Février 2005
Dans ce numéro :
Le Pays Basque, comme aucun autre
Pays Basque - France
Etxea, la maison basque
Circuler le long des routes de campagne de cette région est un régal pour les yeux . . .
Les femmes à l'église
Religion et tradition basque sont intiment liées . . .
La fête basque

Il est un autre élément impossible à dissocier de la tradition Basque: la fête . . .

La pelote basque
Il ne peut exister de village basque digne de son nom sans fronton tout proche . . .
Le Diable voulait apprendre
la langue basque
Jamais aucun basque n'avait franchi les portes de l'Enfer . . .
Maison Basque - France!

Pays Basque - France onjour!
Ce mois-ci nous avons choisi d'évoquer une contrée de France à l'identité si marquée qu'elle est communément décrite comme un vrai pays. Triangle de verdure et d'eau, blottie entre l’Océan Atlantique et les Pyrénées, toute proche de la frontière espagnole, cette région vous ravira. On y parle encore une étrange langue vivante aux sonorités bien mystérieuses, les maisons y obéissent à des canons d'architecture d'une rare beauté et les habitants y constituent un peuple fier : le Pays Basque - Euskal Herria. Vouloir découvrir ce pays - petit par la taille, immense par le coeur - sans craindre d'en tomber amoureux serait une gageure !
"Ongi etorri !" "Bienvenue !"
Une région au charme exceptionnel, un peuple chaleureux au sens communautaire très fort, qui communique avec une langue étrange comme venue d'ailleurs : l'"Euskara". Cinq voyelles, douze déclinaisons, une prononciation impossible,
Enfants basques - France
  Enfants Basques
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une structure grammaticale à la caucasienne, des similitudes sonores avec le turc voire le finlandais ou encore avec le japonais. Les linguistes cherchent désespérément à comprendre. Mais d'où peut bien provenir cette langue, une des plus anciennes au monde ? Parlée depuis plus de quatre mille ans dans cette région, elle a su résister à l'invasion des langues indo-européennes. Ancêtre du grec, du latin, du slave, du germanique, du celtique et de l'anglo-saxon, elle persiste encore au XXIème siècle. On la retrouve dans les chants et les contes populaires, on l'entend dans les villages de campagne. Et quand bien maîtriser le français est évident pour un basque français, ne pas savoir parler ni comprendre la langue basque de ses parents ou de ses grands-parents est souvent vécu aujourd'hui comme une infirmité… comme un rendez-vous manqué, dans l'enfance.
Euskadi, le Pays Basque... territoire aux frontières incertaines ?

Contrée à l'identité si marquée, elle comprend quatre provinces en Espagne et trois en France : le Labourd, plus proche de la côte Atlantique, plus touristique aussi, la Basse Navarre et la Soule au sud-est, terre de culture, d'élevage et de tradition. Ces trois régions fondues dans la moitié du département des Pyrénées Atlantique sont pourtant communément décrites comme un vrai pays. Ne parle-t-on pas du Pays Basque ? Provinces espagnoles et françaises sont unies derrière un magnifique drapeau, symbole de l'indépendance basque : "l'Ikurina". Créé à l'origine pour la Biscaye (une des quatre provinces espagnoles), il représenta rapidement tout le Pays Basque. Le fond rouge, couleur de la Biscaye, représente le peuple. La croix verte de Saint André rappelle le chêne de Guernica, devant lequel pendant des siècles les rois d'Espagne vinrent prêter serment de respecter les libertés des basques et sous lequel les anciens venaient rendre justice. Enfin la croix blanche, proclamant la morale du Christ qui règne au-dessus du peuple et de la loi.

