Mai 2005
Dans ce numéro :
Pont Aven : le paradis des artistes en Bretagne
Pont Aven - Bretagne - France
"L’École de Pont Aven", héritage de Paul Gauguin
Le parcours de Paul Gauguin est plutôt atypique... d'abord matelot puis agent de change, si très jeune, il s'intéresse à l'art . . .
Le Bois d’Amour : un lieu, un symbole, un talisman
Le Bois d’Amour doit son nom à la liberté de moeurs qui unissait artistes et hôtesses. C’est dans cette tranquille verdure, protégée du soleil par des arbres centenaires . . .
La chapelle de Trémalo

Au sommet du Bois d’Amour, se dresse une charmante chapelle, entourée de larges allées bordées de hêtres et de chênes centenaires . . .

La belle Angèle
Les artistes vivant à Pont Aven étaient si peu fortunés que les aubergistes devaient souvent leur faire crédit . . .
Les galettes de Pont-Aven : « Traou Mad »
Les galettes de Pont-Aven sont parmi les fleurons de la pâtisserie bretonne . . .
Le Bois d'Amour - Pont Aven - France

Pont Aven - Bretagne - France onjour!
Ce mois-ci, nous avons choisi de consacrer notre lettre d’information à un charmant petit village de la Basse Bretagne : Pont-Aven. Modeste bourg au Moyen-âge puis petite ville commerçante connue, jusqu’au XIXème siècle, essentiellement pour ses moulins et son port, Pont-Aven attirera par son charme unique, à partir de 1864, les artistes amoureux de la nature et de la lumière. Ce fut le début d’un changement radical pour la vie du village... un des arts les plus anciens - la peinture - lui apporta la célébrité et l’un des peintres parmi les plus appréciés dans le monde - Paul Gauguin - lui valut d’entrer dans la postérité.
Les moulins de Pont-Aven
"Quatorze moulins, quinze maisons" est la devise datant du XIXème siècle qui décrit merveilleusement la petite bourgade de l'époque. En effet, ce sont ses moulins qui ont fait la renommée de Pont Aven.
Pont Aven - Bretagne - France
  Pont Aven et sa rivière
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La proximité de l’Aven permit l’implantation de plus d’une dizaine de moulins dans le vallon. En effet, le cours d'eau intrépide traverse le village, après être descendu rapidement des Montagnes Noires toutes proches et s’être heurté à un véritable chaos de rochers pour se jeter, quelques kilomètres plus loin, dans l'Océan Atlantique. Construits par des moines ou des seigneurs, les moulins favorisèrent la prospérité de la région. Le grain, une fois transformé en farine, pouvait être facilement transporté, par voie d'eau, le long des côtes bretonnes. L’endroit qui n'était à l'origine qu'un modeste passage à gué se métamorphosa en port florissant. Au départ de Pont Aven, le transport maritime de céréales, de denrées alimentaires, de sable et d’autres matériaux au départ de Pont-Aven permit le commerce jusqu’en Grande-Bretagne. Même si certains de ces moulins ont malheureusement disparu, quatre d’entre eux subsistent, aujourd’hui, pour le plus grand bonheur des promeneurs et contribuent à son charme : le moulin de Porte Neuve, de Rosmadec, de Poulhoas et celui du Grand Poulguin qui est devenu une crêperie, paradis des gourmands. Quant au célèbre moulin de Ty Meur qui fut immortalisé par le tableau « Les Lavandières » de Paul Gauguin en 1888... il fut sapé par les coups de boutoir de la marée et a disparu.
"Le petit trou pas cher"

Le site de Pont Aven fut découvert au milieu du XIXème siècle par un groupe de peintres américains qui furent immédiatement séduits par cette bourgade prospère et vivante. Le calme, la lumière, les couleurs, les costumes, les coiffes traditionnelles et l'accueil chaleureux des habitants incitèrent ces artistes à s'y installer à demeure. À la même époque, une toute nouvelle invention contribua au rassemblement de ces artistes curieux de la nature et désireux de sortit leur chevalet des ateliers : la peinture en tube. Elle allait simplement révolutionner leur univers. En effet, grâce à ce tout nouveau procédé, ils pouvaient enfin quitter leurs studios, s’installer au grand air et reproduire sur toile les merveilleux paysages bretons qui s'offraient devant leurs yeux. Considérée comme la partie la plus exotique de l'Europe, la Bretagne était restée une destination confidentielle. Le développement du chemin de fer allait changer tout cela et, quelques années plus tard, amener un flot d'artistes parisiens plus ou moins désœuvrés, souvent désargentés. Dans un courrier qu'il adressait à Gauguin, le peintre Jobbe Duval décrivit Pont Aven comme "un petit trou pas cher". Il n'en fallut pas plus au peintre désenchanté pour venir découvrir ce havre de paix où il pourrait exercer son art en toute tranquillité et... vivre à crédit.

