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Dans ce numéro : |
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La Rochelle, "la ville blanche" |

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A la Rochelle, on ne badine pas avec l'amour |
Ville libre, ville démocrate, la Rochelle n'en demeurait pas moins autrefois une cité
où il ne faisait pas bon être fille de mauvaise vie ou coureur de jupons...
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Les Favorites en guerre |
On est à la Cour de France en 1531, bien loin de la Rochelle et pourtant...
Madame d'Etampes, favorite du roi François 1er, est jeune, belle et folle de rage
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La Rochelle, la Rebelle brisée |
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Au début du XVIIème siècle, La Rochelle est une ville prospère,
ouverte aux idées nouvelles. De nombreux protestants y sont venus trouver refuge
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Le Nouveau Monde |
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Certains choisissent la Hollande, l'Angleterre, mais pour d'autres
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Les Corsaires |
C'était inévitable, La Rochelle, ville prospère grâce à son commerce
maritime eut son lot de corsaires
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onjour!
ce mois ci nous avons choisi de dédier notre lettre d'information à un village de pêcheur
métamorphosé, au fil des siècles, en un des ports les plus charmants des
côtes françaises : La Rochelle. Tantôt française, tantôt anglaise, la ville aux
tours blanches, a tout connu : les guerres, les maladies et la prospérité. Quels que soient
les épisodes tragiques ou heureux de son histoire, elle a constamment revendiqué une
certaine indépendance et a toujours su réagir face à l'adversité grâce
à sa fierté, à sa volonté et à l'intelligence de ses habitants.
Située à quatre cent quatre-vingt kilomètres au sud-ouest de Paris en bordure de
l'Océan Atlantique, La Rochelle est une ville de caractère, pittoresque et de toute
beauté dont nous vous dévoilons maintenant les secrets.
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Une ville libre
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Modeste hameau de pêcheurs, c'est au XIIème siècle que le village va prendre
véritablement son essor. En effet, vers 1140, Guillaume X, comte de Poitou fait de La Rochelle
un port libre, lui accordant le droit de s'ériger en commune. La cité jouit
désormais d'une certaine autonomie administrative et judiciaire, réduisant ainsi
l'influence des seigneurs bien trop puissants au yeux du pouvoir royal qui
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La Rochelle et son port vue d'avion
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accepta alors de renoncer à un certain contrôle et notamment au
prélèvement de quelques taxes. Cinquante ans plus
tard, Aliénor d'Aquitaine confirme la charte communale octroyée par son père
et La Rochelle nomme alors son premier maire, Guillaume de Montmirail, ses vingt quatre
échevins, magistrats qui assistent le bourgmestre et soixante-quinze notables qui ont
désormais droit de juridiction sur les habitants. Les Rochelais jouiront de nombreux
privilèges, dont celui de "battre monnaie", c'est-à-dire de fabriquer dans leurs
ateliers la monnaie royale ainsi que de nombreuses franchises les exemptant ainsi de quelques taxes. Les bourgeois
en tireront également de nombreux avantages. En 1406 par exemple, ils seront, par
volonté royale, dispensés d'assister aux supplices des condamnés
organisés en place publique ! Quelle faveur !
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Une reconnaissance éternelle
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Au XIIème siècle, même si l'essor de la ville est directement lié
à son commerce maritime, les échanges ne se font qu’avec les pays limitrophes,
l'Angleterre, la Hollande, l'Espagne. Un riche bourgeois, Alexandre Auffredi, décide
de tenter l'aventure et d'envoyer une flotte vers l'Afrique, ce continent lointain qui, à
ce que l'on raconte, renferme des produits extraordinaires. Confiant, il place toute sa fortune
dans ce projet un peu fou. C'est une flotte de sept navires chargés de sel et de vin qui
met les voiles vers cette destination en l'an 1196. Puis il guette le retour de ses bateaux,
en vain. Il a joué et il a perdu... semble-t-il. Les années s'écoulent
infructueuses. Tout le monde lui tourne le dos : ses parents, ses amis, ses créanciers.
Seule, son épouse reste à ses cotés. Ruiné, il vend son hôtel
particulier et tous ses biens pour payer ses dettes. Sept années plus tard, une flotte
rentre au port et le commandant demande à rencontrer maître Auffredi. C'est un mendiant
que l'on déniche dans une rue des quartiers pauvres. Il n'y croyait plus et pourtant ses
bateaux sont enfin revenus remplis d'or, d'ivoire, d'épices et de bois précieux...
le voilà immensément riche. Pour marquer sa profonde reconnaissance, il décide
de consacrer sa vie et sa fortune aux pauvres et fonde l'hôpital Saint-Barthélémy
où, avec l'aide de sa femme il soignera les malades jusqu'à sa mort.