Gateau Basque - France
Recette Février 2005  
Gâteau Basque
Dessert Typique du Pays Basque
Temps de préparation et cuisson : 40 minutes
Pour 8 personnes
Cliquez ici pour lire la recette du gâteau basque en anglais.
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Etxea, la maison basque
  L'Euskara et l'Ikurina sont indissociables de la vie basque, mais ils ne sont pas les seuls. La maison, "Etxea" en est un autre élément et pas des moindre. Circuler le long des routes de campagne de cette région est un régal pour les yeux. Au coeur d'une végétation verdoyante se détachent de grandes bâtisses blanchies à la chaux, à colombages agrémentées de volets aux couleurs chatoyantes: vert, bleu ou rouge le plus souvent.
Ainhoa - Pays Basque - France
Ainhoa - Pays Basque
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Autrefois, on utilisait du sang de bœuf pour obtenir ce rouge brun si typique des maisons basques. Traditionnellement véritable temple de la famille, elle abritait trois générations, les grands-parents, les parents et les enfants. Fille ou garçon, c'est l'aîné qui en héritait. En toute logique, le premier à se marier il semblait le plus apte à prendre la direction du patrimoine. On donnait un nom à l'Etxea et souvent les familles prenaient le nom de leur demeure. C'est la raison pour laquelle aujourd'hui de nombreux basques s'appellent Etchevery ou Etchegory par exemple, "Etche" qui signifiait à l'origine "maison".
 
 
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Les femmes à l'église
 
  Religion et tradition basque sont intiment liées. Plus ou moins grandes selon le nombre d'habitants du village ou de la ville, les églises de la région s'élèvent sur deux, trois voire quatre niveaux. Le bas était réservé aux femmes tandis que la ou les galeries supérieures accueillaient les hommes. Si l'on vous explique que ces messieurs assistaient à l'office à
Eglise de Saint Jean de Luz avec ses 4 niveaux - France
Eglise de Saint Jean de Luz
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l'étage plutôt qu’en bas par pure galanterie ou afin de ne pas être tentés de glisser un oeil indiscret sous les jupons de ces dames tandis qu'elles montaient l'escalier, n'en croyez rien ! La tradition remonte à bien avant la Révolution, à une époque où l'on enterrait les morts dans l'enceinte de l'église et où les rites funéraires étaient exclusivement réservés aux femmes. Sur le sol de chaque nef, on pouvait voir différents pavements sculptés. Chaque pavement, ou "jarkelu" représentait une maison du village. La femme se plaçait sur le jarkelu de sa maison. Pendant l'office, elle faisait brûler la cire sur la tombe en mémoire de tous les défunts de la maison et veillait sur les offrandes de nourriture... voici donc la véritable origine de la séparation des hommes et des femmes dans les églises basques.
 
 
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La fête basque
 
  Il est un autre élément impossible à dissocier de la tradition Basque: la fête. Elle se traduit par le chant qui accompagne tous les gestes de la vie quotidienne, par la danse également. Il est impossible de les compter toutes car on en dénombre plus de 200. Chaque sexe, chaque âge, chaque catégorie sociale, chaque province possède ses propres
Festival basque - France
Festival basque
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danses. Il n'est pas rare de voir lors de fêtes officielles ou après un bon repas se former un groupe pour danser les "mutxikoaks". Les hommes forment alors une ronde et effectuent des sauts plus ou moins complexes. On ne peut être qu'émerveillés par l'agilité extrême de ces bergers et fermiers robustes. Les carnavals font également partie de la tradition : déesses, géants, créatures insolites, mi-hommes, mi-animaux défilent dans le village et suivent un personnage de paille ou de chiffon qui finit jugé et brûlé sur la place publique dans la liesse générale. De Bayonne à Pampelune, de Garazi à Hendaye, qu'il s'agisse d'un infime hameau de village ou d'une grande ville, la fête souvent issue de la mémoire la plus archaïque fait partie du quotidien pour le plus grand bonheur de tous, villageois et visiteurs.
 
