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| Dans ce numéro : |
Opération Overlord
Pendant quatre années consécutives, des milliers de soldats de différentes nationalités... |
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D-Day: le 6 juin 1944
Plusieurs facteurs devaient impérativement coïncider... |
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La position allemande
Doit-on également parler de coïncidence quand on repense à l'absence de clairvoyance... |
Le
Daily Telegraph
Monsieur Dawe, professeur de physique sans histoire, qui vivait dans une petite ville d'Angleterre... |
"V Mail"
Le "V Mail" fit son apparition en Angleterre dès 1942... |
Heureuse conclusion
Après ces jours bien douloureux et difficiles, l'issue est enfin là... |
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onjour !
Nous avons choisi de dédier notre newsletter à une date gravée à jamais dans
nos mémoires : le
6 juin 1944, jour du débarquement en Normandie des Forces Alliées qui allaient délivrer
l'Europe de l'occupation
allemande. Toutefois, nous ne voulons pas décrire les batailles sanglantes qui se sont
déroulées sur les
plages normandes où des milliers de soldats américains, canadiens, français, anglais et allemands
ont trouvé la mort. Les
historiens et les cinéastes ont déjà fait un travail remarquable sur ce sujet ! Nous vous proposons de
vous faire partager le récit de quelques anecdotes qui ont fait basculer le cours de cette grande page d'histoire.
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Opération Overlord
Pendant quatre années consécutives, des milliers de soldats de toutes nationalités ont subi
un entraînement intensif en Grande-Bretagne. Des millions de tonnes de matériels ont été
préparées, des centaines de chars, de voitures, de trains ont été acheminés en vue du grand jour
dont la date est restée indéterminée jusqu'au dernier moment. Rien ne pouvait être
laissé au hasard... Plus d'un an avant le jour J, chaque détail des différents plans
possibles avait déjà été scrupuleusement examiné avec l'aide de la résistance pour
tester sur le terrain la faisabilité de chaque mission.
Trois jours avant la mise en marche de cette énorme machine de guerre, plus de deux cent mille
soldats et marins embarquèrent dans près de cinq mille bateaux. L'attente parut interminable
à ces soldats entassés dans les embarcations, pour la plupart victimes du mal
de mer et surtout tiraillés par une affreuse angoisse, dans l'attente indispensable des conditions
idéales à la réussite de ce débarquement.
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Recette de
Mai 2001 |
Sauce
à la Normande |
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SOS en cuisine
! Si
vous avez des problèmes pour
préparer cette recette, adressez
un SOS par e-mail à 911@francemonthly.com
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D-Day : 6 juin 1944 |
Plusieurs facteurs devaient impérativement coïncider pour que l'énorme machine de guerre puisse
se mettre en route et aboutir : Une levée tardive de la lune parce que l'infanterie aéroportée
et les parachutistes qui conduiraient l'assaut devaient arriver au-dessus de leurs zones par une
nuit parfaitement noire pour préserver l'effet de surprise. Une marée basse parce que les
premiers bateaux alliés devaient voir les obstacles placés par l'ennemi sur les plages et
les renforts qui débarqueraient, beaucoup plus tard dans la journée, devaient également profiter
de cette marée basse. Toutefois, on ne comptait en juin 1944 que six jours pendant lesquels la marée
serait basse au moment propice et dans ces six jours, trois seulement s'avéraient être des nuits sans
lune. Une mer calme parce que plus de cinq mille navires allaient naviguer bord à bord et que seule
une mer parfaitement calme permettrait d'éviter tout risque d'abordage. Une bonne visibilité parce que
les soldats devaient pouvoir identifier les plages sur lesquelles chaque division militaire avait une
mission bien précise à effectuer. Un vent soufflant à basse altitude parce qu'il
permettrait de dégager les plages de la fumée provoquée par les tirs et les explosions de
mines et rendrait les cibles bien visibles. Enfin, trois jours de calme relatif avant le Jour J étaient
également nécessaires pour faciliter l'embarquement rapide des hommes et du matériel.
Voila donc toutes les conditions dont le Général Dwight D. Eisenhower, commandant en chef
des armées alliées, avait besoin pour lancer cette croisade des temps modernes.
