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onjour, pour débuter cette nouvelle année 2004 nous avons choisi de dédier notre newsletter à un quartier parisien
particulièrement pittoresque et charmant. Bien plus qu'un arrondissement, il s'agit d'un village planté au coeur de
la grande ville, un havre de paix qui a su garder son âme d'antan, son esprit de bohême : la Butte Montmartre.
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Un lieu sacré
Sa situation géographique, l'épaisse forêt qui la recouvrait et les nombreuses sources amenèrent les hommes, dès
l'Antiquité, à faire de cette butte un lieu sacré. Les druides gaulois y vinrent vénérer leurs nombreux dieux.
Les romains y implantèrent un temple dédié à Mercure et y adorèrent Bacchus, dieu de la vigne. Ce mont qui ne
s'appelait pas encore Montmartre devint un lieu de pèlerinage très fréquenté. A l'époque gallo-romaine, les
"parisiens" virent dans ce lieu, alors perdu dans la campagne, l'endroit parfait pour prier et honorer les
dieux. En effet, le site était à une distance suffisamment lointaine de Lutèce (ancien nom de Paris) pour que le fait de
s'y rendre présente quelque mérite sans constituer un exploit pour autant. Les riches marchands quant à eux, y virent
l'emplacement idéal pour bâtir leur maison loin de la cité que l'on pouvait toutefois apercevoir en contrebas,
mais bien au delà des bois et des marais.
La légende de Saint Denis
Si les nombreuses forêts et sources amenèrent les gaulois et les romains à faire de la butte leur lieu de culte préféré,
quelques siècles plus tard elle devra la confirmation de sa vocation religieuse à la richesse de son sous-sol en calcaire.
En effet, les nombreuses excavations formées dans les carrières exploitées par les hommes serviront de cachette et de
lieu de prière aux Chrétiens persécutés. Saint Denis, premier évêque de la région, y aurait même effectué ses premières
évangélisations. Arrêté puis torturé, il serait mort décapité pour ne pas avoir accepté de renier sa foi. La légende
raconte que, guidé par un ange, il aurait parcouru la butte, la tête dans ses mains jusqu'au lieu de sa sépulture. La
butte appelée jusqu'alors Mont de Mars ou Mont de Mercure aurait alors pris le nom de Mont des Martyres et le nom de
Montmartre viendrait de cette légende.Vers la fin du Vème siècle, une basilique fut édifiée à l'endroit où repose la
dépouille du saint homme et Montmartre, jusqu’alors lieu sacré devint un lieu de pèlerinage très fréquenté.
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Recette pour janvier 2004 |
Tarte Tatin
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Le dessert français le plus connu !
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Temps de préparation: 15 minutes |
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Pour 6 personnes
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L'abbaye des Abbesses
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En 1133, le roi Louis VI - fervent Chrétien dévoué à Saint Denis - décida de fonder une abbaye de femmes sur la butte
Montmartre qui était devenue le lieu de rendez-vous des pèlerins depuis de nombreux siècles déjà. Ainsi, jusqu'à la
Révolution Française, la butte allait-elle conserver cette fonction... Le roi ne fit pas bâtir cet édifice uniquement
pour plaire à son épouse bien-aimée mais parce qu’étant responsable d'une lutte religieuse sanglante que seule la
raison d'état semblait pouvoir justifier, il vit là un moyen de faire pénitence et de racheter son âme. Quarante-six
abbesses dirigèrent cette abbaye tout au long des siècles qui suivirent et y connurent des destins heureux ou tragiques.
Marie de Montmorency Laval sera sa dernière abbesse. Victime de la folie meurtrière de la période révolutionnaire,
elle fut accusée en juillet 1789 de cacher des soldats, des armes et des munitions dans son abbaye. Déclarée "ennemie
du peuple" à une époque où la terreur l'emportait sur la raison, elle fut guillotinée. L'abbaye fut pillée et le
mobilier vendu aux enchères. Son église - l'Eglise Saint Pierre - échappa miraculeusement au saccage et est aujourd'hui
la plus ancienne église d'Ile de France.
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Le Sacré Coeur
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En 1870, la France est vaincue par la Prusse. Le siège de Paris qui dure quatre mois provoque famine et misère. Les
catholiques y voient là le signe d'un châtiment divin. Depuis la Révolution les impies ne sont-ils pas au pouvoir ?
De nombreux pèlerinages et prières publiques sont organisés. Le salut de la France ne peut venir que par la
consécration au Sacré Coeur de Jésus. Il faut faire pénitence et bâtir un temple en son honneur. Montmartre est
choisi en raison de son passé religieux et de sa situation dominant Paris. En 1873, l’Assemblée Nationale vote un
texte de loi déclarant les travaux d'utilité publique. Le projet de l'Architecte Paul Abadie qui préfère les
courbes byzantines au style néo-gothique est sélectionné. Mais le début des travaux est un véritable challenge
car tant de carrières ont été creusées qu’on ne sait comment faire supporter au sous-sol un tel monument. Les
fondations seront plus profondes que celles des pyramides d'Egypte ! Plus de quarante années de travaux et un
budget sept fois supérieur à celui prévu initialement seront nécessaires pour accomplir ce chef-d'œuvre
romano-byzantin, construit avec une pierre qui a la particularité de durcir et de blanchir avec le temps.
