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onjour!
ce mois-ci nous avons choisi de revenir dans une ville que nous aimons particulièrement.
Située à 450 kilomètres au sud de Paris mais à deux heures seulement
de Paris grâce au Train Grande Vitesse, cette ville a longtemps été un point
de passage obligé entre l’Italie et l’Europe du Nord pour des raisons géographiques.
Nous avons eu envie de poursuivre avec vous notre visite dans les rues et le passé si riche
de Lyon, la célèbre capitale des Gaules.
Avant de continuer votre lecture, nous vous rappelons que vous pouvez lire les lettres d'information
déjà publiées à http://www.francemonthly.com/. Un lien vers la version française existe
en bas de chaque document que vous pourrez consulter en anglais.
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Le "Vieux Lyon"
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Après quatre siècles de domination absolue et tout-à-fait réussie,
l’empire romain s’effondre. Une période d’incertitude et de tous les dangers lui
succède. Les barbares envahissent la région de Lyon en détruisant tout
sur leur passage. Les pillards s’emparent notamment du plomb des aqueducs romains.
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Rive droite de la Saône
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Privés d’eau, les habitants désertent leurs belles demeures de la
colline de Fourvière pour se fixer sur les bords de la Saône. Ils
s’installent sur la vieille voie celtique qui relie ce que sont aujourd’hui les
quartiers Saint-Georges, Saint-Jean et Saint-Paul formant un long couloir étroit
entre les collines et la rivière. Les maisons se collent les unes aux autres dans
des rues insalubres et sombres. La vieille cité prend ainsi forme à
proximité de sa cathédrale. Puis la population ne cessant de croitre
dans ce quartier, une deuxième rangée, puis une troisième
rangée de maisons parallèles aux premières s’élèvent
peu à peu. N’ayant pas accès direct à la rivière, la ville
accorde à ses nouveaux arrivants de percer des passages à travers les
immeubles plus proches de l’eau. Les premières traboules virent donc le jour
dans le "Vieux Lyon", sur la rive droite de la Saône. Ainsi, lorsque les maisons
furent reconstruites au moyen-âge, les traboules persistèrent.
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Une ville riche
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Au Moyen-âge, l’indépendance et la richesse d’une ville tenaient
essentiellement au privilège que le roi lui accordait soit sous la forme
d’un statut de commune avec des franchises de taxes et un parlement relativement
indépendant soit lorsque le roi avait autorisé l’ouverture d’une
université. Il était une autre manière pour une ville de
s’enrichir et c’est ce dont la ville de Lyon bénéficia : la tenue de
foires. En 1420, pour récompenser les Lyonnais de leur fidélité,
le dauphin Charles VII leur accorda deux foires par an, puis une troisième
en 1443. Vingt ans plus tard, Louis XI en accorda même une quatrième. Il
interdit dans le même temps à ses sujets et aux marchands étrangers
fréquentant le royaume de se rendre aux foires de Genève. Pour attirer
ces derniers, il décida également d’exonérer leurs marchandises
de toutes taxes, d’assurer leur sécurité et de renoncer au "droit d’aubaine"
par lequel il se réservait la possibilité de confisquer les biens des
étrangers morts sur le sol de France. En même temps que les foires, les banquiers
italiens firent leur apparition en terre lyonnaise, suivis des financiers allemands et
suisses. Lyon devint un centre de transit international et un espace financier majeur.
La ville recevait et réexportait les épices importées de Venise et
de Gênes, les draps de soie, les velours, les taffetas, les damas de grand luxe venus
eux aussi d’Italie.
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Recette Mars 2009
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Bouchées aux anchois
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Cooking SOS!
Si vous avez des problèmes pour préparer cette recette, envoyez un email à
Chef@FranceMonthly.com
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Naissance de l’industrie de la soie
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Louis XI souhaitait installer une manufacture de soierie à Lyon et faire venir
des maîtres et des ouvriers d’Italie. Pour inciter la population à apprendre
le métier, il promit des exemptions de taxes. Sous le prétexte de
mécontenter les riches marchands italiens, les lyonnais refusèrent. Il
fallut attendre le début du XVIème siècle pour que François 1er,
évoquant des raisons économiques, mais en fait parce qu’il souhaitait ruiner
l’Italie avec lequel il était en guerre, reprenne l’idée et réussisse
là où son prédécesseur avait échoué.
