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onjour!
ce mois-ci nous avons choisi de reprendre la route vers cette splendide région
de Bretagne où Histoire et Légendes se mêlent souvent pour ne faire
qu'un. Nous vous proposons de nous arrêter ensemble quelques instants dans une
ville charmante dont le patrimoine architectural exceptionnel atteste de cette tradition
de terre de légende : Quimper, capitale de la Cornouaille.
Avant de continuer votre lecture, nous vous rappelons que vous pouvez lire les lettres d'information
déjà publiées à http://www.francemonthly.com/. Un lien vers la version française existe
en bas de chaque document que vous pourrez consulter en anglais.
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Quimper
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Les premières traces de présence humaine dans les environs de Quimper
remontent au IVème millénaire avant notre ère, mais c'est sous
le règne de l'empereur romain Auguste, vers l'an I de notre ère, qu'une
petite ville portuaire naquit sur les rives de l'Odet (l'actuel quartier de Locmaria).
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Quimper, Ville d'art et d'histoire
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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La proximité de l'océan permettait un acheminement plus aisé
vers le sud des verreries, des poteries et des amphores à vin fabriquées
sur place. La période d'insécurité qui suivit la chute de l'empire
romain amena les habitants à remonter l'estuaire pour s'installer un peu plus au
nord au "confluent" ("kemper" en breton) de l'Odet et du Steïr. C'est là que
les premiers bretons christianisés trouvèrent refuge, à l'endroit
même où les deux rivières formaient une sorte de douve naturelle. La
vocation du site était certes défensive mais pas uniquement. En effet, vers
le VIème siècle, la petite cité prit un essor commercial important
car les bateaux remontant loin dans la ville, les marchandises pouvaient être
débarquées au cœur même de la cité. Il est amusant d'imaginer
qu'à l'endroit même où les touristes commencent la visite à
pied de la ville aujourd'hui, les bateaux pouvaient accoster jusqu'en 1950.
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Le roi Gradlon
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Vers le Vème siècle, Gradlon règnait sur la Cornouaille. La
légende raconte que le roi avait fait bâtir pour sa fille Dahut une
cité magnifique, Ys. Située à la pointe du Raz, dans la baie
de Douarnenez, la ville d'Ys était protégée de la mer par une
immense digue fermée par des écluses dont le roi conservait précieusement
les clés autour de son cou. Dahut menait alors une vie de débauche,
n'hésitant pas à tuer chaque matin l'amant qu'elle avait choisi la
veille. Un soir pourtant, la jeune fille tomba éperdument amoureuse d'un
beau chevalier et lorsque le jeune homme lui suggéra de dérober les
clés accrochées au cou de son royal père, elle accepta sans
hésiter. Profitant du sommeil de ce dernier, elle déroba le trousseau
et le remit sans plus attendre à son amoureux. La malheureuse ignorait alors
que son séducteur n'était autre que le diable. Le jeune homme disparut
pour aller ouvrir toutes les écluses. En un instant la ville fut envahie par
les flots. Dahut se noya et on raconte qu'elle se changea en une sirène, Morgane,
qui s'acharne encore aujourd'hui à perdre les marins. Gradlon parvint à
s'échapper et galopa jusqu'au confluent de l'Odet où il fonda la ville de
Quimper avec ses amis de toujours, le moine Gwénolé et l'ermite Corentin.
Quelques années plus tard, en signe de reconnaissance, il offrit son château
à ce dernier qui introduisit le christianisme dans la région et, devenu
premier évêque de la ville, édifia la cathédrale.
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Recette février 2010
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Pot au Feu
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Cooking SOS!
Si vous avez des problèmes pour préparer cette recette, envoyez un email à
Chef@FranceMonthly.com
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Quimper-Corentin
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Dès le Xème siècle et tout au long du moyen âge, la
rivalité entre le pouvoir religieux détenu par les évêques
et le pouvoir laïc des ducs est extrême. Les premiers installés sur la
rive ouest de l'Odet sont tout-puissants. En effet, pendant de nombreux siècles,
l'évêque resta le maître incontesté du Quimper intra-muros.
