le duc Philippe le Bon, considéré comme le bâtisseur d’un nouvel état, devient l’un des plus puissants princes d’Europe. Mécène, il a une cour brillante et fonde l’Ordre de la Toison d’Or, un ordre de chevalerie créé pour unifier, autour de lui, la noblesse et les divers territoires bourguignons qui comprennent alors la Belgique et la Hollande. Mais ce n’est qu’en 1477, lorsque son fils meurt sans laisser d’héritier mâle, que Louis XI parvient à s’emparer de la Bourgogne ducale et à la rattacher définitivement au Royaume de France.

L’Hôtel-dieu
La terrible guerre de 100 ans enfin terminée, la paix tant attendue n’amène pas, en Bourgogne, la fin des souffrances de la population. En effet, des brigands sans vergogne sévissent dans les campagnes, apportant misère et famine. Désespérés, les paysans supplient leurs seigneurs de leur apporter protection. Nicolas Rolin, chancelier de Philippe le Bon, et son épouse Guigone de Salin entendent cet appel et décident, en 1443, la construction d’un hôpital où seront soignés les plus démunis. Huit années seront nécessaires pour achever ce magnifique édifice, véritable protection contre les bandes armées, adossée aux remparts de la ville. Rien ne devant être négligé, il est fait appel aux plus grands maîtres-artisans pour la construction et aux plus grands artistes pour la décoration de ce qui devra être le « Palais des Pauvres ». Le 1er janvier 1452, « l’ Hôtel-dieu » accueille enfin son premier malade et remplira sa mission jusqu’en 1971. Les locaux ont depuis lors été modernisés et abritent aujourd’hui une maison de retraite où il doit être bon de vieillir en paix.

Recette de Juin 2002
Iles Flottantes

A different dessert!
Temps de préparation: 20 Minutes
Pour 8 personnes
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L'histoire de France Monthly
Les Hospices de Beaune
A partir du 29 janvier 1454, le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, autorise les malades à donner, par testament ou de leur vivant, tout ou partie de leurs biens à l’Hôtel-dieu afin d’en soutenir l’œuvre charitable. C’est ainsi que cet établissement public de santé se dotera au fil des décennies d’un patrimoine considérable. Grâce aux nombreuses donations, le domaine des Hospices est aujourd’hui riche de plus de 60 hectares répartis sur trente-neuf grands crus, presque tous classés parmi les meilleurs. Depuis 1859, une vente aux enchères annuelle se déroule à la bougie, le troisième dimanche de novembre (à l’exception des années de mauvaises récoltes). L’extinction de la mèche marque la fin de chaque enchère. Le niveau atteint par les ventes (toujours précédées d’une dégustation) donne une indication précieuse sur la valeur des millésimes et le produit de la vente est directement affecté à la modernisation de l’hôpital. C’est la plus grande vente de charité du monde.

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Mais où donc se trouve Alésia en France ?
César, Vercingétorix et Alésia : trois noms indissociables, une défaite cuisante, en Bourgogne, bien connue des petits écoliers français. En août 52 avant J.C., le chef gaulois Vercingétorix est mis en déroute près de Dijon par les légions romaines de César. Il décide de se replier et de s’enfermer dans une enceinte fortifiée située sur le Mont Auxois à Alésia avec ses 80 000 fantassins et assez de nourriture pour tenir un siège de trente jours. Il réussit également à faire fuir sa cavalerie afin d’aller chercher des renforts. L’armée gauloise revient avec pas moins de 240 000 fantassins et 8 000 cavaliers. Malheureusement, elle arrivera trop tard après 60 jours de siège. A l’intérieur du fort, les hommes sont affamés, près à recourir au cannibalisme pour survivre. Mal armés et indisciplinés, ils tenteront quelques assauts, en vain, la victoire de César est presque facile. Vercingétorix ne pourra qu’assister impuissant à la défaite de son armée. Si les détails de la bataille font l’unanimité auprès des historiens, il n’en est pas de même pour la situation géographique d’Alésia. Trente sites en France revendiquent le lieu de la bataille. Le lieu officiellement reconnu est Alise Sainte Reine (en Côtes d’Or), le « concurrent » le plus sérieux semble être Chaux de Crotenay à quelques kilomètres au sud de Champagnole dans le Jura (montagne au Nord Est de la France). Ne faut-il pas être français pour revendiquer le lieu d’une défaite ?

