|
|
onjour ! Nous avons choisi de dédier notre newsletter au 6 juin 1944, une date historique dont
le 60ème anniversaire sera commémoré dans quelques semaines. Bien au delà du simple aspect
politique et stratégique, nous voulons rapporter la bouleversante aventure humaine de cet
événement extraordinaire. Pour ce faire, nous avons extrait d'un livre absolument remarquable,
"Ils étaient à Omaha Beach"
les témoignages des acteurs directs ou indirects de ce grand jour
qui allait bouleverser la face du monde et entrer dans la légende comme le Jour J. Quatre années
de recherches, de rencontres et d'interviews ont permis à son auteur, Laurent Lefebvre, de nous
offrir cet émouvant et précieux recueil, véritable document historique. N'oubliez pas également
de lire notre précédente newsletter sur ce jour qui a marqué l'histoire à jamais: le 6 juin 1944.
 |
 |
Nom de code : "Omaha"
"Très rapidement, nous apprîmes que nous serions de ce jour J, à l'heure H - à 6 heures
30 du matin - et que nous serions de la première vague d'assaut. Ce ne fut pas exactement une
surprise étant donnée notre préparation jusque là... Nous avions étudié des maquettes en
terre et en sable de notre zone de débarquement. Nous avions aussi identifié les sorties
de la plage qui devaient être sécurisées et notre objectif initial, le village de
Collevile-sur-Mer, sur la côte normande. Notre plage avait pour nom de code "Omaha", et
notre secteur de débarquement était appelé Easy Red. Il y avait des agrandissements de
détails photographiques, prises par des P38 lors de vols en rase-mottes : ils montraient
les étendues de la plage à marée basse, les obstacles dans l'eau et sur la plage et pas
mal de gamins en train de travailler, manifestement surpris. La date initialement prévue
du 5 juin fut retardée au 6 juin en raison du mauvais temps et parce qu'elle correspondait
au jour où la marée serait la plus basse sur les prochains mois à venir. Cette très
grande marée basse permettrait aussi de rendre
visibles au maximum les obstacles et les mines placés dans l'eau".
Sergeant Donald Wilson, 1st Infantry Division, 16th Infantry Regiment, Company F.
"J'étais basé dans un petit village répondant au nom D'Ivy Bridge près de Plymouth,
en Angleterre. Nous nous entraînions très durement pendant de longues heures. Parfois,
il faisait nuit quand nous retournions au camp, fatigués, sales et vraiment affamés.
Nous avions une journée de temps libre, habituellement le dimanche et nous en profitions
pour assister à l'office, à l'église du village. Quelquefois, avec deux autres soldats
nous étions invités pour dîner chez "l'habitant" et nous trouvions cela formidable mais les
Anglais avaient très peu de nourriture et nous avions ainsi l'impression de leur prendre
le peu qu'ils avaient".
Private Robert Lowry, 29th Infantry Division, 116th Infantry Regiment, Company C.
|
|
|
Recette pour mai 2004 |
Tartes aux Fraises
 |
 |
|
Un dessert pour toute la famille !
|
|
Temps de préparation: 30 minutes |
|
Pour 8 personnes
|
|
Cliquez
ici
pour lire la recette du "Tarte aux fraises" en anglais.
|
|
Cliquez
ici
pour lire la recette "Tarte aux fraises" en français.
|
|
|
|
SOS en cuisine !
Si vous avez des problèmes pour préparer
cette recette, adressez un SOS par e-mail à
911@FranceMonthly.com
|
|
|
|
|
|
Vais-je survivre ?
|
"Nous avons embarqué sur le transporteur de troupes "Thomas Jefferson" à Weymouth
le 3 ou le 4 juin. Dans la nuit du 5 juin, on nous a dit que nous allions débarquer
sur la plage à 6h30, le matin suivant. Pour tous, ce fut une nuit entière à contempler
les conséquences possibles de notre assaut vers l'inconnu. Le questionnement à ce sujet
était du genre: "Vais-je survivre? Vais-je prendre une blessure qui va m'estropier pour
le reste de mes jours ? A quoi ça ressemble d'affronter la possibilité de la mort ?"... Debout,
John Dean, notre sergent-chef et Louis Milan, un de ses camarades de lycée, discutaient
ensemble. John retira sa bague, sortit son portefeuille et demanda à Louis s'il pouvait
les prendre pour les remettre à sa mère quand il retournerait à la maison. J'écoutais
leur conversation car ils n'étaient qu'à quelques mètres de moi. Comme John insistait,
Louis finit pas les mettre dans sa poche. La nuit tombait. Le matin suivant, un char
allemand tira sur nous, il y avait à peu près soixante-cinq hommes sur lesquels il
envoya sa salve mais un seul soldat fut tué et tu sais probablement déjà qui c'était... John Dean."
