Mai 2007
Dans ce numéro :
Bordeaux : un petit Paris ?
Bordeaux, Aquitaine, France
Le Monument aux Girondins
Au-delà des deux immenses statues dédiées aux écrivains . . .
Le Marquis de Tourny
Intendant du roi Louis XV, le Marquis de Tourny arrive à Bordeaux . . .
Les Mascarons

Le marquis de Tourny va transformer la cité médiévale en . . .

Le grand théâtre
Bordeaux doit à l’architecte Victor Louis ce magnifique monument . . .
Un spectacle au siècle des lumières
En pénétrant dans ce temple magnifique, le visiteur est . . .
Bordeaux : La cathédrale Saint André

Bordeaux : un petit Paris ? France onjour!
Bonjour, ce mois-ci nous avons choisi de poursuivre notre visite de la magnifique ville de Bordeaux. En effet, c'est principalement dans les rues de l'époque médiévale que notre première lettre d’information nous avait promenés. Mais il est un tout autre aspect de la ville à ne surtout pas manquer, tant celle-ci est riche de splendides monuments, héritage d'une période témoin de l'apogée de Bordeaux : le siècle des Lumières.
Le château Trompette
En 1453, la victoire de l’armée française lors de la bataille de Castillon met fin à la terrible guerre de Cent Ans. Les Anglais sont boutés hors de France et la Guyenne (nom donné alors à la grande région bordelaise) redevient française. Mais les bordelais ne voient pas cette situation d’un très bon oeil.
Bordeaux : Esplanade des Quinconces, France
  Esplanade des Quinconces
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
Ils regrettent déjà leur fructueux commerce avec l’Angleterre et décident de résister à la tutelle de leur nouveau maître, le roi de France Charles VII. Mais la méfiance est réciproque et, afin d'asseoir sa domination, le souverain fait construire deux forteresses : le fort du Hâ, qui lui garantit le contrôle des flancs sud et ouest de la ville, et le château Trompette, véritable forteresse, qui lui permet de surveiller, du côté de la Garonne, toute tentative d’invasion anglaise mais également tout germe de rébellion des bordelais. Lorsqu’en 1675 Louis XIV décide de faire agrandir la forteresse, pour mater les habitants indisciplinés, les bordelais l’abhorrent d’autant plus que les travaux se feront à leurs frais, et entraîneront la démolition de plus de trois cents maisons. On imagine aisément la stupéfaction des citadins lorsque, de surcroît, ils découvrirent les canons braqués sur leur ville.
L’Esplanade des Quinconces

Sous les règnes de Louis XV et Louis XVI, les relations avec le pouvoir central monarchique sont enfin apaisées. L’infâme citadelle s’impose alors comme un obstacle au développement de la cité du XVIIIème siècle, l’âge d’or de Bordeaux. Premier port de France, la ville s’est enrichie grâce à son vin mais aussi, de façon moins glorieuse, grâce au commerce triangulaire, c'est-è-dire au triste commerce d’hommes et de femmes arrachés à leurs terres d’Afrique et des Antilles pour devenir esclaves. Il faut élargir, agrandir, améliorer la circulation. Autrefois symbole de l’oppression monarchique, le château Trompette devient un obstacle au développement économique de la ville et est finalement démantelé, laissant place à un immense espace, qui sera aménagé selon l’air du temps. Il est notamment à la mode de planter les arbres en quinconce, dont l’esplanade tire son nom. Aujourd’hui cette immense place, qui est l'une des plus grandes d'Europe, s'étend sur cent vingt-six mille mètres carrés. Elle est devenue un lieu de promenade très agréable, et le site privilégié des manifestations culturelles et festives de la ville.

