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onjour!
ce mois-ci nous avons choisi de reprendre notre périple dans cette région
du sud-ouest qui nous a particulièrement séduits il y a quelques mois
déjà : le Périgord. Sillonner les routes du Périgord relève
du pur enchantement car à la beauté des paysages s'ajoute une très
agréable et irrésistible sensation de profonde sérénité.
Cette impression est d'autant plus paradoxale que la multitude de châteaux qui se
dressent de-ci de-là attestent de toute évidence d'une "Histoire" plus que
mouvementée.
Avant de continuer votre lecture, nous vous rappelons que vous pouvez lire les lettres d'information
déjà publiées à http://www.francemonthly.com/. Un lien vers la version française existe
en bas de chaque document que vous pourrez consulter en anglais.
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La région des mille châteaux
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Pour comprendre la présence de ces châteaux, au nombre de mille selon la
légende, il faut remonter au Xème siècle tout au long duquel l'Europe
entière a été marquée par un phénomène qui
changea la vie des hommes en général et donc des barons périgourdins :
un climat plus clément.
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Château de Montfort
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Dans cette société médiévale quasi exclusivement rurale, les
meilleures récoltes entraînèrent de conditions de vie un peu plus
favorables et par voie de conséquence, un accroissement sensible de la population.
Une main d'oeuvre plus nombreuse engendra plus d'échanges et par conséquent
plus de richesses. C'est ainsi que les plus fortunés se firent bâtir des
forteresses. Posséder un château était une façon d'afficher sa
puissance mais aussi de s'enrichir encore plus car en édifiant leurs demeures dans les
vallées proches des axes de communications terrestres et fluviaux, ces nouveaux seigneurs
pouvaient encore mieux contrôler les transactions et surtout imposer des péages.
D'autres plus prudents peut-être, s'installaient sur des éperons rocheux occupant
alors des sites favorables à leur défense. Tous ces seigneurs plus ou moins
belliqueux avaient la fâcheuse tendance de guerroyer les uns contre les autres pour
agrandir ou affirmer leur territoire. Il arrivait même qu'ils luttent entre eux pour
le coeur d'une belle dame.
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Le Périgord aux anglais !
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Il est une belle dame qui n'aurait jamais autant défrayé la chronique si
son second mariage n'avait eu pour conséquence de placer le Périgord sous
suzeraineté anglaise. Aliénor, fille du Duc d'Aquitaine, épouse en
1137 le prince Louis, fils du roi de France. Elle apporte en dot un immense territoire
qui pour résumer s'étend de ce qui est aujourd'hui la Vendée et
descend jusqu'à Bordeaux d'un côté et Toulouse de l'autre englobant
le Limousin et le Périgord. La légende raconte qu'Aliénor suivant
son époux en croisade fut surprise dans les bras de son jeune oncle, Raymond de
Poitiers, prince d'Antioche (Turquie). La rupture est inéluctable ! Deux mois
après son divorce, elle épouse Henri Plantagenêt apportant dans la
corbeille de mariage cet immense territoire fraîchement récupéré.
Lorsque deux ans plus tard, Henri II hérite du trône d'Angleterre, il dispose
alors d'un domaine aussi vaste que celui du roi de France dont il est pourtant officiellement
le vassal. Mais les infidélités d'Henri finissent par avoir raison d'une
relation qui avait pourtant débuté sous de bons auspices. Il n'est toutefois
pas question pour le roi de répudier cette encombrante épouse qui n'accepte
pas ses aventures amoureuses au risque de perdre l'héritage aquitain. Alors, à
la mode de l'époque, il la fait tout simplement enfermer dans une tour du château
de Winchester. Aliénor n'en ressortit que seize ans plus tard à la mort de son
époux.
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Recette Mai 2009
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Tarte aux poivrons et à la tapenade
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Cooking SOS!
Si vous avez des problèmes pour préparer cette recette, envoyez un email à
Chef@FranceMonthly.com
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"Vous serez tous maudits !"