Sergent John Thaxton, 29th Infantry Division, 116th Infantry Regiment, Company F.
|
 |
|
|
Inscrivez-vous à cette lettre d'information
Inscrivez-vous à cette lettre d'information mensuelle.
Chaque mois, vous recevrez gratuitement une nouvelle lettre sur une région de France
et vous re-découvrirez son histoire ainsi que les meilleurs endroits à visiter.
Nous nous engageons à ne jamais vendre votre adresse email.
Cliquez sur l'image ci-dessous pour vous inscrire.
|
|
|
|
Regarde la mer !
|
"Rien d'anormal n'arriva jusqu'au lever du soleil mais un bourdonnement sourd s'amplifiait
de plus en plus. Soudain le rideau de brume se déchira dévoilant des milliers de bateaux,
offrant un spectacle superbe et grandiose. Je criais à ma mère : "Regarde la mer !". Passant
à la fenêtre de ma chambre et apercevant mon voisin qui sortait de chez lui, j'hurlais :
"C'est le débarquement, allez voir la mer et regardez comme c'est beau". Nous étions neufs personnes
chancelantes, en extase devant le spectacle lorsque une charrette arriva tirée par un cheval
normand qui trottait rapidement. Un jeune officier allemand tenait les rênes. Il était nu-tête,
sa tunique ouverte et sa chemise pendant par-dessus son pantalon. Une fois arrêté, il se
redressa, remarqua la flotte Alliée, leva les bras au ciel, sauta de la carriole et s'engouffra
dans le poste que ses hommes gardaient. Comme le cheval retournait à l'écurie, nous comprîmes
que le bombardement allait bientôt commencer et, en considérant la proximité des bateaux, nous
sommes tous rentrés dans nos maisons. Ma mère prit ses bijoux, un peu d'argent et se dirigea
vers l'abri. Comme je faisais de même, les bombardements commencèrent. C'était juste après
5h30 du matin."
Michel Hardelay, 31 ans le 06 juin 1944, habitant de Vierville-sur-Mer
|
 |
|
|
Envoyez cet article à vos amis
Partagez la lecture de ce site Internet avec vos amis
en cliquant sur l'image ci-dessous. Vos correspondants recevront le lien vers
cette page Web.
|
|
|
|
|
|
Alerte ! Alerte !
|
"le 6 juin 1944, vers 5h30 du matin j'ai été réveillé par le bruit du bombardement.
J'ai rejoint mes parents qui étaient entrain de regarder par la fenêtre. à ma question
sur ce qui se passait, ils me répondirent qu'ils avaient entendu les Allemands hurler
"Alerte ! Alerte !" et qu'ils les avaient vus aussitôt se précipiter pour faire le tour
de la ferme. Je leur dis alors qu'il devait s'agir des manœuvres militaires de la Wehrmacht,
prévues pour le 6 juin et avisées par les Allemands par voie d'affiches à Saint-Laurent-sur-Mer.
Je me tenais debout sur le seuil de la maison quand je vis un avion s'écraser. Les obus de
marine passaient au dessus de nous et les Allemands tiraient depuis Trévières."
Albert Andre, 16 ans le 06 juin 1944, habitant de Saint-Laurent-Sur-Mer
|
|
|
Commencer l'histoire de nos jeunes vies
|
« Vers 4h00, le 6 juin 1944 nous avons été réveillés par un message radiodiffusé du
Général Eisenhower. Il nous remerciait et nous disait que nous allions prendre part
à l'invasion de la Normandie, commencée avec le lâcher de parachutistes et de troupes
embarquées sur des planeurs, dans la nuit. Quelques-uns d'entre nous prièrent, d'autres
s'assirent et parlèrent pendant que certains préparaient leur équipement. Enfin, quelques-uns
écrivirent des lettres ou restèrent assis, tranquillement, plongés dans leurs pensées.
