Mars 2009
Dans ce numéro :
Le "Vieux Lyon"
Albi, la ville rouge, France
Naissance de l’industrie de la soie
Louis XI souhaitait installer une manufacture de soierie à Lyon et faire venir des maîtres et des ouvriers d’Italie. Pour inciter la population à apprendre le métier . . .
Les Canuts à la Croix Rousse
En 1801, Joseph Marie Jacquard, fils de canut, mit au point un métier à tisser mécanique qui allait révolutionner la profession . . .
Le "pré" de Bellecour

Lorsqu’en septembre 1658, Louis XIV alors âgé de vingt ans, effectue ce voyage à Lyon, il est accompagné d’une jeune femme dont il est éperdument amoureux . . .

Les murs peints
Une façon différente et originale de découvrir la ville de Lyon s’offre aux visiteurs : une multitude de murs peints. Bien plus que de simples oeuvres picturales . . .
Guignol
Comme des milliers de canuts, Laurent Mourguet se retrouve au chômage lorsqu’après la Révolution la cour se désintéresse des soieries lyonnaises . . .
Cathédrale St Jean à Lyon

Albi, la ville rouge, France onjour!
ce mois-ci nous avons choisi de revenir dans une ville que nous aimons particulièrement. Située à 450 kilomètres au sud de Paris mais à deux heures seulement de Paris grâce au Train Grande Vitesse, cette ville a longtemps été un point de passage obligé entre l’Italie et l’Europe du Nord pour des raisons géographiques. Nous avons eu envie de poursuivre avec vous notre visite dans les rues et le passé si riche de Lyon, la célèbre capitale des Gaules.

Avant de continuer votre lecture, nous vous rappelons que vous pouvez lire les lettres d'information déjà publiées à http://www.francemonthly.com/. Un lien vers la version française existe en bas de chaque document que vous pourrez consulter en anglais.
Le "Vieux Lyon"
Après quatre siècles de domination absolue et tout-à-fait réussie, l’empire romain s’effondre. Une période d’incertitude et de tous les dangers lui succède. Les barbares envahissent la région de Lyon en détruisant tout sur leur passage. Les pillards s’emparent notamment du plomb des aqueducs romains.
Rive droite de la Saône, Lyon, France
  Rive droite de la Saône
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Privés d’eau, les habitants désertent leurs belles demeures de la colline de Fourvière pour se fixer sur les bords de la Saône. Ils s’installent sur la vieille voie celtique qui relie ce que sont aujourd’hui les quartiers Saint-Georges, Saint-Jean et Saint-Paul formant un long couloir étroit entre les collines et la rivière. Les maisons se collent les unes aux autres dans des rues insalubres et sombres. La vieille cité prend ainsi forme à proximité de sa cathédrale. Puis la population ne cessant de croitre dans ce quartier, une deuxième rangée, puis une troisième rangée de maisons parallèles aux premières s’élèvent peu à peu. N’ayant pas accès direct à la rivière, la ville accorde à ses nouveaux arrivants de percer des passages à travers les immeubles plus proches de l’eau. Les premières traboules virent donc le jour dans le "Vieux Lyon", sur la rive droite de la Saône. Ainsi, lorsque les maisons furent reconstruites au moyen-âge, les traboules persistèrent.
Une ville riche

Au Moyen-âge, l’indépendance et la richesse d’une ville tenaient essentiellement au privilège que le roi lui accordait soit sous la forme d’un statut de commune avec des franchises de taxes et un parlement relativement indépendant soit lorsque le roi avait autorisé l’ouverture d’une université. Il était une autre manière pour une ville de s’enrichir et c’est ce dont la ville de Lyon bénéficia : la tenue de foires. En 1420, pour récompenser les Lyonnais de leur fidélité, le dauphin Charles VII leur accorda deux foires par an, puis une troisième en 1443. Vingt ans plus tard, Louis XI en accorda même une quatrième. Il interdit dans le même temps à ses sujets et aux marchands étrangers fréquentant le royaume de se rendre aux foires de Genève. Pour attirer ces derniers, il décida également d’exonérer leurs marchandises de toutes taxes, d’assurer leur sécurité et de renoncer au "droit d’aubaine" par lequel il se réservait la possibilité de confisquer les biens des étrangers morts sur le sol de France. En même temps que les foires, les banquiers italiens firent leur apparition en terre lyonnaise, suivis des financiers allemands et suisses. Lyon devint un centre de transit international et un espace financier majeur. La ville recevait et réexportait les épices importées de Venise et de Gênes, les draps de soie, les velours, les taffetas, les damas de grand luxe venus eux aussi d’Italie.