Bordeaux : un petit Paris ? France
Recette mai 2007  
Tarte aux poireaux
Pour l'été...
Temps de préparation et cuisson : 50 minutes
Pour 6 personnes
Cliquez ici pour lire la recette de la tarte aux poireaux en anglais.
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Bordeaux : un petit Paris ? France L'histoire de France Monthly
Le monument aux Girondins
  Au-delà des deux immenses statues dédiées aux écrivains et philosophes bordelais que sont Montaigne (XVIème) et Montesquieu (XVIIIème), qui décorent l’esplanade, et des deux gigantesques colonnes rostrales qui semblent veiller sur le fleuve, l’histoire du Monument aux Girondins mérite que l’on s’y attarde. Pendant la Révolution, deux camps s’affrontent sur les bancs de la Convention : les Montagnards, élus parisiens, et les Girondins, élus bordelais pour la plupart.
Bordeaux : La fontaine du monument aux Girondins, France
La fontaine du monument aux Girondins
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)

 
Tout oppose ces antagonistes, non seulement leur vision de l’avenir politique et économique de la France, mais aussi et surtout le sort de Louis XVI. En effet, les Girondins défendent le roi et refusent de signer son arrêt de mort. La plupart paieront cette prise de position de leur vie et seront guillotinés. A la fin du XIXème siècle, la construction d'un édifice est décidée, en l’honneur de ces hommes victimes d’une époque où la folie l’a quelquefois emporté sur la raison. Ainsi, symbole de liberté, une colonne de onze mètres de haut se dresse, surmontée de la statue d’une femme oiseau brisant ses chaînes. Au pied de cette colonne, de magnifiques sculptures de bronze, représentant chevaux et personnages mythiques, ornent une fontaine jaillissante ; mais pas un seul représentant des Girondins ! En 1881, le conseil municipal de Bordeaux se réunit pour discuter ce projet ; les séances sont plutôt houleuses, et les discussions passionnées. Une question est posée : pourquoi rendre hommage aux Girondins et pas aux Montagnards ? Et lorsque l’on parvient enfin à se mettre d’accord et que l'on décide de faire une place à ces malheureux protagonistes de la Révolution française, les fonds viennent à manquer cruellement. On ne verra donc jamais de Girondins sur le monument dédié aux Girondins. L’édifice célebrera donc...la République !
 
 
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Le Marquis de Tourny
 
  Intendant du roi Louis XV, le Marquis de Tourny arrive à Bordeaux en 1743. Représentants du roi, les intendants ont alors des pouvoirs très étendus - et représentent une manière pernicieuse pour le roi de renforcer son propre pouvoir dans tout le pays.
La place du Parlement, France
La place du Parlement
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Bordeaux est alors en plein apogée, ses quais grouillent d’une activité portuaire intense, le commerce y est florissant. L’envoyé du roi est immédiatement séduit par le site, quelque peu étriqué dans ses murailles qui lui donnent des allures de cité médiévale. Dans sa volonté d’urbanisme, le roi a donné au marquis carte blanche pour faire de la capitale de l’Aquitaine un petit Paris. L'intendant s’attèle à cette tâche avec enthousiasme et entreprend l’un des plus vastes chantiers d’urbanisme du XVIIIème siècle. La transformation de la ville ne va pourtant pas se faire sans difficulté. Les bordelais, avides de liberté et d’indépendance, voient d’un mauvais œil ce colonialisme à la parisienne. De plus s’ajoutent les nuisances qu’entraîne un chantier permanent, même si, parallèlement, celui-ci apporte du travail. A cela vient s'ajouter une autre difficulté, que les habitants n’avaient aucunement anticipée : les bordelais ont depuis longtemps privilégié la culture de la vigne, négligeant celle du blé, jugée moins noble. Or au cours de ces décennies, quelques hivers furent très froids et, faute de blé, le pain vint à manquer, provoquant des disettes effroyables. Malgré tout, les travaux se poursuivront tant bien que mal et nous permettent d’admirer, aujourd’hui encore, une des plus belles villes de France.
 
