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onjour!
Ce mois-ci, nous souhaitons vous faire découvrir une grande ville de France, Bordeaux,
dont la renommée excède largement les frontières européennes. Son
nom, synonyme de prestige et d’exception, est à l’image de ses vins tant recherchés
des amateurs. Nous vous proposons, dans cette première lettre sur Bordeaux, de découvrir
une partie de la très riche histoire qu'a connue cette ville.
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Une ville prospère
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Au premier siècle avant Jésus Christ, les Romains envahissent la Gaule et arrivent
à Burdigala, premier nom donné à Bordeaux : ils pénètrent alors
dans une ville riche depuis déjà plusieurs siècles. En effet, la cité
a depuis longtemps développé un commerce international très fructueux
grâce à son activité portuaire.
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La Garonne et Bordeaux
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Les échanges commerciaux avec Londres, Trèves, Naples et plusieurs villes espagnoles
ont apporté à la ville à la fois prospérité et ouverture d’esprit
sur le monde. Les Bituriges, peuple gaulois de la cité et commerçants avant tout, ont compris
depuis longtemps que la guerre était un obstacle pour les affaires. De plus, ils voyagent
beaucoup et leur connaissance des pays étrangers fait d’eux un peuple ouvert à l’inconnu :
telles sont les deux raisons majeures pour lesquelles ils accueillent les romains avec bienveillance.
Non seulement ils ne s’opposent pas à ceux qu’ils pourraient considérer comme des envahisseurs,
mais ils ne répondent pas è l’appel è la résistance lancé par le chef
Gaulois Vercingétorix, en 52 avant Jésus-Christ. Les romains ne sont pas des ennemis, mais
sont au contraire considérés comme des partenaires commerciaux précieux qui
amènent l’ordre en Europe.
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Le succès de la vigne
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Depuis longtemps, les Bituriges échangent, entre autres, de l’étain et des
céréales contre de l’huile d’olive et du vin d’Italie. Dès lors que
les romains implantent avec succès des vignes dans le sud de la Gaule, les Bituriges,
qui connaissent et apprécient le vin, sont convaincus de l’enjeu. Eux aussi décident
de se lancer dans la culture de la vigne, mais au bord de la Garonne. La tentative est d’autant
plus audacieuse que la région est extrêmement marécageuse, et en apparence peu
propice aux cultures. Les premiers essais ne sont d’ailleurs pas très concluants, les jeunes
pieds de vignes ne résistant guère à l’humidité. Cependant, conscients
de l’enjeu économique, les Bituriges persévèrent. C’est finalement un
cépage d’origine albanaise qui s’adaptera le mieux à ce climat océanique doux,
ainsi qu' aux conditions géologiques de la région. En effet, l’ancêtre du Cabernet
se développe très bien dans la région bordelaise, et le succès est
immédiat. En l’an 92, l’empereur Donatien, tentant de lutter contre cette nouvelle et dangereuse
concurrence, ordonne l’arrachage de la moitié des pieds de vigne autour de la Garonne, et interdit
toute nouvelle plantation au-delà des Alpes. Mais l’impulsion est donnée : la production de
ce vin exceptionnel a déjà fait beaucoup d’amateurs, et la culture de la vigne va pour longtemps
contribuer à la prospérité de Bordeaux et de sa région.
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Recette avril 2007
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Fondant au chocolat
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Cooking SOS!
Si vous avez des problèmes pour préparer cette recette, envoyez un email à
Chef@FranceMonthly.com
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Un double rempart
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Comme partout ailleurs en Gaule, les habitants de Burdigala ne seront pas épargnés
par les terribles invasions barbares. En 276, les envahisseurs venus de l’Est traversent le pays,
pillant tout sur leur passage. Ils ne rencontrent que très peu de résistance dans
toute la Gaule romaine, divisée et complètement désarmée face à
la violence de ces attaques. La tâche est d’autant plus aisée pour eux que,lorsqu’ils
déferlent sur Bordeaux, cette ville à vocation commerciale est totalement ouverte.
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Le port de Bordeaux
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Plus de la moitié des habitants de la cité est alors massacrée,
avant que l’empereur romain des Gaules n'ordonne aux survivants de se protéger.
