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onjour!
Ce mois-ci, nous avons choisi de consacrer notre lettre d’information à un charmant
petit village de la Basse Bretagne : Pont-Aven. Modeste bourg au Moyen-âge puis
petite ville commerçante connue, jusqu’au XIXème siècle, essentiellement pour ses moulins
et son port, Pont-Aven attirera par son charme unique, à partir de 1864, les artistes
amoureux de la nature et de la lumière. Ce fut le début d’un changement radical pour
la vie du village... un des arts les plus anciens - la peinture - lui apporta la célébrité
et l’un des peintres parmi les plus appréciés dans le monde - Paul Gauguin - lui valut
d’entrer dans la postérité.
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Les moulins de Pont-Aven
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"Quatorze moulins, quinze maisons" est la devise datant du XIXème siècle qui décrit merveilleusement
la petite bourgade de l'époque. En effet, ce sont ses moulins qui ont fait la renommée
de Pont Aven.
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Pont Aven et sa rivière
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La proximité de l’Aven permit l’implantation de plus d’une dizaine de moulins
dans le vallon. En effet, le cours d'eau intrépide traverse le village, après
être descendu rapidement des Montagnes Noires toutes proches et s’être heurté
à un véritable chaos de rochers pour se jeter, quelques kilomètres plus loin,
dans l'Océan Atlantique. Construits par des moines ou des seigneurs, les moulins
favorisèrent la prospérité de la région. Le grain, une fois transformé en farine,
pouvait être facilement transporté, par voie d'eau, le long des côtes bretonnes.
L’endroit qui n'était à l'origine qu'un modeste passage à gué se métamorphosa
en port florissant. Au départ de Pont Aven, le transport maritime de céréales, de denrées alimentaires,
de sable et d’autres matériaux au départ de Pont-Aven permit le commerce jusqu’en
Grande-Bretagne. Même si certains de ces moulins ont malheureusement disparu,
quatre d’entre eux subsistent, aujourd’hui, pour le plus grand bonheur des promeneurs
et contribuent à son charme : le moulin de Porte Neuve, de Rosmadec, de Poulhoas
et celui du Grand Poulguin qui est devenu une crêperie, paradis des gourmands.
Quant au célèbre moulin de Ty Meur qui fut immortalisé par le tableau « Les
Lavandières » de Paul Gauguin en 1888... il fut sapé par les coups de boutoir de
la marée et a disparu.
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"Le petit trou pas cher"
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Le site de Pont Aven fut découvert au milieu du XIXème siècle par un groupe de
peintres américains qui furent immédiatement séduits par cette bourgade prospère
et vivante. Le calme, la lumière, les couleurs, les costumes, les coiffes traditionnelles
et l'accueil chaleureux des habitants incitèrent ces artistes à s'y installer à
demeure. À la même époque, une toute nouvelle invention contribua au rassemblement
de ces artistes curieux de la nature et désireux de sortit leur chevalet des ateliers :
la peinture en tube. Elle allait simplement révolutionner leur univers. En effet,
grâce à ce tout nouveau procédé, ils pouvaient enfin quitter leurs studios, s’installer
au grand air et reproduire sur toile les merveilleux paysages bretons qui s'offraient
devant leurs yeux. Considérée comme la partie la plus exotique de l'Europe, la Bretagne
était restée une destination confidentielle. Le développement du chemin de fer allait
changer tout cela et, quelques années plus tard, amener un flot d'artistes parisiens
plus ou moins désœuvrés, souvent désargentés. Dans un courrier qu'il adressait à Gauguin,
le peintre Jobbe Duval décrivit Pont Aven comme "un petit trou pas cher". Il n'en fallut
pas plus au peintre désenchanté pour venir découvrir ce havre de paix où il pourrait
exercer son art en toute tranquillité et... vivre à crédit.
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Recette mai 2005
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Terrine de saumon
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Cooking SOS!