Terminé à la veille de la première guerre mondiale, la consécration tant attendue n'aura lieu que 5 ans plus tard,
le 16 octobre 1919.
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Le village de Montmartre
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Dans la France du Moyen Age, les villages se sont traditionnellement construits autour de l'église auprès de laquelle
les paysans venaient chercher protection et refuge. Montmartre s'est développé d'une manière totalement opposée. En
effet, le village vivait au rythme de l'abbaye des Abbesses. Or, les religieuses subissant les aléas
des périodes de guerre ou de difficultés économiques durent, au cours des siècles, vendre les terres appartenant à
l'abbaye pour régler leurs dettes voire pour survivre. C'est ainsi que petit à petit, la colline sacrée vit naître
sa vocation agricole. A la vigne cultivée depuis des temps anciens, vinrent s'ajouter les champs, les fermes et les
moulins. Ce n'est que sous le Second Empire que l'aspect de
la butte Montmartre changea véritablement lorsque le Baron Haussmann, perçant ses grands boulevards dans le Paris que
nous connaissons aujourd'hui, amena les parisiens expropriés à s'installer à Montmartre où, par ailleurs, les loyers
étaient beaucoup moins élevés. La campagne profonde commença alors à se transformer en faubourg puis en ville.
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Les carrières de Montmartre
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Dès l'Antiquité, le sous-sol de Montmartre, très riche en gypse et en craie, fut abondamment exploité pour construire
Lutèce puis Paris. Un dicton raconte même "qu'il y a plus de Montmartre dans Paris que de Paris dans Montmartre".
Le gypse avait une telle renommée qu'il était même exporté en Angleterre et en Amérique. La véritable métamorphose
du quartier est directement liée à ces carrières ou plutôt à leur fermeture. Les carrières servaient de refuge aux
bandits et vagabonds et il ne faisait pas bon s'y promener à la nuit tombée. Vers 1830, il fallut arrêter toute
exploitation car le creusement incessant du sol le rendait dangereusement instable. Les menaces d'effondrement
amenèrent les autorités à interdire toute exploitation souterraine. Ainsi, petit à petit disparut cette inquiétante
population et le village gagna en sécurité. Lorsqu'en 1860, Montmartre fut rattaché à la ville de Paris, il avait
encore l'aspect d'un village provincial. Tout ceci allait bientôt changer... le Montmartre bohême allait bientôt voir
le jour.
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La vie de bohême
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Probablement plus attirés par le prix modique des loyers que par le pittoresque de la butte, Montmartre devint très vite
le rendez-vous des artistes. Peintres, sculpteurs, écrivains ou poètes furent parmi les premiers à s'y installer. Parmi
les plus célèbres, il faut mentionner Auguste Renoir, Gérard de Nerval, Utrillo, Cézanne, Toulouse-Lautrec, Picasso.
C'était le temps du "Bateau-Lavoir", de la véritable camaraderie, l'époque où les uns et les autres, tous désargentés,
arpentaient les rues de Montmartre en quête d'un dîner servi en échange d'un tableau ou d'un poème. Tous se retrouvaient
alors au "Lapin Agile" : ils savaient que le patron, le père Frédé et sa femme Berthe ne les laisseraient pas partir
le ventre vide. On y mangeait, on y chantait, on y riait, on s'y battait aussi car le vin qui coulait à flot échauffait
quelquefois les esprits. On allait danser au Moulin de la Galette. Peu importait... l'atmosphère de Montmartre était créée,
une ambiance de franche camaraderie, où tous "se serrait les coudes" en attendant des jours meilleurs.
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Invitation au voyage
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Même si aujourd'hui Montmartre est devenu un quartier touristique, il n'a absolument rien perdu de son charme d'antan.
Lorsqu’on s'y balade, on retrouve toujours avec le même plaisir cette ambiance un peu bohême. Vous pouvez toujours
prendre un repas au Moulin de la Galette (rue Lepic) ou vous rendre au coin de la rue Saint Vincent et de la rue des
Saules, au "Lapin Agile" dont le caricaturiste André Gill dessina l’enseigne : un lapin sautant d’une casserole en lui
donnant ainsi son nom. Il est très agréable, après avoir grimpé les nombreuses marches qui mènent au sommet de la butte,
de découvrir ainsi un des plus beau point de vue de Paris, de flâner Place du Tertre ou dans les petites rues adjacentes,
telles que la belle avenue Junot, un peu plus bas, et d’y découvrir le charme victorien et secret de la Villa Léandre.
Vous pourrez encore croiser un de ces poètes ou peintres qui vous proposera ses créations. Et pourquoi ne pas descendre
au pied de la butte et pousser la porte du Moulin Rouge ? Mais nous en reparlerons dans une autre lettre d’information.
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