Ces derniers édifient alors la première muraille de la ville, derrière
laquelle ils se réfugieront pendant sept siècleset tenteront de résister
aux invasions successives des Vandales, des Wisigoths, des Francs, des Sarrasins et des Vikings.
Durant toute cette période, seules quatre portes, dont une fluviale, permettent de
pénétrer dans la ville. Les bateaux entrent par un canal, et un port intérieur
est aménagé. Quarante-six tours permettent de surveiller les environs. Mais la ville
prospère avec le temps, s'enrichissant grâce à son commerce fructueux avec
l’Angleterre, et elle s’étend petit à petit au-delà des remparts. En 1206,
la construction d’un nouveau rempart est décidée; il sera terminé en 1222 :
la ville s’agrandit et passe de trente-deux hectares à quarante-et-un. Bordeaux est donc
dotée d'un double rempart, caractéristique qu'elle partage avec la seule ville de
Carcassonne.
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La Porte Saint Eloi
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Cette deuxième enceinte consiste en une double muraille percée de six portes,
chacune étant flanquée de quatre ou six tours. A l’origine, une de ses tours,
la Porte Saint Eloi, servait de geôle, où l'on enfermait les mauvais garçons
ayant un peu trop bu... Puis, au fil des siècles, plusieurs modifications furent
apportées.
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La porte St Eloi
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Dès le XVème siècle, la Porte Saint Eloi devint le beffroi de la ville, et
un clocher y fut installé. La Grosse Cloche rythmait ainsi la vie des Bordelais
et sonnait les grands événements. On imagine alors quel fut le désarroi
des habitants lorsqu’en 1548 le roi Henri II, pour les punir, fit démonter la cloche!
Pour leur plus grande joie, elle fut cependant remise en place treize ans plus tard, et une
horloge fut également installée en 1567 (et remplacée en 1759). Puis, au
XVIIIème siècle, il fallut également remplacer la vieille cloche
fêlée. Pas moins de quatorze paires de bœufs furent nécessaires pour le
transport de la plus grosse cloche civile de France, dont le poids atteint sept tonnes et cinq
cents kilos. La magnifique porte est typique du XIIIème siècle, époque
où il fallait protéger les villes par des enceintes militaires. Haute de
quarante-et-un mètres, elle est surmontée d’une girouette en forme de léopard
doré, souvenir de la période anglaise. Symboles de liberté, le beffroi et la
Grosse Cloche figurent toujours sur les armoiries de Bordeaux.
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La Porte Cailhau
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A partir de 1302, un troisième rempart est édifié, quadruplant ainsi la superficie
de la ville. Parmi les portes défensives percées dans cette nouvelle muraille, l’histoire
de la porte Cailhau est particulièrement intéressante.
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La Porte Cailhau, Bordeaux
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Celle-ci est située non loin de la demeure d’une riche famille Bordelaise de l'époque,
la famille Cailhau, dont elle tire son nom. Deux siècles plus tard, jugée trop excentrée
et indigne du prestige de Bordeaux en cette époque où l'embellissement de la ville devient
primordial, cette porte est détruite et remplacée par un arc de triomphe de style mi gothique,
mi renaissance. Surmonté de mâchicoulis rappelant sa vocation défensive, l’édifice
est rehaussé d’une toiture en poivrière percée de lucarnes et de lanternes. Porte
d’honneur et de prestige par laquelle les rois et grands personnages pénètrent dorénavant
dans la ville, elle est édifiée juste dans l’axe de la place du Palais. En 1495, une statue du roi
Charles VIII, victorieux &eagrave; la bataille de Fornoue en Italie, bataille à laquelle la noblesse
bordelaise avait participé, vient orner l’entrée de cette porte. Les Bordelais dédient le
prestigieux monument à leur roi, le félicitant ainsi de sa victoire. Mais il s'agit aussi et
surtout de le remercier de son autorisation à reprendre le commerce du vin avec l’Angleterre. C’est
également leur façon de faire acte d’allégeance à la France et de reconnaître le pouvoir
du Roi de France.
