Janvier 2009
Dans ce numéro :
Quelques personnages illustres du Marais
Quelques personnages illustres du Marais, France
"Catheau la Borgnesse "
Catherine Bélier fait partie de ces nombreuses femmes du Marais au destin exceptionnel. Femme de chambre et confidente de la reine Anne d'Autriche, elle sut rendre un immense service à sa souveraine et . . .
L'Hôtel Carnavalet
Madame Françoise de la Baume-Montrevel, veuve de François Kernevenoy, gentilhomme breton, fut un des premiers propriétaires de ce magnifique hôtel . . .
Une statue à la mode

La magnifique statue de Louis XIV qui trône au milieu de la cour de l'hôtel Carnavalet mérite que l'on s'y arrête car son parcours fut assez rocambolesque . . .

Le temps des femmes
Marie de Rabutin-Chantal épouse le marquis de Sévigné à l'âge de dix-huit ans. Le jeune homme aime trop les femmes pour apporter à sa jeune épouse le bonheur . . .
La fin d'une époque
Au début du XVIIème, si l'on était aristocrate, c'est dans le quartier du Marais qu'il fallait demeurer. Près de trois cents hôtels particuliers, tous plus splendides les uns que les autres . . .
Enseigne du rémouleur, 1757, Paris, au coin de la rue de Jouy et de la rue de Fourcy

Quelques personnages illustres du Marais, France onjour!
nous avons tant aimé cette magnifique place des Vosges dont nous vous avons contée l'histoire le mois dernier que nous n'avons pu résister à la tentation de poursuivre notre découverte de ce pittoresque et charmant quartier parisien du Marais. En dotant Paris d'une place royale digne d'une capitale au rayonnement international, c'est tout un quartier qui, grâce au roi Henri IV, allait prendre vie et de nombreuses personnalités illustres allaient y voir le jour ou s'y installer. Certaines tombèrent dans l'oubli, mais d'autres, soit par leur originalité, leur talent ou leur destin tragique, sont restés dans l'histoire à tout jamais.

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Le bal des Ardents
Le 29 janvier 1393 une des dames d'honneur de la reine Isabeau de Bavière se marie pour la troisième fois. Tout au long de la journée, la fête se déroule merveilleusement bien à l'hôtel Saint Pol, la résidence royale. A la cérémonie succède le banquet, puis un bal est donné en l'honneur des nouveaux époux. C'est alors qu'en plein milieu de la fête six hommes déguisés en sauvages surgissent dansant et poussant des cris de bêtes.
Place des Vosges en hiver, Paris, France
  Place des Vosges en hiver
(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
Tout d'abord surpris, les convives sourient de ce "charivari", tradition festive incontournable de l'époque et s'amusent à reconnaître les intrus. C'est plutôt drôle jusqu'à ce que le duc d'Orléans, frère du roi, s'approche du groupe une torche à la main. En une fraction de seconde les vêtements enduits de résine et de goudron s'enflamment. Des cinq hommes enchainés les uns aux autres, un seul parvient à se dégager et se jette dans un bac rempli d'eau de vaisselle pour éteindre le feu dont il est la proie. Les quatre autres moins heureux meurent dans d'atroces souffrances. Par chance, le sixième qui n'était pas attaché est sauvé par la duchesse du Barry qui n'hésite pas à soulever ses jupons pour étouffer les flammes. Lorsque l'on enlève le masque du miraculé, l'assistance découvre avec stupeur qu'il s'agit du roi Charles VI en personne. Le souverain, dont l'esprit était déjà fragile, sombra dans une folie profonde à la suite de ce tragique épisode.
L'Hôtel de Sully

Au 62 de la rue Saint Antoine il est un magnifique hôtel particulier aux façades richement décorées de sculptures allégoriques. On y entre par une cour d'honneur dont l'accès autrefois se faisait en carrosse. De l'autre côté, un joli jardin offre un accès direct sur la Place Royale (future Place des Vosges). La demeure était dotée d'une immense orangerie dans laquelle en hiver on entreposait les plantes exotiques très en vogue au XVIIème afin de les protéger du froid. Lorsque le très riche marquis de Béthune et duc de Sully acheta la demeure en 1634, il venait de se remarier. Il avait alors à peine soixante quatorze ans et son épouse tout juste vingt. Dans l'immense sagesse que lui conférait probablement son grand âge, il sut se montrer extrêmement compréhensif. Bien incapable d'interdire à son épouse de jouir de la vie autant que sa beauté et sa jeunesse le lui permettaient,il fit contre mauvaise fortune amoureuse bon cœur, mais ne manqua jamais de préciser à la jeune femme lorsqu'il lui donnait de l'argent : "Madame, voici pour vous, pour la maison et pour vos amants". En faisant agrandir la demeure, il avait néanmoins fait ajouter un escalier afin d'être certain de ne jamais croiser les jeunes impudents qui lui rappelaient probablement les temps révolus où lui aussi intéressait les jeunes filles. Cet hôtel particulier abrite aujourd'hui la direction des monuments historiques.