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Le pont Médard de Quimper
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C'est ainsi qu'outre l'obligation de faire moudre leurs céréales dans
certains moulins et de faire cuire leur pain dans les fours appartenant à leur
seigneur ecclésiastique, ce dernier avait tout pouvoir pour juger et punir les
habitants récalcitrants. La ville était protégée par
d'épaisses murailles dotées d'un chemin de ronde et pas moins de six
portes permettaient d'y accéder selon le bon vouloir du maître des lieux.
Le territoire des ducs se trouvait de l'autre côté du Steïr, une fois
passé le pont de la porte Médard. On ne pouvait l'atteindre qu'en franchissant
une porte fortifiée dotée d'un pont levis et protégée par deux
tours de guet. La circulation entre les deux fiefs était extrêmement difficile.
Plus que des rivaux, c'étaient de véritables ennemis qui se faisaient face.
Néanmoins, face au pouvoir intemporel de l'évêque et aux menaces
d'excommunication de ce dernier, il leur arrivait souvent de renoncer à toute
entreprise un peu trop guerrière par crainte de s'attirer les foudres divines.
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La cathédrale Saint Corentin
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C'est en 1239 que l'Evêque Raynaud décida de construire la
cathédrale en s'appuyant sur les fondations d'une ancienne cathédrale
romane.
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La cathédrale de Quimper
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On commença par le chœur car il fallait pouvoir dire la messe au plus vite. Mais
les travaux furent longs, faute de moyens financiers et techniques. Consacré en
1287, le choeur ne fut véritablement terminé qu'un siècle plus tard
car les difficultés s'accumulaient. Au XIVème siècle, les guerres
civiles dont celles contre les anglais, l'horrible peste noire qui tua vingt deux millions
d'habitants en Europe, les problèmes climatiques et les mauvaises récoltes
qui entraînèrent de terribles famines, furent autant d'obstacles aux travaux
maintes fois interrompus. La Révolution contribua également au retard lorsque
des hommes enragés pillèrent et détruisirent sans vergogne le mobilier
et statuaire religieux. Au total, six siècles furent nécessaires pour achever
ce magnifique édifice que l'on s'accorde à reconnaître aujourd'hui
comme un joyau de l'art gothique flamboyant breton. Au-delà de la beauté de
l'édifice, ce qui frappe lorsque l'on connaît les circonstances et la
durée de sa construction, c'est l'homogénéité architecturale
de l'ensemble.
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Une auberge aux abords de la cathédrale
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Il n'en demeure pas moins que cette magnifique cathédrale est originale à
plus d'un titre. Outre l'unique portail central au lieu des trois traditionnellement
présents sur les façades des cathédrales gothiques, une autre
"anomalie" se remarque à l'intérieur : la nef n'est pas construite dans
l'axe du chœur.
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La mairie de Quimper
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Certains y voient là symboliquement l'orientation de la tête du Christ
penchée sur la Croix, d'autres y apportent une explication plus technique,
à savoir la nécessité de construire cette partie sur des fondations
plus stables en l'éloignant du cours de l'Odet. Jusqu'en 1839, la cathédrale
possédait une autre particularité : les évêques avaient en effet
fait construire des petites maisons adossées à l'édifice afin
d'éviter l'accumulation des immondices et de le protéger ainsi des
dégradations. A l'origine, louées aux artisans qui travaillaient pour les
évêques, il arriva toutefois que par nécessité de monnaie
sonnante et trébuchante, les seigneurs ecclésiastiques vendissent quelques
unes de ces pittoresques échoppes à des clients privés. C'est ainsi
qu'un aubergiste devint propriétaire de l'une d'entre elle. Et un jour,
exaspéré par le "bruit" provoqué la messe, il n'hésita pas
à intenter un procès à l'évêque. Pour se défendre,
l'évêque accusa à son tour le tavernier de fragiliser l'édifice
en creusant une cave. L'évêque gagna le procès.