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Le Pont de Pierre |
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Avant d’arriver à la Porte Cailhau, il faut franchir un obstacle naturel : la Garonne, fleuve
auquel se heurte Napoléon, parti conquérir l’Espagne en 1807. Ses milliers d’hommes,
ainsi que le lourd matériel de guerre, doivent alors franchir ce fleuve, large de cinq cents
mètres, au moyen de bacs, tout en tenant compte des courants et des importants coefficients de
marées :en effet, malgré les cent kilomètres qui séparent Bordeaux de
l’océan Atlantique, la variation du niveau de l’eau peut atteindre cinq mètres entre
deux marées. Fort mécontent des journées perdues à faire passer soldats
et matériel, l’empereur décide donc de faire construire un pont. Du fait de la
débâcle en Espagne et du manque de moyens, le premier pont de Bordeaux, appelé
le Pont de Pierre, ne sera finalement inauguré qu’en 1822. Néanmoins, ces travaux ont
contribué, d’une manière indirecte et inattendue à la renommée de la ville.
En effet, l’empereur venait de découvrir le procédé de la lithographie,
inventé en Allemagne, et utilisait cette technique novatrice pour les plans de construction du pont.
Ayant découvert ce procédé lors du chantier de la construction du pont, un calligraphe
bordelais eut l’idée d’utiliser la lithographie pour imprimer les étiquettes des bouteilles de
vin de Bordeaux. La technique est toujours utilisée depuis cette époque!
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Le quartier des Chartrons
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Les moines Chartreux, chassés au XIVème siècle de leur couvent Périgordin voisin,
trouvèrent un précieux refuge dans ce quartier marécageux et, à l’époque,
désert. C’est à l’abri de cette grande et riche ville, aux abords de laquelle ils se sentaient
en sécurité, qu’ils apprécièrent le calme et la solitude nécessaires à leur
vie monacale faite de prières et de méditations.
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Tonneaux dans les caves des Chartrons
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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En réalité, ils quittèrent les lieux à la fin de la guerre de cent ans, mais
laissèrent leur nom au faubourg formé autour de leur couvent : les Chartrons. C’est à ce
même endroit que s’installeront, au XVIIème siècle, des négociants venus de
Flandres, d’Allemagne, d’Angleterre et d’Irlande. Une fois les marécages asséchés,
ils trouveront cet endroit idéal pour s’y établir. C’est alors que le quartier va
réellement se développer, grâce au commerce très florissant du vin,
et à la mise en place d'un système de taxation des produits touchant Bordeaux
intra-muros. En effet, quiconque pénètre ou quitte la ville de Bordeaux avec des
marchandises doit s’acquitter d’une taxe. Mais à cette époque, le quartier des
Chartrons est situé en dehors du périmètre de la ville : c’est donc le long de
la Garonne, dans ce quartier désert, que les commerçants vont faire leurs assemblages
de vins et stocker leurs bouteilles. Les marchands habitent sur les lieux, vivant au 1er étage
afin d'éviter l’humidité. Les maisons qu'ils construisent sont toutes identiques :
elles sont munies d'une cour intérieure et toutes les façades sont tournées à
l'est, vers la Garonne. Leurs salons de réception permettent de faire déguster les vins
dans de bonnes conditions. Et tandis que les hommes partent sur les routes pour promouvoir les vins de la
région, leurs épouses font marcher les affaires à Bordeaux.
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Invitation au voyage... |
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Situé à 550 km au Sud-Ouest de Paris, à 45 minutes de l’océan Atlantique et
à 2 heures de voiture de l’Espagne, Bordeaux est une destination incontournable, dont l'histoire
permet de comprendre l’influence qu'a eue l'Angleterre sur le continent européen. La ville
possède de splendides monuments, des places illuminées, des rives aménagées,
des jardins de toute beauté et un centre ville où modernité et passé se côtoient
avec harmonie et élégance. Bordeaux est aussi incontestablement la capitale mondiale du vin. C'est
pourquoi nous vous conseillons de vous arrêter dans le « bar à vin » situé juste en face
de l’office du tourisme : vous pourrez ainsi assister à votre premier cours d’oenologie, ou simplement
déguster de très grands vins de Bordeaux, servis à des prix raisonnables, dans un cadre
original où toutes les époques se rencontrent.
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