Albi, la ville rouge, France
Recette Mars 2009  
Bouchées aux anchois
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Temps de préparation et cuisson : 40 minutes
Pour une vingtaine de bouchées
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Albi, la ville rouge, France L'histoire de France Monthly
Naissance de l’industrie de la soie
  Louis XI souhaitait installer une manufacture de soierie à Lyon et faire venir des maîtres et des ouvriers d’Italie. Pour inciter la population à apprendre le métier, il promit des exemptions de taxes. Sous le prétexte de mécontenter les riches marchands italiens, les lyonnais refusèrent. Il fallut attendre le début du XVIème siècle pour que François 1er, évoquant des raisons économiques, mais en fait parce qu’il souhaitait ruiner l’Italie avec lequel il était en guerre, reprenne l’idée et réussisse là où son prédécesseur avait échoué.
La Tour Rose à Lyon, France
La Tour Rose à Lyon
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Un siècle plus tard, la qualité de la soie lyonnaise était très appréciée dans toute l’Europe et cette industrie extrêmement florissante faisait vivre, peu avant la Révolution, plus de la moitié des habitants de Lyon. Peu à peu dans le quartier Saint Jean, de magnifiques demeures de style Renaissance firent leur apparition attestant de l’extrême richesse des fabricants-marchands qui fournissaient la soie et la vendaient une fois tissée. C’est aussi à cette époque que l’on rajouta des étages dans les immeubles quasi insalubres de ce même quartier pour installer les métiers à tisser sur lesquels les canuts passaient des heures à fabriquer les pièces de tissus en échange d’un salaire de misère.
 
 
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Les Canuts à la Croix Rousse
 
  En 1801, Joseph Marie Jacquard, fils de canut, mit au point un métier à tisser mécanique qui allait révolutionner la profession. L’engin pouvait être manipulé par un seul ouvrier, là où jusqu’alors l’intervention de plusieurs personnes était nécessaire.
Murs peints à la Croix Rousse, Lyon, France
Murs peints à la Croix Rousse
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Plusieurs couleurs pouvaient désormais être tissées sur une même étoffe alors qu’une seule nuance était possible auparavant. Enfin, il permettait de réaliser son ouvrage plus rapidement. Ce métier présentait toutefois deux inconvénients : le premier est qu’il mesurait près de quatre mètres de haut, donc impossible à installer dans les vieilles demeures du quartier Saint-Jean. C’est ainsi qu’il fallut construire de nouveaux immeubles répondant à ces critères. Le quartier choisi fut la colline de la Croix Rousse. Les canuts acceptèrent de déménager mais exigèrent que soit prévu le percement de traboules afin de leur permettre de livrer les pièces une fois tissées chez les marchands restés dans le Vieux Lyon en bord de Saône plus rapidement et à l’abri des intempéries et de la boue. Le second inconvénient est qu’un seul homme suffisait pour tisser plus rapidement une pièce. Les ouvriers craignirent le chômage mais la demande forte et croissante de tissu sous le Premier Empire permit d’éviter ce fléau tant redouté. Néanmoins, les métiers à tisser n’empêchèrent pas les salaires de misère qui furent la véritable origine des terribles révoltes de 1831 et 1834.
 
 
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Le "pré" de Bellecour
 
  Lorsqu’en septembre 1658, Louis XIV alors âgé de vingt ans, effectue ce voyage à Lyon, il est accompagné d’une jeune femme dont il est éperdument amoureux : Marie Mancini, nièce du cardinal Mazarin.
Place Bellecour, Lyon, France
Place Bellecour
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Il aime à se promener sur cette ancienne place d’armes qui n’est encore qu’un vaste pré pour "fleureter" (origine du mot "flirt" en anglais) avec sa dulcinée. Il dote par ordonnance le "pré de Bellecour" d’un statut de place royale sur laquelle "ne devait être bâti aucun édifice pour quelque cause que ce soit". La place prend officiellement le nom de place Louis-le-Grand et une statue équestre y est élevée en l’honneur du roi-soleil. Dès le XVIIIème siècle, de somptueux hôtels particuliers se dressent autour de la place qui devient avec ses bassins et ses tilleuls un lieu de promenade et de rencontre très prisé des plus fortunés. Malheureusement, tandis que le jeune souverain et Marie se promettaient un amour éternel, Mazarin oeuvrait pour que les deux royaumes les plus puissants de l’époque, l’Espagne et la France fassent enfin la paix. La raison d’état l’emporta sur la belle histoire d’amour et la petite italienne reçut l’ordre de disparaître à tout jamais. Louis XIV épousa à contre coeur l’infante d’Espagne Marie-Thérèse. Désormais, le seul témoin de cette histoire d’amour contrariée est une des plus grandes places d’Europe : la place Bellecour.
 
