Mai 2009
Dans ce numéro :
La région des mille châteaux
Le Périgord, la région aux mille châteaux, France
"Vous serez tous maudits !"
A compter de cette époque, les seigneurs périgourdins ne cessent de se diviser. Certains souhaitent être anglais pour des raisons essentiellement économiques . . .
Les châteaux ennemis
On est en 1115 lorsque le baron Maynard de Beynac fait construire à flanc de falaise et à 150 mètres au dessus de la Dordogne, un donjon qui lui permet de surveiller . . .
La construction de châteaux du Moyen-âge

Fort heureusement, les autres sont ouverts au public et riches d'enseignement pour les curieux qui voudraient tenter de s'imaginer bâtisseur de ces immenses forteresses . . .

L'art de faire la guerre
En pénétrant dans la cour du château de Castelnaud, on comprend aisément les raisons pour lesquelles les forteresses ne pouvaient être prises que par la ruse . . .
les jardins de Marqueysac
Après avoir écouté ces passionnants mais néanmoins terribles récits de guerre, compris pourquoi aucun envahisseur n'avaient la moindre chance de ressortir vivant . . .
Château des Milandes, ancienne propriété de Josephine Baker

Le Périgord, la région aux mille châteaux, France onjour!
ce mois-ci nous avons choisi de reprendre notre périple dans cette région du sud-ouest qui nous a particulièrement séduits il y a quelques mois déjà : le Périgord. Sillonner les routes du Périgord relève du pur enchantement car à la beauté des paysages s'ajoute une très agréable et irrésistible sensation de profonde sérénité. Cette impression est d'autant plus paradoxale que la multitude de châteaux qui se dressent de-ci de-là attestent de toute évidence d'une "Histoire" plus que mouvementée.

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La région des mille châteaux
Pour comprendre la présence de ces châteaux, au nombre de mille selon la légende, il faut remonter au Xème siècle tout au long duquel l'Europe entière a été marquée par un phénomène qui changea la vie des hommes en général et donc des barons périgourdins : un climat plus clément.
Château de Montfort en Périgord, France
  Château de Montfort
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
Dans cette société médiévale quasi exclusivement rurale, les meilleures récoltes entraînèrent de conditions de vie un peu plus favorables et par voie de conséquence, un accroissement sensible de la population. Une main d'oeuvre plus nombreuse engendra plus d'échanges et par conséquent plus de richesses. C'est ainsi que les plus fortunés se firent bâtir des forteresses. Posséder un château était une façon d'afficher sa puissance mais aussi de s'enrichir encore plus car en édifiant leurs demeures dans les vallées proches des axes de communications terrestres et fluviaux, ces nouveaux seigneurs pouvaient encore mieux contrôler les transactions et surtout imposer des péages. D'autres plus prudents peut-être, s'installaient sur des éperons rocheux occupant alors des sites favorables à leur défense. Tous ces seigneurs plus ou moins belliqueux avaient la fâcheuse tendance de guerroyer les uns contre les autres pour agrandir ou affirmer leur territoire. Il arrivait même qu'ils luttent entre eux pour le coeur d'une belle dame.
Le Périgord aux anglais !

Il est une belle dame qui n'aurait jamais autant défrayé la chronique si son second mariage n'avait eu pour conséquence de placer le Périgord sous suzeraineté anglaise. Aliénor, fille du Duc d'Aquitaine, épouse en 1137 le prince Louis, fils du roi de France. Elle apporte en dot un immense territoire qui pour résumer s'étend de ce qui est aujourd'hui la Vendée et descend jusqu'à Bordeaux d'un côté et Toulouse de l'autre englobant le Limousin et le Périgord. La légende raconte qu'Aliénor suivant son époux en croisade fut surprise dans les bras de son jeune oncle, Raymond de Poitiers, prince d'Antioche (Turquie). La rupture est inéluctable ! Deux mois après son divorce, elle épouse Henri Plantagenêt apportant dans la corbeille de mariage cet immense territoire fraîchement récupéré. Lorsque deux ans plus tard, Henri II hérite du trône d'Angleterre, il dispose alors d'un domaine aussi vaste que celui du roi de France dont il est pourtant officiellement le vassal. Mais les infidélités d'Henri finissent par avoir raison d'une relation qui avait pourtant débuté sous de bons auspices. Il n'est toutefois pas question pour le roi de répudier cette encombrante épouse qui n'accepte pas ses aventures amoureuses au risque de perdre l'héritage aquitain. Alors, à la mode de l'époque, il la fait tout simplement enfermer dans une tour du château de Winchester. Aliénor n'en ressortit que seize ans plus tard à la mort de son époux.

