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onjour!
lorsque l'on arrive en France par Calais, passage obligé pour ceux qui traversent
la Manche en provenance d'Angleterre, la traversée du nord de la France offre le
spectacle étonnant de collines noires et coniques de plus de 100 mètres de
hauteur bordant les autoroutes. Faits de mains d'hommes, ces terrils sont formés
des résidus d'extraction du charbon des mines voisines. Qui sont ces hommes du nord
aux yeux souvent bleus et dont on dit qu'ils ont dans le cœur le soleil que leur climat ne
favorise pas ? Il est impossible de comprendre cette région française sans
appréhender l'histoire des mines de charbon...
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Le "Diamant noir"
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Découvert depuis l'Antiquité, il faut attendre le XIVème siècle
pour que le charbon commence à être exploité en Angleterre et l'aube du
XVIIIème siècle pour qu'il suscite un intérêt véritable en
France. En avril 1713, la France et l'Angleterre mettent fin à la guerre de succession
d'Espagne par la signature du traité d'Utrecht.
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Le diamant noir
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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La France renonce alors à la région de Mons et son riche bassin houiller
mais reprend aux Pays-Bas espagnols les villes de Valenciennes, Douai et Lille. Il est
décidé de poursuivre l'exploitation du charbon au-delà de la
frontière nouvellement dessinée sur un axe allant de la frontière belge
à Valenciennes. Mais les recherches s'avèrent infructueuses pendant plusieurs
années. Si en Belgique les veines de charbon effleurent la surface des champs, sur le
territoire français, elles s'enfoncent sous plusieurs dizaines de mètres. Deux
décennies s'écoulent. Les travaux parsemés d'embûches ne permettent
de mettre à jour que du charbon de mauvaise qualité. Les investissements sont
colossaux apportant la ruine de certains notables qui doivent jeter l'éponge tandis que
d'autres s'obstinent. En 1735, une nouvelle fosse est creusée à Anzin, près
de Valenciennes et une veine de charbon est découverte. Celle-ci bien riche et bien grasse,
propre à tous les usages, marque le début d'une nouvelle ère, celle où
l'exploitation des mines va transformer le paysage et la vie des hommes du Nord. Cette époque
trouvera son apogée lorsque près d'un siècle plus tard, la Révolution
Industrielle entraînera une demande de cette précieuse source d'énergie
encore plus importante apportant une richesse insolente pour les uns et une misère
croissante pour les autres.
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Les mineurs
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Rapidement d'autres forages se succèdent et d'autres veines de charbons aussi riches les unes
que les autres sont découvertes. Les seigneurs de la région se lancent à leur
tour dans la bataille espérant bien obtenir une part substantielle du gâteau. Les
compagnies se multiplient et les fosses poussent alors comme des champignons. La grande difficulté
consiste à trouver la main d'œuvre nécessaire à l'exploitation de ces mines.
Attirés par l'espoir d'une vie meilleure, les paysans des campagnes environnantes affluent.
Mais c'est sans compter sur la difficulté du travail. Leur adaptation à cette nouvelle
discipline industrielle est d'autant plus difficile qu'ils sont habitués à travailler
au grand air, à la lumière du jour et d'une manière autonome puisque seule la
nature leur dicte le rythme de leur semaine. De plus, les revenus étant médiocres, ils
doivent continuer à travailler la terre pour subvenir à leurs besoins. En conséquence,
lorsqu'ils sont au fond de la mine, ils ont plutôt tendance à économiser leur force.
Il n'en demeure pas moins que la croissance de l'activité et la rentabilité atteignant des
niveaux exceptionnels, les compagnies n'ont de cesse de recruter et les campagnes, jusqu'alors quasi
désertes se peuplent et les villages se transforment en villes dans lesquelles des hommes et des
femmes venus d'un peu partout vont devoir cohabiter.
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Recette avril 2008
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Gratin au jambon et aux champignons
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Cooking SOS!
