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Bonjour, nous avons choisi pour marquer
cette fin d'année, de dédier notre lettre
d'information non pas à Paris, mais plus particulièrement
à l'homme grâce auquel la capitale put enfin
sortir du Moyen Age et devenir la magnifique ville de lumière
que l'on connaît et qu'il est si agréable
de visiter aujourd'hui : le baron Haussmann.
Napoléon et Paris
Napoléon 1er avait déjà de grandes
ambitions pour Paris dont il voulait faire non seulement
la capitale de la France, mais également de son empire.
Il avait échafaudé des plans pour sortir
Paris de son sordide état de ville moyenâgeuse,
malodorante et sombre. Un certain nombre de transformations
furent même entreprises sous son règne.
Mais les guerres dans lesquelles il avait engagé
le pays et plus probablement l'absence de volonté
de son Préfet de Seine de l'époque, l'empêchèrent
de mener à terme son projet. Son neveu, Napoléon
III, qui partageait la même ambition, prépara
durant ses longues années d'exil des plans d'aménagement
de la ville. Arrivé au pouvoir en 1848, il compta sur la fidélité,
la ténacité et l'audace de son Préfet
de Seine, George Eugène Haussmann, pour lui
permettre d'entreprendre ce qui pendant plusieurs décennies
allait constituer le plus grand chantier du monde et
permettre la métamorphose de Paris.
Paris qui étouffe
On ne peut parler de cet homme providentiel et de son
action, sans décrire le Paris du milieu du XIXème
siècle : un Paris pestilentiel, dangereux et
congestionné. Entre 1800 et 1850, la population
a, en effet, doublé et comprend plus d'un million
d'habitants dont plus des deux tiers vivent au dessous de ce
que l'on qualifierait aujourd'hui du seuil de pauvreté.
De plus, rien n'a pratiquement changé depuis
Louis XIV et les Parisiens étouffent; la superficie
de la ville semble immuable puisque délimitée
par le mur de "l'Octroi" qui date du Moyen Age. Epoque
à laquelle on pénétrait dans la
capitale par des portes après s'être acquitté
des taxes sur les marchandises. Au milieu du XIXème
siècle, on doit toujours franchir ces barrières.
De plus, en 1841, Thiers, alors ministre de Louis-Philippe
fit édifier, pour protéger la ville, un
second mur de fortification (correspondant aujourd'hui
à nos boulevards extérieurs) qui ajoute
encore à cette impression d'enfermement.
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| Les épidémies |
| Malgré
l'ambition des souverains qui se succèdent
jusqu'au milieu du XIXeme siècle, Paris semble
dans l'impasse. Les épidémies se succèdent
en faisant des ravages à chaque fois. En 1820,
le choléra entraîne la mort de 45 000
personnes. Ce drame est encore dans tous les esprits
lorsque la maladie refait son apparition en mars 1832
alors que sa Majesté Carnaval entre dans la
capitale à l'occasion des festivités
qui lui sont consacrées. 3 500 personnes meurent
en moins d'une semaine. Le choléra se propageant
par l'eau et les déchets, le préfet
de police de l'époque ordonne le retrait des
immondices par les chiffonniers. Ceux-ci désespérés
devant l'ampleur de la tâche se mettent en grève.
Les rues de Paris ne sont plus que de sombres allées
où des sinistres cortèges de corbillards
se succèdent indéfiniment. Plus de 18 500
personnes perdent la vie au cours de cette épidémie.
En 1849, le choléra fera de nouveau 9 000 victimes. Il
est plus que temps d'assainir la ville et un homme
saura être à la hauteur de la situation : le baron
Haussmann. |
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| Paris
devient Impérial |
Napoléon
III place l'urbanisme parmi ses priorités et
ceci pour quatre raisons majeures : des raisons esthétiques,
politiques, stratégiques et sociales. Il veut
embellir Paris et a soigneusement préparé
les plans en s'inspirant, entre autres, d'une ville
qu'il affectionne particulièrement : Londres.
Se considérant comme investi d'une mission
impériale, il entend respecter la tradition
des souverains bâtisseurs, à l'image
de son illustre oncle. En 25 ans, Paris a connu neuf
insurrections et il est très simple d'édifier
des barricades dans ces ruelles étroites et
sombres. Napoléon III souhaite éviter
cela et faciliter le mouvement de la cavalerie. Il
calcule donc la largeur des avenues en fonction du
rayon de braquage des pièces d'artillerie tirées
par les chevaux mais aussi d'un équilibre
architectural et esthétique qui prend en compte
la hauteur des immeubles.
Enfin il veut lutter contre la misère des Parisiens :
"un peuple heureux n'est-il pas un peuple soumis ?