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Santig Du, le petit Saint Noir |
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Jean Disclaceat dit "le déchaussé" parce qu'il marchait toujours pied nu
est né vers 1320. Moine Cordelier vivant dans le plus grand dénuement, il
consacra sa vie à aider les pauvres et soigner les malades et les pestiférés
abandonnés de tous. Victime de son dévouement, il contracta à son tour la
terrible maladie et mourut le 15 décembre 1349. Après sa disparition, la ferveur
populaire s'empara du souvenir de ce bienfaiteur si humble et si généreux. Les
Quimpérois le vénérèrent sous le nom breton familier de "Santig Du"
qui signifie petit Saint noir. En décembre 1793, alors que toutes les statues des saints
de la cathédrale étaient détruites par les révolutionnaires, celle
du petit saint noir échappa miraculeusement aux mains criminelles. En effet, une habitante
de Quimper s'en empara et la cacha avec soin jusqu'à la fin de la tourmente. Quelques
années plus tard, elle la restitua. Aujourd'hui, la statuette est toujours
présente dans la cathédrale et il n'est pas rare de voir sur une petite table
placée à côté du Saint, un morceau de pain déposé en
offrande. Depuis plusieurs siècles la tradition est respectée et les pauvres de la
ville savent qu'ils peuvent venir chercher un peu de réconfort et de nourriture.
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Une ville pittoresque et charmante
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Au XVIème siècle, Quimper est une ville prospère et dynamique. Les riches
bourgeois possèdent des manoirs dans les environs mais l'insécurité
engendrée par les guerres et le rebellions les ont amenés à se faire
bâtir des hôtels particuliers à l'intérieur des remparts.
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La Place Terre-au-Duc à Quimper
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
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Demeures à encorbellements, pans de bois et torchis, ou pierre de taille pour les
plus fortunés se multiplient là où quelques temps auparavant les
terrains n'étaient que champs et jardins cultivés pour nourrir la population
en cas d'attaque ennemie ou d'épidémie. Mais ces constructions se font sans
aucun plan d'urbanisme. Dans la nuit du 17 au 18 juin 1762, un terrible incendie éclate
dans une boutique de la rue Kéréon. La plupart des maisons sont en bois et douze
jours plus tard le feu n'est toujours pas totalement maitrisé. Après ce tragique
événement, des règles d'urbanismes furent enfin définies, la
construction de maisons à colombage désormais interdite et les propriétaires
invités à reculer les façades de leur demeure afin d'élargir les rues.
Peu à peu, la ville se transforma pour le plus grand plaisir des promeneurs du
XXIème siècle.
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Invitation au voyage... |
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En effet, chaque rue de Quimper semble offrir au visiteur l'opportunité d'un
délicieux retour dans le passé. Ainsi la rue Kéréon,
l'artère la plus commerçante de la ville, doit son nom à la
corporation des cordonniers et des bottiers qui travaillaient et vendaient le cuir ;
la rue du Sallé rappelle l'époque où se regroupaient les marchands
de chair salée et autres charcutiers pour y vendre leurs denrées ; enfin
comme on peut l'imaginer, c'est sur la Place au Beurre que les paysans s'installaient
pour vendre leur beurre ; Quimper regorge de ces rues et places aussi pittoresques que
charmantes. Et puis un petit tour s'impose dans le quartier de Locmaria, là où
la ville trouve ses origines. En 1699, Jean-Baptiste Bousquet est simple potier, il a
quitté sa Provence natale où les concurrents sont trop nombreux pour
s'installer en Bretagne où il est le seul expert dans son domaine. A l'origine,
il fabrique des assiettes et des écuelles sans fantaisie pour un usage quotidien.
Les décorations sur les faïences n'apparaissent qu'au XVIIIème
siècle. Aujourd'hui chaque pièce réalisée est unique et la
notoriété des faïenceries HB Henriot est universelle.
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