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A compter de cette époque, les seigneurs périgourdins ne cessent de se
diviser. Certains souhaitent être anglais pour des raisons essentiellement
économiques -le commerce avec les anglais via Bordeaux est plutôt florissant-
tandis que le coeur des autres bat pour le roi de France. Le conflit jusque là plus
ou moins larvé va éclater deux siècles plus tard lorsque la question
de l'appartenance à la couronne de France est relancée. Ce ne sont plus deux
pays, mais deux dynasties qui vont alors s'opposer et être à l'origine d'une
guerre qui durera plus de cent ans.
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La Roque-Gagéac
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Pour s'emparer du trésor des Templiers, Philippe IV le Bel pourchasse sans relâche
les moines chevaliers, trop riches et trop puissants à son goût. Il fait brûler
jusqu'au dernier d'entre eux. Le 18 mars 1314, alors qu'il est sur le bûcher prêt
à subir le supplice du feu, Jacques de Molay, dernier Grand Maître de l'Ordre des
Templiers, s'exclame "Maudit le pape ainsi que les rois de France jusqu'à la treizième
génération". Légende ou véritable prophétie ? Il n'en demeure pas
moins que le pape meurt quelques jours plus tard et le roi la même année. Ses trois fils
ne règnent que quatorze ans et lorsque le dernier disparaît à son tour, il laisse
le royaume sans aucun héritier mâle. La seule survivante est une soeur, Isabelle, mais
elle est mariée au roi d'Angleterre Edouard II qui veut cette couronne de France...
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Les châteaux ennemis
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On est en 1115 lorsque le baron Maynard de Beynac fait construire à flanc de
falaise et à 150 mètres au dessus de la Dordogne, un donjon qui lui permet de
surveiller la rivière et surtout de rançonner les commerçants qui passent.
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Château de Castelnaud
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Lorsque deux siècles plus tard les méandres de la Dordogne forment une
frontière naturelle entre les possessions du roi de France et celles de l'Aquitaine
anglaise, le donjon devenu forteresse a fait le choix de la France. Les aléas de
l'histoire ont fait que le château n'a pas toujours été français
mais à l'aube de cette terrible guerre il l'est. La forteresse de Castelnaud située
juste en face, de l'autre côté de la Dordogne à un kilomètre à
vol d'oiseau, a elle aussi au cours des événements changé de "nationalité".
Et à ce moment précis, les propriétaires ont choisi le camp anglais. Les deux
frères ennemis se surveillent et font bâtir des postes avancés pour s'espionner
de manière encore plus efficace : Beynac fait construire le donjon de Marqueyssac pour
contrôler le voisin anglais et Castelnaud choisit le site de Fayrac pour surveiller les
Français. Etrange situation de ces quatre édifices qui forment aujourd'hui le
quadrilatère le plus célèbre de la vallée de la Dordogne. Le château
de Fayrac est le moins connu de tous car bien que magnifiquement restauré par un couple
d'américains amoureux des vieilles pierres et de l'histoire périgourdine, il est le seul
qui ne se visite pas.
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La construction de châteaux du Moyen-âge
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Fort heureusement, les autres sont ouverts au public et riches d'enseignement pour les
curieux qui voudraient tenter de s'imaginer bâtisseur de ces immenses forteresses
en pleine tourmente moyenâgeuse. Ainsi on découvre comme on pourrait s'y
attendre des murs de plusieurs mètres d'épaisseur.
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Château de Beynac
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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On apprend que les soldats vivaient dans des salles très sombres où
régnait la pénombre car les fenêtres étaient peu nombreuses
afin de ne pas fragiliser l'édifice en cas d'attaque. Une seule porte permettait
d'accéder à l'intérieur afin de limiter les tentatives d'invasion.
Au vu du très étroit escalier à vis de Beynac aux marches si hautes,
on imagine combien il aurait été difficile pour l'ennemi engoncé dans
sa lourde armure de grimper et de toute façon impossible de le faire l'épée
à la main. Dans la cuisine, on découvre deux cheminées creusées
directement dans la falaise, une petite pour la cuisine et une plus grande pour tenir le
chaudron qui permettait de chauffer l'eau pour faire la garbure et aussi se laver. Car au
moyen-âge on était propre, on se lavait à peu près tous les dix jours,
ce qui est extrêmement hygiénique si l'on compare à l'époque de Louis XV
et Louis XVI où l'on se contentait de se parfumer car l'eau était considérée
comme extrêmement dangereuse pour la santé !