 
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Les Mascarons
 
  Le marquis de Tourny va transformer la cité médiévale en une magnifique ville dotée désormais de jardins verdoyants, de grandes places, de portes prestigieuses, de vastes avenues, d’édifices splendides et d’imposantes demeures, témoignant de la prospérité de la ville.
Bordeaux : Le mascaron de Baccus, France
Le mascaron de Baccus au dessus d'une porte
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
Or, il est une caractéristique architecturale bordelaise qui ne peut nous échapper lorsque notre regard se porte sur les façades de ces belles maisons bourgeoises : les visages de pierres qui s’en détachent. La représentation des visages s’est développée dès l’Antiquité. Elle avait pour but de chasser le mauvais œil,de conjurer le mauvais sort. Au XVIème siècle, les italiens, nostalgiques du modèle antique, redonnent vie à ces têtes décoratives sous forme de mascarons. Lorsque le style Renaissance italien fait son apparition en France, les mascarons s’imposent naturellement, tout d’abord à Paris puis à Bordeaux. Mais aux représentations monstrueuses animales ou tirées de la mythologie grecque se substituent celles de visages ordinaires, de gens de la rue tels que l’on peut les rencontrer dans la ville. On peut ainsi reconnaître des visages de riches bourgeois, mais également découvrir de turcs en turbans, de chinois et de noirs. En effet, de par son activité commerciale internationale, Bordeaux est une ville exotique où se côtoient des hommes et des femmes venus du monde entier : les mascarons témoignent de cette mixité, de ce melting-pot à la bordelaise.
 
 
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  Le grand théâtre  
  Bordeaux doit à l’architecte Victor Louis ce magnifique monument, chef-d’œuvre d’inspiration néo-classique d’une rare beauté. Inauguré le 7 avril 1780, l’intérieur de ce théâtre à l’italienne en forme de fer à cheval, conçu comme un temple antique, est conforme à ce que pouvaient admirer les spectateurs du XVIIIème : le bleu des fauteuils, couleur royale imposée depuis Louis XIV et Versailles ; le magnifique escalier impérial en forme de T dont Charles Garnier s’inspira pour l’Opéra de Paris ; les décors en trompe l’œil, et enfin, la pièce maîtresse de l’ouvrage, la magnifique coupole. Elle arbore élégamment les trois grandes composantes de la ville de Bordeaux: le port, le commerce (celui du vin et des esclaves) et le léopard, emblème des rois d’Angleterre, témoignage du souvenir reconnaissant d’une époque prolifique. Il est remarquable, voire miraculeux, de constater qu’aucun incendie ne se soit jamais déclaré dans cet édifice à l’ossature entièrement faite de bois, autrefois chauffé au feu de cheminée et entièrement éclairé àla bougie.
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  Un spectacle au Siècle des Lumières  
  En pénétrant dans ce temple magnifique, le visiteur est immédiatement saisi par la beauté et la solennité du lieu. En parcourant la salle du regard, il semble que l'on remonte le temps et que l'on se retrouve soi-même, pour quelques instants, plongé en plein XVIIIème.
Bordeaux : Le grand théatre, France
Le grand théatre à Bordeaux
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
On se plait alors à imaginer les belles dames vêtues de leurs plus belles toilettes et arborant leurs précieux bijoux, accompagnées de messieurs raffinés et galants. On s'imagine presque àcette époque, assis dans la pénombre et ému par un spectacle qui s’offrirait à notre regard et enchanterait nos oreilles. Pourtant, la réalité était toute autre. En effet, au XVIIIème, on se rendait au spectacle l’apràs-midi, car il était beaucoup plus prudent de se promener dans les rues à la lumière du jour. On allait dîner apràs. Lorsque l’on pénétrait dans le théâtre, des bougies étaient placées tout autour de la coupole ; leur lueur se reflétait dans des miroirs et éclairait la salle pendant toute la durée du spectacle. Il en résultait une animation toute particulière quelquefois difficile à gérer par les artistes eux-mêmes. Le spectacle se passait autant sur la scène que dans la salle, où l’on admirait autant les dames du premier rang que les artistes, qui devaient jouer malgré les sifflements, les huées, les acclamations et les applaudissements.
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  Invitation au voyage...  
  On appelle Bordeaux « le port de la lune », en raison de la courbe que forme la Garonne. Si l’expression porte à rêver, la ville concrétise cette tendance pour qui sait découvrir la part de rêverie et de bonheur qu'elle recèle. Les quais sont splendides, en particulier lorsque le soleil matinal éclaire les façades de ses rayons généreux, ou lorsque le soir, tout illuminés, ils révèlent la noblesse de leur architecture. Quel plaisir d’arpenter ces rues où chaque parcelle a une histoire à raconter, ces jardins dans lesquels il fait si bon se promener. Modernité et passé se côtoient avec harmonie et élégance : telle est la particularité de Bordeaux, qui possède tous les attraits d’une grande ville touristique, d'une cité à déouvrir absolument !


 
 
 
 
 
Bordeaux, France

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