Surveillant sans relâche le travail des météorologistes, le 5 juin lui parut le jour le
plus propice. Si le temps ne le permettait pas, il pourrait encore retarder le débarquement
d'un jour, ce qui fut le cas. Par contre, s'il devait également annuler le 6 juin, il faudrait
alors probablement attendre juillet et personne n'ignorait qu'une date aussi tardive aurait
réduit sensiblement les chances de succès. Juin était par conséquent l'unique période envisageable. |
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La Position Allemande |
Doit-on également parler de coïncidence quand on repense à l'absence de clairvoyance
du Haut Etat-major allemand quelques jours avant le débarquement ?
Tout d'abord, si les Allemands étaient informés d'un prochain débarquement allié, ils
étaient persuadés que ce débarquement aurait lieu dans le Pas-de-Calais, situé beaucoup
plus au Nord que les plages normandes. Il s'agissait là de toute évidence pour eux, du
point le plus resserré entre l'Angleterre et la France mais aussi du chemin le plus
court pour une invasion vers l'Allemagne.
De toute façon, la météo n'était pas suffisamment clémente pour qu'un débarquement soit
possible en ce début du mois de juin 1944. Les débarquements en Afrique du Nord, en Sicile
et en Italie, ne prouvaient-ils pas que les Alliés avaient toujours choisi des conditions
météorologiques parfaites pour accomplir leurs missions ?
Des permissions furent donc accordées aux militaires servant les batteries de DCA et dans toutes les zones
d'occupation côtières, les différents Etat-majors relâchèrent leur attention, certains
que le débarquement ne se produirait pas à cette période de l'année.
Le 4 juin, Rommel lui-même avait regagné l'Allemagne pour fêter l'anniversaire de son
épouse. Comble d'ironie, plusieurs généraux allemands devaient se rendre le 5 juin à
Rennes pour participer à des grandes manoeuvres appelées "Kriegsspiel" (jeu de guerre).
L'exercice consisterait à jouer le rôle des alliés au cours d'un débarquement théorique
qui débuterait par un assaut de troupes parachutées et serait suivi d'un débarquement
par la mer. Le général Max Pemsel, chef d'état-major de la 7ème armée, s'inquiéta
toutefois en constatant que tous les commandants des secteurs de Normandie étaient
absents de leurs postes en même temps. Il tenta alors de les contacter mais il était
trop tard : certains étant déjà partis.
Après le jour J, Hitler fut tellement frappé par la coïncidence de tous ces
départs simultanés qu'il fut même question d'ouvrir une enquête pour savoir si des
trahisons n'étaient pas à l'origine de ces départs en permission.
C'est également le moment que choisit le Haut Commandement militaire allemand pour transférer
les dernières escadrilles de la Luftwaffe restant en France. L'objectif était de les éloigner
des secteurs sensibles tels que la Normandie, afin de les protéger d'éventuels bombardements
aériens.
Quand les officiers et soldats allemands, situés aux premières loges dans leurs bunkers virent,
à leur plus grande stupeur, des milliers de bateaux apparaître à l'horizon des plages normandes,
ils comprirent immédiatement qu'il ne s'agissait pas là d'une simple opération de diversion.
Mais personne ne prit leurs messages au sérieux. Le Führer, lui-même ne fut pas réveillé.
En fait, Hitler, pas plus que ses généraux, ne s'attendait à une offensive ce jour là !
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Le Daily Telegraph |
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Monsieur Dawe, professeur de physique sans histoire, qui vivait dans une petite ville d'Angleterre,
allait connaître lui aussi des moments de vive émotion à la veille de ces événements. Depuis plus
de vingt ans, ce professeur proposait chaque semaine des mots croisés dans le journal le "Daily Telegraph".
Toutefois, il ignorait que depuis un mois, ses mots croisés inquiétaient très sérieusement les
Etats Majors du Haut Commandement Allié. Depuis le 2 mai, en effet, il faisait l'objet d'une
enquête très sérieuse de la part des services de contre-espionnage de Scotland Yard.
"Haut seigneur féodal", "Peau rouge sur le Missouri", "Suscite des révolutions de nursery", "Il
partage son royaume avec Britannia". Telles furent les définitions qui donnèrent quelques sueurs
froides aux Alliés. Les solutions étaient respectivement: "Overlord", appellation en code de tout
le plan d'invasion Alliée, "Omaha", nom en code d'une des plus célèbres plages du débarquement,
"Mulbery", nom en code de deux ports artificiels qui devaient être mis en place au large des plages
du débarquement, "Neptune", désignation en code de l'ensemble des opérations navales du débarquement.