Avec les premiers rayons de lumière, nous nous sommes promenés sur le pont. Il y avait des
bateaux partout. Il y en avait tant que l'on aurait pu marcher jusqu'au rivage en passant
de l'un à l'autre. Les navires de guerre et les destroyers faisaient feu avec leurs gros
canons. Les batteries sur les rivages répondaient. Les péniches de débarquement évoluaient
en larges rotations... à l'aller, des bateaux au rivage et s'en revenaient, pour celles qui
n'avaient pas coulé. Finalement notre tour arriva. Un LCI (Landing Craft Infantry - embarcation
de débarquement d'infanterie) se positionna le long de notre bateau... nous nous sommes
précipités, pour descendre tout le long des filets en cordages, sur le flanc du navire, afin de
monter à bord du LCI et commencer l'histoire de nos jeunes vies. La plupart
d'entre nous avaient dix-neuf ou vingt ans. Le courant était très fort et notre LCI dérivait
sur Utah Beach. Le skipper réalisa ce qui se passait et corrigea pour rejoindre la bonne
plage: Omaha."
Private Allen Levin, 29th Infantry Division, 115th Infantry Regiment, Cannon Company
|
|
|
Le jour où je suis devenu un homme
|
|
"La plupart des gars avaient tellement le mal de mer que la seule chose qui leur permettait
d'avancer était l'idée du combat qui les attendait. Soudain, nous nous sommes retrouvés
au milieu d'un champ de mines et l'arrière gauche de la rampe a explosé. Un de mes potes
qui harnachait un lance-flamme sur son dos fut touché par la balle perdue d'un de ces allemands
et explosa. Nous avons alors non seulement perdu la partie droite de la rampe de débarquement
mais aussi beaucoup de vies. Ce fut la pire des choses que je n'avais jamais vue. Les
survivants furent obligés de sauter dans la Manche et de nager jusqu'au rivage. Tu devais
penser vite à jeter ton équipement afin de pouvoir rester à flot. Puis en évitant les balles,
nous avons nagé jusqu'à la plage et ensuite couru comme des diables. Quand je me suis assis
et que j'ai appuyé mes mains sur le sable pour me reposer une minute j'ai vu du sang couler
entre mes doigts. Je ne suis pas un héros. Les gens pensent que nous en fûmes mais je n'en
suis pas un. Nous avions un travail à faire et nous l'avons fait. S'il fallait le refaire,
nous le referions."
Caporal Ernest P. Douvette, 6th Engineer Special Brigade, 293rd JASCO (Témoignage
communniqué par sa fille).
|
|
|
Invitation au souvenir
|
|
Que d'émotions à lire ces témoignages et, ne devoir en sélectionner que quelques uns, fut un
vrai dilemme ! Comment choisir alors que tous, sans exception, sont si poignants ? La volonté
de se battre, d'accomplir une mission est si extraordinaire, la peur de mourir si humaine, le
malheur de perdre un compagnon si douloureux et injuste ! Quelle frustration que nous ne
puissions ici rendre hommage qu'à un seul groupe d'hommes: celui qui a tant souffert
sur Omaha Beach ! Tant d'autres se sont battus si vaillamment, en y perdant la vie pour
certains : Les soldats parachutés le 5 juin, ceux qui ont débarqué sur Utah Beach, Gold
Beach, Juno Beach et Sword Beach... et enfin tous ceux qui après avoir vécu l'enfer sur les
plages de Normandie, ont poursuivi leur chemin et combattu avec courage - américains,
britanniques, canadiens, australiens, néo-zélandais et français ensembles - pour libérer
l'Europe entière. Le soldat de 1ère Classe Joseph H. Dougherty écrit "En 1994, je suis
revenu visiter votre pays. Nous sommes allés sur la plage où nous avions débarqué cinquante ans
avant. Cela fut le moment le plus émouvant de ma vie. J'ai pleuré comme un bébé." Cette
année sera marquée par la commémoration du 60ème Anniversaire du Débarquement du 6 juin
1944 et l'émotion sera la même pour tous. Comme les mots paraissent maladroits et trop
fades devant tant d'abnégation... devant la preuve évidente d'un véritable idéal de liberté:
"Encore merci!"
|
|
| |
 |
|
|