Si vous avez des problèmes pour préparer cette recette, envoyez un email à
Chef@FranceMonthly.com
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Le paysage minier
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C'est ainsi que se dessine un nouveau paysage dans les campagnes du nord de la France. Autour de la fosse
édifiée sur une butte haute de quelques mètres formée par les matériaux
extraits du puits que l'on a creusé se dresse un enchevêtrement de bâtiments annexes :
la forge, la cabane qui permet aux ouvriers de se changer, l'écurie pour les chevaux indispensables
au fonctionnement du mécanisme par lequel on remonte le charbon et puis les bureaux où se
gère toute la partie administrative.
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Les terrils
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Au début du XIXème, s'ajoutent à ce paysage les corons, de longues lignes de maisons
basses en brique accolées les unes aux autres. La concurrence entre les compagnies minières
est si féroce que la première difficulté pour elles consiste à garder leurs
mineurs. Alors, pour fidéliser les ouvriers qui jusque là vivaient dans des logements
de fortune plus proches de cabanes que de véritables maisons, les compagnies décident
de faire construire de vrais logements. Même si ces nouvelles habitations sont petites et proposent
un confort rudimentaire, elles offrent aux mineurs un véritable lieu de vie pour installer leurs
familles. L'intérêt des patrons est double : en offrant un logement à faible coût
à leurs ouvriers, ils les stabilisent auprès de leur lieu de travail mais aussi accroissent
leur dépendance à la mine. Petit à petit, les habitants abandonnent leurs habitudes
paysannes d'autoproduction et achètent leurs biens de consommation dans les magasins et les
coopératives dirigées eux aussi par les compagnies minières ; la plupart s'endettent
pour se nourrir.
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Les porions
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Après avoir recruté la main d'œuvre nécessaire à l'exploitation des mines,
les compagnies tentent de fidéliser les mineurs mais dans le même temps mettent le plus
souvent tout en place pour les asservir.
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La tour du forage
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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L'objectif est de créer un véritable prolétariat de la mine, seul moyen de
canaliser ces hommes que les conditions misérables de vie et de travail rendent prompts
à la rébellion et de leur imposer une stricte discipline absolument nécessaire
dans un cadre de travail dangereux, effectué en milieu hostile. Des mineurs
sélectionnés pour leur compétence et peut être aussi un peu pour leur
docilité face à un patronat de plus en plus exigeant, obtiennent une promotion et
deviennent contremaîtres, les porions. Ils sont chargés de contrôler le travail
effectué dans la mine, la productivité de chacun, l'assiduité au travail, le
respect des horaires... Mais leur fonction ne s'arrête pas là : logés dans des
maisons certes un peu plus confortables, ils vivent dans les mêmes cités que les mineurs
et doivent également veiller au calme dans les quartiers. Déclassements, amendes font
partie des moyens répressifs dont ils disposent pour mener à bien leur mission. Inutile
de préciser que leurs rapports avec les mineurs sont difficiles. Néanmoins, force est de
constater qu'il devient extrêmement difficile pour les mineurs de ne pas se plier aux règles
de vie imposées par les compagnies minières.
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Hue !
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Le rituel des mineurs est le même chaque jour. Ils arrivent à la fosse à pied ou
à vélo, troquent leurs vêtements de jour qu'ils accrochent à de longs filins
dans la "salle des pendus" contre leurs tenues de travail.
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La salle des pendus
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Après un passage obligé par la lampisterie où un employé leur remet
une lampe, outil de travail précieux, source de vie mais aussi de danger. Sans elle, ils
ne peuvent pas ni se déplacer dans les galeries, ni travailler, ni surtout détecter
ce gaz de houille si dangereux appelé "grisou" qui provoqua tant d'accidents. Au tout
début de l'exploitation des mines, hommes, femmes et enfants descendent de plus en plus
profondément au moyen d'échelles verticales. Les chutes sont nombreuses. Au début
du XIXème, l'installation de cages permettant au moyen de câbles de descendre et de
remonter les mineurs constitue un progrès non négligeable. Mais lorsque les mineurs
s'entassent par dizaines dans ces cages minuscules, l'angoisse est profonde. Au-delà des
accidents quelquefois provoqués par un câble qui lâche soudainement, la descente
sur plusieurs centaines de mètres se fait à une telle vitesse que certains mineurs ont
la sensation d'être devenus sourds lorsqu'ils arrivent en bas.