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Recette avril 2006
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Amuse-bouches festifs et printaniers
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Cooking SOS!
Si vous avez des problèmes pour préparer cette recette, envoyez un email à
Chef@FranceMonthly.com
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À la Rochelle, on ne badine pas avec l'amour
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Ville libre, ville démocrate, La Rochelle n'en demeurait pas moins autrefois une cité
où il ne faisait pas bon être fille de mauvaise vie ou coureur de jupons. C'est ainsi
que près de la Grosse Horloge pendait une cage de fer appelée "Gourbeille" (qui signifie
"panier" en Charentais). On avait coutume d'y enfermer les ribaudes ou les femmes adultères
et de les plonger dans le ruisseau qui coulait juste en dessous. Le problème est que ce cours
d'eau n'avait rien de rafraîchissant, ce n'était qu'un égout à ciel ouvert.
Si les badauds se réjouissaient de ce spectacle... les voisins, eux, se plaignaient de l'odeur
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La Grosse Horloge
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nauséabonde. Il fallut pourtant attendre 1890 avant que celui-ci fût enfin recouvert.
Ainsi en 1614, pour séduire une jeune Rochelaise, Sieur Villiers n'hésite pas à
lui promettre le mariage. Bien entendu, une fois son but atteint, il n'a aucune intention de respecter
ses engagements. Fou de rage, le père de la jeune fille attaque l'imposteur en justice. Le verdict
est rendu, le jeune homme a le choix entre épouser la pauvrette ou être pendu. Mécontent
le séducteur fait appel au Parlement de Paris qui confirme la "sentence". Il est ramené de
force à La Rochelle mais réussit s'échapper. Rattrapé quelques jours plus tard,
le malheureux finit par accepter l'impitoyable décision de justice. Le joyeux mariage a lieu au
mois de mai de la même année.
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Les Favorites en guerre
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On est à la Cour de France en 1531, bien loin de la Rochelle et pourtant... Madame d'Etampes,
favorite du roi François 1er, est jeune, belle et folle de rage : au cours de la soirée,
Diane de Poitiers a été désignée comme étant la plus belle femme de
l'assemblée.
Lorsque quelques années plus tard Diane devient la maîtresse du dauphin Henri II,
fils de François 1er, la favorite du roi n'a pas oublié l'affront passé et ne
supporte pas l'idée que sa rivale puisse la remplacer le jour où Henri II
accèdera à son tour au trône.
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Le magnifique Hôtel de Ville
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Les deux femmes se détestent. C'est à cette époque que les idées nouvelles
d'un certain Martin Luther se propagent dans le royaume. Madame d'Etampes use de tous ses charmes
auprès de son royal amant pour assurer la protection de ses amis luthériens; tandis
que Diane, se dévouant corps et âme au parti catholique tente de dénoncer le
danger du protestantisme naissant. C'est la grande mode des pamphlets diffamateurs; les poèmes
insultants se succèdent. Dans l'un d'entre eux, Diane accuse Madame d'Etampes de tromper le roi
avec des réformés. Mais le roi est amoureux et ne doute pas un instant de sa dulcinée.
Pour marquer sa confiance, il prend les protestants sous sa protection. En représailles des
écrits insultants, Madame d'Etampes fait détruire quelques statues de saints à la
porte des églises. Les catholiques sont indignés. Les tensions entre les deux camps
ne cesseront désormais de s'amplifier, tristes précurseurs du massacre de la Saint
Barthélémy en 1572 et du terrible siège de la Rochelle, en 1627.
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La Rochelle, la rebelle brisée
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Au début du XVIIème siècle, La Rochelle est une ville prospère, ouverte aux
idées nouvelles. De nombreux protestants y sont venus trouver refuge, fuyant les massacres.
Au fil du temps, la Rochelle est devenue capitale pour les Huguenots.
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Entrée de l'Hôtel de Ville
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Véritable état dans l'état, la ville souhaite garder son indépendance et
marquer sa différence lorsqu'en 1627, elle signe une alliance avec les anglais. C'en est
trop pour Louis XIII et son ministre Richelieu : la guerre est déclarée pour qu’ils puissent
s'emparer définitivement de "la citadelle de la rébellion et de l'hérésie".
