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onjour!
Ce mois-ci nous avons choisi d'évoquer une contrée de France à l'identité si marquée qu'elle
est communément décrite comme un vrai pays. Triangle de verdure et d'eau, blottie entre l’Océan
Atlantique et les Pyrénées, toute proche de la frontière espagnole, cette région vous ravira. On
y parle encore une étrange langue vivante aux sonorités bien mystérieuses, les maisons y obéissent
à des canons d'architecture d'une rare beauté et les habitants y constituent un peuple fier : le
Pays Basque - Euskal Herria. Vouloir découvrir ce pays - petit par la taille, immense par le coeur -
sans craindre d'en tomber amoureux serait une gageure !
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"Ongi etorri !" "Bienvenue !"
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Une région au charme exceptionnel, un peuple chaleureux au sens communautaire très fort,
qui communique avec une langue étrange comme venue d'ailleurs : l'"Euskara". Cinq voyelles,
douze déclinaisons, une prononciation impossible,
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Enfants Basques
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une structure grammaticale à la caucasienne, des similitudes sonores avec le turc voire le
finlandais ou encore avec le japonais. Les linguistes cherchent désespérément à comprendre.
Mais d'où peut bien provenir cette langue, une des plus anciennes au monde ? Parlée depuis plus
de quatre mille ans dans cette région, elle a su résister à l'invasion des langues indo-européennes.
Ancêtre du grec, du latin, du slave, du germanique, du celtique et de l'anglo-saxon, elle persiste
encore au XXIème siècle. On la retrouve dans les chants et les contes populaires, on l'entend dans
les villages de campagne. Et quand bien maîtriser le français est évident pour un basque français,
ne pas savoir parler ni comprendre la langue basque de ses parents ou de ses grands-parents est
souvent vécu aujourd'hui comme une infirmité… comme un rendez-vous manqué, dans l'enfance.
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Euskadi, le Pays Basque... territoire aux frontières incertaines ?
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Contrée à l'identité si marquée, elle comprend quatre provinces en Espagne et trois en France :
le Labourd, plus proche de la côte Atlantique, plus touristique aussi, la Basse Navarre et la
Soule au sud-est, terre de culture, d'élevage et de tradition. Ces trois régions fondues dans la
moitié du département des Pyrénées Atlantique sont pourtant communément décrites comme un vrai pays.
Ne parle-t-on pas du Pays Basque ? Provinces espagnoles et françaises sont unies derrière un
magnifique drapeau, symbole de l'indépendance basque : "l'Ikurina". Créé à l'origine pour la
Biscaye (une des quatre provinces espagnoles), il représenta rapidement tout le Pays Basque. Le
fond rouge, couleur de la Biscaye, représente le peuple. La croix verte de Saint André rappelle
le chêne de Guernica, devant lequel pendant des siècles les rois d'Espagne vinrent prêter serment
de respecter les libertés des basques et sous lequel les anciens venaient rendre justice. Enfin la
croix blanche, proclamant la morale du Christ qui règne au-dessus du peuple et de la loi.
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Recette Février 2005
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Gâteau Basque
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Cooking SOS!
Si vous avez des problèmes pour préparer cette recette, envoyez un email à
911@FranceMonthly.com
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Etxea, la maison basque
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L'Euskara et l'Ikurina sont indissociables de la vie basque, mais ils ne sont
pas les seuls. La maison, "Etxea" en est un autre élément et pas des moindre.
Circuler le long des routes de campagne de cette région est un régal pour les yeux.
Au coeur d'une végétation verdoyante se détachent de grandes bâtisses blanchies à
la chaux, à colombages agrémentées de volets aux couleurs chatoyantes: vert, bleu
ou rouge le plus souvent.
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Ainhoa - Pays Basque
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Autrefois, on utilisait du sang de bœuf pour obtenir ce rouge brun si
typique des maisons basques. Traditionnellement véritable temple de la famille, elle
abritait trois générations, les grands-parents, les parents et les enfants. Fille
ou garçon, c'est l'aîné qui en héritait. En toute logique, le premier à se marier
il semblait le plus apte à prendre la direction du patrimoine. On donnait un nom
à l'Etxea et souvent les familles prenaient le nom de leur demeure. C'est la raison
pour laquelle aujourd'hui de nombreux basques s'appellent Etchevery ou Etchegory
par exemple, "Etche" qui signifiait à l'origine "maison".
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Les femmes à l'église
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Religion et tradition basque sont intiment liées. Plus ou moins grandes selon le
nombre d'habitants du village ou de la ville, les églises de la région s'élèvent
sur deux, trois voire quatre niveaux. Le bas était réservé aux femmes tandis que
la ou les galeries supérieures accueillaient les hommes. Si l'on vous explique que
ces messieurs assistaient à l'office à
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Eglise de Saint Jean de Luz
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l'étage plutôt qu’en bas par pure galanterie ou afin de ne pas être tentés
de glisser un oeil indiscret sous les jupons de ces dames tandis qu'elles
montaient l'escalier, n'en croyez rien ! La tradition remonte à bien avant
la Révolution, à une époque où l'on enterrait les morts dans l'enceinte de
l'église et où les rites funéraires étaient exclusivement réservés aux femmes.
Sur le sol de chaque nef, on pouvait voir différents pavements sculptés.
Chaque pavement, ou "jarkelu" représentait une maison du village. La femme se
plaçait sur le jarkelu de sa maison. Pendant l'office, elle faisait brûler la
cire sur la tombe en mémoire de tous les défunts de la maison et veillait sur
les offrandes de nourriture... voici donc la véritable origine de la séparation
des hommes et des femmes dans les églises basques.