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L'art de faire la guerre |
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En pénétrant dans la cour du château de Castelnaud, on comprend
aisément les raisons pour lesquelles les forteresses ne pouvaient être prises
que par la ruse, la trahison ou au bout d'âpres négociations avec l'ennemi.
Quasi invulnérables, la force n'était pratiquement jamais utilisée
pour en venir à bout. Quant aux longues semaines ou interminables mois de siège,
ils étaient jugés beaucoup trop coûteux et cette option était
finalement rarement choisie. C'est autour d'un immense arsenal d'armes du moyen-âge
magnifiquement reconstruites que l'on apprend que toutes ces machines de guerre avaient pour
premier objectif d'effrayer l'adversaire car elles étaient relativement imprécises
et donc pas toujours très efficaces. Mais elles n'en faisaient pas moins peur. D'une
manière générale, elles étaient louées de guerre en guerre et
de siège en siège ! La plupart d'entre elles nécessitaient plusieurs
dizaines de personnes pour être manipulée. Souvent l'ingénieur qui avait
conçu l'engin accompagnait les combattants car il fallait le remonter sur place et lui
seul en connaissait les secrets de fabrication. L'utilisation de ces machines coûtait
une fortune mais on avait à l'époque trouvé un moyen très
ingénieux de faire des économies : les soldats n'étaient payés qu'une
fois la guerre achevée, s'ils étaient toujours vivants !
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Les jardins de Marqueysac
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Après avoir écouté ces passionnants mais néanmoins terribles
récits de guerre, compris pourquoi aucun envahisseur n'avaient la moindre chance
de ressortir vivant de l'enfer dans lequel il avait pris le risque de s'engouffrer, qu'il
fait bon pénétrer dans les jardins de Marqueyssac !
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Les jardins de Marqueyssac
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Marqueyssac n'est rien d'autre qu'un havre de paix, un paradis sur terre. Le donjon espion
du passé s'est métamorphosé en splendide demeure au XIXème
siècle mais l'enchantement provient de ses quinze sublimes hectares de parc. Julien de
Cerval est juge à Sarlat en 1860, passionné de jardin et de nature, il consacre
les trente dernières années de sa vie à embellir le domaine familial et y
implante du buis. Aujourd'hui on se perd avec bonheur dans ce labyrinthe de verdure à la
densité exceptionnelle : 150 000 pieds de buis âgés d'environ 150 ans
sculptés tout en courbe et en rondeur à l'image des collines environnantes. Julien
de Cerval avait voulu ce jardin pour son plaisir personnel, pour y écrire des poèmes
et profiter du spectacle magnifique des méandres de la Dordogne se dodelinant en contrebas
de la falaise et jouir de cette extraordinaire vue à 360 sur la vallée d'une
beauté à couper le souffle. Aujourd'hui Marqueyssac offre plusieurs kilomètres
de promenades charmantes et romantiques ; il est le jardin le plus visité d'Aquitaine.
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Invitation au voyage... |
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Si vous désirez découvrir une nature rayonnante et généreuse et
jouir de paysages de toute beauté, la Dordogne est votre prochaine destination. Si
vous êtes amoureux des vieilles pierres et intrigués par l'histoire de ces
forteresses qui semblent se dresser sur leurs éperons rocheux depuis la nuit des temps,
vous ne résisterez pas au charme de la Dordogne. Si vous aimez déguster les mets
les plus parfumés et délicats, la Dordogne ne vous décevra pas. Si vous
êtes sensibles au sourire et à l'accueil chaleureux de vos hôtes, nous vous
invitons à rencontrer les habitants de cette splendide région dont beaucoup sont
anglophones. Qualité de vie, sens de l'hospitalité, douceur, harmonie, les
qualificatifs ne manquent pas, et je dois bien l'avouer, je suis vraiment tombée
sous le charme !
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