Si vous avez des problèmes pour préparer cette recette, envoyez un email à
Chef@FranceMonthly.com
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"L’École de Pont Aven", héritage de Paul Gauguin
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Le parcours de Paul Gauguin est plutôt atypique... d'abord matelot puis
agent de change, si très jeune, il s'intéresse à l'art et devient rapidement
collectionneur, notamment d'oeuvres impressionnistes, ce n’est que vers l'âge
de trente huit ans qu’il décidera de consacrer sa vie exclusivement à la peinture.
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Paul Gauguin
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Au début des années 1880, il est ruiné. Le mouvement artistique auquel il appartient est
déchiré et contesté, sa vie conjugale brisée. C'est dans ce contexte bien triste qu'il
se rend à Pont Aven pour la première fois en 1886. Son passé de voyageur et de marin le
fait très vite être accepté dans la cité portuaire. Pont Aven abrite déjà plus d'une
centaine d'artistes venus du monde entier dans le sillage du peintre américain Robert Wyllie,
arrivé vingt ans plus tôt. Mais Gauguin, en véritable précurseur crée un mouvement nouveau
dit du « synthétisme ». C’est au bord des rives de l’Aven que le peintre découvre l'énergie
des couleurs. Il revendique la simplification extrême des formes : « Peignez ce que vous
voyez, non ce qui est ! », clame-t-il. En ralliant autour de lui une vingtaine de peintres
de nationalités diverses, parmi lesquels émile Bernard, Paul Sérusier, Charles Filiger,
Émile Schufferecker, Meyer de Hann et bien d’autres, il porte sur les fonds baptismaux
l’École de Pont Aven.
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Le Bois d’Amour : un lieu, un symbole, un talisman
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Dans une Bretagne pauvre et quelque peu prude, le village de Pont-Aven incarnait pour
les voyageurs une véritable étape plaisante. L’accueil des aubergistes était cordial
et celui des bretonnes tout aussi chaleureux.
Le Bois d’Amour doit d’ailleurs son nom à la liberté de mœurs qui unissait
artistes et hôtesses. C’est dans cette tranquille verdure, protégée du soleil par
des arbres centenaires que les peintres de l’École de Pont-Aven aimaient à se réunir
pour trouver l'inspiration et donner libre cours à leur Art, en toute liberté. C’est
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Le Bois d'Amour - Pont Aven
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dans ce lieu presque magique que Paul Gauguin dispensa une célèbre leçon de peinture
à Paul Sérusier en octobre 1888. Lui recommandant de ne pas diluer sa peinture mais,
au contraire, d'utiliser les couleurs directement extraites des tubes. Ce cours
particulier donna naissance à un véritable chef-d'oeuvre, peint sur le vulgaire
petit panneau de bois d’une boîte à cigares : « Le Talisman ». Magnifié par des couleurs
pures et fauves, ce tableau synthétique résumait à lui seul les influences novatrices
de Gauguin et les découvertes de Sérusier... il devient la leçon du Bois d’Amour, clef
pour la compréhension du Synthétisme.
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La chapelle de Trémalo
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But des promenades des artistes, au sommet du Bois d’Amour, se dresse une charmante
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La chapelle de Trémalo
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chapelle, entourée de larges allées bordées de hêtres et de chênes centenaires : la
chapelle de Trémalo. L’édifice gothique du XVIème siècle s’impose massivement au milieu du paysage.
Son toit asymétrique touche, en effet, presque le sol. À l'entrée, un ange portant les
armoiries des seigneurs du Plessis (famille fondatrice de la chapelle) accueille les
pèlerins. Cette chapelle a inspiré de nombreux artistes mais, encore une fois, c’est
l’oeuvre de Gauguin qu’on associe à ce lieu mythique. À l’intérieur de l’édifice se
trouve un Christ sculpté, en bois polychrome du XVIIème siècle, qui inspira le peintre
à plusieurs reprises : « Le Christ Jaune » et « Autoportrait au Christ Jaune ». Paul
Gauguin est, à cette époque, sensible à la foi et aux traditions bretonnes toujours
bien vivantes et, d'une manière plus générale, à l’art populaire d’inspiration religieuse.