Il va toutefois laisser le soin à son préfet
de coordonner les transformations et affronter les
critiques que la mise en place d'un tel chantier ne
manquera pas de susciter. |
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| Un réseau
d'égout moderne |
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Une des priorités du
Préfet Haussmann est l'assainissement de
la ville. Les parisiens font encore appel aux porteurs
d'eau et n'ont droit qu'à 2 litres et demi
d'eau par jour. Il existe bien déjà
un réseau d'égouts mais il est vétuste
et ne s'étend que sur cent soixante kilomètres. L'ingénieur
Eugène Belgrand, nommé Directeur des
Eaux et des Egouts de Paris par Haussmann, va s'attaquer
à ce double problème de l'approvisionnement
en eau potable et de l'évacuation des eaux
usées, en créant une sorte de ville
sous la ville. L'eau sera désormais captée
depuis des sources souterraines situées quelquefois
à plus de cent kilomètres de Paris, acheminée
par des aqueducs et stockée dans des réservoirs
construits à l'entrée de la capitale.
En vingt ans la production d'eau potable va tripler
et le réseau d'égouts passer de cent soixante
à six cents kilomètres de longueur. Aujourd'hui, ce sont près
de 3 400 kilomètres de canalisations aux consignes
d'hygiène très strictes qui serpentent
sous la ville et dont une partie est ouverte aux
visiteurs près du Pont de l'Alma. Une visite
très intéressante... |
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| Un travail titanesque |
| L'oeuvre
d'Haussmann est gigantesque car elle s'étend
bien au delà du percement de larges avenues,
de l'édification de monuments grandioses ou
de l'aménagement de parcs somptueux. Haussmann
organisa et simplifia considérablement la vie
des parisiens. Il mit en place le système de
numérotation des arrondissements et des rues.
Il fit partir le 1er arrondissement du Palais Impérial
des Tuileries, en hommage à son empereur. Puis
les 19 arrondissements suivants se succédèrent
en forme de colimaçon respectant le sens des
aiguilles d'une montre. Pour les rues perpendiculaires
à la Seine, le numéro 1 des maisons
partait du fleuve pour remonter vers la périphérie
et pour les rues parallèles, il fut décidé
que les numéros suivraient le cours du fleuve.
Il réglementa la circulation : désormais
les parisiens devraient rouler à droite. Il
mit en place un réseau de transport public
peu onéreux qui allait permettre de circuler
dans toute la ville. Il veilla toutefois à
ce que le second étage des omnibus fut interdit
aux dames car en montant l'escalier on aurait pu apercevoir
leurs chevilles ! Décidemment, il ne négligea
aucun détail ! Il réglementa également
l'affichage des théâtres parisiens jusqu'alors
désordonné et c'est ainsi que furent
érigées les célèbres colonnes
Morris qui font toujours
partie du paysage parisien.
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| Les grands
magasins du boulevard Haussmann |
Le milieu du XIXème
siècle marque le début du commerce moderne
français et la création des grands magasins
va de pair avec "l'haussmannisation" de la capitale.
Jules Jaluzot, un ancien employé du Bon Marché,
jusqu'alors le premier grand magasin au monde, décida
à son tour de fonder son propre magasin. D'origine
plutôt modeste, c'est à force de travail
et d'économie qu'il put ouvrir en 1865 "Le
Printemps". La construction de l'immeuble qui abriterait
le magasin provoqua toutefois un véritable
tollé que l'on peut aisément comparer
à celui que soulèvera 100 ans plus tard
la construction du Centre Pompidou. Au milieu d'une
rangée d'édifice de style Napoléon
III, les parisiens virent se dresser un bâtiment
qui tranchait avec son dôme style Renaissance,
ses larges baies vitrées, ses portes tambours
révolutionnaires, son imposant escalier et
ses comptoirs en bois poli. Aujourd'hui appelé
familièrement le "vaisseau amiral" car il comprend
2 bâtiments reliés par une passerelle,
sa surface de vente atteint 47 459 mètres carrés. Il est toutefois
supplanté par les Galeries Lafayette Haussmann
dont la superficie atteint, depuis des rénovations
accomplies en 1975, 47 800 mètres carrés. Ces deux grands magasins sont toutefois
indissociables du boulevard Haussmann où ils
sont situés, pour le plus grand bonheur des
parisiens et des touristes, en particulier en cette
époque de l'année où les illuminations
et les vitrines avec leurs automates animés
sont un véritable spectacle féerique. |
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Invitation au voyage
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Avec 1 500 architectes et 60 000 ouvriers,
Paris devint le plus grand chantier au monde à
l'automne 1853 et cela dura près de deux décennies.
On parle de révolution haussmannienne car pour
la première fois un homme, sous l'impulsion
de son empereur, eut une vision globale de la ville
avec une volonté systématique de modernisation
et d'embellissement. Néanmoins, cette métamorphose suscita
de nombreuses critiques car elle
passa, parfois, par la disparition de monuments anciens,
de quartiers entiers, par la démolition de plusieurs
centaines de maisons, ce qui impliqua des expropriations
souvent douloureuses qui chassèrent les ouvriers à
la périphérie de la ville. Mais tant
d'efforts accomplis permettent à tous, parisiens et touristes, encore aujourd'hui
de profiter de... PARIS, VILLE LUMIERE ! |
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