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onjour!
Nous avons découvert un château du Val de Loire tant unique qu’étrange... à tel point curieux que nous
ne pouvons pas résister à l'envie de vous faire partager le ravissement qui fut le nôtre lors de sa
visite et la passion de ses propriétaires, la famille Carvallo. À seulement neuf kilomètres
d’Azay-le-Rideau et à quinze kilomètres de Tours, cette demeure est le dernier des grands châteaux de
la Loire bâtis à l’époque de la Renaissance. En effet, le Château de Villandry - puisqu’il s’agit de lui
- doit sa renommée à sa décoration intérieure d’inspiration espagnole et surtout à la magnificence de
ses jardins.
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D’abord lieu d’une rencontre tragique
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Les grands faits de l’Histoire semblent toujours revenir à leur source et privilégient les mêmes endroits...
Le château que nous admirons aujourd’hui est construit sur les fondations d’une forteresse médiévale.
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Le Château de Villandry
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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En l’An 1189, au pied du donjon de la forteresse eut lieu un épisode tragique que l’Histoire a retenu...
C’est en effet ce lieu que le roi de France, Philippe II Auguste encore appelé Philippe-Auguste le
Conquérant, brillant guerrier et fin stratège, imposa comme point de rencontre au Roi d’Angleterre,
Henri II Plantagenêt, après l’avoir vaincu sur le champ de bataille d’Azay-le-Rideau, le 4 avril.
Philippe II Auguste lui signifia les termes d’un traité qui le dépossèderait d’une partie de ses fiefs
en terre de France. La légende ajoute que le roi de France fut si touché par le mauvais état de santé
du souverain anglais lors de leur rencontre qu’il lui proposa de s’asseoir, mais celui-ci refusa et
préféra rester debout, supporté par les hommes de sa garde... Son état fébrile et sa rage étaient
probablement aggravés par son courroux à la vue de son fils, alors Comte de Poitou et futur Richard
Coeur de Lion qui s’était battu au côté du roi de France. Le roi Henri II, qui lui promit de laver
l’affront dans le sang, mourut trois jours plus tard en maudissant ce fils qui l’avait trahi.
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Villandry : une destinée hors du commun
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Jean Le Breton, un Ministre des Finances du roi François Ier, fit construire ce château sur
la rive gauche du Cher au début du XVIe siècle, sur les fondations de la forteresse du Moyen âge. Si
son métier était la gestion des finances, son expérience architecturale n’en était pas moins
exceptionnelle : il avait surveillé pendant de longues années la construction du château de Chambord
et il avait également été ambassadeur de France en Italie où il avait étudié l’art des jardins.
A l’origine, le village et le domaine portaient le nom de « Colombiers » mais le ministre jugea
l’appellation trop commune. Les bonnes grâces de la famille royale, qui l’avait en grande estime,
lui permirent de changer le nom du village, du château et le sien même. Jean Le Breton se fit ainsi appeler
très vite « Monsieur de Villandry ». Ce château, comme le fut celui d’Azay-le-Rideau, était un moyen
pour son propriétaire d’acquérir un statut social important. Aussi, Jean Le Breton et sa famille
n'hésitèrent-ils pas à engloutir toute leur fortune pour embellir le château et son parc. Mais, honnête
ou habile, Jean Le Breton ne fut jamais disgracié, ses biens jamais confisqués comme ceux des
propriétaires d’Azay-le-Rideau ou de Chenonceau. En 1619, Balthazar, le petit-fils de Jean le Breton
fut anobli et devint « Marquis de Villandry ».
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Recette avril 2005
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Tarte aux poires
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Cooking SOS!
Si vous avez des problèmes pour préparer cette recette, envoyez un email à
Chef@FranceMonthly.com
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Une architecture « moderne »
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Le Château de Villandry détient un cachet unique et très attachant à bien des égards. En premier lieu,
la cour d’honneur est non pas fermée par un corps de bâtiments, mais tout au contraire, ouverte sur
l'extérieur. Le château perd ainsi sa fonction défensive pour devenir un lieu d'accueil et offrir le
spectacle ravissant de la rivière qui coule en contrebas.
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La vue depuis le donjon
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Le donjon d'origine, parfaitement intégré dans la construction de style Renaissance marque la volonté
de Jean le Breton de montrer, de façon symbolique, son attachement à un système féodal dont il n'était
pas issu. L'escalier en colimaçon, refait à l'identique de celui du XIIe siècle, permet d’atteindre
son sommet pour admirer les splendides jardins en toute simplicité et non plus pour surveiller les
alentours, entre deux créneaux, comme le faisaient les soldats au Moyen Âge. La géométrie de l'ensemble -
corps de bâtiment et jardins - quant à elle, bien que très présente, offre la particularité de n'être
pas obligatoirement symétrique. Vous ne trouverez pas plus d’angle droit dans l’architecture des
bâtiments que de vastes perspectives parallèles ou perpendiculaires à l’intérieur du Château de Villandry,
contrairement à celui de Versailles qui sera bâti au siècle suivant. A Villandry, tout n'est qu’effet
d'optique. Enfin, si le docteur Joachim Carvallo modifia quelques éléments de l’ensemble du site au
début du XXe siècle, ce ne fut que pour le restaurer au plus près de son état originel en suivant
l’oeuvre de Jean Le Breton et ceci malgré la disparition des plans du château.
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Une grande histoire d’amour
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Le jeune docteur espagnol Joachim Carvallo arrive en France en 1893 avec l’intention d’étudier à
Paris mais il intègre rapidement une équipe de recherche médicale et tombe amoureux d’une jeune
stagiaire américaine, Ann Coleman, fille d’un maître de forges de Lebanon en Pennsylvanie.