Quelques personnages illustres du Marais, France
Recette janvier 2009  
Magrets de Canard sauce orange
Toujours un succès !
Temps de préparation et cuisson : 20 minutes
Pour 4 personnes
Cliquez ici pour lire la recette des magrets de canard en anglais.
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Quelques personnages illustres du Marais, France L'histoire de France Monthly
"Catheau la Borgnesse"
  Catherine Bélier fait partie de ces nombreuses femmes du Marais au destin exceptionnel. Femme de chambre et confidente de la reine Anne d'Autriche, elle sut rendre un immense service à sa souveraine et en fut largement récompensée. En effet, très inquiète de voir que son fils, futur Louis XIV, alors êgé de seize ans ne s'intéressait pas du tout aux demoiselles, la reine demanda à sa suivante d'apprendre les "rudiments" de la vie au jeune garçon. L'histoire ne dit pas si Catherine se réjouit ou non de cette mission. Il n'en demeure pas moins que bien que petite, boulotte et borgne, elle dut y mettre beaucoup d'application car le jeune roi, fort reconnaissant, et la reine-mère
Hôtel de Beauvais, Le Marais, France
Hôtel de Beauvais dans Le Marais
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tout-à-fait rassurée, lui offrirent une splendide demeure située au 68 de la rue François Miron et une rente à vie sans oublier le titre de comte à son époux. A défaut d'un physique agréable, elle se montra visiblement fort habile et surtout ne trahit jamais les secrets de la cour ce qui lui valut une éternelle reconnaissance de la famille royale. Quelques années plus tard, c'est dans cette magnifique demeure que le jeune prodige Mozart, alors âgé de sept ans et en tournée avec son père, logea pendant quelques mois. Aujourd'hui la bâtisse abrite la Cour d'Appel de Paris et je vous invite à franchir le portail pour y découvrir une cour absolument splendide, et pourquoi ne pas gravir le magnifique escalier pour assister aux audiences publiques des procès en cours.
 
 
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L'Hôtel Carnavalet
 
  Madame Françoise de la Baume-Montrevel, veuve de François Kernevenoy, gentilhomme breton, fut une des premiers propriétaires de ce magnifique hôtel situé au 23 de la rue Sévigné, en 1578.
Hôtel Carnavalet, Le Marais, Paris, France
Hôtel Carnavalet, Le Marais
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Les parisiens trouvant probablement le nom de Kernevenoy bien trop compliqué à prononcer le transformèrent au fil du temps en Carnavalet, nom qu'il conserve encore à ce jour. Propriétaires et locataires se succédèrent. Une des plus illustres fut probablement Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné. Marie de Rabutin-Chantal est née le 5 février 1626 au # 1 de la Place Royale. A l'exception de quelques séjours à la campagne, elle demeura toujours dans le quartier du Marais qu'elle affectionnait tout particulièrement. Sa résidence préférée fut celle qu'elle occupa les dix huit dernières années de sa vie, l'hôtel de Carnavalet. En 1866, la ville de Paris acheta ce magnifique hôtel Renaissance pour le transformer en ce qu'il est aujourd'hui, un musée extraordinaire, cent quarante pièces à parcourir -toutes plus splendides les unes que les autres- dans lesquelles toute l'histoire de Paris, depuis ses origines jusqu'à nos jours, est retracée. Un musée permanent gratuit, une visite à ne manquer sous aucun prétexte.
 