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La Tour Rose à Lyon
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Un siècle plus tard, la qualité de la soie lyonnaise était très
appréciée dans toute l’Europe et cette industrie extrêmement florissante faisait
vivre, peu avant la Révolution, plus de la moitié des habitants de Lyon. Peu
à peu dans le quartier Saint Jean, de magnifiques demeures de style Renaissance firent
leur apparition attestant de l’extrême richesse des fabricants-marchands qui fournissaient la
soie et la vendaient une fois tissée. C’est aussi à cette époque que l’on
rajouta des étages dans les immeubles quasi insalubres de ce même quartier pour installer
les métiers à tisser sur lesquels les canuts passaient des heures à fabriquer
les pièces de tissus en échange d’un salaire de misère.
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Les Canuts à la Croix Rousse
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En 1801, Joseph Marie Jacquard, fils de canut, mit au point un métier à tisser
mécanique qui allait révolutionner la profession. L’engin pouvait être manipulé
par un seul ouvrier, là où jusqu’alors l’intervention de plusieurs personnes
était nécessaire.
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Murs peints à la Croix Rousse
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Plusieurs couleurs pouvaient désormais être tissées sur une même étoffe
alors qu’une seule nuance était possible auparavant. Enfin, il permettait de réaliser
son ouvrage plus rapidement. Ce métier présentait toutefois deux inconvénients :
le premier est qu’il mesurait près de quatre mètres de haut, donc impossible à
installer dans les vieilles demeures du quartier Saint-Jean. C’est ainsi qu’il fallut construire de
nouveaux immeubles répondant à ces critères. Le quartier choisi fut la colline
de la Croix Rousse. Les canuts acceptèrent de déménager mais exigèrent
que soit prévu le percement de traboules afin de leur permettre de livrer les pièces
une fois tissées chez les marchands restés dans le Vieux Lyon en bord de Saône
plus rapidement et à l’abri des intempéries et de la boue. Le second inconvénient
est qu’un seul homme suffisait pour tisser plus rapidement une pièce. Les ouvriers craignirent
le chômage mais la demande forte et croissante de tissu sous le Premier Empire permit
d’éviter ce fléau tant redouté. Néanmoins, les métiers à
tisser n’empêchèrent pas les salaires de misère qui furent la véritable origine
des terribles révoltes de 1831 et 1834.
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Le "pré" de Bellecour
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Lorsqu’en septembre 1658, Louis XIV alors âgé de vingt ans, effectue ce voyage
à Lyon, il est accompagné d’une jeune femme dont il est éperdument
amoureux : Marie Mancini, nièce du cardinal Mazarin.
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Place Bellecour
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Il aime à se promener sur cette ancienne place d’armes qui n’est encore qu’un vaste
pré pour "fleureter" (origine du mot "flirt" en anglais) avec sa dulcinée. Il
dote par ordonnance le "pré de Bellecour" d’un statut de place royale sur laquelle
"ne devait être bâti aucun édifice pour quelque cause que ce soit". La place
prend officiellement le nom de place Louis-le-Grand et une statue équestre y est
élevée en l’honneur du roi-soleil. Dès le XVIIIème siècle,
de somptueux hôtels particuliers se dressent autour de la place qui devient avec ses
bassins et ses tilleuls un lieu de promenade et de rencontre très prisé des
plus fortunés. Malheureusement, tandis que le jeune souverain et Marie se promettaient
un amour éternel, Mazarin oeuvrait pour que les deux royaumes les plus puissants de
l’époque, l’Espagne et la France fassent enfin la paix. La raison d’état
l’emporta sur la belle histoire d’amour et la petite italienne reçut l’ordre de
disparaître à tout jamais. Louis XIV épousa à contre coeur
l’infante d’Espagne Marie-Thérèse. Désormais, le seul témoin de cette
histoire d’amour contrariée est une des plus grandes places d’Europe : la place Bellecour.