Un seul moyen : l’isolement. Des tranchées sont creusées et vingt mille hommes déployés
autour de la ville. Quasiment imprenable par la terre, il ne reste plus qu'à empêcher
les anglais de venir à la rescousse par la mer. Quatre mille ouvriers sont engagés pour
construire une immense digue haute de vingt mètres, longue de mille cinq cent mètres. Des dizaines
de vaisseaux chargés de pierre sont coulés dans l'entrée du port pour renforcer
l'ouvrage; seule une brèche est laissée ouverte. Le siège peut commencer. Tandis
que sur la digue, dont Richelieu est très fier, les festivités se succèdent car
la cour y a suivi son roi et son ambitieux ministre, les Rochelais tentent de résister en
attendant vainement l'aide anglaise. Mais les denrées s'amenuisent, une terrible famine s'installe.
Quatorze mois et seize jours plus tard, c'est une ville fantôme qui capitule et se rend
le 28 octobre 1628. Des vingt huit mille habitants, il ne reste plus que cinq mille survivants!
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Le Nouveau Monde |
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La Rochelle est vaincue, ses fortifications rasées, ses privilèges communaux abolis.
Il faudra plusieurs décennies pour que la ville se remette de cette tragédie humaine
et économique. Mais la paix revient, Richelieu accorde la liberté de culte aux
protestants à condition toutefois que le culte catholique soit restauré.
Une paix bien fragile, car pour ramener la foi catholique on n'hésite pas
à tuer ceux qui résistent. Et lorsque pour ramener définitivement cette unité
religieuse, Louis XIV décide en 1685 de révoquer l'Edit de Nantes qui permettait aux
Protestants de pratiquer leur religion, la paix jusqu'alors fragile, devient désormais impossible !
Les protestants ont encore en mémoire non seulement le terrible massacre de la Saint Barthélémy
au cours duquel des milliers de personnes furent sauvagement assassinées ainsi que l'impitoyable
siège de La Rochelle. Ils n'ont alors plus le choix, il faut fuir. Certains choisissent la Hollande,
l'Angleterre, mais pour d'autres comme les Rochelais dont l'océan s'offre à eux comme un
signe de liberté, il faut aller encore plus loin et ainsi immigrer vers le Nouveau Monde,
le Massachusetts et Boston, l'Etat de New York où ils fonderont New Rochelle, et la Caroline du Sud
principalement.
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Les corsaires
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C'était inévitable... La Rochelle, ville prospère grâce à son commerce maritime
eut son lot de corsaires qui contrairement aux pirates étaient des marins officiellement
engagés par le roi pour piller les vaisseaux ennemis rencontrés en mer et ramener leur butin
à sa majesté en échange d'un "pourcentage".
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La tour saint Nicolas à La Rochelle
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Nicolas Gargot est un de ceux là. Fils de protestant, il avait vécu le terrible siège
de 1628 puis s'était engagé dans la Marine. Au cours d'un combat il reçut un coup de mousqueton
dans le genou et il fallut lui couper la jambe. Mais l'appel de la mer étant le plus fort, "Jambe de Bois",
ainsi surnommé après son accident, reprit son activité préférée : sillonner
les océans en quête de précieux butins. Une nuit alors qu'il naviguait, une mutinerie
fomentée par son pire ennemi, le gouverneur de la Rochelle, ami de Richelieu, éclata sur son navire.
Surpris dans son sommeil, il tenta d'attraper sa jambe de bois mais son domestique l'avait cachée.
Impuissant, il se défendit comme il put... vainement. Arrêté, ses "lettres de courses",
documents très officiels, lui permirent d'être traité en prisonnier de guerre et non en pirate.
Faible consolation probablement car il fut jeté en prison. Libéré quelques années
plus tard, il essaya de reprendre ses activités mais l'histoire raconte qu'il mourut à la Rochelle dans
une misère noire.
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Invitation au voyage... |
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Il est des régions ou des villes en France si belles et si riches qu'il est impossible de les visiter
sans commencer par en raconter l’histoire. La Rochelle fait partie de ces sites exceptionnels.
Seule l’Histoire tragique ou heureuse peuvent permettre de comprendre le
caractère pittoresque de cette ville. L'architecture même de la Rochelle - ville libre, la ville
blanche telle que la désignaient les anglais, rebelle et indépendante - témoigne
de ce passé tumultueux. Ce sont surtout les défenses de la ville ou de vigie qui subsistent
aujourd’hui. De nombreux édifices publics témoignent de la richesse
passée de la ville : l'Hôtel de Ville, la Bourse et le Palais de Justice. Nous arpenterons les rues
de cette ville magnifique dans une prochaine lettre d’information pour vous en faire découvrir le cachet unique.
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