 
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Une statue à la mode
 
  La magnifique statue de Louis XIV qui trône au milieu de la cour de l'hôtel Carnavalet mérite que l'on s'y arrête car son parcours fut assez rocambolesque. Elle fut tout d'abord offerte et érigée dans la Cour de l'Hôtel de Ville
Statue de Louis XIV, hôtel Carnavalet, Paris, France
Statue de Louis XIV
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en 1689 par des parisiens reconnaissants envers leur roi après qu'il eût accepté de leur rendre visite, lui qui détestait la capitale. Cent ans plus tard, les révolutionnaires la réclamèrent pour en faire fondre le bronze et fabriquer des boulets de canon, les Parisiens refusèrent catégoriquement de la leur remettre. 1871, c'est la Commune. Autre époque et autre révolte, Paris brûle : les Tuileries, le Palais de Justice, le Quai d'Orsay et l'Hôtel de Ville. Comme par miracle, la statue échappa aux flammes. Elle fut transportée à Carnavalet vingt ans plus tard et c'est ainsi que l'on peut admirer cette sculpture quelque peu insolite d'un roi portant fièrement l'habit romain et une perruque. L'habit romain est la façon dont on revêtait les grands hommes à qui l'on voulait rendre hommage. Grand homme, Louis XIV l'était probablement par les idées, mais pas par la taille. Il mesurait en effet tout juste 1m60. Alors, pour compenser sa petite taille, il décida de porter perruques et talons hauts. Pour plaire au roi, les courtisans s'affublèrent eux aussi de perruques et se brisèrent les pieds dans des chaussures à talon ! C'est donc ainsi que la mode fut lancée. En réalité, elle disparut avec Louis XV et Louis XVI qui, beaucoup plus grands, n'avaient nul besoin de ces artifices.
 
 
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  Le temps des femmes  
  Marie de Rabutin-Chantal épouse le marquis de Sévigné à l'âge de dix huit ans. Le jeune homme aime trop les femmes pour apporter à sa jeune épouse le bonheur dont peut rêver une jeune fille. Alors lorsqu'il est tué en duel pour les beaux yeux d'une de ses maitresses, le chagrin de la marquise est de courte durée. La marquise de Sévigné est une femme de son époque. En effet, dans cette France enfin en paix souffle un grand vent d'émancipation féminine. Les temps changent, les femmes en quête de liberté peuvent et veulent enfin aspirer à plus de douceur, plus de légèreté. Elles sont à l'origine des nombreux salons littéraires qui se créent et dans lesquels on se réunit pour échanger des idées, mais surtout pour le plaisir de bien parler, de jouer avec les mots, de rechercher la beauté et le raffinement. Une riche correspondance se met en place entre Paris et les anciens frondeurs en exil dans leurs châteaux provinciaux. Tous les événements sont relatés et les modes décrites avec moult détails car on sait que ces échanges épistolaires seront lus et commentés dans les salons à la mode du Marais. Les femmes jouent un rôle considérable dans le développement de ce nouvel art de la conversation et de la correspondance. Madame de Sévigné est certainement la plus illustre et la plus douée de ces femmes modernes.
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  La fin d'une époque  
  Au début du XVIIème, si l'on était aristocrate, c'est dans le quartier du Marais qu'il fallait demeurer. Près de trois cents hôtels particuliers, tous plus splendides les uns que les autres, furent ainsi peu à peu édifiés.
Place des Vosges, Le Marais, Paris, France
Hôtel particulier, place des Vosges
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Les grandes heures du Marais durèrent jusqu'à ce que Louis XIV choisisse de se faire construire un somptueux palais à Versailles. Tous les courtisans suivirent le roi, abandonnant le quartier sans hésitation car l'essentiel était de rester près du Soleil. La construction du Pont Royal en 1689 contribua également au déclin du Marais car les membres de la noblesse et de la haute bourgeoisie n'hésitèrent pas à l'enjamber pour aller s'installer dans le tout nouveau q uartier très chic de Paris, le faubourg Saint-Germain, lui aussi plus proche de Versailles. A la Révolution, la plupart des splendides hôtels particuliers furent transformés en "immeubles de rapports". Les pièces furent alors divisées pour créer des appartements désormais loués aux citoyens parisiens. Malheureusement inconscients de la richesse du patrimoine qui les entourait, les nouveaux locataires détruisirent souvent les délicates boiseries, les splendides peintures et sculptures dont leurs nouveaux logis étaient parés.
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  Invitation au voyage...  
  Si c'est un vrai plaisir de pénétrer dans les hôtels particuliers merveilleusement restaurés qui ouvrent aujourd'hui leurs portes aux visiteurs, le quartier ne se résume pas à ces magnifiques demeures, témoins d'un passé prestigieux. Le Marais est aussi un quartier charmant formé d'une succession de ruelles percées à l'emplacement des vieilles pistes celtiques qui longeaient les marécages ou les anciennes voies romaines sans véritable plan d'urbanisation. Le Marais est avant tout un village dans la grande ville où il fait vraiment très bon se promener.


 
 
 
 
 
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