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Les murs peints |
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Une façon différente et originale de découvrir la ville de Lyon
s’offre aux visiteurs : une multitude de murs peints. Bien plus que de simples oeuvres
picturales qui par leurs couleurs ou le jeu du trompe-l’oeil souvent utilisé
apporteraient un peu de gaîté à des citadins toujours pressés,
c’est toute l’histoire de l’agglomération lyonnaise qui est mise en scène sur
les façades et qui valent que l’on s’y attarde. A commencer par l’immense fresque de
400 m2 située à l’angle du quai de la Pêcherie et de la rue de la Platière
dans le 1er arrondissement : la Bibliothèque de la Cité. Sur ce mur, des centaines
de noms d’écrivains de Lyon et de Rhône-Alpes apparaissent rappelant que
l’édition lyonnaise fut la troisième d’Europe à une époque où
l’imprimerie était encore balbutiante. A l’angle du quai Saint-Vincent et de la rue de la
Martinière, trente personnages célèbres qui ont construit à leur
manière l’histoire de Lyon se côtoient sur 800 m2 défiant les siècles :
de l’empereur romain Claude né à Lyon ; à Paul Bocuse, grand chef cuisinier
très charismatique ; en passant par les frèresLumière inventeurs du
cinématographe ; à Saint-Exupéry, lyonnais lui aussi et père
du "Petit Prince". Impossible de les décrire tous en quelques lignes et d’évoquer
tous les murs peints dans la ville et aux alentours puisque l’on en compte 450.
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Guignol
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Comme des milliers de canuts, Laurent Mourguet se retrouve au chômage lorsqu’après
la Révolution, la cour se désintéresse des soieries lyonnaises au profit de
la toile de Jouy. Plus par nécessité que par vocation, il devient "arracheur de dents".
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Guignol, la fameuse marionnette
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Comme le veut la tradition de l’époque on attire le client par un spectacle de
marionnettes et on bat le tambour pour couvrir les cris de douleur. Pour distraire ses
clients, Laurent Mourguet badine sur les thèmes de la Commedia dell’arte à
l’aide d’une marionnette venue elle aussi d’Italie, Polichinelle. Son succès est
tel qu’il va créer ses propres marionnettes, le premier est "Gnafron", un cordonnier
haut en couleurs et un peu porté sur le Beaujolais, puis Guignol fait son apparition
pour lui donner la réplique. Il porte le vêtement des canuts et règle ses comptes
avec une société que son inventeur juge injuste et impitoyable. Ses successeurs
poursuivront dans le même sens à tel point que le personnage déjà mythique
jugé trop révolutionnaire sera censuré sous Napoléon III. Mais
l’esprit Guignol est né et l’impact est tel qu’il est aujourd’hui devenu un nom
générique pour tous les spectacles de marionnettes. Mais ne nous y trompons pas,
Guignol est avant tout Lyonnais et parler de Lyon sans évoquer Guignol relèverait
du sacrilège !
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Invitation au voyage... |
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Lyon a vu naître bon nombre de génies dont les inventions ou oeuvres
bouleversèrent le monde entier : André-Marie Ampère, inventeur
du télégraphe, Charles Mérieux, chimiste et biologiste, père
de nombreux vaccins qui sauvèrent des millions de vie, Auguste et Louis Lumière,
inventeurs du cinématographe ; deux frères sans lesquels Hollywood ne serait
peut-être pas ce qu’il est aujourd’hui. Antoine de Saint-Exupéry, passionné
d’aviation et d’écriture, auteur du "Petit Prince"... pour ne citer que quelques unes
des personnalités qui contribuèrent à la réputation de
Lyon comme une ville de tradition et de modernité. Inscrite au patrimoine mondial de
l’UNESCO, la capitale des Gaulles regorge de richesses architecturales et culturelles
à la découverte desquelles nous vous recommandons de partir. Mais Lyon, c’est aussi
la grande capitale de la gastronomie qui attire les gourmets du monde entier !
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