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onjour!
Bonjour, ce mois-ci nous avons choisi de poursuivre notre visite de la magnifique ville de Bordeaux.
En effet, c'est principalement dans les rues de l'époque médiévale que notre
première lettre d’information nous avait promenés. Mais il est un tout autre
aspect de la ville à ne surtout pas manquer, tant celle-ci est riche de splendides monuments,
héritage d'une période témoin de l'apogée de Bordeaux :
le siècle des Lumières.
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Le château Trompette
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En 1453, la victoire de l’armée française lors de la bataille de Castillon met fin
à la terrible guerre de Cent Ans. Les Anglais sont boutés hors de France et la
Guyenne (nom donné alors à la grande région bordelaise) redevient française.
Mais les bordelais ne voient pas cette situation d’un très bon oeil.
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Esplanade des Quinconces
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Ils regrettent déjà leur fructueux commerce avec l’Angleterre et décident de résister
à la tutelle de leur nouveau maître, le roi de France Charles VII. Mais la méfiance
est réciproque et, afin d'asseoir sa domination, le souverain fait construire deux
forteresses : le fort du Hâ, qui lui garantit le contrôle des flancs sud et ouest
de la ville, et le château Trompette, véritable forteresse, qui lui permet de surveiller,
du côté de la Garonne, toute tentative d’invasion anglaise mais également tout germe de
rébellion des bordelais. Lorsqu’en 1675 Louis XIV décide de faire agrandir la forteresse,
pour mater les habitants indisciplinés, les bordelais l’abhorrent d’autant plus que les
travaux se feront à leurs frais, et entraîneront la démolition de plus de trois cents
maisons. On imagine aisément la stupéfaction des citadins lorsque, de surcroît, ils
découvrirent les canons braqués sur leur ville.
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L’Esplanade des Quinconces
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Sous les règnes de Louis XV et Louis XVI, les relations avec le pouvoir central monarchique sont
enfin apaisées. L’infâme citadelle s’impose alors comme un obstacle au développement
de la cité du XVIIIème siècle, l’âge d’or de Bordeaux. Premier port de France,
la ville s’est enrichie grâce à son vin mais aussi, de façon moins glorieuse, grâce
au commerce triangulaire, c'est-è-dire au triste commerce d’hommes et de femmes arrachés
à leurs terres d’Afrique et des Antilles pour devenir esclaves. Il faut élargir, agrandir,
améliorer la circulation. Autrefois symbole de l’oppression monarchique, le château Trompette
devient un obstacle au développement économique de la ville et est finalement
démantelé, laissant place à un immense espace, qui sera aménagé selon l’air
du temps. Il est notamment à la mode de planter les arbres en quinconce, dont l’esplanade tire son nom.
Aujourd’hui cette immense place, qui est l'une des plus grandes d'Europe, s'étend sur cent vingt-six
mille mètres carrés. Elle est devenue un lieu de promenade très agréable, et le
site privilégié des manifestations culturelles et festives de la ville.
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Recette mai 2007
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Tarte aux poireaux
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Cooking SOS!
Si vous avez des problèmes pour préparer cette recette, envoyez un email à
Chef@FranceMonthly.com
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Le monument aux Girondins
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Au-delà des deux immenses statues dédiées aux écrivains et philosophes
bordelais que sont Montaigne (XVIème) et Montesquieu (XVIIIème), qui décorent
l’esplanade, et des deux gigantesques colonnes rostrales qui semblent veiller sur le fleuve,
l’histoire du Monument aux Girondins mérite que l’on s’y attarde. Pendant la Révolution,
deux camps s’affrontent sur les bancs de la Convention : les Montagnards, élus parisiens, et
les Girondins, élus bordelais pour la plupart.