Le Périgord, la région aux mille châteaux, France
Recette Mai 2009  
Tarte aux poivrons et à la tapenade
Un plat ensoleillé ...
Temps de préparation et cuisson : 70 minutes
Pour 6 personnes
Cliquez ici pour lire la recette de la tarte aux poivrons et à la tapenade en anglais.
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aux mille châteaux, France Lire cette lettre d'information en anglais !
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Le Périgord, la région aux 
mille châteaux, France L'histoire de France Monthly
"Vous serez tous maudits !"
  A compter de cette époque, les seigneurs périgourdins ne cessent de se diviser. Certains souhaitent être anglais pour des raisons essentiellement économiques -le commerce avec les anglais via Bordeaux est plutôt florissant- tandis que le coeur des autres bat pour le roi de France. Le conflit jusque là plus ou moins larvé va éclater deux siècles plus tard lorsque la question de l'appartenance à la couronne de France est relancée. Ce ne sont plus deux pays, mais deux dynasties qui vont alors s'opposer et être à l'origine d'une guerre qui durera plus de cent ans.
La Roque-Gagéac en Périgord, France
La Roque-Gagéac
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Pour s'emparer du trésor des Templiers, Philippe IV le Bel pourchasse sans relâche les moines chevaliers, trop riches et trop puissants à son goût. Il fait brûler jusqu'au dernier d'entre eux. Le 18 mars 1314, alors qu'il est sur le bûcher prêt à subir le supplice du feu, Jacques de Molay, dernier Grand Maître de l'Ordre des Templiers, s'exclame "Maudit le pape ainsi que les rois de France jusqu'à la treizième génération". Légende ou véritable prophétie ? Il n'en demeure pas moins que le pape meurt quelques jours plus tard et le roi la même année. Ses trois fils ne règnent que quatorze ans et lorsque le dernier disparaît à son tour, il laisse le royaume sans aucun héritier mâle. La seule survivante est une soeur, Isabelle, mais elle est mariée au roi d'Angleterre Edouard II qui veut cette couronne de France...
 
 
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Les châteaux ennemis
 
  On est en 1115 lorsque le baron Maynard de Beynac fait construire à flanc de falaise et à 150 mètres au dessus de la Dordogne, un donjon qui lui permet de surveiller la rivière et surtout de rançonner les commerçants qui passent.
Château de Castelnaud en Périgord, France
Château de Castelnaud
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
Lorsque deux siècles plus tard les méandres de la Dordogne forment une frontière naturelle entre les possessions du roi de France et celles de l'Aquitaine anglaise, le donjon devenu forteresse a fait le choix de la France. Les aléas de l'histoire ont fait que le château n'a pas toujours été français mais à l'aube de cette terrible guerre il l'est. La forteresse de Castelnaud située juste en face, de l'autre côté de la Dordogne à un kilomètre à vol d'oiseau, a elle aussi au cours des événements changé de "nationalité". Et à ce moment précis, les propriétaires ont choisi le camp anglais. Les deux frères ennemis se surveillent et font bâtir des postes avancés pour s'espionner de manière encore plus efficace : Beynac fait construire le donjon de Marqueyssac pour contrôler le voisin anglais et Castelnaud choisit le site de Fayrac pour surveiller les Français. Etrange situation de ces quatre édifices qui forment aujourd'hui le quadrilatère le plus célèbre de la vallée de la Dordogne. Le château de Fayrac est le moins connu de tous car bien que magnifiquement restauré par un couple d'américains amoureux des vieilles pierres et de l'histoire périgourdine, il est le seul qui ne se visite pas.
 
 
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La construction de châteaux du Moyen-âge
 
  Fort heureusement, les autres sont ouverts au public et riches d'enseignement pour les curieux qui voudraient tenter de s'imaginer bâtisseur de ces immenses forteresses en pleine tourmente moyenâgeuse. Ainsi on découvre comme on pourrait s'y attendre des murs de plusieurs mètres d'épaisseur.
Château de Beynac en Périgord, France
Château de Beynac
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
On apprend que les soldats vivaient dans des salles très sombres où régnait la pénombre car les fenêtres étaient peu nombreuses afin de ne pas fragiliser l'édifice en cas d'attaque. Une seule porte permettait d'accéder à l'intérieur afin de limiter les tentatives d'invasion. Au vu du très étroit escalier à vis de Beynac aux marches si hautes, on imagine combien il aurait été difficile pour l'ennemi engoncé dans sa lourde armure de grimper et de toute façon impossible de le faire l'épée à la main. Dans la cuisine, on découvre deux cheminées creusées directement dans la falaise, une petite pour la cuisine et une plus grande pour tenir le chaudron qui permettait de chauffer l'eau pour faire la garbure et aussi se laver. Car au moyen-âge on était propre, on se lavait à peu près tous les dix jours, ce qui est extrêmement hygiénique si l'on compare à l'époque de Louis XV et Louis XVI où l'on se contentait de se parfumer car l'eau était considérée comme extrêmement dangereuse pour la santé !
 