 
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  La pelote basque  
  Il ne peut exister de village basque digne de son nom sans sa maison traditionnelle, son église et tout proche... son fronton. Plus que "terrain" de jeu, le fronton est devenu l'emblème d'un sport régional incontournable : la pelote basque. Répandu par les romains dans tout l'Occident, le jeu de paume devient le jeu des rois de France et d'Espagne au XVIème siècle lorsque les basques se l'approprient. Il s'agit alors d'un jeu de balle à main nue pratiqués par des adversaires jouant face à face. A XIXème siècle, l'introduction du caoutchouc dans la fabrication du noyau de la balle ou pelote lui donne une vélocité qui incite certains joueurs à jouer contre un mur... le fronton fait son apparition. Le jeu de pelote n'est pas si simple. En effet, il n'existe pas moins de vingt et une variations du jeu. Les puristes jouent encore à main nue, d'autres préfèrent utiliser une raquette en bois, enfin certains se servent très élégamment d'une espèce de long manche en osier ou encore appelé gant, utilisé à l'origine pour cueillir les fruits : "le chistera". Enfin la pelote basque peut se jouer en intérieur, il s'agit alors du "trinquet". La particularité des jeux en salle est que les scores sont chantés en Basque. Un spectacle viril, passionnant auquel vous ne pourrez échapper puisqu'il fait partie de la vie d'un Basque dès son plus jeune âge.
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  Le Diable voulait apprendre la langue basque  
  Jamais aucun basque n'avait franchi les portes de l'Enfer. Aussi, le Diable voulait combler ce terrible oubli. Seul moyen : tenter de corrompre un habitant mais pour cela il fallait communiquer et, par conséquent, apprendre la langue. Il promit un trésor à un pauvre paysan en échange de quelques rudiments du langage mystérieux. Ignorant tout de son sinistre interlocuteur et voyant là un moyen d'améliorer sa misérable existence, l'homme
Bidarray - Pays Basque - France
Bidarray - Pays Basque
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accepta. Les semaines, les mois, les années s'écoulèrent sans que le Diable ne parvienne à progresser. En dépit de tous ses efforts, il ne retenait pas les mots et ne comprenait pas la grammaire, de plus la prononciation était bien trop compliquée. Toutefois, un jour, à force de nuits blanches, d'obstination et de rage, il parvint finalement à rédiger un superbe discours. Déterminé, il glissa le parchemin sous son bras et partit en quête d’une victime. Très rapidement son choix se porta sur la fille d'un riche éleveur que le Diable considérait comme trop pieux. Ce soir du 24 décembre, la fillette se hâtait pour rejoindre ses parents à l'église. Le Diable se rendit invisible pour la suivre mais alors qu'il se blottissait derrière un chêne près de l'église, il constata avec rage que son parchemin était devenu invisible, tout comme lui. Il tenta de se souvenir… Aurait-il vainement travaillé pendant si longtemps ? Il parvint à faire réapparaître le parchemin et alors qu'il s'apprêtait à prononcer l'incantation funeste, l'enfant trempait sa petite main dans le bénitier, pleine d'amour et de ferveur, puis faisait un large signe de croix. A ce moment-là, un terrible coup de tonnerre éclata, la foudre fendit le chêne et depuis lors, on n’a jamais revu le Diable dans la région.
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  Un décor de rêve pour un peuple fier et hospitalier  
  Vous avez compris que ce qui fait le charme et la spécificité du Pays Basque ne tient pas qu’à la beauté de ses paysages magnifiques et à son climat agréable mais également à sa culture forte et toujours vivante que les basques revendiquent fièrement, même si la vie moderne les en tient éloignés, quelquefois. Nous prendrons un grand plaisir dans une prochaine lettre d’information à vous faire découvrir les étapes à visiter, les sites à ne pas manquer. Nous continuerons à vous faire partager l’amour de ces paysages qui vous couperont le souffle, la culture de ces basques, hommes et femmes généreux, à la tranquille assurance forgée par la certitude d'appartenir à un peuple à part, aux racines plongeant dans des temps immémoriaux.
 
 
 
 
 
Pays Basque - France
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