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La fontaine du monument aux Girondins
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Tout oppose ces antagonistes, non seulement leur vision de l’avenir politique et économique
de la France, mais aussi et surtout le sort de Louis XVI. En effet, les Girondins défendent
le roi et refusent de signer son arrêt de mort. La plupart paieront cette prise de position
de leur vie et seront guillotinés. A la fin du XIXème siècle, la construction
d'un édifice est décidée, en l’honneur de ces hommes victimes d’une époque
où la folie l’a quelquefois emporté sur la raison. Ainsi, symbole de liberté,
une colonne de onze mètres de haut se dresse, surmontée de la statue d’une femme oiseau
brisant ses chaînes. Au pied de cette colonne, de magnifiques sculptures de bronze, représentant
chevaux et personnages mythiques, ornent une fontaine jaillissante ; mais pas un seul représentant
des Girondins ! En 1881, le conseil municipal de Bordeaux se réunit pour discuter ce projet ;
les séances sont plutôt houleuses, et les discussions passionnées. Une question
est posée : pourquoi rendre hommage aux Girondins et pas aux Montagnards ? Et lorsque l’on
parvient enfin à se mettre d’accord et que l'on décide de faire une place à ces
malheureux protagonistes de la Révolution française, les fonds viennent à manquer
cruellement. On ne verra donc jamais de Girondins sur le monument dédié aux Girondins.
L’édifice célebrera donc...la République !
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Le Marquis de Tourny
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Intendant du roi Louis XV, le Marquis de Tourny arrive à Bordeaux en 1743. Représentants
du roi, les intendants ont alors des pouvoirs très étendus - et représentent
une manière pernicieuse pour le roi de renforcer son propre pouvoir dans tout le pays.
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La place du Parlement
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Bordeaux est alors en plein apogée, ses quais grouillent d’une activité portuaire intense,
le commerce y est florissant. L’envoyé du roi est immédiatement séduit par le site,
quelque peu étriqué dans ses murailles qui lui donnent des allures de cité
médiévale. Dans sa volonté d’urbanisme, le roi a donné au marquis carte
blanche pour faire de la capitale de l’Aquitaine un petit Paris. L'intendant s’attèle à
cette tâche avec enthousiasme et entreprend l’un des plus vastes chantiers d’urbanisme du
XVIIIème siècle. La transformation de la ville ne va pourtant pas se faire sans
difficulté. Les bordelais, avides de liberté et d’indépendance, voient d’un
mauvais œil ce colonialisme à la parisienne. De plus s’ajoutent les nuisances qu’entraîne
un chantier permanent, même si, parallèlement, celui-ci apporte du travail. A cela vient
s'ajouter une autre difficulté, que les habitants n’avaient aucunement anticipée : les
bordelais ont depuis longtemps privilégié la culture de la vigne, négligeant celle
du blé, jugée moins noble. Or au cours de ces décennies, quelques hivers furent
très froids et, faute de blé, le pain vint à manquer, provoquant des disettes
effroyables. Malgré tout, les travaux se poursuivront tant bien que mal et nous permettent
d’admirer, aujourd’hui encore, une des plus belles villes de France.
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Les Mascarons
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Le marquis de Tourny va transformer la cité médiévale en une magnifique ville
dotée désormais de jardins verdoyants, de grandes places, de portes prestigieuses,
de vastes avenues, d’édifices splendides et d’imposantes demeures, témoignant de
la prospérité de la ville.
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Le mascaron de Baccus au dessus d'une porte
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Or, il est une caractéristique architecturale bordelaise qui ne peut nous échapper
lorsque notre regard se porte sur les façades de ces belles maisons bourgeoises : les visages de
pierres qui s’en détachent. La représentation des visages s’est développée
dès l’Antiquité. Elle avait pour but de chasser le mauvais œil,de conjurer le mauvais
sort. Au XVIème siècle, les italiens, nostalgiques du modèle antique,
redonnent vie à ces têtes décoratives sous forme de mascarons. Lorsque le style
Renaissance italien fait son apparition en France, les mascarons s’imposent naturellement, tout
d’abord à Paris puis à Bordeaux. Mais aux représentations monstrueuses animales
ou tirées de la mythologie grecque se substituent celles de visages ordinaires, de gens de la
rue tels que l’on peut les rencontrer dans la ville. On peut ainsi reconnaître des visages de
riches bourgeois, mais également découvrir de turcs en turbans, de chinois et de noirs.