Ils se marient en 1899, vivent à Paris où naissent leur trois premiers enfants et sept ans plus tard,
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Canaux dans le jardin
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réunissent toutes leurs économies pour acquérir la maison familiale de leur rêve : le Château de
Villandry. Ils quittent Paris et se passionnent pour leur nouvelle vie de restaurateurs d’une propriété
d’exception et de ses abords tout en oeuvrant également à la défense des demeures anciennes. Pendant
la première guerre mondiale, le docteur Carvallo, naturalisé français, est médecin militaire et il
transforme une partie de son domaine en hôpital pour soigner les blessés avec l’aide de sa femme.
Une fois le conflit terminé, ils pourront assouvir leur passion en transformant le parc romantique
initialement créé par Jean Le Breton et dessineront une série de jardins d’une éblouissante beauté que
nous pouvons admirer encore aujourd’hui.
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Les plus beaux jardins de France
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Véritable oeuvre d’art inspirée de la Renaissance, les Jardins de Villandry, classés au titre des
Monuments Historiques français depuis 1934 se distinguent par leur géométrie parfaite, les allées
se coupant à angle droit. Les canaux traversent les jardins, les terrasses sont établies sur différents
niveaux et le spectacle du mélange des couleurs de centaines de variétés de plantes et fleurs réjouit
les amoureux de telles beautés.
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Jardins vus depuis le château
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Pourtant, l’harmonie des jardins est d’une grande simplicité, particulièrement reposante aux yeux
du visiteur. Joachim Carvallo va s’inspirer des jardins de la Renaissance mais sans prendre aucun
modèle prédéfini. En vrai esthète, usant d'une créativité teintée par sa culture espagnole, il élabore chacun
de ses jardins comme autant de cloîtres disposés les uns à coté des autres. Il entreprend, dès le
début, l’abattage des arbres du parc romantique d’origine, dégage les douves et reprend la forme
générale des terrasses et du grand bassin. C’est sur cette base qu’il va redessiner ces jardins dont
les plantes basses sont pour la plupart annuelles, nécessitant un entretien permanent,
et un renouvelement incessant. Sur la parcelle la plus élevée, le jardin d’eau est conçu comme un vaste plan
d’eau qui sert également à l’alimentation des fontaines, des canaux et à l’arrosage des jardins par le
simple principe des vases communiquants.
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Le Jardin d’Amour |
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Réalisé par le docteur Carvallo et deux de ses compatriotes espagnols, ce jardin est la pièce maîtresse
de son oeuvre. Chaque massif évoque un des quatre sentiments amoureux : l’amour tendre avec ses coeurs
et ses masques formés de bordures de buis, l’amour-passion avec ses coeurs brisés, l’amour volage avec
ses massifs en forme de cornes et d’éventails et l’amour tragique avec ses lames de couteau. A l’intérieur
de chaque massif, le choix fort pertinent des fleurs et de leur couleur tantôt orangée pour la tendresse,
tantôt rouge pour la tragédie ou encore jaune pour l’adultère, accentue la puissance du sentiment
amoureux. Deux fontaines aux intersections des allées complètent parfaitement l’ensemble géométrique
pour notre plus grand régal. Plus au loin, des parterres dessinés comme une broderie reprennent les
motifs de la Croix de Malte, de celles du Pays Basque et du Languedoc. Le Jardin d'Amour est en fait plus
large au sud pour contrarier l’effet de perspective. Ainsi, quand vous regarderez le jardin depuis le
château, les deux allées vous sembleront parallèles alors qu’elles ne le sont pas en réalité... Il s’agit
probablement du seul « défaut » délibéré de symétrie des Jardins de Villandry ! C’est pour cela que le
panorama sur les jardins ne prend sa dimension que par une vue les surplombant et ceci explique la raison pour laquelle les
Jardins de Villandry sont uniques : le château est le point de départ de leur visite...
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Le jardin potager
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En vrai pragmatique, pour nourrir les malades hospitalisés, le docteur Carvallo avait créé pendant
la Première Guerre Mondiale, le jardin potager qui conserva sa préférence. Il se compose de neuf
carrés, tous différents, dont le savant mélange de deux cent cinquante mille plants de légumes et
de fleurs n’a aujourd’hui qu’une vocation décorative de très grande qualité.
Neufs jardiniers veillent sur l'entretien et le renouvellement régulier des plantes pour assurer
une harmonie des couleurs tout au long du printemps, de l’été et de l’automne qui est la saison
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Le potager et le château
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de l’année la plus propice pour admirer la couleur pourpre des choux décoratifs. En fait, ce sont
plus de quarante légumes qui transforment ce jardin en un immense et extraordinaire damier
multicolore de dix mille mètres carrés ! Le rouge vif des tomates, le mélange des couleurs violettes
et blanches des aubergines, les différents tons verts des laitues forment un contraste saisissant
avec les poivrons rouges, jaunes, verts ou les potirons orangés sinon avec les autres cucurbitacées
qui se parent de leurs plus belles couleurs, au pied de rosiers tiges en fleurs... Vous aurez la
certitude enfantine de visiter un monde magique !
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Invitation au voyage |
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Il ne nous faut pas oublier d’évoquer le jardin des simples dans lequel sont cultivées les plantes
aromatiques et médicinales. Un labyrinthe végétal complète cet ensemble de jardins uniques au monde
qui attirent près de trois cent cinquante mille admirateurs, chaque année, au cœur de la Vallée des
Rois ! Henri Carvallo, le petit-fils du docteur, est toujours le maître de ces lieux enchanteurs et
il poursuit passionnément l’œuvre de son grand-père. Rarement une telle oeuvre horticole a
atteint un tel niveau de sophistication : la beauté majestueuse dans un écrin naturel. Bonne visite !
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