France
Recette mai 2005  
Terrine de saumon
Une entrée pour le printemps
Temps de préparation et cuisson : 60 minutes
Pour 8 personnes
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Pont Aven - Bretagne - France L'histoire de France Monthly
"L’École de Pont Aven", héritage de Paul Gauguin
  Le parcours de Paul Gauguin est plutôt atypique... d'abord matelot puis agent de change, si très jeune, il s'intéresse à l'art et devient rapidement collectionneur, notamment d'oeuvres impressionnistes, ce n’est que vers l'âge de trente huit ans qu’il décidera de consacrer sa vie exclusivement à la peinture.
Paul Gauguin
Paul Gauguin
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Au début des années 1880, il est ruiné. Le mouvement artistique auquel il appartient est déchiré et contesté, sa vie conjugale brisée. C'est dans ce contexte bien triste qu'il se rend à Pont Aven pour la première fois en 1886. Son passé de voyageur et de marin le fait très vite être accepté dans la cité portuaire. Pont Aven abrite déjà plus d'une centaine d'artistes venus du monde entier dans le sillage du peintre américain Robert Wyllie, arrivé vingt ans plus tôt. Mais Gauguin, en véritable précurseur crée un mouvement nouveau dit du « synthétisme ». C’est au bord des rives de l’Aven que le peintre découvre l'énergie des couleurs. Il revendique la simplification extrême des formes : « Peignez ce que vous voyez, non ce qui est ! », clame-t-il. En ralliant autour de lui une vingtaine de peintres de nationalités diverses, parmi lesquels émile Bernard, Paul Sérusier, Charles Filiger, Émile Schufferecker, Meyer de Hann et bien d’autres, il porte sur les fonds baptismaux l’École de Pont Aven.
 
 
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Le Bois d’Amour : un lieu, un symbole, un talisman
 
  Dans une Bretagne pauvre et quelque peu prude, le village de Pont-Aven incarnait pour les voyageurs une véritable étape plaisante. L’accueil des aubergistes était cordial et celui des bretonnes tout aussi chaleureux. Le Bois d’Amour doit d’ailleurs son nom à la liberté de mœurs qui unissait artistes et hôtesses. C’est dans cette tranquille verdure, protégée du soleil par des arbres centenaires que les peintres de l’École de Pont-Aven aimaient à se réunir pour trouver l'inspiration et donner libre cours à leur Art, en toute liberté. C’est
Le Bois d'Amour - Pont Aven - Bretagne - France
Le Bois d'Amour - Pont Aven
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dans ce lieu presque magique que Paul Gauguin dispensa une célèbre leçon de peinture à Paul Sérusier en octobre 1888. Lui recommandant de ne pas diluer sa peinture mais, au contraire, d'utiliser les couleurs directement extraites des tubes. Ce cours particulier donna naissance à un véritable chef-d'oeuvre, peint sur le vulgaire petit panneau de bois d’une boîte à cigares : « Le Talisman ». Magnifié par des couleurs pures et fauves, ce tableau synthétique résumait à lui seul les influences novatrices de Gauguin et les découvertes de Sérusier... il devient la leçon du Bois d’Amour, clef pour la compréhension du Synthétisme.
 
 
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La chapelle de Trémalo
 
  But des promenades des artistes, au sommet du Bois d’Amour, se dresse une charmante
La chapelle de Trémalo - Pont Aven - Bretagne - France
La chapelle de Trémalo
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chapelle, entourée de larges allées bordées de hêtres et de chênes centenaires : la chapelle de Trémalo. L’édifice gothique du XVIème siècle s’impose massivement au milieu du paysage. Son toit asymétrique touche, en effet, presque le sol. À l'entrée, un ange portant les armoiries des seigneurs du Plessis (famille fondatrice de la chapelle) accueille les pèlerins. Cette chapelle a inspiré de nombreux artistes mais, encore une fois, c’est l’oeuvre de Gauguin qu’on associe à ce lieu mythique. À l’intérieur de l’édifice se trouve un Christ sculpté, en bois polychrome du XVIIème siècle, qui inspira le peintre à plusieurs reprises : « Le Christ Jaune » et « Autoportrait au Christ Jaune ». Paul Gauguin est, à cette époque, sensible à la foi et aux traditions bretonnes toujours bien vivantes et, d'une manière plus générale, à l’art populaire d’inspiration religieuse. La chapelle a conservé ses trois autels en bois, les poutres et les sablières sculptées de figurines grotesques en bois polychrome qui représentent les sept péchés capitaux.
 