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Les fantômes de la mine |
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Les conditions sont extrêmes et les risques constants : éboulements, chutes, inondations,
incendies provoqués par l'inflammation du grisou. Les accidents sont nombreux, certains plus
terribles que d'autres. Ils sont d'autant plus dramatiques que des familles entières sont
touchées par les drames : le grand-père, le père et les fils travaillent souvent
ensemble dans la même équipe car le paiement du salaire est global et non individuel.
Une terrible catastrophe a marqué les esprits des mineurs à tout jamais : l'explosion de
la mine de Courrières le 10 mars 1906. La Compagnie des Mines de Courrières emploie 3000
ouvriers. Ce matin là, à 6h30, 1425 hommes des équipes de jour viennent de descendre
lorsqu'une terrible explosion se fait entendre au puits # 3. La déflagration est telle que les
installations de surface sont soufflées, un ouvrier est même tué à la surface.
Par miracle, quelques mineurs parviennent à ressortir, mais 1100 d'entre eux sont restés au
fond. Les équipes de sauvetage s'organisent tant bien que mal dans des conditions particulièrement
difficiles car le feu fait rage, l'air est vicié et les galeries menacent de s'effondrer. Lors des
obsèques on ne sait qui de la colère où de la douleur est la plus extrême.
Toute la communauté des mineurs est présente. A Billy Montigny, le cortège dépasse
le kilomètre. Trois semaines après le drame, le vendredi 30 mars, une équipe en charge de
la surveillance des galeries découvre treize survivants miraculés mais dans un état de
faiblesse extrême. Cinq jours plus tard surgit de nulle part un quatorzième rescapé.
Comme souvent, les femmes sont les premières à se lancer dans un vaste mouvement de révolte
pour dénoncer les mauvaises conditions de travail. Comme toujours, le mouvement est rapidement
réprimé par les forces de l'ordre et un mois plus tard de nouveaux mineurs recommencent leur travail.
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Les loisirs des mineurs
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Les compagnies organisent presque tout : le logement, le ravitaillement, le travail mais aussi les
distractions des mineurs. Pour lutter contre les dangers de l'alcoolisme mais aussi les discussions
pouvant provoquer des rébellions, les patrons incitent leurs ouvriers à faire partie
de groupe de fanfares ou de chants.
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Les pigeons voyageurs
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Bien plus qu'une invitation, ils exigent d'eux un véritable engagement. Les mineurs doivent
signer un contrat d'une durée de trois ou cinq ans. S'ils rompent le contrat avant terme,
ou ne sont pas assidus, ou même simplement en retard aux répétitions, ils
reçoivent des amendes. Mais dans cette région où, faute de relief
intéressant et de végétation luxuriante les promenades ne sont pas
l'activité préférée des habitants, il est une distraction qui prend
une ampleur considérable : l'élevage et le dressage des pigeons voyageurs. Les amateurs
découvrent en cette activité une véritable échappatoire à leur
quotidien difficile. La colombe représente un monde pur, beau et libre. Très tôt,
les "coulonneux" se regroupent en société mais contrairement aux autres activités,
celles-ci ne sont pas gérées par les compagnies. Ils retrouvent avec bonheur dans la
pratique de ce loisir une véritable capacité d'initiative, d'observation et de
réflexion, tout ce qui leur est interdit au fond de la mine.
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Invitation au voyage... |
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Si vous passez par le Nord, nous ne pouvons que vous recommander de faire une halte au Centre
historique minier de Lewarde situé à l'Est de Douai. Vous trouverez là
le plus grand musée de la mine en France. L'histoire passionnante de trois siècles
d'exploitation du charbon vous sera contée par un authentique ancien mineur. Il vous
fera partager la fierté de ces hommes et de ces femmes qui ne manquaient pas de courage,
vous décrira les difficultés rencontrées au quotidien mais vous fera aussi
comprendre ce sentiment profond d'appartenance à la communauté unie et solidaire des
mineurs qui les animait même dans l'adversité. N'hésitez pas à consulter
leur site Internet en anglais : http://www.chm-lewarde.com/english/index2.htm.
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