En effet, de par son activité commerciale internationale, Bordeaux est une ville exotique
où se côtoient des hommes et des femmes venus du monde entier : les mascarons
témoignent de cette mixité, de ce melting-pot à la bordelaise.
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Le grand théâtre |
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Bordeaux doit à l’architecte Victor Louis ce magnifique monument, chef-d’œuvre d’inspiration
néo-classique d’une rare beauté. Inauguré le 7 avril 1780, l’intérieur de
ce théâtre à l’italienne en forme de fer à cheval, conçu comme un temple
antique, est conforme à ce que pouvaient admirer les spectateurs du XVIIIème : le bleu
des fauteuils, couleur royale imposée depuis Louis XIV et Versailles ; le magnifique escalier
impérial en forme de T dont Charles Garnier s’inspira pour l’Opéra de Paris ; les
décors en trompe l’œil, et enfin, la pièce maîtresse de l’ouvrage, la magnifique
coupole. Elle arbore élégamment les trois grandes composantes de la ville de Bordeaux:
le port, le commerce (celui du vin et des esclaves) et le léopard, emblème des rois
d’Angleterre, témoignage du souvenir reconnaissant d’une époque prolifique. Il est
remarquable, voire miraculeux, de constater qu’aucun incendie ne se soit jamais déclaré
dans cet édifice à l’ossature entièrement faite de bois, autrefois chauffé
au feu de cheminée et entièrement éclairé àla bougie.
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Un spectacle au Siècle des Lumières
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En pénétrant dans ce temple magnifique, le visiteur est immédiatement saisi par
la beauté et la solennité du lieu. En parcourant la salle du regard, il semble
que l'on remonte le temps et que l'on se retrouve soi-même, pour quelques instants,
plongé en plein XVIIIème.
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Le grand théatre à Bordeaux
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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On se plait alors à imaginer les belles dames vêtues de leurs plus belles toilettes et arborant
leurs précieux bijoux, accompagnées de messieurs raffinés et galants. On s'imagine presque
àcette époque, assis dans la pénombre et ému par un spectacle qui s’offrirait
à notre regard et enchanterait nos oreilles. Pourtant, la réalité était toute autre.
En effet, au XVIIIème, on se rendait au spectacle l’apràs-midi, car il était beaucoup plus
prudent de se promener dans les rues à la lumière du jour. On allait dîner apràs.
Lorsque l’on pénétrait dans le théâtre, des bougies étaient placées
tout autour de la coupole ; leur lueur se reflétait dans des miroirs et éclairait la salle pendant
toute la durée du spectacle. Il en résultait une animation toute particulière quelquefois
difficile à gérer par les artistes eux-mêmes. Le spectacle se passait autant sur la
scène que dans la salle, où l’on admirait autant les dames du premier rang que les artistes,
qui devaient jouer malgré les sifflements, les huées, les acclamations et les applaudissements.
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Invitation au voyage... |
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On appelle Bordeaux « le port de la lune », en raison de la courbe que forme la Garonne.
Si l’expression porte à rêver, la ville concrétise cette tendance pour
qui sait découvrir la part de rêverie et de bonheur qu'elle recèle. Les
quais sont splendides, en particulier lorsque le soleil matinal éclaire les façades
de ses rayons généreux, ou lorsque le soir, tout illuminés, ils révèlent
la noblesse de leur architecture. Quel plaisir d’arpenter ces rues où chaque parcelle a une
histoire à raconter, ces jardins dans lesquels il fait si bon se promener. Modernité
et passé se côtoient avec harmonie et élégance : telle est la
particularité de Bordeaux, qui possède tous les attraits d’une grande ville touristique,
d'une cité à déouvrir absolument !
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