 
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  Les murs peints  
  Une façon différente et originale de découvrir la ville de Lyon s’offre aux visiteurs : une multitude de murs peints. Bien plus que de simples oeuvres picturales qui par leurs couleurs ou le jeu du trompe-l’oeil souvent utilisé apporteraient un peu de gaîté à des citadins toujours pressés, c’est toute l’histoire de l’agglomération lyonnaise qui est mise en scène sur les façades et qui valent que l’on s’y attarde. A commencer par l’immense fresque de 400 m2 située à l’angle du quai de la Pêcherie et de la rue de la Platière dans le 1er arrondissement : la Bibliothèque de la Cité. Sur ce mur, des centaines de noms d’écrivains de Lyon et de Rhône-Alpes apparaissent rappelant que l’édition lyonnaise fut la troisième d’Europe à une époque où l’imprimerie était encore balbutiante. A l’angle du quai Saint-Vincent et de la rue de la Martinière, trente personnages célèbres qui ont construit à leur manière l’histoire de Lyon se côtoient sur 800 m2 défiant les siècles : de l’empereur romain Claude né à Lyon ; à Paul Bocuse, grand chef cuisinier très charismatique ; en passant par les frèresLumière inventeurs du cinématographe ; à Saint-Exupéry, lyonnais lui aussi et père du "Petit Prince". Impossible de les décrire tous en quelques lignes et d’évoquer tous les murs peints dans la ville et aux alentours puisque l’on en compte 450.
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  Guignol  
  Comme des milliers de canuts, Laurent Mourguet se retrouve au chômage lorsqu’après la Révolution, la cour se désintéresse des soieries lyonnaises au profit de la toile de Jouy. Plus par nécessité que par vocation, il devient "arracheur de dents".
Guignol, la fameuse marionnette, Lyon, France
Guignol, la fameuse marionnette
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Comme le veut la tradition de l’époque on attire le client par un spectacle de marionnettes et on bat le tambour pour couvrir les cris de douleur. Pour distraire ses clients, Laurent Mourguet badine sur les thèmes de la Commedia dell’arte à l’aide d’une marionnette venue elle aussi d’Italie, Polichinelle. Son succès est tel qu’il va créer ses propres marionnettes, le premier est "Gnafron", un cordonnier haut en couleurs et un peu porté sur le Beaujolais, puis Guignol fait son apparition pour lui donner la réplique. Il porte le vêtement des canuts et règle ses comptes avec une société que son inventeur juge injuste et impitoyable. Ses successeurs poursuivront dans le même sens à tel point que le personnage déjà mythique jugé trop révolutionnaire sera censuré sous Napoléon III. Mais l’esprit Guignol est né et l’impact est tel qu’il est aujourd’hui devenu un nom générique pour tous les spectacles de marionnettes. Mais ne nous y trompons pas, Guignol est avant tout Lyonnais et parler de Lyon sans évoquer Guignol relèverait du sacrilège !
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  Invitation au voyage...  
  Lyon a vu naître bon nombre de génies dont les inventions ou oeuvres bouleversèrent le monde entier : André-Marie Ampère, inventeur du télégraphe, Charles Mérieux, chimiste et biologiste, père de nombreux vaccins qui sauvèrent des millions de vie, Auguste et Louis Lumière, inventeurs du cinématographe ; deux frères sans lesquels Hollywood ne serait peut-être pas ce qu’il est aujourd’hui. Antoine de Saint-Exupéry, passionné d’aviation et d’écriture, auteur du "Petit Prince"... pour ne citer que quelques unes des personnalités qui contribuèrent à la réputation de Lyon comme une ville de tradition et de modernité. Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, la capitale des Gaulles regorge de richesses architecturales et culturelles à la découverte desquelles nous vous recommandons de partir. Mais Lyon, c’est aussi la grande capitale de la gastronomie qui attire les gourmets du monde entier !


 
 
 
 
 
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