Dawe, stupéfait et d'une extrême bonne foi ne put que suggérer qu'il s'agissait là de simples
coïncidences pour le moins extraordinaires. Il ne fut pas plus inquiété.
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Le "V Mail" |
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Le "V Mail" fit son apparition en Angleterre dès 1942, mais ce n'est qu'en février 1945
qu'il fut mis en place en France. L'objectif de ce dispositif était de permettre
aux millions de soldats américains, se trouvant encore en Europe, de communiquer avec leurs
familles dans les délais les plus rapides. Traiter des lettres de format classique eut
représenté un travail colossal tant en terme de délai d'acheminement que de volume. Par
conséquent, un système très astucieux fut mis en place. Les soldats devaient écrire leurs
lettres sur un document spécial qu'ils achetaient pour quelques cents dans les bureaux de
poste. Ces courriers étaient alors envoyés à Villepinte (banlieue parisienne) où ils étaient
triés selon leur destination. Ils étaient alors rassemblés en paquets de mille sept cent et photographiés
sur une pellicule de 16 millimètres et de trente mètres de long. Ces mille sept cent "lettres" pouvaient ainsi
tenir dans un paquet de cigarettes. Les bobines partaient par avion dans les trois centres
de tri de "V Mail" américain : New York, Chicago et San Francisco, où elles étaient "développées",
puis imprimées sur du papier dont la taille ne dépassait pas le quart de leur format original,
avant d'être acheminées vers leur destination finale. Ce système fonctionnait également dans
l'autre sens, depuis les Etats-Unis vers l'Europe et assurait un service rapide de courrier.
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Radio Londres |
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Dès 1940, la BBC (la radio de Londres) émit chaque jour sur ses antennes une série de
messages codés qui permettait aux forces alliées basées à Londres de communiquer avec
les mouvements de la Résistance en France,
d'organiser divers sabotages et surtout de préparer le débarquement à venir. Au cours des quelques
jours précédant le débarquement, le Haut Commandement de la Résistance put ainsi capter des
centaines de messages mais, parmi eux, seuls quelques-uns avaient une réelle signification.
Le premier vers du poème de Verlaine, Chanson d'Automne, "Les sanglots longs des violons
de l'automne" annonça l'imminence du débarquement, et lorsque le second vers "blesse
mon coeur d'une langueur monotone" fut transmis, et lui aussi répété deux fois, les
résistants comprirent que l'invasion aurait lieu dans les quarante huit heures. "Il fait chaud à Suez",
"Les dés sont sur le tapis", "Le chapeau de Napoléon est dans l'arène", "John aime Marie",
"La Guerre de Troie n'aura pas lieu" ou "La Flèche ne passera pas". Tels furent quelques-uns
des messages qui indiquèrent aux résistants qu'il était temps d'accomplir leurs missions
respectives telles que la destruction de châteaux d'eau, de réseaux entiers de communication
et le dynamitage de certains réseaux routiers.
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Heureuse conclusion |
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Après tant de jours bien douloureux et difficiles, l'issue est enfin là ! La victoire,
la paix, la liberté. Pour certains et certaines c'est aussi une histoire d'amour,
pas vraiment banale, puisque "il" était américain et qu' "elle" était
française.
Plus de deux mille francaises se marièrent avec des soldats américains. Pour tromper
l'attente des quelques mois nécessaires à l'obtention des papiers qui leur permettraient
d'accompagner ou de rejoindre leur nouvel époux mais aussi pour démythifier l'image
que ces jeunes filles se faisaient des Etats-Unis, la Croix rouge américaine ouvrit
une "école" à leur intention. Il paraissait en effet absolument nécessaire d'éduquer
ces futures petites américaines de façon à ce que le choc culturel soit moins brutal
lorsqu'elles fouleraient le sol de leur nouvelle patrie. L'objectif de cette structure
était d'apprendre à ces jeunes femmes que la vie aux Etats-Unis serait probablement
plus facile qu'en France mais qu'elles ne deviendraient probablement pas des stars
d'Hollywood. |
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