 
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  L'art de faire la guerre  
  En pénétrant dans la cour du château de Castelnaud, on comprend aisément les raisons pour lesquelles les forteresses ne pouvaient être prises que par la ruse, la trahison ou au bout d'âpres négociations avec l'ennemi. Quasi invulnérables, la force n'était pratiquement jamais utilisée pour en venir à bout. Quant aux longues semaines ou interminables mois de siège, ils étaient jugés beaucoup trop coûteux et cette option était finalement rarement choisie. C'est autour d'un immense arsenal d'armes du moyen-âge magnifiquement reconstruites que l'on apprend que toutes ces machines de guerre avaient pour premier objectif d'effrayer l'adversaire car elles étaient relativement imprécises et donc pas toujours très efficaces. Mais elles n'en faisaient pas moins peur. D'une manière générale, elles étaient louées de guerre en guerre et de siège en siège ! La plupart d'entre elles nécessitaient plusieurs dizaines de personnes pour être manipulée. Souvent l'ingénieur qui avait conçu l'engin accompagnait les combattants car il fallait le remonter sur place et lui seul en connaissait les secrets de fabrication. L'utilisation de ces machines coûtait une fortune mais on avait à l'époque trouvé un moyen très ingénieux de faire des économies : les soldats n'étaient payés qu'une fois la guerre achevée, s'ils étaient toujours vivants !
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  Les jardins de Marqueysac  
  Après avoir écouté ces passionnants mais néanmoins terribles récits de guerre, compris pourquoi aucun envahisseur n'avaient la moindre chance de ressortir vivant de l'enfer dans lequel il avait pris le risque de s'engouffrer, qu'il fait bon pénétrer dans les jardins de Marqueyssac !
Les jardins de Marqueyssac en Périgord, France
Les jardins de Marqueyssac
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
Marqueyssac n'est rien d'autre qu'un havre de paix, un paradis sur terre. Le donjon espion du passé s'est métamorphosé en splendide demeure au XIXème siècle mais l'enchantement provient de ses quinze sublimes hectares de parc. Julien de Cerval est juge à Sarlat en 1860, passionné de jardin et de nature, il consacre les trente dernières années de sa vie à embellir le domaine familial et y implante du buis. Aujourd'hui on se perd avec bonheur dans ce labyrinthe de verdure à la densité exceptionnelle : 150 000 pieds de buis âgés d'environ 150 ans sculptés tout en courbe et en rondeur à l'image des collines environnantes. Julien de Cerval avait voulu ce jardin pour son plaisir personnel, pour y écrire des poèmes et profiter du spectacle magnifique des méandres de la Dordogne se dodelinant en contrebas de la falaise et jouir de cette extraordinaire vue à 360 sur la vallée d'une beauté à couper le souffle. Aujourd'hui Marqueyssac offre plusieurs kilomètres de promenades charmantes et romantiques ; il est le jardin le plus visité d'Aquitaine.
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  Invitation au voyage...  
  Si vous désirez découvrir une nature rayonnante et généreuse et jouir de paysages de toute beauté, la Dordogne est votre prochaine destination. Si vous êtes amoureux des vieilles pierres et intrigués par l'histoire de ces forteresses qui semblent se dresser sur leurs éperons rocheux depuis la nuit des temps, vous ne résisterez pas au charme de la Dordogne. Si vous aimez déguster les mets les plus parfumés et délicats, la Dordogne ne vous décevra pas. Si vous êtes sensibles au sourire et à l'accueil chaleureux de vos hôtes, nous vous invitons à rencontrer les habitants de cette splendide région dont beaucoup sont anglophones. Qualité de vie, sens de l'hospitalité, douceur, harmonie, les qualificatifs ne manquent pas, et je dois bien l'avouer, je suis vraiment tombée sous le charme !


 
 
 
 
 
Le Périgord, la région aux mille châteaux, France

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