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La fête basque
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Il est un autre élément impossible à dissocier de la tradition Basque: la fête.
Elle se traduit par le chant qui accompagne tous les gestes de la vie quotidienne,
par la danse également. Il est impossible de les compter toutes car on en dénombre
plus de 200. Chaque sexe, chaque âge, chaque catégorie sociale, chaque province
possède ses propres
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Festival basque
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danses. Il n'est pas rare de voir lors de fêtes officielles ou après un bon
repas se former un groupe pour danser les "mutxikoaks". Les hommes forment
alors une ronde et effectuent des sauts plus ou moins complexes. On ne peut
être qu'émerveillés par l'agilité extrême de ces bergers et fermiers robustes.
Les carnavals font également partie de la tradition : déesses, géants, créatures
insolites, mi-hommes, mi-animaux défilent dans le village et suivent un personnage
de paille ou de chiffon qui finit jugé et brûlé sur la place publique dans la
liesse générale. De Bayonne à Pampelune, de Garazi à Hendaye, qu'il s'agisse d'un
infime hameau de village ou d'une grande ville, la fête souvent issue de la mémoire
la plus archaïque fait partie du quotidien pour le plus grand bonheur de tous,
villageois et visiteurs.
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La pelote basque |
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Il ne peut exister de village basque digne de son nom sans sa maison traditionnelle,
son église et tout proche... son fronton. Plus que "terrain" de jeu, le fronton est devenu
l'emblème d'un sport régional incontournable : la pelote basque. Répandu par les
romains dans tout l'Occident, le jeu de paume devient le jeu des rois de France et d'Espagne
au XVIème siècle lorsque les basques se l'approprient. Il s'agit alors d'un jeu de balle
à main nue pratiqués par des adversaires jouant face à face. A XIXème siècle,
l'introduction du caoutchouc dans la fabrication du noyau de la balle ou pelote lui
donne une vélocité qui incite certains joueurs à jouer contre un mur... le fronton fait
son apparition. Le jeu de pelote n'est pas si simple. En effet, il n'existe pas moins de
vingt et une variations du jeu. Les puristes jouent encore à main nue, d'autres préfèrent
utiliser une raquette en bois, enfin certains se servent très élégamment d'une espèce de
long manche en osier ou encore appelé gant, utilisé à l'origine pour cueillir les fruits :
"le chistera". Enfin la pelote basque peut se jouer en intérieur, il s'agit alors du
"trinquet". La particularité des jeux en salle est que les scores sont chantés en Basque.
Un spectacle viril, passionnant auquel vous ne pourrez échapper puisqu'il fait partie de
la vie d'un Basque dès son plus jeune âge.
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Le Diable voulait apprendre la langue basque
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Jamais aucun basque n'avait franchi les portes de l'Enfer. Aussi, le Diable voulait
combler ce terrible oubli. Seul moyen : tenter de corrompre un habitant mais pour
cela il fallait communiquer et, par conséquent, apprendre la langue. Il promit un
trésor à un pauvre paysan en échange de quelques rudiments du langage mystérieux.
Ignorant tout de son sinistre interlocuteur et voyant là un moyen d'améliorer sa
misérable existence, l'homme
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Bidarray - Pays Basque
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accepta. Les semaines, les mois, les années s'écoulèrent sans que le Diable ne
parvienne à progresser. En dépit de tous ses efforts, il ne retenait pas les mots
et ne comprenait pas la grammaire, de plus la prononciation était bien trop compliquée.
Toutefois, un jour, à force de nuits blanches, d'obstination et de rage, il parvint
finalement à rédiger un superbe discours. Déterminé, il glissa le parchemin sous son
bras et partit en quête d’une victime. Très rapidement son choix se porta sur la fille
d'un riche éleveur que le Diable considérait comme trop pieux. Ce soir du 24 décembre,
la fillette se hâtait pour rejoindre ses parents à l'église. Le Diable se rendit
invisible pour la suivre mais alors qu'il se blottissait derrière un chêne près de
l'église, il constata avec rage que son parchemin était devenu invisible, tout comme
lui. Il tenta de se souvenir… Aurait-il vainement travaillé pendant si longtemps ? Il
parvint à faire réapparaître le parchemin et alors qu'il s'apprêtait à prononcer
l'incantation funeste, l'enfant trempait sa petite main dans le bénitier, pleine
d'amour et de ferveur, puis faisait un large signe de croix. A ce moment-là, un terrible
coup de tonnerre éclata, la foudre fendit le chêne et depuis lors, on n’a jamais revu
le Diable dans la région.
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Un décor de rêve pour un peuple fier et hospitalier |
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Vous avez compris que ce qui fait le charme et la spécificité du Pays Basque
ne tient pas qu’à la beauté de ses paysages magnifiques et à son climat agréable
mais également à sa culture forte et toujours vivante que les basques revendiquent
fièrement, même si la vie moderne les en tient éloignés, quelquefois. Nous prendrons
un grand plaisir dans une prochaine lettre d’information à vous faire découvrir les
étapes à visiter, les sites à ne pas manquer. Nous continuerons à vous faire partager
l’amour de ces paysages qui vous couperont le souffle, la culture de ces basques,
hommes et femmes généreux, à la tranquille assurance forgée par la certitude d'appartenir
à un peuple à part, aux racines plongeant dans des temps immémoriaux.
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