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Des moines puissants malgré eux : les cisterciens
Au milieu du XIème siècle, alors que le pouvoir de l’Eglise est considérable, l’abbaye bénédictine de Cluny est la plus riche de France, en particulier grâce aux redevances, aux droits féodaux et aux donations dont elle bénéficie. Elle est si prospère que les moines oublient que selon les règles de Saint Benoît, ils ont fait voeu de pauvreté et ont renoncé aux plaisirs de la vie terrestre. Au contraire, ils vivent dans la débauche... Certains moines, offusqués par tant d’opulence, quittent l’abbaye à la recherche de la solitude, de la pauvreté et de la communion parfaite avec Dieu. Ils s’installent au sud de Dijon dans une région marécageuse où la végétation se limite à des roseaux appelés « citeaux », mot qui signifie en vieux français, " là où personne n’habite, sauf les bêtes sauvages ". L'origine de leur nom, " les Cisterciens " vient de là. Ils choisissent notamment en signe de rupture de porter des vêtements blancs, couleur de la laine qu’il n’est pas nécessaire de teindre, et ceci par opposition aux Clunisiens qui eux sont vêtus de noirs. Ils refusent toute forme de rente et souhaitent organiser leur vie monastique dans le travail.
La naissance d’un des vignobles les plus célèbres de France
Les cisterciens s’installent donc dans cette région boisée et marécageuse afin de vivre en parfaite harmonie avec la Règle de Saint Benoît. Mais les seigneurs de la région, soucieux probablement de racheter leurs péchés sur terre, prennent les moines sous leur protection. Les donations abondent notamment sous forme de terrains en friche que les moines très perfectionnistes transforment en riches vignobles. La règle bénédictine, si stricte soit-elle, prescrit aux moines la consommation de vin (avec modération bien entendu). Ils cultivent donc la vigne pour leur propre consommation et revendent le surplus. Entourant d’un muret de pierre les meilleures parcelles, les cisterciens lèguent ainsi au paysage bourguignon les fameux « Clos ». Parmi eux, le Clos de Vougeot qui remonterait à 1330. Il est aujourd’hui l’un des vignobles les plus célèbres de France.
Des hommes célèbres aiment le vin de Bourgogne
Les Romains ont apporté la vigne en Bourgogne mais c'est au climat semi continental de la région et à l’ensoleillement qu'elle doit de voir son développement favorisé. Nulle autre région du monde située à une latitude aussi élevée ne peut se prévaloir de produire des vins rouges à un tel niveau d’excellence. Ne disait-on pas que les ducs de Bourgogne étaient les " seigneurs des meilleurs vins de la chrétienté ". L’Empereur Charlemagne, lui-même, fut propriétaire d’un vignoble produisant le Corton, vin qu’il appréciait tout particulièrement. Ce grand cru entièrement planté en pinot noir ne produisait alors que des vins rouges. La légende raconte qu’à la fin de sa vie, ses gestes devenant maladroits, il en renversait fréquemment sur sa célèbre barbe fleurie. Excédée, sa femme exigea que l’on plantât du cépage blanc sur une partie du coteau... afin que ce vin ne laisse aucune trace sur la barbe du vieil homme. On dit qu’à table Voltaire présentait à ses invités du Beaujolais ou du Languedoc quand il se réservait le Corton qu’il affectionnait tant, le considérant comme son élixir de vie. " J’en bois un demi setier par jour (soit plus de 3 litres). C’est une affaire de santé et non de luxe " affirmait-il. John Fitzgerald Kennedy fut également grand amateur de Corton !
Invitation au voyage
Si la Bourgogne n’est plus la province rebelle du Moyen Age qui désespéra les rois de France, elle n’en reste pas moins une région au charme tout particulier. Nous vous recommandons vivement de vous y arrêter si, par exemple, vous avez la chance de voyager entre Paris et le Sud de la France. Pourquoi ne pas faire la " Route des Vins " proposée par notre partenaire: Les Hospices de Beaune, le Clos de Vougeot et tant d’autres vignobles ? Et tant de châteaux à parcourir et vins à déguster (avec modération bien entendu). Une seule lettre d'information est bien évidemment trop courte pour évoquer la Bourgogne dans son entier, aussi nous ne manquerons pas d’y revenir.
 
 
 
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