La chapelle a conservé ses trois autels en bois, les poutres et les sablières sculptées
de figurines grotesques en bois polychrome qui représentent les sept péchés capitaux.
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La belle Angèle |
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Les artistes vivant à Pont Aven étaient si peu fortunés que les aubergistes devaient
souvent leur faire crédit. Il n'était donc pas rare qu'afin d'éponger leurs dettes,
les peintres ornent les murs ou les plafonds des auberges et cafés qu'ils fréquentaient
de leurs oeuvres, ou offrent des sculptures ou des tableaux. Voulant remercier son ami
Frédéric Satre et son épouse Angèle pour leur générosité, Paul Gauguin se proposa de
peindre le portrait de cette femme si belle. Si le portrait de Marie Angélique Satre
dite "la Belle Angèle" est aujourd'hui l’une des pièces maîtresses de l’oeuvre de Paul
Gauguin... en 1889, la famille Satre refusa le tableau tant leur déception fut grande.
Ils ne parvenaient pas à reconnaître Angèle qui avait pourtant la réputation d'être la
plus belle de Pont Aven. Au fil du temps et parce que la famille de la belle Angèle
était composée d’armateurs et de capitaines, le nom de « La Belle Angèle » fut apposé
sur la coque d’un chasse-marée de belle envergure. Quatorze mètres cinquante de long,
pour quatre mètres cinquante de large, ce bateau de toute beauté, malgré ses trente et
une tonnes donne l’impression, encore aujourd’hui grâce à ses cent soixante-dix sept
mètres carrés de voilures, de glisser sur l’eau en l’effleurant à peine.
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Les galettes de Pont-Aven : « Traou Mad »
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Dans le respect de la tradition culinaire bretonne, les galettes de Pont-Aven sont parmi
les fleurons de la pâtisserie bretonne. Grâce à ses nombreux moulins qui jalonnaient
l’Aven, Pont-Aven avait, comme nous l’avons évoqué précédemment, pour activité principale la
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Une Bretonne dans son habit traditionnel
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transformation du grain. L’origine des galettes de Pont-Aven remonte à 1890, date
à laquelle Isidore Penven, succède à son père dans la boulangerie familiale. Il
commença à élaborer des galettes fines et croustillantes à base de farine de froment,
de beurre frais, de sucre et d’œufs mais mourut en 1914. Francine, sa veuve, décide,
avec Alexis le Villain, son nouvel époux, de faire de la fabrication des galettes,
l’activité principale de l’entreprise. Les marques de leurs biscuits seront :
« Galettes de Pont-Aven » et « Traou Mad » (ce qui signifie en breton, la langue
régionale, « choses bonnes »). En 1952, tandis que Francine s’associe à Roger Belin,
pour créer la SA Biscuiterie Le Villain, Roger, le fils d’Isidore de Penven, décide
de fonder sa propre fabrique de galettes qu’il nomme : « les Délices de Pont-Aven ».
Ces deux maisons, presque sœurs, permirent à la ville d’obtenir la distinction de
« Site remarquable du goût ». Chacune de ces entreprises est aujourd’hui accessible
au public qui repart toujours avec un paquet de galettes dans sa poche : délectation
assurée... et sans modération !
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N’est pas américain qui le veut ! |
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Implantée dans le vallon aux couleurs chatoyantes, Pont-Aven a su jouer de sa vocation
picturale pour obtenir une renommée mondiale. Hiver comme été, celle que l’on appelle
encore le paradis des artistes, vit aux rythmes des marées. Pont–Aven est ainsi le seul
endroit de Bretagne où les Américains viennent tout au long de l’année, du moins le
prétend-on. Mais dans l’esprit des bretons, « l’américain » est un étranger que l’on
accueille chaleureusement. Qu’il soit australien, anglais, néerlandais ou simplement
parce qu’il parle anglais, l’étranger est forcément un américain. Mais pour l’artiste
d’ici ou d’ailleurs, Pont-Aven pourrait se résumer ainsi... en breton :
« Bro goz ar milinou ; Baradoz an Arzou », soit : « des moulins pour le vieux pays, des
artistes pour en faire un paradis ».
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