 
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  La belle Angèle  
  Les artistes vivant à Pont Aven étaient si peu fortunés que les aubergistes devaient souvent leur faire crédit. Il n'était donc pas rare qu'afin d'éponger leurs dettes, les peintres ornent les murs ou les plafonds des auberges et cafés qu'ils fréquentaient de leurs oeuvres, ou offrent des sculptures ou des tableaux. Voulant remercier son ami Frédéric Satre et son épouse Angèle pour leur générosité, Paul Gauguin se proposa de peindre le portrait de cette femme si belle. Si le portrait de Marie Angélique Satre dite "la Belle Angèle" est aujourd'hui l’une des pièces maîtresses de l’oeuvre de Paul Gauguin... en 1889, la famille Satre refusa le tableau tant leur déception fut grande. Ils ne parvenaient pas à reconnaître Angèle qui avait pourtant la réputation d'être la plus belle de Pont Aven. Au fil du temps et parce que la famille de la belle Angèle était composée d’armateurs et de capitaines, le nom de « La Belle Angèle » fut apposé sur la coque d’un chasse-marée de belle envergure. Quatorze mètres cinquante de long, pour quatre mètres cinquante de large, ce bateau de toute beauté, malgré ses trente et une tonnes donne l’impression, encore aujourd’hui grâce à ses cent soixante-dix sept mètres carrés de voilures, de glisser sur l’eau en l’effleurant à peine.
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  Les galettes de Pont-Aven : « Traou Mad »  
  Dans le respect de la tradition culinaire bretonne, les galettes de Pont-Aven sont parmi les fleurons de la pâtisserie bretonne. Grâce à ses nombreux moulins qui jalonnaient l’Aven, Pont-Aven avait, comme nous l’avons évoqué précédemment, pour activité principale la
Les célèbres galettes et palets de Pont-Aven - Bretagne - France
Les célèbres galettes de Pont-Aven
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transformation du grain. L’origine des galettes de Pont-Aven remonte à 1890, date à laquelle Isidore Penven, succède à son père dans la boulangerie familiale. Il commença à élaborer des galettes fines et croustillantes à base de farine de froment, de beurre frais, de sucre et d’œufs mais mourut en 1914. Francine, sa veuve, décide, avec Alexis le Villain, son nouvel époux, de faire de la fabrication des galettes, l’activité principale de l’entreprise. Les marques de leurs biscuits seront : « Galettes de Pont-Aven » et « Traou Mad » (ce qui signifie en breton, la langue régionale, « choses bonnes »). En 1952, tandis que Francine s’associe à Roger Belin, pour créer la SA Biscuiterie Le Villain, Roger, le fils d’Isidore de Penven, décide de fonder sa propre fabrique de galettes qu’il nomme : « les Délices de Pont-Aven ». Ces deux maisons, presque sœurs, permirent à la ville d’obtenir la distinction de « Site remarquable du goût ». Chacune de ces entreprises est aujourd’hui accessible au public qui repart toujours avec un paquet de galettes dans sa poche : délectation assurée... et sans modération !
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  N’est pas américain qui le veut !  
  Implantée dans le vallon aux couleurs chatoyantes, Pont-Aven a su jouer de sa vocation picturale pour obtenir une renommée mondiale. Hiver comme été, celle que l’on appelle encore le paradis des artistes, vit aux rythmes des marées. Pont–Aven est ainsi le seul endroit de Bretagne où les Américains viennent tout au long de l’année, du moins le prétend-on. Mais dans l’esprit des bretons, « l’américain » est un étranger que l’on accueille chaleureusement. Qu’il soit australien, anglais, néerlandais ou simplement parce qu’il parle anglais, l’étranger est forcément un américain. Mais pour l’artiste d’ici ou d’ailleurs, Pont-Aven pourrait se résumer ainsi... en breton : « Bro goz ar milinou ; Baradoz an Arzou », soit : « des moulins pour le vieux pays, des artistes pour en faire un paradis ».
 
 
 
 
 
Pont Aven - Bretagne - France

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